Soutien iranien aux Houthis
L’Iran est généralement considéré comme l'un des principaux soutiens des Houthis au Yémen, lui fournissant une aide militaire, financière et logistique, bien que ceux-ci aient pendant des années contesté l’ampleur de cette assistance. Les relations entre les deux parties remontent aux années 1990, lorsque certains dirigeants houthis auraient reçu une formation religieuse en Iran. À partir de 2009, l’Iran aurait commencé à fournir un soutien plus direct, qui s’est intensifié après l’effondrement du gouvernement yéménite en 2011. Après la prise de Sanaa par les Houthis en 2014, ce soutien est devenu plus visible, avec la fourniture d’armes plus avancées, de formations militaires et d’un appui en matière de renseignement. Cette assistance a contribué au renforcement des capacités militaires du mouvement, notamment dans l’utilisation de missiles et de drones. Ces capacités ont joué un rôle important dans le conflit opposant les Houthis à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, ainsi que dans les attaques contre Israël et les perturbations de la navigation commerciale dans le détroit de Bab-el-Mandeb.

Le soutien iranien aux Houthis présente plusieurs avantages stratégiques pour l’Iran, notamment dans le cadre de la rivalité avec l’Arabie saoudite et de la poursuite de ses intérêts régionaux. L’Iran s’appuie sur les Houthis pour exercer une pression sur l’Arabie saoudite et contribuer à l’instabilité régionale, notamment par des attaques contre des cibles militaires saoudiennes et contre des navires commerciaux en mer Rouge. Cette forme de guerre par procuration permet à l’Iran de contester l’influence saoudienne sans s’engager directement dans le conflit. En retour, les Houthis se rapprochent des positions idéologiques de l’Iran, en mettant en avant un discours de résistance face à l’influence occidentale et en soutenant certains intérêts iraniens au Moyen-Orient. Toutefois, plusieurs analyses estiment que le degré de contrôle exercé par l’Iran sur les Houthis a parfois été exagéré par les forces opposées au mouvement, notamment par les gouvernements yéménites successifs et leurs alliés saoudiens et américains[1],[2],[3].
Contexte
modifierDes éléments circonstanciels suggèrent l’existence d’une relation informelle entre l’Iran et les Houthis dès les années 1990[4]. Des membres de la famille al-Houthi, notamment Badr al-Din al-Houthi et ses fils Hussein al-Houthi et Abdul Malik al-Houthi, auraient reçu une formation religieuse au séminaire islamique iranien de Qom[4],[5]. Avant 2010, les médias iraniens niaient toute aide de l’Iran aux Houthis et évoquaient rarement la crise militaire et politique au Yémen. Toutefois, à partir de la fin , ils ont progressivement augmenté leur couverture des attaques saoudiennes contre les chiites yéménites, les présentant parfois comme visant l’ensemble du monde chiite[6]. L’institut RAND interprète cette évolution comme une tentative de mobiliser l’opinion publique en faveur d’un futur soutien iranien aux Houthis[6]. Selon certains experts, l’Iran aurait apporté un certain soutien aux Houthis dès le milieu des années 2000, probablement par l’intermédiaire de son allié libanais Hezbollah[7]. D’autres estiment que l’influence officielle iranienne sur le mouvement a réellement commencé en 2009, lors de la phase finale de l’insurrection houthie contre le gouvernement yéménite[8],[9]. À cette époque, le chef yéménite de la lutte antiterroriste affirmait que l’Iran formait et armait des combattants houthis[10]. Jusqu’au Printemps arabe et à la chute du gouvernement yéménite, l’État yéménite était considéré comme faible mais encore fonctionnel, ce qui rendait l’infiltration iranienne plus difficile. Après 2011, l’effondrement presque complet de l’État a supprimé les obstacles limitant l’influence iranienne[11]. L’ouverture de nouvelles routes de contrebande entre l’Iran et le Yémen a également réduit les coûts et les risques liés à la fourniture de matériel aux Houthis[11].
Entre 2011, lorsque la révolte contre le gouvernement yéménite commence[9], et 2014, année du renversement de ce dernier[9], le soutien iranien aux Houthis serait resté relativement limité selon plusieurs analyses[11]. En , les Houthis prennent le contrôle de Sanaa. À la suite de cet événement, ils multiplient les gestes en direction de l’Iran, notamment en libérant des prisonniers iraniens liés au Hezbollah et au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI)[12], ainsi qu’en annonçant l’ouverture de vols directs entre l’Iran et l’aéroport de Sanaa[13]. Ces initiatives ont été interprétées comme des signes de la volonté des Houthis de renforcer leurs relations avec l’Iran et d’obtenir un soutien accru[8]. La plupart des experts estiment que l’Iran a commencé à fournir des armes aux Houthis la même année[9]. En menant une guerre civile et en étendant leur contrôle jusqu’au sud du Yémen, les Houthis ont démontré leur utilité potentielle pour l’Iran dans le cadre de ses stratégies régionales[14]. Le mouvement se considère lui-même comme faisant partie de « l’axe de la résistance » mené par l’Iran, et certains éléments de son idéologie se reflètent dans des slogans politiques hostiles aux États-Unis et à Israël[15].
Le soutien iranien aux Houthis a été rapporté par des correspondants diplomatiques de plusieurs grands médias internationaux et constitue également la position exprimée par des dirigeants du gouvernement yéménite opposés militairement et politiquement au mouvement houthi. Ainsi, en 2017, le président yéménite reconnu par l’ONU et renversé, Abdrabbo Mansour Hadi, qualifie les rebelles houthis de « milices iraniennes »[16],[17]. De leur côté, les Houthis accusent le gouvernement de l’ancien président Ali Abdallah Saleh d’être soutenu par l’Arabie saoudite et d’utiliser Al-Qaïda pour les réprimer[18]. Sous la présidence suivante de Hadi, plusieurs États arabes du Golfe ont également accusé l’Iran de soutenir financièrement et militairement les Houthis, accusations que Téhéran a rejetées, ces États étant eux-mêmes des soutiens du gouvernement de Hadi[19]. Malgré certaines déclarations de responsables iraniens et yéménites confirmant l’existence d’un soutien iranien sous forme de formation, d’armes et de financements, les Houthis ont continué à nier avoir reçu une aide financière ou militaire substantielle de la part de l’Iran[20],[21].
Promotion des intérêts iraniens dans la région par les Houthis
modifierCertaines ambitions régionales et objectifs géopolitiques de l’Iran sont poursuivis par l’instigation de conflits et l’instabilité au Yémen, en particulier le long de la frontière avec l’Arabie saoudite, un adversaire historique de l’Iran[11]. La présence des Houthis à cette frontière permet, selon certaines analyses, le passage de combattants vers l’Arabie saoudite et oblige l’armée saoudienne à concentrer ses efforts sur le Yémen plutôt que sur l’Iran[11]. En soutenant une guerre par procuration dans la région, l’Iran atteint son objectif de menacer l’Arabie saoudite à relativement faible coût et avec un risque minimal, mais au prix d’un effort important pour l’armée saoudienne[11]. Dans cette perspective, le soutien iranien aux Houthis vise principalement à combattre une coalition menée par l’Arabie saoudite et composée d’États du Golfe, dont le but est de maintenir le contrôle du Yémen[17]. Depuis , les Houthis ont mené de fréquentes attaques contre l’Arabie saoudite, comprenant des embuscades contre des convois militaires, la prise de petits forts frontaliers, la saisie et la destruction d’installations importantes, ainsi que l’occupation partielle de villes désertées. Ils ont également lancé de multiples attaques à l’aide de missiles balistiques de courte, moyenne et longue portée[22],[23]. Par ailleurs, les zones contrôlées par les Houthis servent de plateforme pour un poste de renseignement iranien et un réseau discret de distribution d’armes, contribuant ainsi à promouvoir les objectifs de l’Iran au Moyen-Orient et dans la Corne de l'Afrique[24].
En contrepartie du soutien qu’ils reçoivent de l’Iran, les Houthis, en tant que membre de « l’axe de la résistance », cherchent à limiter l’influence occidentale au Moyen-Orient et à intimider les pays de la région qui s’allient aux États-Unis[9]. Selon l’expert iranien Mohammad Ayatollahi Tabaar, publié dans Foreign Affairs, les Houthis aident l’Iran en constituant une menace régionale pour l’Arabie saoudite et en permettant à l’Iran de contourner les sanctions sur son commerce pétrolier en protégeant ses navires dans la mer Rouge[25].
Inversement, plusieurs sources soulignent que le degré de contrôle iranien sur le mouvement houthi ne doit pas être exagéré. En , la porte-parole du Conseil national de sécurité des États-Unis, Bernadette Meehan, a déclaré que « selon notre évaluation, l’Iran n’exerce pas de commandement ni de contrôle sur les Houthis au Yémen »[26]. Joost Hiltermann a également écrit que l’Iran ne contrôle pas la prise de décision des Houthis, comme le montre leur refus catégorique de suivre la demande iranienne de ne pas prendre Sanaa en 2015. Thomas Juneau, dans le journal International Affairs, précise que même si le soutien iranien aux Houthis a augmenté depuis 2014, il reste trop limité pour avoir un impact significatif sur l’équilibre des forces au Yémen[27]. Le Quincy Institute for Responsible Statecraft (en) estime que l’influence de Téhéran sur le mouvement a été « grandement exagérée » par les Saoudiens, leurs partenaires de coalition (principalement les Émirats arabes unis) et leurs lobbyistes à Washington[28].
De même, des universitaires comme Marieke Brandt et Charles Schmitz ont indiqué que l’allégation selon laquelle les Houthis ne seraient qu’une force proxy iranienne trouve ses origines dans des récits politiques élaborés par Saleh, l’Arabie saoudite, les États-Unis et d’autres acteurs opposés aux Houthis[2],[3]. Bien que les Houthis aient salué l’Iran post-révolution islamique pour son opposition à l’impérialisme américain et israélien au Moyen-Orient, ils ont également critiqué la doctrine politique et religieuse iranienne, y compris le chiisme duodécimain, religion d’État en Iran[3]. Les politologues Stacey Yadav et Sheila Carapico qualifient de « simplification toute faite chiites vs. sunnites » le récit commun qui met l’accent sur le zaïdisme des Houthis et leur supposée position pro-iranienne[1].
Soutien iranien aux Houthis
modifierL’Iran est le seul pays à reconnaître le gouvernement houthi à Sanaa[9] et, selon le Conseil des affaires étrangères (CFR), « l’Iran est le principal bienfaiteur des Houthis », leur fournissant des armes, de la formation et du renseignement militaire[9]. Cette relation a constitué un facteur important dans le renforcement des capacités militaires du groupe[9]. Grâce à cette alliance, les Houthis ont pu accéder à des armements avancés, notamment des missiles sophistiqués et des drones, qu’ils n’auraient pas été en mesure de produire eux-mêmes[9]. Le soutien iranien a joué un rôle crucial dans le renforcement de la capacité des Houthis à affirmer leur domination militaire au Yémen[9]. Cependant, les analystes soulignent que l’impact stratégique de cette aide dépasse le seul conflit yéménite, influençant les dynamiques régionales et modifiant l’équilibre des forces au Moyen-Orient[9]. Selon un analyste du Golfe rattaché au Sana’a Center for Strategic Studies, « le rôle de l’Iran a été décisif en fournissant aux Houthis des armes de contrebande et un savoir-faire leur permettant de projeter leur puissance dans la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb »[29].
Soutien militaire iranien
modifierDepuis 2009, l’Iran s’est de plus en plus impliqué dans le soutien au mouvement houthi au Yémen, et ce soutien a été associé à une amélioration significative des capacités militaires du groupe, notamment par l’accès à des armes avancées qu’il n’aurait pas pu développer seul. Des rapports de sécurité indiquent que cette assistance comprend des composants et des technologies pour missiles balistiques et missiles de croisière, ainsi que des véhicules aériens sans pilote, ce qui a permis aux Houthis de s’équiper de systèmes plus sophistiqués[15],[30]. Ces transferts ont souvent été réalisés via des voies de contrebande maritime et terrestre, même si certains éléments sont assemblés ou modifiés localement par les Houthis avec l’aide technique iranienne[31]. L’impact de ce soutien est visible dans l’usage de missiles balistiques comme les Borkan‑2H (en) (liés aux conceptions iraniennes), de missiles de croisière dérivés de modèles iraniens, et de drones de type Shahed ou Qasef, qui ont été employés contre des cibles militaires et des infrastructures régionales[32]. Ce processus ressemble à l’assistance fournie à d’autres groupes soutenus par l’Iran au Moyen‑Orient[15], tels que le Hezbollah au Liban ou le Hamas dans la bande de Gaza, mais adapté à la situation yéménite[33].
En 2013, un navire iranien est intercepté alors qu'il transporte des roquettes Katioucha, des missiles sol-air à tête chercheuse, des lance-roquettes RPG-7, des lunettes de vision nocturne fabriquées en Iran ainsi que des systèmes d'artillerie capables de suivre des cibles terrestres et navales à 40 km. La cargaison était destinée aux Houthis[34].
Début 2013, des photographies publiées par le gouvernement yéménite montrent la marine américaine et les forces de sécurité du Yémen en train de saisir une catégorie de missiles antiaériens portatifs à tête chercheuse, d’origine moderne chinoise ou iranienne, dans leur emballage d’origine, des missiles dont il n’était pas publiquement connu qu’ils étaient hors du contrôle d’un État, ce qui a suscité des inquiétudes quant à l’armement des rebelles par l’Iran[35].
Lors de l’édition du de PBS Newshour, le secrétaire d'État américain John Kerry déclare que les États‑Unis savent que l’Iran fournit un soutien militaire aux rebelles houthis au Yémen, ajoutant que Washington « ne va pas rester les bras croisés pendant que la région est déstabilisée »[36].
En , la marine américaine intercepte une importante cargaison d’armes iraniennes, saisissant des milliers de fusils AK-47, des lance-roquettes RPG et des mitrailleuses de calibre 0,50, une cargaison que le Pentagone décrit comme probablement destinée au Yémen[37],[38].
Selon un rapport cité par Al-Arabiya, en 2016 l’Iran aurait fourni 90 millions de dollars d’aide aux Houthis, en plus des armes et munitions livrées par les 34e et 44e divisions de la marine iranienne[39]. Il est également indiqué que 1 100 combattants houthistes ont suivi une formation dans des installations des Gardiens de la révolution iraniens, et que 250 « se sont entrainés dans la garnison de la force Al-Qods dans la ville iranienne de Hamedan ». Trois hauts commandants des Gardiens de la révolution, le colonel Ridaa Bassini, le commandant Ali al-Rajabi et le général Mohammad Niazi, ont été envoyés au Yémen pour collaborer avec les Houthis[39].
En 2017, le ministère iranien de la Défense envoie une équipe de fabrication de munitions, dirigée par Bahram Rahnama, au Yémen pour assister les Houthis dans la production de leurs armes[39]. Selon Michael Knights, du Washington Institute, le Hezbollah soutient également les Houthis à la demande du régime iranien, et ses représentants, ainsi que ceux des Gardiens de la révolution, servent de conseillers au comité militaire houthi, le conseil du Jihad[9].
En , Qassem Soleimani, le chef de la force Al-Qods iranienne, rencontre les Gardiens de la révolution pour examiner les moyens de ce qui est décrit comme « renforcer » les Houthis. Soleimani déclare qu’« à cette réunion, ils conviennent d’augmenter l’aide, par la formation, les armes et le soutien financier ». Malgré les dénégations officielles du gouvernement iranien et des Houthis concernant un soutien iranien au groupe, le général de brigade Ahmad Asiri, porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, indique à Reuters que des preuves de l’aide iranienne apparaissent dans l’utilisation par les Houthis de missiles antichars guidés Kornet, jamais employés auparavant par l’armée yéménite ou par les Houthis, et que l’arrivée de ces missiles intervient seulement à un moment ultérieur[40]. Le même mois, les Gardiens de la révolution modifient les itinéraires utilisés pour transporter du matériel aux Houthis en répartissant les cargaisons sur de plus petits navires dans les eaux territoriales koweïtiennes afin d’éviter les patrouilles navales dans le golfe d’Oman à cause des sanctions, ces cargaisons comprenant notamment des pièces de missiles, des lanceurs et des stupéfiants[41].
En , les États-Unis imposent des sanctions contre l’Ayatollah Khomeini du CGRI en raison de son rôle dans le soutien aux Houthis au Yémen, en particulier pour l’aide à la fabrication de missiles balistiques utilisés dans des attaques visant des villes et des champs pétrolifères en Arabie saoudite. Cette mesure s’appuie sur la désignation du CGRI comme organisation terroriste par les autorités américaines[42].
En , malgré les dénégations antérieures de l’Iran concernant un soutien militaire aux Houthis, le commandant des Gardiens de la révolution, Nasser Shabani, déclare à l’agence de presse iranienne Fars que « nous [le CGRI] avons dit aux Yéménites [rebelles Houthis] de frapper deux pétroliers saoudiens, et ils l’ont fait », le . En réponse à cette déclaration, l’IRGC publie un communiqué affirmant que la citation est un « mensonge occidental » et que Shabani est un commandant à la retraite, bien qu’aucun rapport ne confirme sa retraite après 37 ans dans le CGRI, et que des médias liés au gouvernement iranien confirment qu’il est toujours en activité[43]. Par ailleurs, bien que les Houthis et le gouvernement iranien aient précédemment nié toute affiliation militaire[21], le guide suprême iranien Ali Khamenei annonce publiquement son soutien « spirituel » au mouvement lors d’une rencontre personnelle avec le porte-parole houthi Mohammed Abdul Salam à Téhéran, au milieu des conflits en cours à Aden en 2019[44],[45].
En , les États‑Unis interceptent et capturent un navire iranien transportant des pièces de drones, des ogives de missiles et des missiles antichars destinés aux Houthis. Selon le CFR, ce type d’aide militaire parvient généralement aux Houthis par l’intermédiaire du CGRI[9].
En , les États‑Unis imposent de nouvelles sanctions ciblant les liens entre les Gardiens de la révolution et le groupe. Ansar Allah qualifie ces sanctions de pathétiques et inefficaces[46].
En 2024, des commandants des Gardiens de la révolution et du Hezbollah participent activement sur le terrain au Yémen, supervisant et dirigeant les attaques des Houthis contre la navigation dans la mer Rouge, selon un rapport de Reuters[47]. L’Iran facilite en outre les attaques houthies dans la mer Rouge en leur fournissant les moyens de collecter des informations sur les navires commerciaux le long des voies maritimes internationales[48]. Grâce à cette assistance, les Houthis sont capables de maintenir « une image de renseignement maritime à jour », en utilisant des navires radar iraniens tels que le MV Saviz et le MV Behshad, ainsi que des navires iraniens plus petits effectuant des observations visuelles tout en évitant toute détection[48].
Le , les forces de la Résistance nationale (FRN) du Yémen interceptent une cargaison d’armes iraniennes en provenance de Djibouti, destinée au port d’al-Salif, contrôlé par les Houthis[49]. Cela survient malgré une lettre envoyée en février par la République islamique au Conseil de sécurité des Nations unies, niant toute « violation de l’embargo sur les armes » et affirmant ne pas « alimenter le conflit au Yémen »[49]. Selon la Foundation for Defense of Democracies, la cargaison comprend plusieurs systèmes d’armes fabriqués par une entité affiliée au ministère iranien de la Défense, des moteurs turbojet pour missiles de croisière terrestre (LACM), des capteurs électro-optiques pour missiles balistiques antinavires (ABM), un drone d’attaque Shahed-107, des moteurs à piston, des ogives de missiles antichars guidés (ATGM), des systèmes de défense aérienne portables (MANPADS), des missiles de croisière antinavires Ghadir et Sejjil, ainsi que le missile anti-drone Qaem-118[49].
Soutien iranien aux attaques en mer Rouge
modifierEntre et , les Houthis ont mené plus de 100 attaques contre des navires commerciaux et militaires dans la mer Rouge, transformant effectivement le détroit de Bab el-Mandeb en une zone de refus d’accès et de contrôle territorial[50]. Au départ, les Houthis menacent de cibler tout navire se rendant vers ou quittant Israël, mais ces menaces s’étendent ensuite aux navires ayant des liens indirects avec Israël, puis finalement à ceux liés aux États-Unis et au Royaume-Uni[15]. En réalité, les attaques suivantes, comprenant plus de 130 frappes de missiles et de drones contre des navires commerciaux et militaires internationaux, sont indiscriminées[15],[51], et de nombreux navires attaqués n’ont aucun lien avec ces trois pays[48]. Les navires visés comprennent certains en provenance de Chine et de Russie[48] ainsi que d’autres à destination de l’Iran[52].
Selon le CFR, les Houthis testent sur le terrain les armements iraniens contre l’Arabie saoudite et dans la mer Rouge tout en offrant à l’Iran une couverture plausible, en « revendiquant la responsabilité d’attaques probablement ordonnées ou effectuées par l’Iran »[9]. Les attaques des Houthis soutenus par l’Iran contre des cibles dans la mer Rouge ont des effets dévastateurs sur la navigation internationale[9], en obligeant les navires à emprunter des routes commerciales alternatives autour du cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud[53]. À la suite de ce contournement, les chaînes d’approvisionnement perturbées sont prolongées d’au moins deux semaines[53], les volumes de marchandises traversant le détroit chutent de deux tiers et le coût pour l’économie mondiale en 2024 est estimé à 200 milliards de dollars[53]. Toujours selon le CFR, « Téhéran a exprimé son soutien sans équivoque aux opérations et assiste les Houthis dans le ciblage des navires »[9].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Iranian support for the Houthis » (voir la liste des auteurs).
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