« Paul Gauguin » : différence entre les versions

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{{Homon|Gauguin (homonymie)}}
{{redirect homophones|Gauguin|Gaugain}}
{{Infobox Artiste
| nom = Paul Gauguin
| autres noms =
| légende = ''Autoportrait'', 1893, [[musée d'OrsayParis]], [[Parismusée d'Orsay]].
| nom de naissance = Eugène Henri Paul Gauguin
| date de naissance = {{date|7|juin|1848}}
| lieu de naissance = [[Paris]],Ancien [[France2e arrondissement de Paris]]
| date de décès = {{date de décès|8|mai|1903|7|juin|1848|âge=oui}}
| lieu de décès = [[Atuona]], [[Hiva Oa]],<br />[[Îles Marquises]], [[France]]
| nationalité = [[France|Français]]
| autres activités =
| formation = [[Académie Calarossi]]<ref>[https://www.academiegrandechaumiere.com/celebrites academiegrandechaumiere.com].</ref>
| formation =
| maîtres = [[Camille Pissarro]]
| élèves =
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| œuvres principales =
| image =
| activités = [[PeintureArtiste peintre|Peintre]], [[Gravure|graveur]], [[sculpteur]]
| mécènes =
| influencé par =
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}}
 
'''Paul Gauguin''', né le {{date|7|juin|1848}} à [[Paris]] et mort, le {{date|8|mai|1903}}, à [[Atuona]], ([[Hiva Oa]],) aux [[îles Marquises]], est un [[Peinture (art)|peintre]] [[postimpressionnisme|postimpressionniste]]. [[France|français]].

Chef de file de l'[[École de Pont-Aven]] et inspirateur des [[Nabi (peinture)|nabis]], il est considéré comme l'un des peintres [[France|français]] majeurs du {{XIXe siècle}}, et l'un des plus importants précurseurs de l'art moderne avec [[Gustav Klimt|Klimt]], [[Paul Cézanne|Cézanne]], [[Edvard Munch|Munch]], [[Georges Seurat|Seurat]] et [[PaulVincent Cézannevan Gogh|Cézannevan Gogh]].
 
== Biographie ==
=== Débuts ===
[[Fichier:Paul Gauguin 200.jpg|thumbvignette|leftgauche|uprightredresse|Autoportrait, (vers 1875-1877).]]
[[Fichier:Plaque de la maison natale de Paul Gauguin.jpg|vignette|56, rue Notre-Dame de Lorette à Paris (maison natale).]]
Eugène Henri Paul Gauguin naît à Paris, en 1848. Son père, Clovis Louis Pierre Guillaume Gauguin (1814-1851), est un journaliste républicain au ''[[Le National (France)|National]]''<ref name="MyFather">{{en}} [https://books.google.it/books?id=jDs-0V_4MQYC&pg=PA3&dq=Eugene+Henri+Paul+Gauguin&hl=it&ei=xgz1S7CPHZWL_AbzzITiCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=8&ved=0CE8Q6AEwBw#v=onepage&q&f=false ''My Father, Paul Gauguin''] par Pola Gauguin, éd. Alfred A . Knopf, New York, 1937, {{p.|3-11}}.</ref>. Sa mère, Aline Chazal (1825-1867), est la fille de [[Flora Tristan]] et donc, la petite fille de Mariano de Tristán y Moscoso et de [[Thérèse Laisnay]]. Elle descend de propriétaires terriens [[Espagne|espagnols]] d'[[Amérique du Sud]] et même, selon la légende, d'un vice-roi du [[Pérou]]<ref name="MyFather"/>.
Eugène Henri Paul Gauguin naît au 56, [[rue Notre-Dame-de-Lorette]] à Paris, en 1848. Son père, Clovis Louis Pierre Guillaume Gauguin (1814-1851), est un journaliste républicain au ''[[Le National (France)|National]]''<ref name="MyFather">{{en}} [https://books.google.it/books?id=jDs-0V_4MQYC&pg=PA3&dq=Eugene+Henri+Paul+Gauguin&hl=it&ei=xgz1S7CPHZWL_AbzzITiCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=8&ved=0CE8Q6AEwBw#v=onepage&q&f=false ''My Father, Paul Gauguin''] par Pola Gauguin, éd. Alfred A . Knopf, New York, 1937, {{p.|3-11}}.</ref>. Sa mère, Aline Chazal (1825-1867), est la fille de [[Flora Tristan]] et la petite fille de [[Thérèse Laisnay]] et Mariano de Tristán y Moscoso, un militaire membre d'une famille de propriétaires terriens nobles [[Espagne|espagnols]] du [[Pérou]]<ref name="MyFather" />.
[[Fichier:Emil Gauguin (1874–1955), the artist's son MET DT289465.jpg|vignette|left|upright|Buste d’Émile par Paul Gauguin (1877-1878), [[Metropolitan Museum of Art]].]]
[[Fichier:PaulEmil Gauguin, Interieur du peintre Paris(1874–1955), ruethe Carcelartist's (1881)son -MET 01DT289465.jpg|thumbvignette|''Appartementgauche|redresse|Buste ded’Émile par Paul Gauguin (1877-1878), rue[[Metropolitan Carcel'',Museum of 1881Art]].]]
Le peintre a d'ailleurs passé les années de sa plus jeune enfance à [[Lima (Pérou)|Lima]], où son père, mort durant le voyage en 1851 au large de [[Punta Arenas]] et enterré à [[Puerto del Hambre]], fuyait le régime politique de [[Napoléon III]], auteur la même année d'un coup d'État qui conforta son pouvoir <ref name="MyFather"/>. De retour en France à l'âge de 7 ans, Paul fait ses études, d'abord au [[petit séminaire]] de [[La Chapelle-Saint-Mesmin]] dirigé à cette époque par {{Mgr}} [[Félix Dupanloup]]<ref>Catherine Thion, ''La Chapelle-Saint-Mesmin, des siècles d'histoire'', Maury imprimeur, édité par la Ville de La Chapelle-Saint-Mesmin, 2007 {{ISBN|9782952901703}}.</ref> puis à [[Orléans]], notamment au [[lycée Pothier]]<ref>{{Ouvrage|langue=français|auteur1=Christian Jamet|titre=Gauguin à Orléans|passage=|lieu=Orléans|éditeur=La Simarre/Christian Pirot Éditions|année=2013|pages totales=99|isbn=978-2365360210|lire en ligne=}}.</ref>. Gauguin est embarqué sur le clipper ''Luzitano'' en qualité de novice/pilotin en décembre 1865, inscrit au Havre sous le matricule 790-3157. Il obtient le grade de lieutenant et embarque, en 1866, sur le trois-mâts ''Chili'', dont il est le second. Il effectue par la suite, en 1868, son service militaire dans la [[Marine nationale (France)|marine nationale]], embarqué sur la corvette ''Jérôme-Napoléon''<ref>{{Ouvrage|titre=Les Clippers français | éditeur=Le Chasse-Marée |collection= | auteurs=Claude et Jacqueline Briot avec la collaboration de François Renault |langue=français |année=[[2003]] |lieu= |pages= |isbn=2-903708-46-0}}, {{p.|199}}.</ref>{{,}}<ref name="Taillemite">« Paul Gauguin », dans [[Étienne Taillemite]], ''Dictionnaire des marins français'', Tallandier, 2002, {{p.}}205-206.</ref>. Il participe à la [[Guerre franco-allemande de 1870|guerre de 1870]] et prend part à la capture de six navires allemands. Après son retour à Toulon, le 23 avril 1871, il quitte la marine<ref name="Taillemite" />. Il devient [[agent de change]] à la Bourse à Paris et connaît un certain succès dans ses affaires. Il partage alors une vie bourgeoise confortable avec son épouse [[Danemark|danoise]], [[Mette-Sophie Gad]] (1850-1920), et leurs cinq enfants : {{Lien|fr=Émile Gauguin|texte=Émile|lang=es}} (1874-1955), Aline, Clovis, {{Lien|texte=Jean-René|Jean_René_Gauguin}} (1881-1961), sculpteur et {{Lien|trad=Pola Gauguin|fr=Paul-Rollon|texte=Paul-Rollon|lang=en}} (1883-1961). Il s'installe avec sa famille en 1877, dans le {{XVe}} arrondissement de Paris, d'abord rue des Fourneaux (actuelle [[rue Falguière]]), puis [[rue Carcel]]<ref>[http://www.paris15histoire.com/Gauguin.html Paul Gauguin dans le {{XVe}} arrondissement]. Résumé d'un article de Jeanine Podloubny et Michel Périn in ''Bull. Soc. hist. & arch. du {{XVe}} arrondt de Paris, {{n°|4}}''.</ref>.
 
Le peintre a d'ailleurs passé sa plus jeune enfance à [[Lima (Pérou)|Lima]], où son père, mort en 1851 durant le voyage depuis la France, au large de [[Punta Arenas]] et enterré à [[Puerto del Hambre]], venait fuir le régime politique de [[Napoléon III]], auteur d'un coup d'État qui conforta son pouvoir<ref name="MyFather"/>. De retour en France à l'âge de 7 ans, Paul fait ses études à [[Orléans]], d'abord dans un pensionnat de la ville puis, entre 1859 et 1862, au [[petit séminaire de La Chapelle-Saint-Mesmin]] dirigé à cette époque par {{Mgr}} [[Félix Dupanloup]]<ref name=":1">Catherine Thion, ''La Chapelle-Saint-Mesmin, des siècles d'histoire'', Maury imprimeur, édité par la Ville de La Chapelle-Saint-Mesmin, 2007 {{ISBN|9782952901703}}.</ref>.
Son tuteur, [[Gustave Arosa]], homme d'affaires et grand amateur d'art, introduit Gauguin auprès des [[impressionniste]]s. En [[1874]], il fait la connaissance du peintre [[Camille Pissarro]] et voit la première exposition du courant impressionniste. Comme son tuteur, il devient amateur d'art et s'essaye alors à la peinture. Il expose par conséquent avec les impressionnistes en 1879, 1880, 1881, 1882 et [[Huitième exposition des impressionnistes|1886]].
 
Après son échec au concours d'entrée à l’[[École navale]] (préparé à Paris entre 1862 et 1864), il revient à [[Orléans]], et s'inscrit, durant l'année scolaire 1864-1865 au lycée impérial de la rue Jeanne-d'Arc, futur [[lycée Pothier]]<ref>{{Ouvrage|langue=fr|auteur1=Christian Jamet|titre=Gauguin à Orléans|lieu=Orléans|éditeur=La Simarre/Christian Pirot Éditions|année=2013|pages totales=99|isbn=978-2-36536-021-0}}.</ref>. Gauguin est ensuite embarqué sur le clipper ''Luzitano'' en qualité de novice/pilotin en {{date-|décembre 1865}}, inscrit au Havre sous le matricule 790-3157. Il apprend aussi à jouer de l'accordéon. Il obtient le grade de lieutenant et embarque, en 1866, sur le trois-mâts ''Chili'', dont il est le second lieutenant. Il effectue par la suite, en 1868, son service militaire dans la [[Marine nationale (France)|marine nationale]], embarqué sur la corvette ''Jérôme-Napoléon''<ref>{{Ouvrage|langue=fr|auteurs=Claude et Jacqueline Briot avec la collaboration de François Renault|titre=Les Clippers français|éditeur=Le Chasse-Marée|année=2003|isbn=2-903708-46-0}}, {{p.|199}}.</ref>{{,}}<ref name="Taillemite">« Paul Gauguin », dans [[Étienne Taillemite]], ''Dictionnaire des marins français'', Tallandier, 2002, {{p.}}205-206.</ref>. Il participe à la [[Guerre franco-allemande de 1870|guerre de 1870]] et prend part à la capture de six navires allemands. Après son retour à Toulon, le {{date-|23 avril 1871}}, il quitte la marine<ref name="Taillemite" />.
 
Il devient [[agent de change]] à la [[Bourse de Paris|Bourse à Paris]] et connaît un certain succès dans les affaires. En 1873, il épouse une jeune [[Danemark|danoise]] luthérienne, Mette-Sophie Gad (1850-1920), à l'[[Église luthérienne de la Rédemption de Paris|église protestante de la Rédemption de Paris]], dans le [[9e arrondissement de Paris|{{9e}} arrondissement]]<ref>{{Lien web |titre=La Brodeuse (portrait de Mette) en 1880 |url=http://dx.doi.org/10.17658/issn.2058-5462/issue-14/kdootson/figure4 |consulté le=2022-06-12}}</ref>{{,}}<ref>{{Article|auteur1=Albert Huber|titre=Un Gauguin protestant|périodique=Réforme|date=12/02/2009|lire en ligne=https://www.reforme.net/religion/protestantisme/2009/02/12/journal-02122009-3307-actualites-societe-gauguin-protestant/|consulté le=9/06/2023}}</ref>. Ils partagent alors une vie bourgeoise confortable et ont cinq enfants : {{Lien|langue=es|fr=Émile Gauguin|texte=Émile}} (1874-1955), Aline, Clovis, [[Jean-René Gauguin|Jean-René]] (1881-1961), qui deviendra sculpteur, et [[Pola Gauguin|Paul-Rollon (ou Pola)]] (1883-1961). Il s'installe avec sa famille en 1877, dans le {{XVe}} arrondissement de Paris, d'abord rue des Fourneaux (actuelle [[rue Falguière]]), puis [[rue Carcel]]<ref>[http://www.paris15histoire.com/Gauguin.html Paul Gauguin dans le {{XVe}} arrondissement]. Résumé d'un article de Jeanine Podloubny et Michel Périn in ''Bull. Soc. hist. & arch. du {{XVe}} arrondt de Paris, {{n°|4}}''.</ref>.
 
[[Fichier:Paul Gauguin, Interieur du peintre Paris, rue Carcel (1881) - 01.jpg|vignette|''Appartement de Gauguin, rue Carcel'', 1881.]]
Son tuteur, [[Gustave Arosa]], homme d'affaires et grand amateur d'art, introduit Gauguin auprès des [[Impressionnisme|impressionnistes]]<ref>{{Lien web |langue=fr |titre=Gauguin : la peinture par la couleur |url=https://www.connaissancedesarts.com/arts-expositions/gauguin-la-peinture-par-la-couleur-11140484/ |site=Connaissance des Arts |date=2020-06-05 |consulté le=2022-06-12}}</ref>. En 1874, il fait la connaissance du peintre [[Camille Pissarro]] et voit la première exposition du courant impressionniste. Comme son tuteur, il devient amateur d'art et s'essaye alors à la peinture. Il participe, de 1879 à 1886, aux cinq dernières expositions du groupe des impressionnistes.
 
=== Paul Gauguin et les impressionnistes ===
{{Section à sourcer|date=juillet 2021}}[[Fichier:Rue Jouvenet à Rouen.jpg|thumbvignette|''Rue Jouvenet à Rouen'', 1884. [[Musée Thyssen-Bornemisza]], Madrid.]]
En 1882, il abandonne son emploi de courtier en bourse (qui est dans une phase de mauvaise conjoncture, avec la faillite de l'[[Union générale]]) pour se consacrer à sa nouvelle passion, la [[peinture (art)|peinture]].
En 1882, il abandonne son emploi de courtier en bourse (qui est dans une phase de mauvaise conjoncture) pour se consacrer à sa nouvelle passion, la [[peinture]]. De janvier à novembre 1884, il s'établit à [[Rouen]], où [[Camille Pissarro]], qui l'avait guidé dans son approche de l'[[impressionnisme]], vit également. Pendant ces dix mois passés à Rouen, il réalise près de quarante tableaux, principalement des vues de la ville et de ses alentours. Cela ne suffit pas pour vivre et il part vivre avec sa femme et ses enfants dans la famille de celle-ci à [[Copenhague]]. Le courant passe mal avec la belle-famille. Ses affaires ne vont pas bien. Il retourne à Paris en 1885 pour peindre à plein temps, laissant femme et enfants au Danemark, n'ayant pas les moyens d'assurer leur subsistance ; {{refnec|il est déchiré par cette situation}}. Il participe, de 1879 à 1886, aux cinq dernières expositions du groupe des impressionnistes. En 1885, Paul Gauguin commence à travailler la [[céramique]] et s’associe avec [[Ernest Chaplet]] pour produire {{nombre|50|œuvres}} en céramique.
 
Cela ne suffit pas pour vivre et, en 1883, il part vivre avec sa femme et ses enfants dans la famille de celle-ci à [[Copenhague]]. Il abandonne la peinture pour devenir représentant en toile goudronnée ; mais il ne semble pas doué pour ce travail, ses affaires vont mal et sa belle-famille lui reproche son mode de vie bohème<ref>{{Lien web |langue=fr |prénom=Bénédicte Bonnet |nom=Saint-Georges |titre=Un tableau de Gauguin acquis par le musée de Copenhague |url=https://www.latribunedelart.com/un-tableau-de-gauguin-acquis-par-le-musee-de-copenhague |site=La Tribune de l'Art |date=2022-06-12 |consulté le=2022-06-12}}</ref>. Il retourne donc à Paris pour peindre à plein temps, laissant femme et enfants au Danemark, n'ayant pas les moyens d'assurer leur subsistance ; {{refnec|il est déchiré par cette situation}}
=== Le symbolisme et son voyage initiatique en Amérique ===
[[Fichier:Paul Gauguin 087.jpg|thumb|left|''La Cueillette des fruits, ou Aux mangos'' (1887).]]
En 1886, sur les conseils d'[[Armand Félix Marie Jobbé-Duval]]<ref>{{Article|langue=|auteur1=|titre=« Van Gogh et Gauguin réunis sur une photo »|périodique=L'Express|date=30 avril 2015|issn=|lire en ligne=|pages=}}</ref>, Gauguin effectue un premier séjour à [[Pont-Aven]] en Bretagne, où il rencontre [[Émile Bernard]], le tenant du [[cloisonnisme]]. De retour à Paris, il rencontre pour la première fois [[Vincent van Gogh]], en novembre de la même année.
 
De janvier à {{date-|novembre 1884}}, il s'établit à [[Rouen]], où vit également [[Camille Pissarro]] qui l'avait guidé dans son approche de l'[[impressionnisme]]. Pendant ces dix mois passés à Rouen, il réalise près de quarante tableaux, principalement des vues de la ville et de ses alentours<ref>{{Lien web |langue=fr |titre=Une ville pour l'impressionnisme : Monet, Pissarro et Gauguin à Rouen |url=https://mbarouen.fr/fr/expositions/une-ville-pour-l-impressionnisme-monet-pissarro-et-gauguin-a-rouen |site=Musée des Beaux-Arts |date=2010-06-04 |consulté le=2022-06-12}}</ref>.
En avril 1887, il s'embarque avec le peintre [[Charles Laval]] pour le [[Panama]] où ils vont travailler au percement du [[Canal de Panama|canal]]. Ils y rencontrent des conditions de vie particulièrement difficiles et décident de partir dès qu'ils auront réuni suffisamment d'argent pour la [[Martinique]], que Gauguin avait découverte lors d'une escale.
 
En 1885, il commence à travailler la [[céramique]] et s’associe avec [[Ernest Chaplet]] pour produire {{nobr|50 œuvres}} en céramique<ref>{{Lien web |langue=fr |titre=Les sculptures céramiques de Gauguin |url=https://www.grandpalais.fr/fr/article/les-sculptures-ceramiques-de-gauguin |site=www.grandpalais.fr |consulté le=2022-06-12}}</ref>. Cette même année, il fréquente le café-restaurant ''[[Au Tambourin]]'', tenu par [[Agostina Segatori]], une modèle italienne, au 62 [[boulevard de Clichy]]<ref>La Gazette de Montmartre, n°55, décembre 2015, p. 26.</ref>.
Il reste à la Martinique dans des conditions précaires, de juin à octobre 1887, à l'Anse Turin au [[Le Carbet|Carbet]] à deux kilomètres de [[Saint-Pierre (Martinique)|Saint-Pierre]], où se trouve, toujours aujourd'hui, un Centre d'Inteprétation<ref>{{lien web|langue=français|titre=Centre d'interprétation du patrimoine Paul Gauguin|url=http://www.paulgauguinmartinique.fr|site=|date=|consulté le=}}</ref> qui lui est consacré. Enthousiasmé par la lumière et les paysages, il peint dix sept toiles lors de son séjour<ref>{{Ouvrage|langue=français|auteur1=Daniel Wildenstein|titre=Gauguin, premier itinéraire d'un sauvage. Catalogue de l'oeuvre peint (1873-1888).|passage=|lieu=|éditeur=Skira/Seuil|date=|pages totales=|isbn=88-8118-937-2|lire en ligne=}}</ref>.
 
=== Symbolisme et voyage initiatique en Amérique ===
« L’expérience que j’ai faite à la Martinique est décisive. Là seulement je me suis senti vraiment moi-même, et c’est dans ce que j’ai rapporté qu’il faut me chercher si on veut savoir qui je suis, plus encore que dans mes œuvres de Bretagne. » (Paul Gauguin à Charles Morice, 1891)
En 1886, sur les conseils de [[Félix Armand Marie Jobbé-Duval]]<ref>{{Article|auteur1=|titre=« Van Gogh et Gauguin réunis sur une photo »|périodique=L'Express|date=30 avril 2015|lire en ligne=|pages=}}.</ref>, Gauguin effectue un premier séjour à [[Pont-Aven]] en Bretagne, où il rencontre [[Émile Bernard (peintre)|Émile Bernard]], le tenant du [[cloisonnisme]]. De retour à Paris, il rencontre pour la première fois [[Vincent van Gogh]], en novembre de la même année.
 
En {{date-|avril 1887}}, il s'embarque avec le peintre [[Charles Laval]] pour le [[Panama]] où ils vont travailler au percement du [[Canal de Panama|canal]]. {{Référence nécessaire|Ils y rencontrent des conditions de vie particulièrement difficiles}} et décident de partir dès qu'ils auront réuni suffisamment d'argent pour la [[Martinique]], que Gauguin avait découverte lors d'une escale{{Référence souhaitée|date=20 juillet 2021}}.
Malade de [[dysenterie]] et du [[paludisme]], et sans ressources pour vivre, Gauguin regagne la métropole en novembre 1887. Laval prolonge son séjour jusqu'en 1888.
 
Après un séjour à l'[[île de Taboga]], il rejoint la Martinique où il reste dans des conditions précaires, de juin à {{date-|octobre 1887}}, à l'Anse Turin au [[Le Carbet|Carbet]] à deux kilomètres de [[Saint-Pierre (Martinique)|Saint-Pierre]], où se trouve, toujours aujourd'hui, un Centre d’Interprétation<ref>{{lien web|langue=français|titre=Centre d'interprétation du patrimoine Paul Gauguin|url=http://www.paulgauguinmartinique.fr|date=}}.</ref> qui lui est consacré. Enthousiasmé par la lumière et les paysages, il peint dix-sept toiles lors de son séjour<ref>{{Ouvrage|langue=fr|auteur1=Daniel Wildenstein|titre=Gauguin, premier itinéraire d'un sauvage. Catalogue de l'oeuvre peint (1873-1888).|éditeur=Skira/Seuil|année=|isbn=978-88-8118-937-3|isbn2=88-8118-937-2}}.</ref>.
=== Le synthétisme à Pont-Aven ===
[[Fichier:La vision après le sermon (Paul Gauguin).jpg|thumb|''La Vision après le sermon'' ou ''La Lutte de Jacob avec l'ange'' (1888), [[Galerie nationale d'Écosse]], [[Édimbourg]].]]
De retour en métropole, il vit à Paris, avant de rejoindre, début 1888, la [[Bretagne]], où il est le centre d'un groupe de peintres expérimentaux connus comme l'[[école de Pont-Aven]]. Dans une lettre de 1888 écrite à [[Émile Schuffenecker]], Paul Gauguin lui exprime son credo qui sera l'âme des contestations artistiques à venir : {{citation bloc|Un conseil, ne copiez pas trop d'après nature, l'art est une abstraction, tirez-la de la nature en rêvant devant, et pensez plus à la création qu'au résultat. C'est le seul moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre divin Maître, créer.}}
 
{{Référence nécessaire|« L’expérience que j’ai faite à la Martinique est décisive. Là seulement je me suis senti vraiment moi-même, et c’est dans ce que j’ai rapporté qu’il faut me chercher si on veut savoir qui je suis, plus encore que dans mes œuvres de Bretagne. » (Paul Gauguin à [[Charles Morice]], 1891)|date=20 juillet 2021}}
L'aubergiste bretonne Marie-Angélique Satre (1868-1932) alias « La Belle Angèle » fut immortalisée en 1889 par Paul Gauguin dont l'œuvre ''La Belle Angèle'', écrite en lettres majuscules sur la toile, est actuellement conservée au [[musée d’Orsay]].
 
Malade de [[dysenterie]] et du [[paludisme]], et sans ressources pour vivre, Gauguin regagne la métropole en {{date-|novembre 1887}}. Laval prolonge son séjour jusqu'en 1888{{Référence souhaitée|date=20 juillet 2021}}.
Sous l'influence du peintre [[Émile Bernard]], son style évolue, il devient plus naturel et plus synthétique. Il cherche son inspiration dans l'art exotique, les vitraux médiévaux et les estampes japonaises. Cette année-là il peint ''La Vision après le sermon'' aussi appelée ''La Lutte de Jacob avec l'ange'', qui influencera [[Pablo Picasso]], [[Henri Matisse]] et [[Edvard Munch]].
 
=== Synthétisme à Pont-Aven ===
L'œuvre ''la Vision après le sermon'' est pour Gauguin le moyen de représenter "une hallucination collective". Il unit par la simplicité le style et le thème. Le thème de la prière est depuis longtemps un sujet important chez les peintres depuis la Renaissance. Mais Gauguin traite le sujet d'une autre façon en ce sens qu'il ne représente pas les femmes dans des postions très significatives. En effet il n'y a qu'une femme que l'on voit en prière. La place sur toute la partie supérieure est laissée pour cette vision assez "superstitieuse" comme disait Gauguin. C'est la superstition des femmes qui détermine leur attitudes. En cela, Gauguin porte un regard qui fait de ses femmes des représentations d'une crédulité religieuse. Ce tableau est significatif de son rapport au village de Pont-Aven ; Gauguin voyait dans ces gens des représentants d'un archaïsme provincial et rustique. Lorsqu'il s'y installe, il retourne à un certain primitivisme de l'art, retour à ses origines. C'est également à Pont-Aven que Gauguin développe son questionnement sur le "sauvage" qu'il approfondira lors de ses voyages suivants.
{{Section à sourcer|date=juillet 2021}}[[Fichier:La vision après le sermon (Paul Gauguin).jpg|vignette|''[[Vision après le sermon|La Vision après le sermon]]'' ou ''La Lutte de Jacob avec l'ange'' (1888), [[Galerie nationale d'Écosse]], [[Édimbourg]].]]
De retour en métropole, il vit à Paris puis il rejoint, début 1888, en [[Bretagne]], un groupe de peintres expérimentaux, plus jeunes car il a alors la quarantaine, connu comme l'[[école de Pont-Aven]]. Dans une lettre de 1888 écrite à [[Émile Schuffenecker]], Paul Gauguin lui exprime son credo qui sera l'âme des contestations artistiques à venir : {{citation bloc|Un conseil, ne copiez pas trop d'après nature, l'art est une abstraction, tirez-la de la nature en rêvant devant, et pensez plus à la création qu'au résultat. C'est le seul moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre divin Maître, créer.}}
 
L'aubergiste bretonne Marie-Angélique Satre (1868-1932) alias « La Belle Angèle » fut immortalisée en 1889 par Paul Gauguin, dont l'œuvre ''[[La Belle Angèle]]'' (titre écrit en lettres majuscules sur la toile) est actuellement conservée au [[musée d’Orsay]].
C'est son ami le peintre et avocat [[Ernest de Chamaillard]] qui l'assiste dans l'affaire qui l'oppose à l'aubergiste [[Auberge de Marie Henry|Marie Henry]].
 
Sous l'influence du peintre [[Émile Bernard (peintre)|Émile Bernard]], novateur et très croyant, son style évolue : il devient plus naturel et plus synthétique. Il cherche son inspiration dans l'art exotique, les vitraux médiévaux et les estampes japonaises, pour peindre des œuvres modernes qui soient spirituellement chargées de sens. Cette année-là, il peint ''[[Vision après le sermon|La Vision après le sermon]]'' aussi appelée ''La Lutte de Jacob avec l'ange'', {{Référence nécessaire|qui influencera [[Pablo Picasso]], [[Henri Matisse]] et [[Edvard Munch]].|date=20 juillet 2021}} Cette œuvre est pour Gauguin le moyen de représenter « une hallucination collective ». {{Interprétation personnelle|Par la simplicité, il unit le style et le thème de la prière, important pour les peintres depuis la Renaissance. Gauguin traite cependant le sujet d'une autre façon, en ne représentant pas les femmes dans des positions très significatives, car il n'y a qu'une femme que l'on voit en prière. Toute la partie supérieure droite est laissée pour la Lutte de Jacob avec l'ange, vision assez « superstitieuse » pour Gauguin, qui détermine l'attitude des femmes et la représentation de leur crédulité religieuse, significative des habitants de Pont-Aven, représentants d'un archaïsme provincial rustique. En s'y installant, il retourne à un certain primitivisme de l'art, à ses origines, y développant son questionnement sur le « sauvage » qu'il approfondira lors de ses voyages suivants.}}
=== L'épisode d'Arles ===
Gauguin rejoint [[Vincent van Gogh]] qui l'a invité à venir à [[Arles]], dans le sud de la France, en 1888, grâce au frère de celui-ci, [[Théodorus van Gogh (négociant en art)|Théodorus]]. Il découvre les estampes japonaises à travers [[Vincent van Gogh]], alors qu'ils passent ensemble deux mois (d'octobre à décembre) à peindre. Ils peignent alors la série sur les [[Alyscamps]], des portraits, des paysages et des natures mortes. Les deux confrères sont très sensibles et connaissent des moments de dépression {{incise|Gauguin, comme Van Gogh, tentera de se suicider|stop}}.
 
Pour son tableau représentant un Christ jaune, il se serait inspiré de la sculpture de la chapelle de Tremalo, près de Pont-Aven. Son ami le peintre et avocat [[Ernest de Chamaillard]] l'assiste dans une affaire qui l'oppose à l'aubergiste [[Auberge de Marie Henry|Marie Henry]]{{Référence nécessaire|date=30 décembre 2019}}.
Rapprochés par un intérêt commun pour la couleur, les deux peintres entrent en conflit personnel et artistique, qui culmine quand Gauguin peint ''Van Gogh peignant des tournesols'', portrait dont Van Gogh dira : « C'est bien moi, mais devenu fou<ref>Véronique Prat, ''Le Figaro.fr''/''Culture''/''Arts expositions'', ''Van Gogh : du Japon dans le Midi'', publié le 28 septembre 2012 [http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2012/09/28/03015-20120928ARTFIG00647-van-gogh-du-japon-dans-le-midi.php].</ref>. » Leur cohabitation tourne mal et se termine sur le fameux épisode de l'oreille coupée de Van Gogh, le 23 décembre 1888<ref>''Paul Gauguin – Vincent van Gogh, Huis clos sous le soleil du Midi'', documentaire de Catherine Aventurier, diffusé sur France 5 le 21 février 2016.</ref>.
 
=== Épisode d'Arles ===
[[Fichier:Paul Gauguin - Vincent van Gogh painting sunflowers - Google Art Project.jpg|vignette|''[[Van Gogh peignant des tournesols]]'', 1888. [[Musée Van-Gogh]], [[Amsterdam]].]]
 
Gauguin rejoint [[Vincent van Gogh]] qui l'a invité à venir à [[Arles]], dans le sud de la France, en 1888, grâce au frère de celui-ci, [[Théodorus van Gogh (négociant en art)|Théodorus]]. Il découvre les estampes japonaises à travers [[Vincent van Gogh]], alors qu'ils passent ensemble deux mois (d'octobre à décembre) à peindre. Ils peignent alors la série sur les [[Alyscamps]], des portraits, des paysages et des natures mortes. Les deux confrères sont très sensibles et connaissent des moments de dépression {{incise|Gauguin, comme Van Gogh, tentera de se suicider|stop}}<ref>{{Lien web |auteur=Philippe Dagen |titre=Paul Gauguin veut mourir, prend de l’arsenic et peint une toile « terriblement fruste » |url=https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/08/07/peinture-d-ou-venons-nous-que-sommes-nous-ou-allons-nous-et-autres-questionnements-metaphysiques_5497422_4415198.html |site=[[Le Monde]] |date=7 août 2019 |consulté le=11 décembre 2022}}</ref>.
 
Rapprochés par un intérêt commun pour la couleur, les deux peintres entrent en conflit personnel et artistique, qui culmine quand Gauguin peint ''[[Van Gogh peignant des tournesols]]'', portrait dont Van Gogh dira : « C'est bien moi, mais devenu fou<ref>Véronique Prat, ''Le Figaro.fr''/''Culture''/''Arts expositions'', ''Van Gogh : du Japon dans le Midi'', publié le 28 septembre 2012 [http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2012/09/28/03015-20120928ARTFIG00647-van-gogh-du-japon-dans-le-midi.php].</ref>. » Leur cohabitation tourne mal et se termine sur le fameux épisode de l'oreille coupée de Van Gogh, le {{date-|23 décembre 1888}}<ref>''Paul Gauguin – Vincent van Gogh, Huis clos sous le soleil du Midi'', documentaire de Catherine Aventurier, diffusé sur France 5 le 21 février 2016.</ref>.
 
=== Vie en Polynésie ===
 
[[Fichier:Plaque Paul Gauguin, 35 rue Delambre, Paris 14.jpg|vignette|Plaque 35 [[rue Delambre]] ([[14e arrondissement de Paris|{{14e}} arrondissement de Paris]]) devant l'hôtel Delambre, où Paul Gauguin vit en 1891.]]
[[FileFichier:Lettre de candidature de Paul Gauguin- Archives nationales- F-21-2286.jpg|thumbvignette|200px|leftgauche|Lettre de candidature de Gauguin auprès de la direction des Beaux-arts en vue d’obtenir une mission artistique à Tahiti, {{date-|15 mars 1891}}. [[Archives nationales (France)|Archives nationales]].]]
En 1891, ruiné, il habite un temps à l'hôtel Delambre, au {{numéro|35}} de la [[Rue Delambre|rue du même nom]] dans le [[14e arrondissement de Paris|{{14e|arrondissement}}]], puis, inspiré par l'œuvre de [[Jacques-Antoine Moerenhout]], s'embarque pour la [[Polynésie française|Polynésie]], grâce à une vente de ses œuvres dont le succès est assuré par deux articles enthousiastes d'[[Octave Mirbeau]].
 
IlEn 1891, ruiné, il habite un temps à Paris, à l'hôtel Delambre, au {{numéro|35}} de la [[Rue Delambre|rue du même nom]] dans le [[14e arrondissement de Paris|{{14e|arrondissement}}]]. Inspiré par l'œuvre de [[Jacques-Antoine Moerenhout]] et grâce à une vente de ses œuvres dont le succès est assuré par deux articles enthousiastes d'[[Octave Mirbeau]], il s'embarque pour la [[Polynésie française|Polynésie]] et s'installe à [[Tahiti]] (c'est là qu'il peindrapeint le portrait de [[Suzanne Bambridge]]) où il espère pouvoir fuir la [[civilisation occidentale]] et tout ce qui est artificiel et conventionnel. Il passe désormais toute sa vie dans ces régions tropicales, d'abord à [[Tahiti]] puis dans [[Hiva Oa|l'île de Hiva Oa]] dans l'[[Îles Marquises|archipel des Marquises]]. Il rentre en métropole une seule fois.
 
Les caractéristiques essentielles de sa peinture (dont l'utilisation de grandes surfaces de couleurs vives) ne connaissent pas beaucoup de changements. Il soigne particulièrement l'expressivité des couleurs, la recherche de la perspective et l'utilisation de formes pleines et volumineuses. Influencé par l'environnement tropical et la culture polynésienne, son œuvre gagne en force, il réalise des sculptures sur bois et peint ses plus beaux tableaux, notamment son œuvre majeure, aujourd'hui au [[musée des beauxBeaux-artsArts (Boston)|musée des Beaux-Arts de Boston]] : ''[[D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?]]'', qu'il considère lui-même comme son testament pictural.
 
À Tahiti, il fait la connaissance de Teha'amana (appelée aussi Tehura), jeune fille native de [[Rarotonga]] dans les [[îlesÎles Cook]], à l'ouest de la Polynésie française (Gauguin la croit originaire des [[îles Tonga]])<ref>''Noa Noa'', Paul Gauguin, édition Jean-Jacques Pauvert & Cie, Paris, 1988 {{ISBN|2-87697-030-9}}, annotée et présentée par Pierre Petit, {{p.|143}}.</ref>. Celle-ci, âgée de treize ans, devient son modèle et sa compagne<ref>[http://www.paul-gauguin.com/ VoirAlors surâgé ''paul-gauguin.com''.]</ref>.de Il43 estans, trèsil inspiréentame etune peintrelation soixante-dix toiles en quelques mois. Mais après quelques années deavec bonheurelle, des soucis administratifscritiquée et plusparfois personnelsjugée (mort[[pédophilie|pédophile]] depar sacertains fillecommentateurs Alineactuels<ref en 1897name=VMorin/>{{,}}<ref>{{Article la|auteur1=Léo préféréePajon de|titre=Gauguin ses cinq enfants) le minent. Il a également des ennuisVoyage de santéTahiti : à la suitepédophilie d'uneest bagarre,moins ilgrave asous uneles blessuretropiques à|périodique=Jeune laAfrique jambe|date=21 quiseptembre ne2017 guérit|lire pas depuis 1894, si bien qu'il déprime et tenteen ligne=http://www.jeuneafrique.com/476091/societe/gauguin-voyage-de se suicider. Il -tahiti-la-pedophilie-est contraint de vendre ses toiles pour acheter morphine et arsenic qui calment -moins-grave-sous-les-tropiques plaies qu'il a à la jambe}}</ref name="Malingue">{{ouvrage,}}<ref>{{Article|auteurauteur1=MauriceEnfance MalingueMajuscule|titrepériodique=Laenfance-majuscule.fr|date=30 Viedécembre prodigieuse2019|lire deen Gauguin|éditeurligne=Éditions Buchethttp://enfance-majuscule.fr/la-pedocriminalite-chez-les-artistes/Chastel|datetitre=1987|passage=242La pédocriminalité chez les artistes}}.</ref>. Il contracteest égalementtrès une [[syphilis]] peu avant son départ<ref>Aguilar AS, ''Ultimeinspiré et magistralpeint exil'',soixante-dix Dossiertoiles deen l'art,quelques ''Paul Gauguin'', septembre 2017, p 46-55-</ref>mois.
 
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[[Fichier:Atuona - Maison du Jouir (1).JPG|thumb|left|200px|Reconstitution de la [[Maison du Jouir]] de Gauguin à [[Atuona]].]]Les œuvres de son premier séjour à Tahiti sont marquées par une sorte de figure "sauvage" qui est omniprésente dans ses toiles. De plus il ajoute des sculptures sur bois qui allient des formes exotiques aux figures. En arrivant à Papeete, il veut se faire ethnologue et essayer de comprendre les principes d'une civilisation qui a été encore préservée des habitudes occidentales. Il parle d'une "corruption" occidentale qui serait une corruption non pas symbolique mais réelle pour la société.
Fichier:Paul Gauguin 087.jpg|<center>''La Cueillette des fruits, ou Aux mangos'' (1887).</center>
Fichier:Borne Gauguin à l'ile Taboga.jpg|<center>Borne souvenir du passage de Paul Gauguin dans l'[[île de Taboga]] au [[Panama]].</center>
Fichier:Atuona - Maison du Jouir (1).JPG|<center>Reconstitution de la [[Maison du Jouir]] de Gauguin à [[Atuona]].</center>
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Les œuvres de son premier séjour à Tahiti sont marquées par une sorte de figure « sauvage » qui est omniprésente dans ses toiles. De plus il ajoute des sculptures sur bois qui allient des formes exotiques aux figures. En arrivant à Papeete, il veut se faire ethnologue et essayer de comprendre les principes d'une civilisation qui a été encore préservée des habitudes occidentales. {{Référence nécessaire|Il parle d'une « corruption » occidentale qui serait une corruption non pas symbolique mais réelle pour la société.|date=20 juillet 2021}}
Dans ses tableaux où les figures tahitiennes sont présentes, il y a comme une sorte de mélancolie qui s'échappe, autour d'une situation les personnages ont des regard absents avec des attitudes dont se dégage une certaine douceur.
 
La plupart de cesdes tableaux de cette époque sont des scènes de la vie de tous les jours. [[File:Tombe_Paul_Gauguin_Atuona.jpg|thumb|200px|Tombe de Paul Gauguin à [[Atuona]].]]
Il décide alors de partir pour [[Îles Marquises|les Marquises]], où il débarque le 16 septembre 1901, afin de retrouver l'inspiration. Le voici donc à [[Atuona]] (sur l'île de [[Hiva Oa]]), où l'évêque Martin, chef de la Mission catholique, lui vend un terrain marécageux ; aussi décide-t-il d'y faire construire une [[Maison du Jouir|maison sur pilotis]] qui'il baptise en guise de provocation Maison du Jouir<ref>{{ouvrage|auteur=Gilbert Guilleminault|titre=Les Maudits. De Cézanne à Utrillo|éditeur=Denoël|date=1959|passage=110}}.</ref>. Il lui semble être au paradis. Il va vite déchanter en se rendant compte des abus de l'administration coloniale et en essayant de se battre pour les indigènes. Il refuse notamment de payer ses impôts et incite les Marquisiens à faire de même. Il essayera, sans succès, de posséder une plantation et de devenir juge de paix<ref name=":0">{{Article|langue=FR|auteur1=Violaine Morin|titre=« Gauguin”, un film qui gomme la réalité coloniale|périodique=Le Monde|date=25 septembre 2017|issn=|lire en ligne=https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/09/25/gauguin-un-film-qui-gomme-la-realite-coloniale_5191281_4832693.html|pages=|extrait=On ne peut pas faire un film aujourd’hui sur Gauguin sans le resituer dans le contexte colonial », fait d’emblée remarquer le géographe. Certes, le texte de sa plume Noa Noa raconte le dégoût de Gauguin pour l’administration coloniale et ses désillusions après son premier voyage à Tahiti, où il n’a pas trouvé le paradis primitif qu’il espérait. Et le film en rend plutôt bien compte, car on est loin du Tahiti solaire et préservé des cartes postales. « Mais il s’est lui-même comporté comme un colon, tranche M. Staszak. Au cours de son second séjour, il a tenu un journal, il était proche des partis locaux, il a cherché à posséder une plantation et à devenir juge de paix, même s’il n’y est pas parvenu. Il voulait devenir un notable, et en cela il ne remettait pas en cause l’administration coloniale.}}</ref>.
 
[[Fichier:Tombe_Paul_Gauguin_Atuona.jpg|vignette|200px|Tombe de Paul Gauguin à [[Atuona]].]]
Dès son arrivée aux Marquises, il enlève à l'école catholique Marie-Rose Vaeoho (1887-1914), âgée de 13 ans, 39 ans plus jeune que lui, qui devient sa [[vahiné]]<ref>{{Article|langue=FR|auteur1=Violaine Morin|titre=“Gauguin”, un film qui gomme la réalité coloniale|périodique=Le Monde|date=25 septembre 2017|issn=|lire en ligne=https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/09/25/gauguin-un-film-qui-gomme-la-realite-coloniale_5191281_4832693.html|pages=|extrait=Ce que le film ne mentionne pas, regrette Léo Pajon, c’est que cette “femme” (qui s’appelle en réalité Tehamana) avait 13 ans. L’actrice qui interprète Tehura, Tuheï Adams, est plus âgée. Paul Gauguin (1848-1903) a eu d’autres partenaires au cours de ses deux voyages en Polynésie et, même si l’on comprend que plusieurs histoires aient été résumées en une pour des raisons de longueur du scénario, elles étaient toutes plus ou moins du même âge}}</ref>. Enceinte, elle est envoyée dans son village pour accoucher de leur fille Tikaomata et le peintre, voulant se moquer de l'évêque, la remplace par Henriette, élève de l'école des Sœurs et épouse du [[Servant d'autel|servant de messe]]<ref>{{ouvrage|auteur=Maurice Malingue|titre={{opcit}}|éditeur=|date=|passage=276}}.</ref>.
 
Gauguin se fait rapatrier en France, à Paris, en 1893, et n'est pas trop bien reçu. Il se met en ménage avec {{Lien|langue=ca|trad=Annah la javanesa|fr=Annah la Javanaise}}<ref>{{lien web |langue=en |titre=Concarneau-peintres.fr |url=http://www.concarneau-peintres.fr/gauguin.htm |site=concarneau-peintres.fr |consulté le=15-10-2023}}.</ref>, grâce à [[Ambroise Vollard]], à Paris, puis à [[Pont-Aven]]. Il a un tibia brisé lors d'une altercation à [[Concarneau]] le {{date|25|mai|1894}}, responsable de sa boiterie, de sa canne, de ses douleurs chroniques : il prend régulièrement du [[laudanum]] (ou chlorhydrate de morphine). Il repart seul le {{date|3|juillet|1895}} pour Tahiti. Il se met en ménage avec Pau'ura (quatorze ans), peint encore, s'alcoolise, s'aigrit principalement contre les protestants et les Chinois, écrit et caricature dans les petits journaux éphémères ''Le Sourire (journal sérieux)''<ref>{{lien web |titre=Paul GAUGUIN |url=http://www.beaussant-lefevre.com/html/fiche.jsp?id=6828553&np=&lng=en&npp=150&ordre=&aff=&r= |site=Beaussant Lefèvre |consulté le=26-06-2020}}.</ref> et ''Le Sourire (journal méchant)''<ref>{{lien web |titre=Le sourire : Journal méchant, Feb. 1900 |url=https://www.artic.edu/artworks/110829/le-sourire-journal-mechant-feb-1900 |site=The Art Institute of Chicago |consulté le=26-06-2020}}.</ref>. Il est embauché par le maire de Papeete, François Cardella, pour le mensuel ''Les Guêpes''<ref>{{Article |auteur1=Faivre, Jean-Paul |titre=Danielsson (B.) et O'Reilly (P.) : Gauguin, journaliste à Tahiti et ses articles des « Guêpes » |périodique=Outre-Mers. Revue d'histoire |éditeur=Persée - Portail des revues scientifiques en SHS |volume=57 |numéro=208 |date=1970 |pages=355–357 |lire en ligne=https://www.persee.fr/doc/outre_0300-9513_1970_num_57_208_1517_t1_0355_0000_1 |consulté le=26-06-2020}}.</ref>, jusqu'au départ du gouverneur Gustave Gallet, combattu par le Parti Catholique.
Il enchaîne procès sur procès et, le 31 mars 1903, il est condamné à cinq cents francs d'amende et trois mois de prison ferme pour diffamation envers un brigadier de gendarmerie<ref name="Malingue"/>. [[Ambroise Vollard]], avec lequel il est sous contrat, lui verse des mensualités de {{unité|300|francs}}, et lui fournit gratuitement toile et couleurs, contre un minimum de vingt-cinq tableaux par an, essentiellement des natures mortes dont le marchand a fixé le prix unitaire à {{unité|200|francs}}<ref>{{ouvrage|auteur=Alain Leduc|titre=Résolument moderne. Gauguin céramiste|éditeur=E. C. Éditions|date=2004|passage=107}}.</ref>.
 
Après quelques années de bonheur, des soucis administratifs, la mort de sa fille préférée, Aline, en 1897, et ses ennuis de santé le minent tant qu'il déprime et tente de se suicider. Il est contraint de vendre ses toiles pour acheter la morphine et l'arsenic qui calment ses plaies à la jambe<ref name="Malingue">{{Ouvrage|auteur1=Maurice Malingue|titre=La Vie prodigieuse de Gauguin|éditeur=Éditions Buchet/Chastel|année=1987|passage=242|isbn=}}.</ref>. Il contracte également une [[syphilis]] peu avant son départ<ref>Aguilar AS, ''Ultime et magistral exil'', Dossier de l'art, ''Paul Gauguin'', septembre 2017, p 46-55.</ref>. En 1898-1899, son marchand Ambroise Vollard, lui commissionne une suite de 14 gravures sur bois afin de l'éditer, mais ce dernier la refuse sous le prétexte qu'elles sont de mauvaise qualité<ref>''Lettres de Gauguin à Daniel de Monfreid'', Falaize, 1950, lettre LIX [décembre 1899], {{p.|151}}.</ref>.
Affaibli, sa blessure à la jambe s'étant transformée en eczéma purulent très douloureux, fatigué de lutter et rongé par la [[syphilis]], il meurt le 8 mai 1903 en artiste maudit dans une misérable case<ref>{{ouvrage|auteur=[[Pierre Leprohon]]|titre=Paul Gauguin|éditeur=Grund|date=1975|passage=312}}.</ref>. Il est enterré dans le cimetière d'Atuona. La tombe de [[Jacques Brel]] côtoie la sienne. Il laisse sur place une mauvaise réputation après sa mort, auprès des Polynésiens en général et des Marquisiens en particulier, qui ont l'impression d'avoir eu affaire à un homme qui s'est servi des Polynésiens, surtout des femmes, comme si cela lui était dû<ref name=":0"/>{{,}}<ref>[[Jean Lebrun]], « Les Marquises de Laure Dominique Agniel », émission ''[[La Marche de l'Histoire]]'' sur France Inter, 15 avril 2016, 14 min 20 s.</ref>, mais aussi auprès de certains colons (l'évêque, l'administration, les gendarmes avec qui il a eu des démêlés incessants).
 
Il décide alors de partir enfin pour [[Îles Marquises|les Marquises]], où il débarque le {{date-|16 septembre 1901}}, afin de retrouver l'inspiration. Arrivé à [[Atuona]] (sur l'île de [[Hiva Oa]]), il fait la connaissance de l'infirmier du dispensaire, l'Annamite déporté {{Lien|langue=vi|trad=Kỳ Đồng|fr=Ky Dong}}<ref>{{lien web |titre=Terre~Gaste |url=http://terregaste.fr/lenfant-merveilleux-esquisse-n-3/ |site=Terre~Gaste / Arnauld Le Brusq |date=01-09-2014 |consulté le=08-04-2023}}.</ref>{{,}}<ref>{{lien web |titre=Tombe de Ky Dong, le héros vietnamien - Papeete |url=https://www.tahitiheritage.pf/ky-dong-heros-vietnamien/ |site=Tahiti Heritage |date=08-06-2018 |consulté le=26-06-2020}}.</ref> (1875-1929), de l'Américain Ben Varney et du Breton Émile Frébault. L'évêque Martin, chef de la Mission catholique, finit par lui vendre un terrain marécageux. Il y fait construire une maison sur pilotis, qu'il baptise en guise de provocation [[Maison du Jouir]]<ref>{{Ouvrage|auteur1=Gilbert Guilleminault|titre=Les Maudits. De Cézanne à Utrillo|éditeur=[[Éditions Denoël|Denoël]]|année=1959|passage=110}}.</ref>. Il lui semble être au paradis. Il va vite déchanter en se rendant compte des abus de l'administration coloniale et en essayant de se battre pour les indigènes{{Référence souhaitée|date=20 juillet 2021}}. Il refuse notamment de payer ses impôts et incite les Marquisiens à en faire de même. Il essaie, sans succès, de posséder une plantation et de devenir juge de paix<ref name=":0">{{Article|langue=FR|auteur1=Violaine Morin|titre=« Gauguin”, un film qui gomme la réalité coloniale|périodique=Le Monde|date=25 septembre 2017|lire en ligne=https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/09/25/gauguin-un-film-qui-gomme-la-realite-coloniale_5191281_4832693.html|pages=|extrait=On ne peut pas faire un film aujourd’hui sur Gauguin sans le resituer dans le contexte colonial », fait d’emblée remarquer le géographe. Certes, le texte de sa plume Noa Noa raconte le dégoût de Gauguin pour l’administration coloniale et ses désillusions après son premier voyage à Tahiti, où il n’a pas trouvé le paradis primitif qu’il espérait. Et le film en rend plutôt bien compte, car on est loin du Tahiti solaire et préservé des cartes postales. « Mais il s’est lui-même comporté comme un colon, tranche M. Staszak. Au cours de son second séjour, il a tenu un journal, il était proche des partis locaux, il a cherché à posséder une plantation et à devenir juge de paix, même s’il n’y est pas parvenu. Il voulait devenir un notable, et en cela il ne remettait pas en cause l’administration coloniale.}}</ref>.
Ses tableaux sur place sont vendus à un prix dérisoire, beaucoup de ses sculptures sont détruites.
 
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Dès son arrivée aux Marquises, il enlève à l'école catholique, avec l'accord du chef d'un petit village, Marie-Rose Vaeoho (1887-1914), âgée de 13 ans, 39 ans plus jeune que lui, qui devient sa [[vahiné]]<ref name=VMorin>{{Article|langue=FR|auteur1=Violaine Morin|titre=“Gauguin”, un film qui gomme la réalité coloniale|périodique=Le Monde|date=25 septembre 2017|lire en ligne=https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/09/25/gauguin-un-film-qui-gomme-la-realite-coloniale_5191281_4832693.html|pages=|extrait=Ce que le film ne mentionne pas, regrette Léo Pajon, c’est que cette “femme” (qui s’appelle en réalité Tehamana) avait 13 ans. L’actrice qui interprète Tehura, Tuheï Adams, est plus âgée. Paul Gauguin (1848-1903) a eu d’autres partenaires au cours de ses deux voyages en Polynésie et, même si l’on comprend que plusieurs histoires aient été résumées en une pour des raisons de longueur du scénario, elles étaient toutes plus ou moins du même âge.}}</ref>. Enceinte, elle est envoyée dans son village pour accoucher de leur fille Tikaomata ; le peintre, voulant se moquer de l'évêque, la remplace par Henriette, élève de l'école des Sœurs et épouse du [[Servant d'autel|servant de messe]]<ref>{{Ouvrage|auteur1=Maurice Malingue|titre={{opcit}}|éditeur=|année=|passage=276|isbn=}}.</ref>.
 
Il enchaîne procès sur procès et, le {{date-|31 mars 1903}}, il est condamné à cinq cents francs d'amende et trois mois de prison ferme pour diffamation envers un brigadier de gendarmerie<ref name="Malingue"/>. [[Ambroise Vollard]], avec lequel il est sous contrat, lui verse des mensualités de {{nobr|300 francs}}, et lui fournit gratuitement toile et couleurs, contre un minimum de vingt-cinq tableaux par an, essentiellement des natures mortes dont le marchand a fixé le prix unitaire à {{nobr|200 francs}}<ref>{{Ouvrage|auteur1=Alain Leduc|titre=Résolument moderne. Gauguin céramiste|éditeur=E. C. Éditions|année=2004|passage=107|isbn=}}.</ref>.
 
Affaibli, sa blessure à la jambe s'étant transformée en eczéma purulent très douloureux, fatigué de lutter et rongé par la [[syphilis]], il meurt le {{date-|8 mai 1903}} en artiste maudit dans une misérable case<ref>{{Ouvrage|auteur1=[[Pierre Leprohon]]|titre=Paul Gauguin|éditeur=Grund|année=1975|passage=312|isbn=}}.</ref>. Il est enterré dans le cimetière d'Atuona (où la tombe de [[Jacques Brel]] viendra côtoyer la sienne, 75 ans et demi plus tard). En 1929, la Société des études océaniennes pose une nouvelle stèle sur la sépulture et, lors de son séjour sur Hiva Oa en 1957 et 1958, le peintre [[Pierre Bompard]], constatant l'état de délabrement de la tombe, entreprend avec l'accord du gouverneur de la reconstruire en pierres volcaniques rouges et noires<ref>{{Ouvrage |auteur1=Jacques Bayle-Ottenheim |titre=Hiva Oa (1901-1903) |sous-titre=Gauguin aux îles Marquises |lieu=Paris |éditeur=Société des Océanistes |collection=Petits dossiers de la SdO |numéro dans collection=3 |année=2016 |pages totales=36 |isbn=978-2-85430-129-8 |lire en ligne=https://books.openedition.org/sdo/1583 |consulté le=24 mai 2022 |titre chapitre=Il flotte au milieu de nous |passage=31-33 }}.</ref>{{,}}<ref>{{Ouvrage |auteur1=Philippe Bonnichon |directeur1=oui |auteur2=Pierre Gény |directeur2=oui |auteur3=Jean Nemo |directeur3=oui |préface=[[Abdou Diouf]], [[Xavier Darcos]] |titre=Présences françaises outre-mer |sous-titre={{sp-|XVI|-|XXI|s}} |tome=I |titre volume=Histoire : périodes et continents |lieu=Paris |éditeur=[[Académie des sciences d'outre-mer]] |collection=Hommes et sociétés |année=2012 |pages totales=1192 |isbn=978-2-8111-0737-6 |lire en ligne={{Google Livres |id=caB7AAAAQBAJ |page=RA1-PA494 }} |accès url=limité |consulté le=24 mai 2022 |passage=494 }}.</ref>.
 
Gauguin laisse sur place une mauvaise réputation après sa mort, auprès des Polynésiens en général et des Marquisiens en particulier, qui ont l'impression d'avoir eu affaire à un homme qui s'est servi des Polynésiens, surtout des femmes, comme si cela lui était dû<ref name=":0"/>{{,}}<ref>[[Jean Lebrun]], « Les Marquises de Laure Dominique Agniel », émission ''[[La Marche de l'Histoire]]'' sur France Inter, 15 avril 2016, 14 min 20 s.</ref>, mais aussi auprès de certains colons (l'évêque, l'administration, les gendarmes avec qui il a eu des démêlés incessants).
 
Ses tableaux sur place sont vendus à un prix dérisoire, beaucoup de ses sculptures sont détruites{{Référence souhaitée|date=20 juillet 2021}}.
 
== Controverses ==
À partir de la fin des années 2010, la façon dont l'histoire de Gauguin est racontée a été remise en question à travers des expositions et des articles. En 2019-2020, la [[National Gallery]] de [[Londres]] et la National Gallery d'Ottawa organisent l'exposition « ''Gauguin Portraits'' »<ref>{{Lien web |titre=The Credit Suisse Exhibition: "''Gauguin Portraits''" |url=https://www.nationalgallery.org.uk/exhibitions/past/the-credit-suisse-exhibition-gauguin-portraits#content |site=nationalgallery.org.uk |consulté le=2023-05-21}}.</ref>. Les commissaires y préviennent les visiteurs en des termes euphémisants : {{citation bloc|Il a eu des relations sexuelles avec des jeunes filles, en a épousé deux, a eu des enfants avec elles. Gauguin a sans aucun doute usé de son statut d’Occidental privilégié pour profiter d’un maximum de liberté sexuelle<ref>{{Article|langue=française|auteur1=[[Philippe Lançon]]|titre=Gauguin, le prédateur sexuel|périodique=Charlie Hebdo|date=7 janvier 2020|url=https://charliehebdo.fr/2020/01/culture/gauguin-predateur-sexuel/}}</ref>.}}
 
Cela a été l'occasion de nombreux débats et notamment d'une remise en cause plus profonde d'un point de vue [[Études postcoloniales|postcolonial]] et post-[[Mouvement MeToo|Metoo]]<ref>{{Lien web |langue=fr |titre=Quand 2019 se penche sur le cas de Gauguin le "pédophile" |url=https://www.marianne.net/culture/quand-2019-se-penche-sur-le-cas-de-gauguin-le-pedophile |site=marianne.net |date=2019-11-20 |consulté le=2023-05-21}}.</ref>. La journaliste Farah Nayeri a particulièrement développé ces questions dans son article « ''Is It Time Gauguin Got Canceled?'' » du ''[[The New York Times|New York Times]]''<ref>{{Article|langue=anglais|auteur1=Farah Nayeri|titre=Is It Time Gauguin Got Canceled?|périodique=The New York Times|date=18 novembre 2019}}</ref>.
 
Deux ans après, l'exposition « ''Paul Gauguin – Why Are You Angry?'' » à la [[Alte Nationalgalerie]] de Berlin a insisté plus particulièrement sur le regard et les pratiques colonialistes de Gauguin, dans son mode de vie et dans ses œuvres<ref name=":1" />.
 
== Œuvre ==
[[Fichier:Gauguin autograph.png|vignette|redresse|Signature de Gauguin.]]
 
=== Peinture ===
[[Fichier:Gauguin autograph.png|thumb|redresse|Signature de Gauguin.]]
De nombreuses toiles de Paul Gauguin sont peintes des deux côtés. Comme beaucoup de peintres du {{s-|XIX|e}} désargentés, Paul Gauguin retournait certaines toiles qu'il possédait de peintres de son époque pour y composer ses propres œuvres. C'est le cas, par exemple, du nu de la collection Slomovic comportant au verso la vue d'une chambre. Un autre cas est la nature morte ''Villa Julia'' de l'ancienne collection Lefort des Ylouses montrant un nu (inachevé et non identifié) de l'autre côté.
 
[[Georges Wildenstein]] a établi un catalogue raisonné et dénombré 638 peintures (numérotées W1 à W638), parmi lesquelles :
{{colonnes|taille=24|
* ''[[Le Lac dans la plaine]]'' (1873), Fitzwilliam Museum, [[Cambridge]]
* ''[[La Seine au pont d'Iéna]]'' (1875), [[musée d'Orsay]], [[Paris]]
Ligne 116 ⟶ 152 :
* ''[[Intérieur du peintre à Paris, rue Carcel]]'' (1881), Nasjonalgalleriet, [[Oslo]]
[[Fichier:Gauguin_Baignade.jpg|vignette|redresse|''[[La Baignade ou Deux baigneuses]]'' (1887), [[Buenos Aires]], [[Musée national des Beaux-Arts (Argentine)|musée national des Beaux-Arts]]. Tableau peint à Pont-Aven.]]
[[Fichier:Paul Gauguin- Manao tupapau (The Spirit of the Dead Keep Watch).JPG|vignette|redresse|''[[Manao Tupapau]]'' (''L'Esprit des morts veille'', 1892), [[Buffalo (New York)|Buffalo]], [[Galerie d'art Albright-Knox]].]]
[[Fichier:Gauguin-Nave nave mahana-Lyon.jpg|vignette|redresse|''[[Nave Nave Mahana]]'' (''Jour délicieux'', 1896), [[musée des beaux-arts de Lyon]]. Premier tableau de Gauguin acheté par un musée français en 1913.]]
* ''[[Jardin à Vaugirard]]'' (1881), Ny Carlsberg Glyptotek, [[Copenhague]]
* ''[[Rouen, Les Toits bleus]]'' (1884), collection particulière, [[Winterthour]], [[Suisse]]
* ''[[Mette Gauguin en robe du soir]]'' (1884), Ny Carlsberg Glyptotek, [[Copenhague]]
* ''[[Mandoline et Pivoines de Chine]]'' (1885), musée d'Orsay, Paris
* ''[[La Baignade ou Deux baigneuses]]'' (1887), [[Musée national des Beaux-Arts (Argentine)|musée national des Beaux-Arts]], [[Buenos Aires]]
<!-- (ni sourcé, ni localisé) * ''[[Villa Julia. Pont-Aven]]'' (1887-1888) -->
Ligne 130 ⟶ 165 :
* ''Paysage de Bretagne'' (1888) , [[musée national de l'Art occidental]], [[Tokyo]]
* ''[[Nature morte à l'estampe japonaise]]'' (1889), [[musée d'art contemporain de Téhéran]]
* ''[[VisionLe du Sermon — Combat de Jacob avec l'angeJambon]]'', (1889), [[GalerieThe nationalePhillips d'ÉcosseCollection]], [[ÉdimbourgWashington (district de Columbia)|Washington]]
* ''[[Vision après le sermon|Vision après le sermon — La lutte de Jacob avec l'ange]]'', (1889), [[Galerie nationale d'Écosse]], [[Édimbourg]]
* ''[[Le Calvaire breton]]'' (1889), [[musées royaux des beaux-arts de Belgique]], [[Bruxelles]]
* ''[[Le Christ vert|Le Calvaire breton]]'' (1889), [[musées royaux des Beaux-Arts de Belgique]], [[Bruxelles]]
* ''[[Le Christ jaune]]'' (1889), [[Galerie d'art Albright-Knox]], [[Buffalo (New York)|Buffalo]]
* ''[[Portrait de Gauguin par lui-même]]'' (1889), [[Galerie nationale de Washington]]
* ''Bonjour Monsieur Gauguin'' (1889), [[Galerie nationale de Prague]]
* ''Nature morte à la statuette maorie'' (vers 1890), [[musée des beaux-arts de Reims|musée des beaux-arts]], [[Reims]]
[[Fichier:Paul Gauguin- Manao tupapau (The Spirit of the Dead Keep Watch).JPG|vignette|redresse|''[[Manao Tupapau]]'' (''L'Esprit des morts veille'', 1892), [[Buffalo (New York)|Buffalo]], [[Galerie d'art Albright-Knox]].]]
[[Fichier:Gauguin-Nave nave mahana-Lyon.jpg|vignette|redresse|''[[Nave Nave Mahana]]'' (''Jour délicieux'', 1896), [[musée des beaux-arts de Lyon]]. Premier tableau de Gauguin acheté par un musée français en 1913.]]
* ''[[Autoportrait au Christ jaune]]'' (1890 ou 1891), [[musée d'Orsay]], Paris
* ''La Mère de l'artiste'' (entre 1890 et 1893), [[Staatsgalerie (Stuttgart)|Alte Staatsgalerie]], [[Stuttgart]]
* ''[[Ia Orana Maria]]'' (1891), au [[Metropolitan Museum of Art]], [[New York]]
* ''[[Tahitienne à la fleur]]'' (1891), [[Ny Carlsberg Glyptotek]], [[Copenhague]]
* ''[[Mata Mua]]'' ("Aux temps anciens") (1892), [[Musée Thyssen-Bornemisza]], [[Madrid]]
* ''[[Manao Tupapau]]'' (1892), [[Galerie d'art Albright-Knox]], [[Buffalo (New York)|Buffalo]]
* ''[[Femme à la mer]]'' (1892), [[Musée national des Beaux-Arts (Argentine)|musée national des Beaux-Arts]], [[Buenos Aires]]
* ''[[Fatata te Miti]]'' (1892), [[National Gallery of Art]], [[Washington (district de Columbia)|Washington]]
* ''[[Quand te maries-tu ?|Nafea faa ipoipo]]'' (1892), [[Fondation Beyeler]], [[Bâle]]
* ''[[:File:Gauguin Mahana maa I.jpg|Mahana maa I]]'' (1892), [[Cincinnati Art Museum]]
* ''[[Deux Sœurs (Piti Teina)]]'' (1892), [[musée de l'Ermitage]], [[Saint-Pétersbourg]]
* ''[[Arearea]]'' (« Joyeusetés ») (1892), [[musée d'Orsay]], [[Paris]]
* ''[[AutoportraitTa auMatete chapeau(Le Marché)]]'' (18931892), [[muséeKunstmuseum d'Orsay(Bâle)]], [[ParisBâle]]
* ''[[Autoportrait au chapeau]]'' (1893), [[musée d'Orsay]], Paris
* ''[[Le Violoncelliste]]'' (1894) [[musée d'Art de Baltimore]]
* ''[[Nave nave moe]]'' (1894), [[musée de l'Ermitage]], [[Saint-Petersbourg]]
* ''[[Eiaha Ohipa]]'' (1896), [[musée des beaux-arts Pouchkine]], [[Moscou]]
* ''[[Te tamari no atua]]'' (1896), [[Neue Pinakothek]], [[Munich]]
* ''[[Nave Nave Mahana]]'' (1896), [[Musée des beaux-arts de Lyon|musée des beaux-arts]], [[Lyon]]
* ''[[D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?]]'' (1897-1898), [[musée des beaux-arts de Boston]]
* ''[[Les Seins aux fleurs rouges]]'' (1899), au [[Metropolitan Museum of Art]], [[New York]]
* ''[[Le chevalCheval sur le chemin]]'' (1899), [[musée Pouchkine]], [[Moscou]],
* ''Le Sorcier d'Hiva Oa'' (ou ''Le Marquisien à la cape rouge'') (1902), [[musée des beaux-arts de Liège]]
}}
 
{{saut|20px}}
<gallery>
<gallery mode="packed" heights="150px" >
Fichier:Black pigs Paul Gauguin.jpg|''Cochons noirs'' (1891), [[musée des beaux-arts de Budapest]].
Fichier:Black pigs Paul Gauguin 203.jpg|''PortraitCochons de [[Suzanne Bambridge]]noirs'' (1891), [[Bruxelles]], [[musées royauxmusée des beauxBeaux-artsArts de BelgiqueBudapest]].
Fichier:Paul Gauguin 052203.jpg|''Portrait de [[FatataSuzanne te MitiBambridge]]'' (18921891), [[Washington (district de Columbia)|WashingtonBruxelles]], [[Nationalmusées Galleryroyaux ofdes Beaux-Arts de ArtBelgique]].
Paul Gauguin - Fatata te Miti (By the Sea) - Google Art Project.jpg|''[[Fatata te Miti]]'' (1892), [[Washington (district de Columbia)|Washington]], [[National Gallery of Art]].
Fichier:Gauguin_femme_mer.jpg|''[[Femme à la mer]]'' (1892), [[Buenos Aires]], [[Musée national des Beaux-Arts (Argentine)|Musée national des Beaux-Arts]].
Fichier:Paul Gauguin 135Gauguin_femme_mer.jpg|''[[VairumatiFemme à la mer]]'' (18971892), [[ParisBuenos Aires]], [[Musée national des Beaux-Arts (Argentine)|musée d'Orsaynational des Beaux-Arts]].
Fichier:Paul Gauguin 106135.jpg|''Cavaliers sur la plage[[Vairumati]]'' (19021897), collection [[Stavros NiarchosParis]], [[Grècemusée d'Orsay]].
Fichier:The Birth - Te tamari no atua Paul Gauguin 1896106.jpg|''[[TeCavaliers tamarisur nola atua|La naissance (Te tamari no atua)]]plage'' (18961902), collection [[BerlinStávros Niárchos]], [[Neue PinakothekGrèce]].
The Birth - Te tamari no atua Paul Gauguin 1896.jpg|''[[Te tamari no atua]]'' (« La naissance ») (1896), [[Berlin]], [[Neue Pinakothek]].
Paul Gauguin - « Polynésiennes ».jpg|« Polynésiennes » (date inconnue).
</gallery>
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[[Fichier:Paul Gauguin 142.jpg|thumb|center|600px|''[[D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?]]'' (1897-1898)]]
[[Fichier:Paul Gauguin 142.jpg|vignette|centré|600px|''[[D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?]]'' (1897-1898).]]
 
=== Sculptures ===
{{...}}
* France
* ''Le Paradis Perdu'', 1888, meuble bas en pin et chêne sculpté par Paul Gauguin et [[Émile Bernard]], ouvrant à deux portes, signé en bas et au centre et daté, {{tunité|100|119|60|cm}}, localisation inconnue<ref>''La Gazette de Drouot'', 7 décembre 2001, n°44, p. 19 : vente du mercredi 19 décembre 2001, hôtel Georges V à Paris, étude Maître Trajan, expert {{M.}} Baille.</ref>.
** Albi [[Musée Toulouse-Lautrec]]
* Bas-relief non daté pour décorer un meuble destiné à [[Ernest de Chamaillard]]. Gauguin de son côté en fera un également pour le même meuble<ref>Maurice Guérin, ''L'Œuvre gravé de Gauguin'', Paris, H. Floury, 1927. À propos de ce bas-relief : {{citation|Pour en garder le souvenir, ils prirent des empreintes de leurs reliefs avec du papier de soie ; cela donnait l'aspect d'une vieille xylographie du Moyen Âge}}, cité par Sylvain Alliod in « À la recherche du Paradis Perdu », ''Gazette de l'hôtel Drouot'', n°44, 7 décembre 2001, p. 19.</ref>.
*** Idole à la coquille, bronze;
* Le [[J. Paul Getty Museum]] de [[Los Angeles]] conserve une sculpture{{laquelle}} réalisée par Émile Bernard et Gauguin<ref name="Alliod">Sylvain Alliod, {{opcit}}</ref>.
 
* Une autre sculpture{{laquelle}} de Gauguin et de Bernard est répertoriée en 1989 dans la collection Samuel Josefowitz à [[Lausanne]]. Localisation actuelle inconnue<ref name="Alliod" />.
*localisation inconnue
** ''Le Paradis perdu'', 1888, meuble bas en pin et chêne sculpté par Paul Gauguin et [[Émile Bernard (peintre)|Émile Bernard]], ouvrant à deux portes, signé en bas et au centre et daté, {{tunité|100|119|60|cm}}, localisation inconnue<ref>''La Gazette de Drouot'', 7 décembre 2001, n°44, p. 19 : vente du mercredi 19 décembre 2001, hôtel Georges V à Paris, étude Maître Trajan, expert {{M.}} Baille.</ref>.
** Bas-relief non daté pour décorer un meuble destiné à [[Ernest de Chamaillard]]. Gauguin de son côté en fera un également pour le même meuble<ref>Maurice Guérin, ''L'Œuvre gravé de Gauguin'', Paris, H. Floury, 1927. À propos de ce bas-relief : {{citation|Pour en garder le souvenir, ils prirent des empreintes de leurs reliefs avec du papier de soie ; cela donnait l'aspect d'une vieille xylographie du Moyen Âge}}, cité par Sylvain Alliod in « À la recherche du Paradis Perdu », ''Gazette de l'hôtel Drouot'', n°44, 7 décembre 2001, p. 19.</ref>.
** Le [[J. Paul Getty Museum]] de [[Los Angeles]] conserve une sculpture{{laquelle}} réalisée par Émile Bernard et Gauguin<ref name="Alliod">Sylvain Alliod, {{opcit}}</ref>.
** Une autre sculpture{{laquelle}} de Gauguin et de Bernard est répertoriée en 1989 dans la collection Samuel Josefowitz à [[Lausanne]]. Localisation actuelle inconnue<ref name="Alliod" />.
 
<gallery mode="packed" heights="180px">
(Albi) Idole à la coquille - Paul Gauguin - MTL.Inv207.jpg|Idole à la coquille, bronze, [[Musée Toulouse-Lautrec]], [[Albi]]
</gallery>
 
=== Gravures ===
[[Image:Gauguin Le Sourire K 65.jpg|vignette|redresse| Un bois exécuté pour ''Le Sourire''.]]
Le catalogue raisonné de son œuvre gravé a été établi par [[Marcel Guérin (critique d'art)|Marcel Guérin]] en 1927 chez [[Henri Floury]] et révèle moins d'une centaine de pièces, englobant toutes les techniques : [[gravure sur bois]] (une cinquantaine), [[zincographie]], [[lithographie]], une [[eau-forte]], etc., sans compter près de {{unité|140|[[Monotype (estampe)|monotypes]]}} aquarellés<ref>« Gauguin, Paul », dans [[janine Bailly-Herzberg]], ''Dictionnaire de l'estampe en France (1830-1950)'', Paris, Arts et métiers graphiques / Flammarion, 1985, {{pages|131-133}}.</ref>.
 
* 12 gravures exécutées au crayon lithographique sur zinc, Café Volpini, exposition du Groupe impressionniste synthétiste, Paris, 1889 ; rééditée par Vollard en 1894 (''Suite Volpini'').
* ''Le Portrait de [[Stéphane Mallarmé|Mallarmé]]'', eau-forte, 1891.
* ''Noa Noa'', dix planches, bois gravé, Paris / Pont-Aven, 1893-1894.
* ''Manao Tupapau'', lithographie en noir, dans ''[[L'Estampe originale#L'Estampe originale (1893-1895)|L'Estampe originale]]'' (1893-1895).
* ''La femme aux figues'', 1894, eau-forte, 26,8 x 42 cm, [[musée des Beaux-Arts de Brest]]<ref>[http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%27Brest%27&NUMBER=33&GRP=0&REQ=%28%28%27Brest%27%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=5&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=All Notice de la base Joconde].</ref>.
* ''Le Sourire'', journal composé de trente-trois bois gravés, imprimé par Gauguin (avril 1899 - avril 1901).
* ''Le Calvaire Breton'', 1898 ou 1899, gravure sur bois en noir, 21/30, [[Musée national des Beaux-Arts du Québec|Musée national des beaux-arts du Québec]]<ref>{{Lien web|titre=Le Calvaire breton {{!}} Collection Musée national des beaux-arts du Québec|url=https://collections.mnbaq.org/fr/oeuvre/600003010|site=[[mnbaq.org]]|date=|consulté le=3 avril 2019}}.</ref>
*''La femme aux figues'', 1894, eau-forte, 26,8 x 42 cm, [[musée des beaux-arts de Brest]]<ref>[http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%27Brest%27&NUMBER=33&GRP=0&REQ=%28%28%27Brest%27%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=5&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=All Notice de la base Joconde]</ref>.
* 14 bois gravés à Tahiti pour Ambroise Vollard, 1898-1899, dite ''Suite Vollard (Gauguin)'', non publiée.
* ''Le Sourire'', journal composé de trente-trois bois gravés, imprimé par Gauguin ({{date-|avril 1899}} - {{date-|avril 1901}}).
 
=== Céramique ===
[[FileFichier:Paul Gauguin, Oviri (Sauvage), 1894, partially glazed stoneware, 75 x 19 x 27 cm, Musée d'Orsay, Paris.jpg|thumbvignette|200px|Paul Gauguin, ''[[Oviri]]'' (« sauvage » en tahitien), 1894, grès, céramique, terre cuite, {{Tunité|75|19|27|cm}}, [[musée d'Orsay]], Paris. Le thème d'''Oviri'' est la mort, le sauvage, le farouche. ''Oviri'' trône sur le corps d'une louve morte, écrasant son louveteau<ref>[http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/recherche/commentaire/commentaire_id/oviri-11304.html?no_cache=1&cHash=963bc86c62 Paul Gauguin, ''Oviri'', musée d'Orsay].</ref>.]]
Il s'initie à la céramique avec [[Ernest Chaplet]] à partir de 1886, créant des poteries à décor anthropomorphe et zoomorphe dont il subsiste une soixantaine de pièces<ref>Pinchon P, ''« Avec un peu de boue et un peu de génie », Gauguin céramiste'', Dossier de l'art, septembre 2017, p 17.</ref>. La dernière, et l'une des plus remarquables, est ''[[Oviri]]'', une statuette en grès glaçuré, faite en 1894 (conservé au musée d'Orsay), que l'artiste souhaitait disposer sur sa tombe<ref>Pinchon P, ''Oviri'', Dossier de l'art, septembre 2017, p 44.</ref>.
 
=== Publications ===
Ligne 191 ⟶ 251 :
* ''Ancien culte maori'' (1892) ; éd. facsimilé par [[René Huyghe]] en 1951, repr. 2001 {{ISBN|2-7056-6437-8}}.
* ''Cahier pour Aline'' (1892) ; éd. facsimilé, 1989 {{ISBN|2-905810-32-7}} [http://www.inha.fr/spip.php?rubrique87 en ligne] ; éd. typographiée, Éditions du Sonneur, 2009 {{ISBN|978-2-916136-21-9}}.
* ''Noa Noa'' (1893-1894), première éd. 1901 par [[Charles Morice#Morice et Gauguin|Charles Morice]] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1042892 1] [http://www.gutenberg.org/files/11646/11646-8.txt 2]; éd. définitive 1924 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5786022b] ; éd. de 1988 par [[Pierre Petit (professeur)|Pierre Petit]] {{ISBN|2-87697-030-9}} ; éd. de 1998 par [[Jérôme Vrain]] {{ISBN|2-84205-365-6}} ; éd. facsimilé [du ms. de 1893 et des ill. du ms. de 1895] de 2001 par [[Gilles Artur]], [[Jean-Pierre Fourcade]] et [[Jean-Pierre Zingg]] {{ISBN|2-907716-18-2}}.
* ''Racontars de rapin'' (1902) ; Facsimile Editions, 1994 {{ISBN|2-907716-09-3}} ; nouv. éd., 2003 {{ISBN|2-7152-2407-9}}; éditions Marguerite Waknine, 2013{{ISBN|978-2-916694-56-6}}.
* ''Avant et après'' (1903) ; éd. 2003 {{ISBN|2-907716-25-5}}.
Ligne 197 ⟶ 257 :
 
==== Correspondance ====
Près de deux cents lettres ont été retrouvées, certaines étant illustrésillustrées. Les correspondants sont des membres de sa famille, mais aussi de grands noms du milieu artistique, : [[Camille Pissaro]], [[Émile Bernard (peintre)|Émile Bernard]] ou [[Vincent van Gogh]]<ref>Aguilar AS, ''La correspondance, préciuse soure de connaissance'', Dossier de l'art, septembre 2017, ''Gauguin l'alchimiste'', p. 56-57.</ref>.
 
* ''Lettres à sa femme et à ses amis'', éd. par [[Maurice Malingue]], Paris, 2003 (première éd. 1946) {{ISBN|2-2464-5783-1}}.
Ligne 208 ⟶ 268 :
 
=== Cote de ses œuvres ===
* ''[[Quand te maries-tu ?|Nafea faa ipoipo]]'', vendu {{uniténobr|7| francs}} aux Marquises à la mort de l'artiste<ref>Laure Dominique Agniel, ''Gauguin aux Marquises''.</ref>, a été achetée, le {{date-|7 février 2015}}, pour un montant de 300 millions de dollars (265 millions d'euros), ce qui en fait, à la date de la vente, l'un des records de prix pour une toile. Il a été acheté par les musées du Qatar<ref>{{en}}
Bailey M, [https://www.nytimes.com/2015/02/06/arts/design/gauguin-painting-is-said-to-fetch-nearly-300-million.html?_r=1 ''Gauguin Painting Is Said to Fetch $300 Million''], ''New York Times'', 6 février 2015.</ref>.
* ''[[La Fin royale]]'' a été achetée par le [[Getty Museum]] de Los Angeles en {{date-|mars 2008}} pour un montant qui pourrait approcher les trente millions de dollars{{Référence souhaitée|date=20 juillet 2021}}.
* L'[[InstitutArt d'artInstitute deof Chicago|InstitutArt d'artInstitute]] de [[Chicago]] a acheté vers 2001, une statue de Gauguin, ''Un faune'', qui s'est révélée être un [[Faux (art)|faux moderne]] réalisé par une [[Famille Greenhalgh|famille anglaise]], les Greenhalgh<ref>{{en}}
Bailey M, [http://www.theartnewspaper.com/article.asp?id=7105 ''« Revealed: Art Institute of Chicago Gauguin sculpture is fake »''], ''Art Newspaper'', 12 décembre 2007.</ref>.
 
== Musées et conservation ==
À [[Clohars-Carnoët]], la ''[[Auberge de Marie Henry|Maison-Musée du Pouldu]]''<ref>{{lien web |titre=Maison-Musée du Pouldu |url=http://maisonmuseedupouldu.blogspot.fr/ |site=Maison-Musée du Pouldu |consulté le=26-06-2020}}.</ref> :offre une reconstitution de l'auberge du {{s-|XIX|e}}, où se sont retrouvés les peintres de l'[[école de Pont-Aven]] : Paul Gauguin, [[Paul Sérusier]], [[Charles Filiger]] et Meijer de Haan ([[Meyer de Haan]]).
 
=== Gauguin dans les musées ===
Ligne 222 ⟶ 282 :
**[[Musée des beaux-arts de Brest]]
**Paris, fondation Dina Vierny
**musée[[Musée d'Orsay]]
**muséeMusée du Petit Palais
**[[muséeMusée des beaux-arts de Lyon]]
**Musée des beaux-arts d'Orléans
**[[Centre d'Interprétation Paul Gauguin]], à proximité de l'Anse Turin et [[Habitation Anse Latouche|Anse Latouche]], au [[Le Carbet|Carbet]], en [[Martinique]]
*À l'étranger
**[[Alger]], [[Musée national des beaux-arts d'Alger]]
**[[Athènes]], [[Musée d'art contemporain Goulandrís (Athènes)|Musée d'art contemporain Goulandrís]]
**[[Bâle]], [[Kunstmuseum (Bâle)|Kunstmuseum]]
**Baltimore, Baltimore Museum of Art
Ligne 247 ⟶ 309 :
**New York, [[The Metropolitan Museum of Art]] ; The Museum of Modem Art
**Tokyo, The National Museum of Western Art
}}En 2003, le maire d'Atuona, Guy Rauzy lance la création d'un centre culturel Paul-Gauguin dans sa commune. Sur demande de Jean Saucourt, une équipe de fouille retrouve le puits dans lequel les restes invendus de la maison de Gauguin avaient été jetés. On y retrouve, dans une bouteille, quatre dents qui seront confiées à l'historienne Caroline Boyle-Turner. Cette dernière, passionnée par la vie du peintre, entreprend un test ADN et des analyses chimiques qui révèlent que les dents du peintre ne contenaient pas de trace de mercure utilisé pour soigner la [[syphilis]] qu'aurait contractée le peintre en 1895 selon plusieurs de ses biographes, et pas de trace d'arsenic qu'il aurait utilisé pour calmer les douleurs de ses plaies aux jambes<ref>{{Lien web|url=http://www.letelegramme.fr/finistere/pont-aven/gauguin-ses-dents-de-retour-a-hiva-oa-07-02-2014-10025383.php|titre=Gauguin. Ses dents de retour à Hiva Oa|date=7 février 2014|site=[[letelegramme.fr]]}}.</ref>.
}}
* En 2003, le maire d'Atuona, Guy Rauzy, lance la création d'un centre culturel Paul-Gauguin dans sa commune. Ayant trouvé le puits dans lequel les restes invendus de la maison de Gauguin avaient été jetés, il trouve quatre dents qu'il confie à l'historienne Caroline Boyle-Turner. Cette dernière, passionnée par la vie du peintre, entreprend un test ADN et des analyses chimiques qui révèlent que les dents du peintre ne contenaient pas de trace de mercure utilisé pour soigner la [[syphilis]] qu'aurait contracté le peintre en 1895 selon plusieurs de ses biographes, et pas de trace d'arsenic qu'il aurait utilisé pour calmer les douleurs de ses plaies aux jambes<ref>{{Lien web|url=http://www.letelegramme.fr/finistere/pont-aven/gauguin-ses-dents-de-retour-a-hiva-oa-07-02-2014-10025383.php|titre=Gauguin. Ses dents de retour à Hiva Oa|auteur=|date=7 février 2014|site=letelegramme.fr}}</ref>.
 
Selon Paul-Robert Thomas, le musée Gauguin d'Atuona présente des toiles du copiste Alin Marthouret, ancien détenu et vrai faussaire « officiel »<ref>Paul-Robert Thomas, ''Jacques Brel : j'attends la nuit'', Le Grand Livre Du Mois, 2001, {{p.|116}}.</ref>.
 
== Influence de Gauguin ==
[[imageImage:Gauguin portrait 1889.JPG|thumb|''[[Autoportrait au Christ jaune]]'', [[18891890]] ou [[1891]], Paris, [[musée d'Orsay]].]]
Paul Gauguin rencontre pour la première fois [[EmileÉmile Bernard (peintre)|Émile Bernard]] à Pont-Aven ; il n'a que 4240 ans et Bernard seulement 1820. ansGauguin a une relation amicale avec lui et une relation amoureuse avec sa jeune sœur, Madeleine. Emile Bernard, estparfois déjàvu comme le fondateur de l'école de Pont-Aven{{Par qui|date=20 juillet 2021}}, est l'inventeur d'une technique nouvelle : le [[cloisonnisme]]. Les peintres de l’académie Julian (Denis, SerusierSérusier, ScuffeneckerSchuffenecker, Laval) s'en inspirent, ainsi que le groupe des [[Nabi (peinture)|Nabis]]. Gauguin poursuit les expérimentations d'Émile<ref>{{Ouvrage|langue=francais|auteur1=Pierre Cailler|titre=Lettres de Paul Gauguin a Emile Bernard|lieu=Geneve|éditeur=Pierre Cailler|année=1954|pages totales=142|passage=1/142}}.</ref> sur la couleur et la fonction de la lumière, et donc de l'ombre. L'ensemble de son œuvre influence l'évolution de la peinture de l'époque, notamment le [[fauvisme]] du {{s-|XX|e}}.
 
Emile Bernard est parfois vu comme le fondateur de l'école de Pont-Aven. Gauguin conserve avant son départ pour Tahiti une relation amicale avec lui et avec sa sœur Madeleine.
 
Gauguin poursuivit les expérimentations d'Emile<ref>{{Ouvrage|langue=francais|auteur1=Pierre Cailler|titre=Lettres de Paul Gauguin a Emile Bernard|passage=1/142|lieu=Geneve|éditeur=Pierre Cailler|année=1954|pages totales=142|isbn=|lire en ligne=}}</ref> sur la couleur et la fonction de la lumière, et donc de l'ombre. L'ensemble de son œuvre influence l'évolution de la peinture de l'époque, notamment le [[fauvisme]] du {{s-|XX|e}}.
 
En marge des [[impressionnisme|Impressionnistes]], Gauguin est sans doute, avec [[Paul Cézanne]] et, [[Vincent van Gogh]], Emileet Émile Bernard, lel'un des peintrepeintres de cettela fin de {{s-|XIX|e}} qui a eu le plus d'influence sur les mouvements de peinture du {{s-|XX|e}}. Cette influence réside probablement, moins dans sa peinture que dans ses écrits, lesquels contiennent des formules qui, comme le dit [[Léon Gard]], {{citation|flattent ce penchant des hommes pour les recettes mirifiques, en même temps que leurs instincts de garnements déchaînés qui se saoulent d'indiscipline<ref>[http://www.leongard.com/l_heritage_de_gauguin_217.htm « Héritage de Gauguin », article paru dans la revue ''Panorama'' en 1943].</ref>}} : {{citation bloc|Comment voyez-vous cet arbre ? écrivait Gauguin, Vert ? Mettez donc le plus beau vert de votre palette ; et cette ombre ? Plutôt bleue ? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible. »<br />Ou encore : <br />
« Ne copiez pas trop d'après nature. L'art est une abstraction. »<br />Ou encore : <br />« Vous connaissez depuis longtemps ce que j'ai voulu établir : le droit de tout oser<ref>''Oviri, écrits d'un sauvage'', par Gauguin.</ref>.}}
 
Gauguin a animé les mouvements mystiques et [[Symbolisme (art)|symbolistes]] de [[Pont-Aven]], puis des [[Nabi (peinture)|nabis]] où ses théories sur le cloisonnisme et le [[synthétisme]] ont été initiées par [[Émile Bernard (peintre)|Émile Bernard]], [[Paul Sérusier]] et [[Maurice Denis]] et par le critique symboliste [[Gabriel-Albert Aurier]]. À la mort de Gauguin, à l'occasion d'expositions lui rendant hommage, ses idées se sont répandues, non sans extrapolation souvent, au [[Picasso]] de la période bleue et rose, puis aux groupes des [[fauvisme|fauves]] ([[Henri Matisse]], [[André Derain]], [[Raoul Dufy]]), des [[cubiste]]s ([[Roger de La Fresnaye]]), des [[expressionnisme |expressionnistes]] allemands ([[Alexi von Jawlensky|Jawlensky]], [[Otto Mueller]], [[Ernst Ludwig Kirchner]], [[Paula Modersohn-Becker]]…) et le groupe [[Die Brücke]]{{Référence souhaitée|date=20 juillet 2021}}.
 
La première rétrospective a lieu, en Allemagne à [[Weimar]], organisée par le comte [[Harry Kessler]], en relation avec [[Gustave Fayet]], collectionneur qui lui prête de nombreuses toiles. Fayet a sans doute été le collectionneur français détenant le plus grand nombre d'œuvres de Gauguin (70 à son décès en 1925<ref>Voir [[Mario d'Angelo]], ''La Musique à la Belle Époque. Autour du foyer artistique de Gustave Fayet, Béziers-Paris-Fontfroide'', Paris, éd. du Manuscrit, 2012.</ref>).
 
== Œuvres inspirées par Gauguin ==
[[FileFichier:Rose, Paul Gauguin , バラ, ポール ゴーギャン, (23971610301).jpg|thumbvignette|rightdroite|[[Paul Gauguin (rose)|Roses 'Paul Gauguin']].]]
=== En littérature ===
* Paul Gauguin est le héros, avec [[Flora Tristan]], du roman ''[[Le_Paradis_–_un_peu_plus_loinLe Paradis – un peu plus loin|Le Paradis — un peu plus loin]]'' de [[Mario Vargas Llosa|Mario Vargas Llosa (prix Nobel de littérature 2010)]]. Dans ce livre qui retrace sa vie à Tahiti, il est appelé « Koké le Maori » en référence à son désir de devenir un véritable « sauvage », de quitter la civilisation européenne qui l'aurait détruit. Y est décrite, entre autres, la conception du tableau que l'écrivain considère comme le chef-d’œuvre de Gauguin et qui s'intitule ''Manao Tupapau'' (''Elle pense au revenant'' ou ''Le revenant pense à elle'').
* [[Somerset Maugham]] s'est inspiré de la vie de Paul Gauguin pour son personnage Charles Strickland dans ''[[L’Envoûté]]'' (''The Moon and Sixpence'', 1919).
* La nouvelle ''Le Maître du [[Maison du Jouir|Jouir]]'' de [[Victor Segalen]] a pour protagoniste une version romancée de Gauguin. Victor Segalen est aussi l'auteur d'un article paru au [[Mercure de France]] en juin 1904 sous le titre ''Gauguin dans son dernier décor''. Il a écrit, en 1916, un ''Hommage à Gauguin'' pour servir de préface à l'édition des lettres de Gauguin à son ami [[George-Daniel de Monfreid|Georges-Daniel de Monfreid]]<ref>Victor Segalen, « Segalen et l'exotisme » in ''Essai sur l'exotisme'', préface de Gilles Manceron, Le Livre de Poche, coll. « Biblio essais », {{p.|21}} (165 p.) {{ISBN|978-2253038610}}.</ref>.
 
=== Au cinéma ===
* ''[[Paul Gauguin (film, 1950)|Gauguin]]'', documentaire réalisé en 1950 par [[Alain Resnais]].
* ''[[La Vie passionnée de Vincent van Gogh (film)|La Vie passionnée de Vincent van Gogh]]'' (titre original : ''Lust for Life''), film américain de [[Vincente Minnelli]], sorti en 1956, avec [[Anthony Quinn]] dans le rôle de Gauguin.
* ''[[Paul Gauguin (mini-série)|Paul Gauguin]]'', mini-série télévisée de [[Roger Pigaut]] de 1975 avec [[Maurice Barrier]] dans le rôle de Gauguin.
* ''[[Gauguin, le loup dans le soleil]] (Oviri)'', film franco-danois d'[[Henning Carlsen]] de 1986 avec [[Donald Sutherland]] dans le rôle de Gauguin.
* ''[[Vincent et Théo]]'', film britannique de [[Robert Altman]] de 1990 avec [[Wladimir Yordanoff]] dans le rôle de Gauguin.
* ''[[Gauguin (film, 2003)|Gauguin]] (Paradise Found)'', film biographique australien de [[Mario Andreacchio]] sorti en 2003, avec [[Kiefer Sutherland]] dans le rôle de Gauguin.
* ''[[Gauguin : Voyage de Tahiti]]'', réalisé par [[Édouard Deluc]], sorti en [[2017 au cinéma|2017]]. Gauguin est incarné par [[Vincent Cassel]]<ref>{{Lien web|url= la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/tahiti/rencontre-avec-l-equipe-du-film-gauguin-396143.html|titre= Rencontre avec l'équipe du film ''Gauguin''|site=[[francetvinfo.fr]]|date= 10 septembre 2016}}.</ref>.
* ''[[Gauguin - Voyage de Tahiti]]'', réalisé par [[Édouard Deluc]], sorti en [[2017 au cinéma|2017]]. {{commentaire|Il se consacre à la période du premier voyage du peintre en [[Polynésie]], à [[Tahiti]], qui lui inspira son livre ''Noa Noa''. Gauguin est incarné par [[Vincent Cassel]]<ref>{{Lien web|url= la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/tahiti/rencontre-avec-l-equipe-du-film-gauguin-396143.html|titre= Rencontre avec l'équipe du film ''Gauguin''|site= La {{1ère}}|date= 10 septembre 2016}}</ref>. Certains médias ont critiqué l'approche de l'auteur et notamment sur la nature des relations sexuelles de l'artiste<ref>{{Article|langue=FR|auteur1=Léo Pajon|titre=Gauguin – Voyage de Tahiti : la pédophilie est moins grave sous les tropiques|périodique=Jeune Afrique|date=21 septembre 2017|issn=|lire en ligne=http://www.jeuneafrique.com/476091/societe/gauguin-voyage-de-tahiti-la-pedophilie-est-moins-grave-sous-les-tropiques|pages=|extrait=Car, ce que cette histoire ne dit à aucun moment c’est que Tehura (qui s’appelait aussi Teha’amana) avait seulement 13 ans lorsque Gauguin (alors âge de 43 ans) la prit pour “épouse” en 1891. Et malgré ce que pourrait laisser croire le biopic, elle ne fut pas la seule à partager la vie de l’artiste dans l’île : il y eut aussi la jeune prostituée métisse Titi, ainsi que Pau’ura et Vaeoho (toutes deux 14 ans). Enfin, dernier “oubli”, le maître était atteint de syphilis, maladie sexuelle potentiellement mortelle, qu’il distribua généreusement à Tahiti. Dans le film, Gauguin se voit seulement diagnostiquer un méchant diabète… on en pleurerait de rire si ce n’était aussi grave.}}</ref> ou sur le contexte colonial<ref>{{Article|langue=FR|auteur1=Violaine Morin|titre=“Gauguin”, un film qui gomme la réalité coloniale|périodique=Le Monde|date=25 septembre 2017|issn=|lire en ligne=https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/09/25/gauguin-un-film-qui-gomme-la-realite-coloniale_5191281_4832693.html|pages=|extrait=S’ajoutent à cela plusieurs éléments “franchement choquants” dans le film, selon le spécialiste. Par exemple, le jeune voisin tahitien du peintre qui finit par gagner de l’argent en vendant des statuettes inspirées de celles de Gauguin. “Le jeune Tahitien est traité comme un copiste… mais c’est Gauguin qui a copié l’art des Polynésiens. De leur point de vue sans doute, cela serait vu comme une contre-vérité très offensante”.}}</ref>.}}
 
=== Fleur ===
== Hommages ==
Une [[Rosier|rose]] [[hybride de thé]] de chez [[Georges Delbard|Delbard]] a été baptisée de son nom en 1992, la [[Paul Gauguin (rose)|rose 'Paul Gauguin']]. Cette rose panachée fait partie de la série des {{citation|roses de peintres}}.
* La [[Paul Gauguin (rose)|rose Paul Gauguin]], une [[Rosier|rose]] [[hybride de thé]] de chez [[Georges Delbard|Delbard]], a été baptisée de son nom en 1992. Cette rose panachée fait partie de la série des {{citation|roses de peintres}}.
* En [[astronomie]], sont nommés en son honneur [[(10136) Gauguin]], un [[astéroïde]] de la [[Ceinture d'astéroïdes|ceinture principale]] d'astéroïdes<ref>{{Lien web |titre=IAU Minor Planet Center |url=http://www.minorplanetcenter.net/db_search/show_object?object_id=10136 |site=www.minorplanetcenter.net |consulté le=2020-06-26}}.</ref>, et [[Gauguin (cratère)|Gauguin]], un [[Cratère d'impact|cratère]] de la planète [[Mercure (planète)|Mercure]]<ref>{{Lien web |titre=Planetary Names: Crater, craters: Gauguin on Mercury |url=https://planetarynames.wr.usgs.gov/Feature/2117 |site=planetarynames.wr.usgs.gov |consulté le=2020-06-26}}.</ref>.
[[File:Arearea.jpg|thumb|Timbre émis par la République Française en 1968.]]
* [[La Poste (entreprise française)|La Poste française]] a utilisé 6 fois un tableau de Gauguin pour illustrer un timbre, en 1968, 1998, 2006, 2011, 2013 et 2015.
 
== Notes et références ==
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}}
=== Bibliographie ===
[[Fichier:Gauguin by Mucha.jpg|thumbvignette|Paul Gauguin jouant de l'harmonium à l'atelier d'[[Alphonse Mucha]], rue de la Grande-Chaumière, Paris (vers 1895).]]
[[Fichier:Atelier Gauguin et Modigliani, 8 rue de la Grande-Chaumière, Paris 6e 2.jpg|vignette|Plaque 8 [[rue de la Grande-Chaumière]] ([[6e arrondissement de Paris|{{6e}} arrondissement de Paris]]), mentionnant également [[Amedeo Modigliani]].]]
 
==== Catalogues raisonnés ====
* [[Marcel Guérin (critique d'art)|Marcel Guérin]], ''L’Œuvre gravé de Gauguin'', Paris, 1927 ; reprint, San Francisco, 1980.
* {{En}}Christopher Gray, ''Sculpture and Ceramics of Paul Gauguin'', Baltimore, 1963 ; nouv. éd. New York, 1980.
* [[Georges Wildenstein]] avec [[Raymond Cogniat]], ''Gauguin. 1, Catalogue'', éditions Les Beaux-Arts, Éditions d'Études et de Documents, Paris, 1964.
* {{En}}{{Lien|langue=da|fr=Merete Bodelsen}}, ''Gauguin’s Ceramics: A Study in the Development of his Art'', Londres, 1964.
* {{Lien|langue=it|fr=Gabriele Mandel}}, ''Tout l’œuvre peint de Gauguin'', Paris, 1987 (première éd. 1972) {{ISBN|2-08-011218-X}}.
* Richard S. Field, ''Paul Gauguin: Monotypes'', Philadelphie, 1973.
* {{En}}Elizabeth Mongan, {{Lien|langue=en|fr=Eberhard W. Kornfeld}}, Harold Joachim, ''Paul Gauguin: Catalogue Raisonné of his Prints'', Bern, 1988 {{ISBN|3-85773-019-6}}.
* Jean-Pierre Zingg avec Marie-José Pellé, ''Les Éventails de Paul Gauguin'', Papeete, Éd. Avant & Après, 1996 (repr. 2001), 102 p. {{ISBN| 9782907716222}}.
* [[Daniel Wildenstein]] avec Sylvie Crussard et Martine Heudron, ''Gauguin. Premier itinéraire d'un sauvage. Catalogue de l'œuvre peint, 1873-1888'', Milan, Paris, 2001 {{ISBN|88-8118-937-2}}.
 
==== Sur Gauguin ====
*{{Ouvrage|langue=fr|auteur1=Laure Dominique Agniel|titre=Gauguin aux Marquises|sous-titre=L'homme qui rêvait d'une île|lieu=Paris|éditeur=[[Éditions Tallandier]]|année=2016|pages totales=222|isbn=979-10-210-1818-1}}
* Dominique Agniel, ''Tahiti, Marquises, sur les pas de Gauguin'', Paris, éditions du Garde-Temps, coll. « Voyages », 2003, 128 p. {{ISBN|978-2913545199}}.
* Emmanuelle Baum et Sarah Vincent, ''Gauguin en Polynésie'', Garches, [[À propos (éditeur)|éditions À Propos]], coll. « Dans l'univers de… », 2006, 64 p. {{ISBN|978-2915398007}}.
* Bayle-Ottenheim J. et Meyer N., ''La Critique hostile à Gauguin'', Paris, Editions Jannink, 2003, 48 p. {{ISBN|978-2-90246-289-6}}.
* {{Ouvrage|auteur= [[Bénézit]]|titre=Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous|éditeur=éditions Gründ|langue=français|jour=8|mois=février|année=1999|pages=13440|isbn=270003015X|isbn2=2700030109|volume=5|passage=908-913}}
* {{Ouvrage|langue=fr|auteur1=[[Françoise CachinBénézit]]|titre=GauguinDictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous|volume=5|éditeur=Flammarionéditions Gründ|année=20031999|mois=février|jour=8|pages totales=31113440|lieupassage=Paris908-913|isbn=2-087000-01129533015-X|isbn2=2700030109}}
* {{Ouvrage|langue=fr|auteur1=[[Françoise Cachin]]|titre=Gauguin|lieu=Paris|éditeur=[[Groupe Flammarion|Flammarion]]|année=2003|pages totales=311|isbn=2-08-011295-3}}
* Isabelle Cahn, ''Gauguin et le mythe du bon sauvag''e, Paris, Flammarion, 1988
* Isabelle Cahn, ''ABCdaire Gauguin'', Paris, Flammarion, 2003
* André Cariou, ''Gauguin et l'école de Pont-Aven'', Paris, Hazan, coll. « Beaux Arts », 2015, 300 p. {{ISBN|9782754107679}}.
* Caroline Boyle-Turner , ''Paul Gauguin et les Marquises : Paradis trouvé ?'' préface de Maris Gauguin, éd. Vagamundo-Nizon, 2016, 250 p. {{isbn|979-10-92521-15-3}}.
* [[Jean-Luc Coatalem]], ''Je suis dans les mers du Sud. Sur les traces de Paul Gauguin'', Paris, Grasset, coll. « Littérature & Documents », 2001, 314 p. {{ISBN|2-246-58561-9}}.
* [[Raymond Cogniat]], ''Gauguin'', Paris, éd. Braun, Collection des maîtres, 1938.
*[[Jean-Marie Dallet (écrivain)|Jean-Marie Dallet]], ''Je, Gauguin'', éd Laffont, 1981, réédité par La Table Ronde, 2017.
* [[Bengt Danielsson|Bengt et Marie-Thérèse Danielsson]], ''Gauguin à Tahiti et aux îles Marquises'', Papeete, Éditions du Pacifique, 1975, 327 p. {{ISBN|978-2857000570}} ; trad. d'après ''Gauguins söderhavsar'', Stockholm, 1964) nouv. édition, Paris, 1989 {{ISBN|2-266-02727-1}}.
* {{Article|langue=fr|nom1=Delouche|prénom1=Denise|lien auteur1=Denise Delouche|titre=Gauguin|sous-titre=entre Japon et Bretagne|périodique=ArMen|lien périodique=ArMen|éditeur=éditions Fitamant|mois=novembre-décembre|année=2012|numéro=191|pages=48-53|ISSN=0297-8644}}
* {{Ouvrage|langue=anglaisen|auteurauteur1=Charles Gorham|traducteur=F. M. Watkins|titre=Et l'or de leurs corps|sous-titre=le roman de Gauguin|traducteurlieu=F. M. Watkins|numéro d'éditeur=1339Paris|éditeur=René Julliard|lieuannée=Paris|jour=301956|mois=mai|annéejour=195630|numéro d'édition=1339|pages totales=375|passage=11-375}}
* {{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Christian|nom1=Jamet|lien auteur1=Christian Jamet|titre=Gauguin à Orléans|lieu=Joué-lès-Tours|éditeur=Éditions La Simarre|année=2013|pages totales=99|lieu=Joué-lès-Tours|isbn=978-2-36536-021-0}}
* {{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Christian|nom1=Jamet|lien auteur1=Christian Jamet|titre=Gauguin|sous-titre=Les chemins de la spiritualité|lieu=Paris|éditeur=Cohen & Cohen Éditeurs|année=2020|pages totales=324|passage=353|isbn=978-2-36749-065-6}}
* [[Alain Georges Leduc]], ''[[Résolument moderne, Gauguin céramiste]]'', 2003, E. C. Éditions, 135 p. {{ASIN|B006F205FM}}.
* [[George-Daniel de Monfreid|Georges -Daniel de MontfreidMonfreid]], ''Sur Paul Gauguin'' [inclut des bois dessinés et gravés d'après Paul Gauguin par Daniel de Monfreid], La Rochelle, 2003 {{ISBN|2-84327-092-8}} : contient les lettres de G. D. de Monfreid à Paul Gauguin, {{date-|décembre 1897}}-{{date-|août 1903}}.
* [[Henri Perruchot]], ''[[Gauguin, sa vie ardente et misérable|Gauguin. Sa vie ardente et misérable]]'', Le Sillage, 1948, 332 p. {{ASIN|B0017V0Y4I}}.
* [[Henri Perruchot]], ''La Vie de Gauguin'', Le Livre de poche, 1963, 442 p. {{ASIN| B0014QOQ7M}}.
* [[Anne Pingeot]] et Marla Prather, ''Robert Mangold, Paul Gauguin'', Paris, Argol, 2006.
* Gilles Plazy, ''Paul Gauguin, l'insurgé solaire'', La Sirène étoilée, 2015 {{ISBN|979-10-94617-01-4}}.
* [[Jean-François Staszak]], ''Géographies de Gauguin'', Paris, Bréal, 2003 {{ISBN|2-7495-0124-5}}.
* [[Antoine Terrasse]], ''L'Aventure de Pont-Aven et Gauguin'', avec MaryAnne A. Stevens et André Cariou, édité par le musée des beaux-arts de Quimper, 2003.
* {{ouvrage|auteur=Laure Dominique Agniel |titre= Gauguin aux Marquises |sous-titre= L'homme qui rêvait d'une île|année = 2016 |éditeur= Éditions Tallandier|isbn=979-10-210-1818-1|pages totales=222}}
* André Cariou; Gauguin et l'école de Pont-Aven, Editions Hazan, 2015, 300 p. {{ISBN|978-2-7541-0767-9}}
* André Cariou, Dessins de Gauiguin la Bretagne à l'œuvre, Editions Hazan, 2017 {{ISBN|978-2-7541-1029-7}}
 
=== Articles connexes ===
* [[Exposition de Gauguin au Salon des XX 1889]]
* [[Liste de peintres français]]
 
=== Liens externes ===
* {{Autorité}}
* {{Dictionnaires}}
* {{Bases art}}
* {{Lien web|url=http://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/?&refine[Categories][]=Estampes&refine[Categories][]=Estampes$$$Fonds%20d%27estampes%20d%27artistes$$$Estampes%20et%20manuscrits%20de%20Paul%20Gauguin%20(1848-1903)|titre=Estampes et manuscrits de Paul Gauguin|site=[[INHA]]|consulté le=11 janvier 2018}}.
* {{fr}} [http://www.moreeuw.com/histoire-art/exposition-gauguin-londres-tate-modern.htm Exposition Gauguin Tate Modern, Londres - texte intégral]
 
==== Bases de données et dictionnaires ====
{{Liens}}
 
{{Palette|Postimpressionnisme|Paul Gauguin}}
{{Portail|peinture|France au XIXe siècle|Loiret|gravure|Finistère|Polynésie française|Finistèrehistoire de l'art}}
 
{{DEFAULTSORTCLEDETRI:Gauguin, Paul}}
[[Catégorie:Paul Gauguin| 00*]]
[[Catégorie:Peintre français du XIXe siècle]]
[[Catégorie:Peintre post-impressionniste français]]
Ligne 354 ⟶ 421 :
[[Catégorie:Créateur de monotype]]
[[Catégorie:Personnalité liée à la Polynésie française]]
[[Catégorie:NaissanceÉlève àde Parisl'Académie Colarossi]]
[[Catégorie:Naissance en juin 1848]]
[[Catégorie:Naissance dans l'ancien 2e arrondissement de Paris]]
[[Catégorie:Décès en mai 1903]]
[[Catégorie:Décès en Polynésie française]]
[[Catégorie:Décès à 54 ans]]
[[Catégorie:Personnalité liée aux îles Marquises]]
[[Catégorie:Éponyme d'un objet céleste]]
[[Catégorie:Saint du calendrier pataphysique]]
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