Siège de Champtoceaux (1420)
Le siège de Champtoceaux de 1420, qui a lieu de mai à , oppose les troupes de la maison de Penthièvre à celles de la duchesse de Bretagne Jeanne, à la suite de l'enlèvement de son époux Jean V par la comtesse douairière de Penthièvre Marguerite de Clisson. Le siège s'achève par la victoire des troupes bretonnes et la destruction de la forteresse.
| Date | 8 mai - 5 juillet 1420 |
|---|---|
| Lieu | Champtoceaux, Anjou |
| Casus belli | Enlèvement du duc Jean V de Bretagne |
| Issue | Victoire décisive bretonne |
| Alain VIII de Rohan Raoul de Coëtquen Jean III de Rieux Jean de Penhoët |
Marguerite de Clisson Guy de Beaumont Oliver de Châtillon de Blois Jean de l'Aigle |
| 50 000 hommes | ? |
| ? | ? |
| Coordonnées | 47° 20′ 13″ nord, 1° 16′ 00″ ouest | |
|---|---|---|
Ce siège est le neuvième subi par la place de Champtoceaux (alors appelée « Châteauceaux »), localité située dans l’actuel département français du Maine-et-Loire, mais à la limite de la Loire-Atlantique, dont le territoire faisait alors partie du duché de Bretagne. Champtoceaux, place angevine sur la Loire, face à Oudon, place bretonne, est seulement à une vingtaine de kilomètres de Nantes.
Contexte
modifierAu XIVe siècle, durant la Guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), s'opposent deux grandes familles bretonnes, les Penthièvre (alliés au roi de France) et les Montfort (alliés au roi d'Angleterre). Vainqueur, Jean III de Montfort est devenu le duc Jean IV, reconnu par le roi de France. En 1399, son successeur est son fils Jean V (1389-1442). Les Penthièvre n'ont cependant pas totalement renoncé à leurs prétentions.
Dans les années 1410, la principale personnalité de la famille est Marguerite de Clisson (1372-1441), fille d'Olivier V de Clisson, veuve depuis 1404 du comte de Penthièvre Jean de Châtillon (elle est comtesse douairière). Elle souhaite devenir duchesse de Bretagne[réf. nécessaire].
Au début de 1420, le duc est invité à une fête que les Penthièvre donnent à Champtoceaux. Il s'y rend, accompagné de son frère Richard, mais ils y sont faits prisonniers sur l'ordre de Marguerite et placés en détention, avec l'aval du dauphin, le futur Charles VII[réf. nécessaire], bien qu'il soit dans une situation très difficile.
À cette époque, en effet, la cour de France est en crise : après la défaite d'Azincourt (1415) face à Henri V et l'alliance du duc de Bourgogne Philippe le Bon avec le roi d'Angleterre (1419), Charles VI est en train d'abandonner son fils le dauphin, ce qui sera entériné le par le traité de Troyes, qui l'exclut de la succession.
Du côté ducal, c'est l'épouse de Jean V, Jeanne de France (1391-1433), qui réussit à rallier assez de barons bretons pour venir assiéger Champtoceaux[1].
Le siège
modifierConséquences
modifierLe duc libéré fait totalement démanteler la citadelle avec interdiction de reconstruire à l'intérieur de l'enceinte[1].
Les Penthièvre sont châtiés judiciairement par la confiscation des biens qu'ils détiennent dans le duché de Bretagne.
Notes et références
modifierVoir aussi
modifierBibliographie
modifier- Arthur Bourdeaut (abbé), « Jean V et Marguerite de Clisson. La ruine de Châteauceaux », Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Inférieure, Nantes, Bureaux de la société archéologique, t. 54, 1er semestre 1913, p. 331-417 (lire en ligne).
- Jean-Pierre Leguay et Hervé Martin, Fastes et malheurs de la Bretagne ducale, 1213-1532, Rennes, Éditions Ouest-France, coll. « Université », , 435 p. (ISBN 2-85882-309-X, présentation en ligne).
- Michael Jones, « Marguerite de Clisson, comtesse de Penthièvre, et l'exercice du pouvoir », dans Éric Bousmar, Jonathan Dumont, Alain Marchandisse et Bertrand Schnerb (dir.), Femmes de pouvoir, femmes politiques durant les derniers siècles du Moyen Âge et au cours de la première Renaissance, Bruxelles, De Boeck, coll. « Bibliothèque du Moyen Âge », , 656 p. (ISBN 978-2-8041-6553-6), p. 349-368.
- Emmanuel Salmon-Legagneur, « Le siège de Châteauceaux (1420) », Association bretonne et Union régionaliste bretonne. Comptes rendus, procès-verbaux, mémoires, t. CVIII, , p. 119-142 (lire en ligne).