Marche Sorabe
La marche Sorabe, en latin limes Sorabicus, en allemand Sorbenmark, parfois appelée « marche de Thuringe », est du IXe siècle au XIe siècle une marche située à la frontière orientale de l'Empire carolingien (800-843), puis du royaume de Francie orientale (843-962), puis du Saint-Empire romain germanique (962-1806). La formule limes Sorabicus est utilisée dans les Annales de Fulda, texte du haut Moyen Âge, mais sans beaucoup de détails.
La marche Sorabe incluait peut-être la partie Est de l'actuel land allemand de Thuringe, mais était surtout implantée à l'est de la Saale saxonne. Il s'agissait d'une zone militaire, un limes selon la terminologie (latine) des Romains, destinée à protéger la Germanie carolingienne contre les menaces extérieures, en premier lieu celle des Sorabes, population slave installée depuis le VIe siècle dans cette région, par la suite appelée Lusace (parfois Serbie blanche).
À partir de 965, la marche Sorabe fait partie d'une entité plus vaste, la marche de Misnie (965-1423).


Sources textuelles
modifierLe nom « limes Sorabicus » apparaît à quatre reprises dans les Annales de Fulda à propos de trois personnalités : Poppon II de Thuringe, Thachulf (duc de Thuringe) (de) et Radulf II, dotés du titre de dux Sorabici limitis ou simplement dux Sorabici.
Dans d’autres textes[réf. nécessaire], on leur donne le titre de comtes (comites), de margraves (marchiones) ou de ducs (duces) des Thuringiens (Thuringorum).
Géographie
modifierÉginhard écrit vers l’an 830, donc sous le règne de l'empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne : Salam fluvium, qui Thuringos et Sorabos dividit (« la rivière Saale qui sépare les Thuringiens et les Sorabes »). Il s'agit de la Saale saxonne (par opposition à la Saale franconienne), limite entre la Thuringe (dans l'Empire carolingien) et le pays des Sorabes. À cette époque, Erfurt est le principal centre urbain en Thuringe orientale.
La marche Sorabe incluait des territoires situées à l’est de la Saale, jusqu’à l’Elster Blanche et à la Pleisse, qui étaient contrôlés grâce à des châteaux forts[réf. nécessaire]. Il est impossible de dire aujourd’hui si elle incluait aussi des territoires à l’ouest de la Saale[2].
Histoire
modifierCette marche est sans doute d'abord confiée par l'empereur, puis par les rois de Francie orientale (à partir du traité de Verdun, 843) à des membres de la maison de Babenberg.
Au IXe siècle, les Slaves Milceni vivant dans la marche se révoltent à plusieurs reprises contre le pouvoir carolingien qui leur impose un tribut.
Au siècle suivant, la marche Sorabe fait partie de la vaste marca Geronis (937- 965[3]). À cette époque, les Sorabes, descendants des Milceni, sont réduits au servage[réf. nécessaire] et la marche est pour l'essentiel pacifiée.
En 962, la Francie orientale et la Francie médiane (Lotharingie) sont réunies dans le Saint-Empire romain germanique (962-1806). À partir de 965, le territoire de la marche Sorabe fait partie de la marche de Misnie.
Bibliographie
modifierAnnales de Fulda
modifier- Reuter, Timothy (traduction), The Annals of Fulda, Ninth-Century Histories, Volume II, collection « Manchester Medieval Series« », Manchester, Manchester University Press, 1992.
Ouvrages historiques
modifier- Thompson, James Westfall, Feudal Germany, Volume II, New York, Frederick Ungar Publishing, 1928.
- Leyser, Karl, « Henry I and the Beginnings of the Saxon Empire », The English Historical Review, , n° 326, pages 1–32.
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sorbian March » (voir la liste des auteurs).