Simca 6
La Simca 6 est une évolution du modèle d'automobile franco-italienne Simca 5, conçue par Fiat et produite par les constructeurs Simca et Fiat de 1948 à 1950 en France et jusqu'en 1955 en Italie, commercialisée sous le nom de Fiat 500 C.
| Simca 6 | ||||||||
Une Simca 6 | ||||||||
| Marque | ||||||||
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| Années de production | 1948–1950 | |||||||
| Production | 16 508 exemplaire(s) | |||||||
| Classe | Citadine | |||||||
| Usine(s) d’assemblage | ||||||||
| Moteur et transmission | ||||||||
| Énergie | Essence | |||||||
| Moteur(s) | 4 cylindres Fiat | |||||||
| Position du moteur | Avant | |||||||
| Cylindrée | 569 cm3 | |||||||
| Puissance maximale | 16,5 ch | |||||||
| Masse et performances | ||||||||
| Masse à vide | 560 kg | |||||||
| Vitesse maximale | 95 km/h | |||||||
| Consommation mixte | 4,62 L/100 km | |||||||
| Châssis - Carrosserie | ||||||||
| Carrosserie(s) | Coupé biplace, fourgonnette | |||||||
| Dimensions | ||||||||
| Longueur | 3 215 mm | |||||||
| Largeur | 1 275 mm | |||||||
| Hauteur | 1 377 mm | |||||||
| Chronologie des modèles | ||||||||
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Historique
modifierAu lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Fiat présente la Fiat 500 B. Alors que les modèles Simca 5 et Fiat 500 A sont communs, le bureau d'étude Simca de Nanterre affirme un début d'indépendance vis-à-vis sa maison mère Fiat de Turin en produisant la Simca 6. La maison mère italienne avait lancé la version B de sa célèbre Topolino (petite souris en italien) au salon de l'automobile de Genève en , sans grosse évolution par rapport à la version A et voulait tester l'accueil du public avant de remplacer ce modèle emblématique[1].
La Simca 6, dérivée de la Simca 5, est présentée comme sa version modernisée. Elle préfigure également la future Fiat 500 C, restée provisoirement en sommeil[1].
Elle présente les nouveautés suivantes :
- L'avant est sensiblement modifié, « américanisé », avec une calandre élargie et plus basse, et des phares intégrés dans des ailes de type Peugeot 203 ou Renault 4 CV ;
- L'arrière est allongé, l'allongement de la caisse permettant de loger dans la pointe arrière le réservoir d'essence et la roue de secours ; cependant, le réservoir, placé trop près du pare-chocs, présentait un risque d'incendie en cas de choc arrière, tandis que la roue de secours, bien protégée du vol, restait difficile d'accès, une malle ouvrante ayant été jugée préférable a posteriori[1] ;
- Le moteur est celui de la Fiat 500 B, dont la puissance a été portée de 13 à 16,5 chevaux à cylindrée égale de 569 cm³ (570 cm³ selon la fiche technique constructeur), culbuté, à soupapes en tête commandées par un arbre à cames latéral, développant ainsi 3 ch de plus que celui de la Simca 5 à cylindrée et régime égaux[1],[2],
- La suspension est améliorée par le montage de ressorts à flexibilité variable, ceux de l'arrière remplaçant les demi-ressorts de la Simca 5 par des éléments entiers[1] ;
- L'habitacle est revu, avec une planche de bord entièrement réaménagée et les deux grands cadrans circulaires désormais placés devant le volant[1] ;
- Deux versions de carrosseries : coupé découvrable biplace ou petite fourgonnette capable de transporter 250 kg.
Ces évolutions techniques suivent celles de la Topolino italienne, qui apparaît au salon de Genève 1948 en version 500 B sans changement de ligne, puis l'année suivante en version 500 C avec une caisse modifiée dans un style différent de celui de la Simca 6[1].
Caractéristiques techniques
modifierSelon la fiche technique complète publiée par Simca[2] :
- Moteur : 4 cylindres en ligne placé en porte-à-faux avant ; cylindrée 570 cm³ ; alésage × course 52 × 67 mm ; puissance fiscale 3 CV ; puissance réelle 16 ch à 4 000 tr/min ; taux de compression 6,25 ; soupapes en tête commandées par arbre à cames latéral ; vilebrequin à 2 paliers ; carburateur Solex type 22 IAC ; réservoir d'essence de 26 litres placé à l'extrême arrière, bouchon de remplissage masqué par la plaque d'immatriculation basculante ; refroidissement par eau, circuit de 4,5 litres ; équipement électrique 12 volts, 36 ampères.
- Transmission : classique aux roues arrière ; embrayage monodisque sec ; boîte 4 vitesses (3e et 4e synchronisées) avec levier de commande au plancher.
- Freins : à commande hydraulique, tambours à l'avant et à l'arrière.
- Suspension : à l'avant, ressort à lames transversal à flexibilité variable ; à l'arrière, essieu rigide avec ressorts à lames longitudinaux à flexibilité variable et barre stabilisatrice transversale (ajoutée quelque temps après le lancement du modèle).
- Direction : à vis et secteur hélicoïdal.
- Pneus : 4,25 × 15.
- Dimensions : empattement 200 cm ; voies avant/arrière 111/108 cm ; longueur 339,5 cm ; largeur 132 cm ; hauteur 137 cm.
- Poids : 590 kg à vide en ordre de marche.
- Vitesse : 90 km/h.
Le tableau de bord regroupe notamment un interrupteur des feux de position, un cadran réunissant les jauges d'huile et d'essence, un compteur kilométrique, les tirettes de démarreur, de starter et de richesse des gaz, ainsi que les commandes d'essuie-glace, de clignotants et d'éclairage[1].
Test du bidon de 5 litres
modifierAvec un bidon de 5 litres d'essence, et dans un but publicitaire, une Simca 6 - strictement de série, mais très soigneusement mise au point - se distingue en effectuant, sous contrôle d'huissier, 108,052 km, soit une consommation de 4,62 litres aux 100 km.
Commercialisation et production
modifierPrésentée au grand public au salon de l'automobile de Paris en [1], la Simca 6 est réceptionnée en par le service des Mines. Sa production démarre toutefois au compte-gouttes : seulement 11 exemplaires sont assemblés dans les derniers mois de 1947, puis 191 pendant toute l'année 1948, sans que les cadences de la Simca 5 ne faiblissent pour autant durant ces deux années[1]. Le modèle n'est d'ailleurs commercialisé qu'à partir de 1949, la pénurie d'après-guerre imposant jusque-là des licences d'achat réservées aux clients prioritaires, l'essentiel de la production restant destiné à l'exportation[2]. Ce n'est qu'en 1949 que la Simca 6 atteint le stade de la production normale, avec 10 813 exemplaires sortis d'usine, la Simca 5 de tourisme disparaissant alors du catalogue à partir du salon 1948[2]. La production se poursuit sur un peu plus de 5 497 exemplaires durant le premier semestre 1950[3]. Sa carrière reste au total éphémère, avec une production de seulement 16 508 véhicules (berlines et commerciales incluses) sur trois ans : environ 200 exemplaires en 1948 (11 en 1947 et 191 en 1948), un peu plus de 10 000 en 1949 et un peu plus de 5 000 en 1950[1],[2],[3].
La version fourgonnette de 250 kg de charge utile est réceptionnée par le service des Mines en 1949, en remplacement de la fourgonnette Simca 5, dont la production cesse définitivement en février 1949 après seulement 221 exemplaires[2].
Une très brève carrière
modifierLe modèle français est présenté plus de 17 mois avant sa sœur italienne qui prend le patronyme de « Fiat 500 C », laquelle connaît un énorme succès en Italie avec 376 371 modèles produits entre 1949 et 1955. La Fiat 500 C est lancée au salon de Genève en .
Malgré des lignes agréables, de bonnes aptitudes routières et un usage économique incontestable, la Simca 6 ne parvint pas à s'imposer, essentiellement parce qu'elle n'offrait que deux places et deux portes, alors que la plupart de ses concurrentes — la 4 CV Renault, la Dyna Panhard, la 2 CV Citroën — proposaient quatre places et quatre portes, formule à laquelle la clientèle française attachait une importance croissante ; s'y ajoutait un coffre peu pratique, inaccessible de l'extérieur[3]. La Simca 6 disparut donc au début de l'été 1950[3]. Au début de 1950, la Simca 6 coûtait 349 000 F, tandis qu'à la même époque la 4 CV Renault était vendue 280 000 F en version Standard et 310 000 F en version Luxe[3].
Simca décide alors de porter ses efforts sur le rajeunissement de la Simca 8, dans l'attente d'une Simca 9, la future Aronde, bien plus moderne, qui sera étudiée de conserve avec la future Fiat 1400.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 René Bellu, « Toutes les Simca », 3e partie « Les Simca des années 50 », chapitre « 1948 - La nouvelle Simca-6 », p. 5, notice BnF — texte intégral sur Gallica.
- 1 2 3 4 5 6 René Bellu, « Toutes les Simca », chapitre « 1949 - La Simca-5 s'efface devant la Simca-6 » et fiche technique « Caractéristiques complètes de la nouvelle Simca-6 », p. 6, notice BnF — texte intégral sur Gallica.
- 1 2 3 4 5 René Bellu, « Toutes les Simca », chapitre « 1950 - Fin de l'éphémère Simca-6 », p. 7, notice BnF — texte intégral sur Gallica.
Bibliographie
modifier- René Bellu, Toutes les Simca : les dossiers complets de René Bellu : Les dossiers complets de l'automobile ancienne, Le Conquet, René Bellu, coll. « Toutes les... », 198.? (lire en ligne), p. 19-27
- Michel G. Renou, Simca : de Fiat à Talbot, Boulogne-Billancourt, éditions ETAI, , 255 p. (ISBN 978-2-726-88457-7, OCLC 468153152) (préface de Jacques Loste, P-DG de L'Argus de l'automobile de 1941 à 1990)
- Adrien Cahuzac, Simca : l'aventure de l'hirondelle, Boulogne-Billancourt, éditions ETAI, , 239 p. (ISBN 978-2-726-88784-4, OCLC 470697695) (préface de Michel G. Renou)
- Automobilia (ISSN 1270-217X), no 32,
