Simonetta Vespucci

femme noble italienne de le Renaissance, modèle de Boticelli

Simonetta Vespucci, à l'origine Simonetta Cattaneo, née le à Porto Venere dans la république de Gênes et morte le à Florence, est une noble italienne de la Renaissance, célèbre à la cour de Laurent le Magnifique pour sa beauté et son charme. Elle était surnommée la san par (« la sans pareille »)[1].

Simonetta Vespucci
Portrait de jeune femme, atelier de Sandro Botticelli,
début des années 1480.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 23 ans)
FlorenceVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Simonetta CattaneoVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
La bella SimonettaVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Conjoint
Marco Vespucci (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Mariée en 1469 au Florentin Marco Vespucci, elle éblouit Florence pendant les quelques années qui lui restent à vivre. Elle a notamment servi de modèle à plusieurs peintres, dont Botticelli.

Biographie

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Origines familiales

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Elle est la fille du Génois Gaspard Cattaneo della Volta, parent du doge Leonardo Cattaneo della Volta.

On ne connaît pas précisément son lieu de naissance dans la république de Gênes (actuelle région de Ligurie) : peut-être la ville de Gênes même[2], Portovenere ou Fezzano[3], localité qui fait aujourd'hui partie de la municipalité de Porto Venere.

Fiançailles et mariage

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En 1469, elle rencontre le Florentin Marco Vespucci, cousin du navigateur Amerigo, à l’église de San Torpete, en présence de ses parents, du doge Piero il Fregoso et de quelques membres de la noblesse génoise.

Vespucci, membre d'une famille notable de la république de Florence, a été envoyé par son père à Gênes afin de se former à l’Office de Saint Georges, qui est une grande institution financière. Les parents de Simonetta comprennent très vite qu’un mariage entre les deux jeunes gens serait avantageux, les Vespucci ayant de nombreux liens avec les milieux dirigeants de Florence, notamment avec la maison de Médicis.

Le mariage a lieu à Florence dans le palais Medici-Riccardi et la réception à la villa Medicea di Careggi.

Florence

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Le couple reste ensuite à Florence, où la jeune femme jouit rapidement d’une grande popularité.

Dès son arrivée, Simonetta est remarquée par Sandro Botticelli et d’autres peintres proches de la famille Vespucci. Elle sert de modèle pour de nombreuses œuvres majeures de la Renaissance, notamment La Naissance de Vénus de Botticelli[1]. Elle est appelée « la bella Simonetta » ou « La Sans Pareille »[1] par les Florentins et elle est réputée être la plus belle femme de son époque : « elle incarnait l'idéal féminin », écrit Ivan Cloulas[4], voire la plus belle femme qui ait jamais vécu à Florence[5]. Cette beauté fascine les néoplatoniciens qui voient l'amour du divin dans la beauté des êtres[6].

Ange Politien en fait l'héroïne de son ouvrage Stanze per la giostra. Les frères Laurent et Julien de Médicis se prennent de sympathie pour elle et le second deviendra son amant[6].

Simonetta Vespucci meurt le , à l’âge de 23 ans. Lors de son enterrement, des milliers de gens participent au cortège. Elle est inhumée à l'église Ognissanti, l'église paroissiale des Vespucci, où ils ont fondé une chapelle.

Hypothèses sur la cause de décès

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La mort prématurée à l’âge de 23 ans de Simonetta Vespucci est traditionnellement attribuée à la tuberculose. En 2016, lors d’une visite de l’exposition « Botticelli Reimagined » (« Botticelli revisité ») au Victoria and Albert Museum à Londres, l'endocrinologue italien Paolo Pozzilli est intrigué par le Portrait allégorique d’une femme (vers 1490) en vierge allaitante[7]. Cette représentation posthume montrant une galactorrhée lui paraît étrange, Simonetta Vespucci n’ayant pas eu d’enfants. Le professeur émérite à l’université Campus Bio-Medico de Rome engage des recherches sur la représentation de la maladie dans les tableaux de Botticelli. Partant du principe que Botticelli fait une représentation réaliste de Simonetta dans ses peintures, il étudie les détails des peintures au niveau des yeux et met au jour grâce à des reconstitutions en 3D la déformation progressive de son visage dans une série de tableaux. Il publie en 2019 un article émettant l’hypothèse que Simonetta aurait été atteinte d’un adénome hypophysaire, une tumeur neuroendocrine de l’hypophyse, dont un des symptômes peut être la sécrétion de manière inappropriée d’une hormone comme la prolactine, entraînant une hyperprolactinémie, et dont elle serait morte[8]. Cette première étude n’établit pas avec certitude le mécanisme de sa mort[9].

En 2026, il publie un nouvel article décrivant plus précisément l’évolution supposée de la maladie de Simonetta Vespucci et les conditions probables de son décès[10]. Sa recherche se fonde cette fois sur trois faisceaux d’indices : les représentations picturales, les chroniques et les événements documentés. Les symptômes représentés sur les portraits successifs peints par Botticelli du vivant de la jeune femme et de manière posthume, notamment le gonflement des paupières et un léger strabisme[11], des modifications de la mâchoire, des arcades sourcilières et des tissus mous du visage, suggèrent qu’une tumeur endocrine se serait développée progressivement[12]. Les lettres échangées entre Piero Vespucci et Laurent de Médicis font état d’un malaise de la jeune femme lors d’un bal, suivi de violents maux de tête, d’hallucinations, de vomissements et de fièvre. Pour Paolo Pozzilli, ce tableau clinique correspond à celui d’une apoplexie hypophysaire.

L’endocrinologue a également pris en compte deux événements précis, survenus dans les mois précédant la mort de Simonetta et documentés. Elle subit une agression sexuelle par Alphonse II d’Aragon, duc de Calabre, un soir sur les rives de l’Arno[13], possiblement un viol[14], relaté dans le poème De Anima Peregrina composé entre 1494 et 1510 par le dominicain florentin Tommaso Sardi[15]. Elle s’effondre après une danse particulièrement intense lors d’un bal, où les chroniques relèvent qu’elle saigne abondamment du nez[8]. Ces deux épisodes traumatiques pourraient avoir déclenché une augmentation brutale du volume de la tumeur ou une hémorragie[16].

Postérité

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Son mari se remarie peu après sa mort.

Botticelli achève de peindre La Naissance de Vénus neuf ans plus tard, en 1485. Selon certaines suppositions, le peintre était peut-être lui aussi amoureux d’elle : en témoigne sa demande d’être enterré à ses pieds, faveur qui lui est accordée lorsqu'il meurt 34 ans plus tard, en 1510.

Modèle de peintres

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Simonetta Vespucci a servi de modèle pour plusieurs tableaux, parmi lesquels figurent les œuvres suivantes :

Notes et références

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  1. 1 2 3 Gwenaëlle Marin Avila, « Qui est Simonetta Vespucci, la muse du peintre Sandro Botticelli ? - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
  2. ↑ (en) Louise Richter, Chantilly in History and Art, Scribner, , 146 p. (lire en ligne).
  3. ↑ (it) Rachele Farina, Simonetta : Una donna alla Corte dei Medici, Turin, , p. 90,121–23.
  4. ↑ Ivan Cloulas, Laurent le Magnifique, Fayard, 1982, p. 162.
  5. ↑ Marie-Isabelle Taddeï, La Galerie des inconnus célèbres, Vanves Cedex, éditions du Chêne, , 215 p. (ISBN 978-2-81232-080-4), p. 30
  6. 1 2 Manuel, « Simonetta Vespucci : héroïne de légende, muse des peintres et des poètes », sur Connaissance des Arts, (consulté le )
  7. ↑ (en) Monika Schmitter, « Botticelli's Images of Simonetta Vespucci. Between Portrait and Ideal », Rutgers Art Review, vol. 15,‎ , p. 34 (lire en ligne [PDF])
  8. 1 2 Romain Moor, « Le mystère de la mort de la muse de Botticelli élucidé par une enquête scientifique après plus de cinq siècles », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ Joséphine Bindé, « On sait désormais de quoi est morte, à 23 ans, la muse de Botticelli, Simonetta Vespucci », sur Beaux Arts, (consulté le )
  10. ↑ (en) Paolo Pozzilli, Maria A Camilletti, Giovanna Strano et Andrea Salerno, « Pituitary neuroendocrine tumour and strabismus in a young woman who died in 1476 », Medical Humanities,‎ , medhum–2026–014199 (ISSN 1468-215X et 1473-4265, DOI 10.1136/medhum-2026-014199, lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ « Simonetta Vespucci : le mystère de la mort de la muse de Botticelli enfin élucidé | Santé Magazine », sur www.santemagazine.fr, (consulté le )
  12. ↑ (en-US) Paolo Pozzilli, « Botticelli : une nouvelle étude relance le mystère de la mort de son célèbre modèle », sur The Conversation, (DOI 10.64628/AAK.tggh65mwd, consulté le )
  13. ↑ (it) « La Venere di Botticelli morì a 23 anni di un raro tumore, chi era Simonetta Vespucci: la diagnosi dopo oltre 500 anni », sur www.ilmessaggero.it, (consulté le )
  14. ↑ (en-US) « Botticelli’s ‘Venus’ May Hold Clues to a Fatal Illness, Researchers Say », sur Artnet News, (consulté le )
  15. ↑ Alessandro Ferri, « L’“Anima Peregrina” di Tommaso Sardi OP. Edizione critica e commento », ricerca.unistrapg.it, Perugia - Università per Stranieri di Perugia,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. ↑ (en) Sadie Harley, Andrew Zinin, « New research on Botticelli's Venus supports diagnosis of death from a pituitary tumor », sur medicalxpress.com,

Voir aussi

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Muse des poètes

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Bibliographie

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  • (it) Rachele Farina, Simonetta : Una donna alla Corte dei Medici, Turin,
  • Manuel Jover, « Simonetta Vespucci, sublime muse », Connaissance des arts, , p. 80-83.

Articles connexes

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Liens externes

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