Le sorélianisme est un courant doctrinal qui se réclame de la pensée de Georges Sorel, théoricien français du syndicalisme révolutionnaire. Ses partisans récusent les fondements de la démocratie parlementaire bourgeoise, contestent l’héritage intellectuel du XVIIIᵉ siècle, s’opposent au principe de laïcité ainsi qu’aux acquis politiques issus de la Révolution française, tout en manifestant un attachement au classicisme[1]. Sorel élabore par ailleurs une exégèse révisionniste du marxisme[2], au sein de laquelle l’émancipation du prolétariat dans la lutte des classes ne peut advenir, selon lui, qu’au moyen d’un mythe mobilisateur et du recours à la grève générale[2]. Dans cette perspective doctrinale, l’affrontement social débouche sur une régénérescence concomitante de la bourgeoisie et du prolétariat[3].

French philosopher and sociologist Georges Sorel (1847-1922)
Le philosophe et sociologue français Georges Sorel (1847-1922)

Face à l’insuccès manifeste du mouvement syndical, Sorel déclare, en 1910, se départir de la littérature socialiste. En 1914, reprenant un aphorisme de Benedetto Croce, il soutient que « le socialisme est mort », imputant cet état de fait à la désagrégation doctrinale du marxisme. À compter de 1909, il se rapproche du maurrassisme, doctrine de nationalisme intégral élaborée par Charles Maurras, dont il estime que les finalités éthiques présentent des affinités avec celles du syndicalisme, en dépit de leur antagonisme concret[2]. À ce titre, le Sorélianisme apparaît fréquemment comme l’une des matrices intellectuelles du fascisme[4]. Toutefois, la Première Guerre mondiale suscite chez lui une profonde désillusion ; dès 1918 et jusqu’à sa mort, en 1922, il apporte son appui à la Révolution russe ainsi qu’au communisme, dans lesquels il discerne une résurgence du syndicalisme[5].

Concepts

modifier

Grève générale et société syndicaliste

modifier

Bien qu’il s’inscrive initialement dans l’orbite doctrinale du marxisme, Georges Sorel s’en détache progressivement lorsqu’il récuse l’idée d’une téléologie historique inhérente au marxisme orthodoxe, lequel postule le caractère nécessaire et préordonné du devenir historique. Il considère parallèlement l’essor des sciences sociales comme l’émergence d’un nouveau principe d’évaluation morale[6]. Sous l’influence de Pierre-Joseph Proudhon, pour qui l’avènement d’un ordre social équitable procède avant tout de l’action conflictuelle et de l’antagonisme dirigé contre une puissance adverse[7], Sorel conçoit la lutte opposant prolétariat et bourgeoisie comme devant culminer dans une grève générale[8]. Celle-ci ne constitue pas, à ses yeux, un simple instrument de redistribution administrée par l’État ; elle représente au contraire, conjointement à l’amélioration des conditions matérielles d’existence, le substrat à la fois concret et éthique du marxisme ainsi que du socialisme[9].

Sorel formule des réserves conceptuelles à l'égard des thèses de Pierre-Joseph Proudhon, s'employant à dissocier cette doctrine de son idéalisme intrinsèque, à l'instar de Proudhon qui extrayait lui-même la justice des rapports de force et des contingences de classe[10]. Bien que l'ascendant direct de Proudhon sur sa pensée demeure ténu, Sorel, influencé par sa lecture de Friedrich Nietzsche, postule qu'un prolétariat impérialiste est à même de fonder une aristocratie inédite. Cette élite structure alors les interactions humaines au bénéfice exclusif de sa propre souveraineté, s'érigeant en source unique et autonome du droit[11]. En outre, Sorel conjecture que la violence prolétarienne produit un effet régénérateur sur la bourgeoisie elle-même[12]. Dès lors, son projet théorique subordonne la stricte défense syndicale de la classe ouvrière à une visée plus vaste : le redressement moral du corps social et la préservation de la civilisation. Le socialisme n'est plus appréhendé comme une dynamique corporatiste ou une fin en soi, mais comme le vecteur d'une mutation révolutionnaire globale de la société[13].

Individualisme et mythe

modifier

Sorel érige le mythe de la grève générale en principe matriciel de l’autorité sociale, auquel il attribue une fonction de cohésion doctrinale au sein du syndicalisme révolutionnaire. Il postule l’existence d’une corrélation consubstantielle entre l’antagonisme social et l’exercice des libertés. À rebours des formations totalitaires, qu’il réprouve pour leur tendance à subsumer l’ensemble des activités humaines sous l’orbite des appareils partisans, il récuse ce qu’il désigne comme un « splendide isolement ». En opposition au Surhomme nietzschéen, il assimile la grève générale à des « mythes apocalyptiques » ainsi qu’au « protestantisme yankee », incarnation, selon lui, d’un individualisme pragmatique et aventureux propre au modèle américain, sans que ces représentations n’empiètent pour autant sur les prérogatives de la liberté individuelle.

Inspiré par les institutions libérales et les écrits pluralistes de William James, il dénonça l'imitation du corps militaire, prônant un individualisme guerrier comparable à l'« esprit américain », « animé par l'esprit de liberté ». Contre l'idée d'un empire centralisé, il défendait un équilibre et un dévouement aux faibles, fondés sur l'amour familial, qu'il considérait comme faisant partie intégrante de l'éthique guerrière. Conjuguée à une éthique du travail, c'est cette dernière qui permettrait d'accéder à la liberté. [14]

Conflit de classes et rajeunissement

modifier

Sorel préconise une dissociation organique des composantes sociales et souscrit, à ce titre, au paradigme syndicaliste d’un corps social dans lequel le prolétariat ouvrier demeure autonome et rigoureusement disjoint des milieux industriels bourgeois[8]. Il récuse toute forme de collaboration interclassiste, entendue comme la possibilité d’une transaction ou d’une concertation entre bourgeoisie et prolétariat dans le cadre du conflit social. Corrélativement, il considère qu’il appartient au prolétariat d’arracher la bourgeoisie à l’état d’atonie intellectuelle dans lequel elle s’abîme, afin de restaurer chez celle-ci une rectitude morale, une capacité de production efficiente ainsi que le « sentiment de sa propre dignité », que l’auteur estime altérés par la diffusion des principes démocratiques. Dès lors, la conflictualité de classe ne constitue pas seulement, dans sa pensée, un mécanisme d’antagonisme historique : elle concourt également à une régénérescence concomitante de la bourgeoisie et du prolétariat[3].

Révision du marxisme

modifier

L'apport de Georges Sorel à la doctrine marxiste se concentre originellement sur sa dimension axiologique, dont il soutient la pertinence tant pour l'exégèse historique que pour la subversion de l'ordre social[13]. Il récuse néanmoins les linéaments déterministes, matérialistes et mécanistes qu'il décèle dans la vulgate marxiste[13]. Sorel fustige ces exégèses réductrices, les jugeant hétérodoxes au regard des desseins authentiques de Karl Marx. Selon sa perspective, Marx s'écarte du matérialisme strict, dans la mesure où il n'inféode pas le développement psychique des individus aux seuls déterminismes économiques[15]. Sorel souligne par ailleurs que l'œuvre marxienne théorise l'invariance d'une superstructure idéologique — englobant le droit, l'appareil étatique, la religion, les arts et la philosophie[15] — indispensable à la pérennité des sociétés. Il en infère qu'aucune architecture philosophique d'envergure ne saurait s'édifier sans une assise esthétique et spirituelle[15].

Sorel soutient que Karl Marx, après avoir d’abord voué Pierre-Joseph Proudhon à une critique sévère tout en manifestant une certaine connivence doctrinale avec le blanquisme, procède ultérieurement à une forme de syncrétisme théorique entre ces deux matrices idéologiques[16]. Il développe parallèlement l’idée d’une crise interne du marxisme durant les décennies 1880 et 1890, conjoncture caractérisée par l’essor des vastes formations socialistes françaises[16]. À ses yeux, les variantes du socialisme étrangères à l’héritage proudhonien relèvent d’une doctrine fallacieuse, moralement dévoyée et porteuse d’une logique coercitive inhérente[16]. En s’appuyant sur les analyses de Benedetto Croce, Sorel affirme qu’une « décomposition du marxisme », entendue comme l’altération progressive de ses finalités cardinales et de ses motifs doctrinaux essentiels, résulte conjointement de l’influence des résidus blanquistes présents chez Marx et de l’imprégnation positiviste attribuée à Friedrich Engels[16]. Selon cette interprétation, le proudhonisme demeure plus congruent avec les visées originelles du marxisme que le blanquisme, lequel acquiert alors en France une diffusion notable et apparaît, dans la perspective sorélienne, comme une dénaturation vulgaire et rigidement déterministe de la pensée marxiste[16].

Influence

modifier

Nationalisme intégral français

modifier

L'appareil conceptuel de Sorel suscite une singulière résonance au sein de la droite nationaliste française, singulièrement sous l'égide de Charles Maurras et des doctrinaires de l'Action française[17]. Nonobstant son opposition irréductible au matérialisme marxiste, l'intellectuel provençal cautionne le sorélianisme, postulant une commune exécration de la démocratie libérale[17]. C'est à Maurras que l'on doit l'aphorisme fameux formalisant cette alliance syncrétique, affirmant qu'un socialisme purgé de ses scories démocratiques et cosmopolites s'ajuste au nationalisme à l'instar d'un gant de facture choisie sur une main élégante[18]. Durant l'estive de 1909, Sorel formalise son adhésion au nationalisme intégral et dispense ses louanges à Maurras, séduit par la ferveur de la jeunesse militante inféodée à l'Action française. Cette inflexion idéologique l'enjoint à délaisser l'exégèse marxiste pour réactiver l'héritage de Pierre-Joseph Proudhon[19]. L'année subséquente, Sorel s'associe aux théoriciens maurrassiens Édouard Berth et Georges Valois afin de jeter les bases d'un organe de presse scripturaire, La Cité française, visant à conceptualiser un syndicalisme national ; l'entreprise demeure toutefois velléitaire[20]. Par la suite, Sorel apporte son concours à une autre publication nationaliste, L'Indépendance, où ses contributions se teintent d'un antisémitisme virulent, dénonçant une prétendue invasion exogène du corps social français[21]. En 1911, lors des assises du quatrième congrès de l'Action française, Valois explicite les fondements de cette alliance en soulignant que la jonction entre nationalistes et syndicalistes soréliens ne relève nullement de la contingence, les deux mouvements partageant, en dépit de trajectoires excentriques, des finalités téléologiques convergentes[17].

Sorel participe aux mouvances du nationalisme français et rejoint, aux côtés de Georges Valois, le Cercle Proudhon, cénacle doctrinal que Valois présente comme un lieu de confluence entre les nationalistes et les courants antidémocratiques issus de la gauche révolutionnaire[22]. Le Cercle érige Pierre-Joseph Proudhon et Georges Sorel en figures tutélaires ayant rendu possible la jonction de deux traditions politiques françaises longtemps demeurées antagonistes au cours du XIXe siècle : le nationalisme et un socialisme qualifié d’authentique, préservé, selon cette interprétation, des altérations imputées au parlementarisme démocratique et incarné par le syndicalisme révolutionnaire[22]. Le Cercle Proudhon préconise la substitution de l’idéologie bourgeoise et du socialisme parlementaire par une morale politique inédite fondée sur l’alliance du nationalisme et du syndicalisme. Cette doctrine soutient que ces deux mouvements, perçus comme convergents malgré leur implantation aux pôles opposés du spectre politique, engagent conjointement une offensive contre le régime démocratique libéral[22]. Le groupe professe également l’avènement d’un ordre postlibéral caractérisé par un ethos viriliste, ascétique et sacrificiel, dominé par les valeurs de discipline, d’abnégation et de combativité[23]. Dans cette configuration sociale, la prééminence revient à une avant-garde prolétarienne investie d’une fonction directrice et assimilée à une aristocratie productive, secondée par une jeunesse intellectuelle mobilisée contre une bourgeoisie tenue pour déliquescente[24].

Fascisme italien

modifier

Lorsqu’il milite au sein du Parti socialiste italien, Benito Mussolini entretient avec le sorélianisme des rapports doctrinaux fluctuants et parfois ambivalents. Il affirme adhérer au syndicalisme révolutionnaire à l’occasion de la grève générale italienne de 1904, bien que ses fréquentations avec les milieux syndicalistes remontent dès 1902[25]. En 1909, il entreprend une exégèse des Réflexions sur la Violence de Georges Sorel et souscrit à l’idée selon laquelle la conscience politique procède d’un antagonisme prolongé, au sein duquel les individus manifestent des dispositions édifiantes ainsi qu’un esprit de renoncement comparable à celui attribué aux figures héroïques de l’Antiquité[26]. Il adopte également la thèse sorélienne faisant de la violence un instrument nécessaire du processus révolutionnaire[26]. À l’instar de Sorel, il récuse l’humanitarisme ainsi que les accommodements conclus entre socialistes révolutionnaires, réformistes et représentants de la bourgeoisie démocratique[26]. Dès 1909, Mussolini se prononce en faveur d’un élitisme politique et d’un antiparlementarisme affirmé, tout en devenant l’un des principaux propagateurs de ce qu’il qualifie de « violence régénératrice »[26]. Lorsque certains courants soréliens se rapprochent, à partir de 1911, du nationalisme et du monarchisme, il considère qu’une telle inflexion idéologique compromet irrémédiablement leur légitimité au sein du mouvement socialiste[27].

À la disparition de Sorel, un article paru dans Gerarchia, revue doctrinale du fascisme italien placée sous la direction de Benito Mussolini et d’Agostino Lanzillo, théoricien notoirement acquis au Sorélianisme, soutient que le fascisme pourrait être appelé à réaliser ce qu’il présente comme la visée latente de l’ensemble de l’œuvre du penseur syndicaliste : soustraire le prolétariat à l’ascendant du Parti socialiste, le reconstituer selon le principe d’une liberté spirituelle, puis l’investir d’une dynamique de violence créatrice. Le texte ajoute qu’un tel processus constituerait la véritable révolution appelée à modeler l’Italie future[28].

Autres socialistes

modifier

Le sorélianisme agrège, dès les premières décennies du XXᵉ siècle, un ensemble d’intellectuels et de théoriciens politiques qui se réclament, à des degrés divers, de la pensée de Georges Sorel. Celui-ci exerce notamment un magistère doctrinal sur Hubert Lagardelle, lequel partage son hostilité à l’endroit de la bourgeoisie, du parlementarisme, de la démocratie représentative, du socialisme réformiste, de la social-démocratie ainsi que du suffrage universel[29]. Tous deux soutiennent en outre une conception dissociative des rapports entre les classes sociales, conçues comme irréductiblement antagonistes. La réflexion de Antonio Gramsci demeure également marquée par la théorie sorélienne du mythe social[30]. À partir de ce substrat doctrinal, Gramsci estime que l’Italie et, plus largement, les sociétés occidentales traversent une crise de l’autorité et de la culture imputable à ce qu’il désigne comme une progression du matérialisme ainsi qu’à l’incapacité du libéralisme à instaurer un consensus stable et à assurer son hégémonie idéologique sur le corps social[31]. L’influence de Sorel se manifeste pareillement dans les premiers travaux de György Lukács, bien que ce dernier qualifie ultérieurement sa pensée de doctrine petite-bourgeoise[32]. Le philosophe grec Nikos Kazantzakis reprend, pour sa part, l’idée selon laquelle la conflictualité constitue un principe générateur, tandis que la paix favoriserait un processus de décadence[33]. Enfin, José Carlos Mariátegui, qui se réclame explicitement de l’héritage sorélien, présente Vladimir Lénine comme une figure à la fois sorélienne et nietzschéenne[34].

Notes et références

modifier
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sorelianism » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ Sternhell et al., p. 76.
  2. 1 2 3 Sternhell et al., p. 78.
  3. 1 2 Christensen et al., p. 18.
  4. ↑ Sternhell et al., p. 90.
  5. ↑ Stanley 1981, p. 20.
  6. ↑ Stanley 1981, p. 22.
  7. ↑ Stanley 1981, p. 14, 22.
  8. 1 2 Midlarsky, p. 93.
  9. ↑ Stanley 1981, p. 17.
  10. ↑ Stanley 1981, p. 14.
  11. ↑ Stanley 1981, p. 54, 244.
  12. ↑ Stanley 1981, p. 245.
  13. 1 2 3 Sternhell, p. 17.
  14. ↑ Stanley 1981, p. 15,245-246.
  15. 1 2 3 Stanley 1981, p. 206.
  16. 1 2 3 4 5 Stanley 1981, p. 106.
  17. 1 2 3 Sternhell et al., p. 82.
  18. ↑ Holmes, p. 60.
  19. ↑ Stuart, p. 149.
  20. ↑ Sternhell et al., p. 83.
  21. ↑ Sternhell et al., p. 85.
  22. 1 2 3 Sternhell, p. 11.
  23. ↑ Sternhell, pp. 11–12.
  24. ↑ Sternhell, p. 12.
  25. ↑ Sternhell et al., p. 33.
  26. 1 2 3 4 Gregor, p. 96.
  27. ↑ Gregor, p. 123.
  28. ↑ Sternhell et al., p. 93.
  29. ↑ Hellman, p. 35
  30. ↑ Gill, p. 19.
  31. ↑ Cohen & Arato, p. 144.
  32. ↑ Löwy, « Georg Lukács and Georges Sorel », from Löwy, « Georg Lukács e Georges Sorel », Crítica Marxista, vol. 4, no 4,‎ , p. 113–122 (DOI 10.53000/cma.v4i4.19876)
  33. ↑ Bien, p. 7.
  34. ↑ Schutte, p. 39.

Bibliographie

modifier
  • Peter Bien. Kazantzakis, Volume 2: Politics of the Spirit. Princeton, New Jersey: Princeton University Press, 2007.
  • Hans Dam Christensen, Øystein Hjort, Niels Marup Jensen. Rethinking art between the wars: new perspectives in art history. Aarhus, Denmark: Museum Tusculanum Press, 2001.
  • Jean L. Cohen, Andrew Arato. Civil society and political theory. Massachusetts Institute of Technology, 1994.
  • Stephen Gill. Power and resistance in the new world order. New York: Palgrave Macmillan, 2003.
  • Anthony James Gregor, University of California, Berkeley. Young Mussolini and the intellectual origins of fascism. Berkeley and Los Angeles, California: University of California Press, 1979.
  • John Hellman. The communitarian third way: Alexandre Marc's ordre nouveau, 1930–2000. McGill-Queen's University Press, 2002.
  • Douglas R. Holmes. Integral Europe: fast-capitalism, multiculturalism, neofascism. Princeton, New Jersey: Princeton University Press, 2000.
  • Manus I. Midlarsky. Origins of Political Extremism: Mass Violence in the Twentieth Century and Beyond. Cambridge University Press, 2011.
  • Ofelia Schutte. Cultural identity and social liberation in Latin American thought. Albany, New York: State University of New York Press, 1993.
  • John Stanley. Mainlining Marx. New Brunswick, New Jersey: Transaction Publishers, 2002.
  • John Stanley, The Sociology of Virtue: The Political & Social Theories of Georges Sorel, University of California Press, (ISBN 9780520037908, lire en ligne), p. 20
  • Zeev Sternhell. Neither right nor left: fascist ideology in France. 2nd edition. Princeton, New Jersey: Princeton University Press, 1986.
  • Zeev Sternhell, Mario Sznajder, Maia Ashéri. The Birth of Fascist Ideology: From Cultural Rebellion to Political Revolution. Princeton, New Jersey: Princeton University Press, 1994.
  • Robert Stuart. Marxism and National Identity: Socialism, Nationalism, and National Socialism during the French fin de siècle. Albany, New York: State University of New York Press, 2006.

Voir aussi

modifier