Stade Jean-Bouin (Paris)
Le stade Jean-Bouin est un stade inauguré en 1928 et situé dans le 16e arrondissement de Paris. Il est principalement destiné à la pratique du rugby à XV et du football. Sa capacité actuelle est de 19 607 places[1].
| Surnom |
Jean-Bouin |
|---|---|
| Adresse |
| Début de construction |
1925 |
|---|---|
| Ouverture | |
| Architecte | |
| Rénovation |
1968-1970, 2010-2013 |
| Extension |
1968-1970, 1975, 2013 |
| Clubs résidents |
|
|---|---|
| Propriétaire | |
| Administration |
| Surface |
Pelouse hybride |
|---|---|
| Capacité |
19 607 places |
| Dimensions |
100 m × 70 m |
| Coordonnées |
|---|
Le stade est baptisé en hommage au coureur de fond français Jean Bouin, mort pour la France lors de la Première Guerre mondiale. Le stade est situé à proximité directe du Parc des Princes.
Histoire
modifier1925 : construction de la première enceinte
modifierEn 1925, les terrains de l'avenue du Général-Sarrail sont aménagés par le CASG Paris ; ils quittent ainsi l'ancien stade Jean-Bouin à proximité des serres de Paris et de l'actuel stade Roland-Garros, construit à la suite de cette concession durant l'hiver 1927-1928 afin d'accueillir la finale de la Coupe Davis 1928[2]. Les nouvelles installations, plus au sud, conservent alors leur appellation de stade Jean-Bouin en usage depuis 1916[3].
Le stade est rénové en 1968[3].
En 1975 un gymnase lui avait été adjoint, ainsi qu'un terrain de hockey sur gazon en 1982. Il dispose de quinze courts de tennis dont dix en terre battue. Sa capacité est alors de 12 000 places.
- Athlétisme et arrivée du 800 m au stade Jean Bouin en 1929.
- Match de football au stade Jean Bouin de Paris en 1932.
- Un match de rugby de l'équipe parisienne du CASG au stade Jean Bouin de Paris en 1933. Au fond à droite derrière les joueurs, on peut apercevoir l'ancien stade-vélodrome du Parc des Princes.
Reconstruction de 2010 à 2013
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Un projet de rénovation du stade faisait partie du dossier de candidature de Paris pour organiser les Jeux olympiques et paralympiques d'été de 2012., L'enceinte accueillerait les rencontres de hockey sur gazon pour les premiers et de football à 5 et 7 pour les seconds.
La candidature de Paris échoue le mais le projet de rénovation n'est pour autant pas abandonné. Le , le Conseil de Paris, par 80 voix contre 59, donne son feu vert au projet. Ce dernier est notablement différent du projet initial de Paris 2012 avec la création d'un parking souterrain de 500 places (dont 100 réservées aux riverains), de 8 000 m2 de commerce dont une brasserie et boutique du club résident, 850 m2 de bureaux et la mise en conformité des infrastructures d'un stade de 20 000 places avec les règles d'homologation de la Fédération française de rugby et la Fédération française de football. Afin d'assurer une proximité des spectateurs avec l'aire de jeu, la piste d'athlétisme sera « transférée » et accessible à des centaines de scolaires voisins du stade, sur les « pelouses d'Auteuil », à l'intérieur de l'hippodrome d'Auteuil. Le terrain de hockey sur gazon, à l'époque non homologué et sans gazon, est déplacé pour permettre la construction de quatre courts de tennis. Il se retrouve ainsi sur les « pelouses d'Auteuil » et reçoit l'homologation pour continuer à être utilisé par la section de hockey sur gazon (de niveau national) du Paris Jean-Bouin, qui utilise le stade Jean-Bouin jusqu'en .
Finalement, 35 000 m2 (sur 57 000 m2) de l'ancien stade doivent être détruits pour faire place à un stade de rugby à usage professionnel et à plusieurs cellules commerciales. Aucune rénovation de la partie restante du stade Jean-Bouin (qui comprend un gymnase construit en 1975 avec deux salles d'arts martiaux et de gymnastique, une partie tennis et un club house) n'est prévue par la ville de Paris.
La transformation rencontre une forte opposition locale. Cette dernière se rassemble dans un collectif de Boulonnais et de riverains du 16e arrondissement, mené par Claude Goasguen, député UMP et maire du 16e arrondissement, Pierre-Christophe Baguet, député UMP et maire de Boulogne-Billancourt, les riverains du Parc des Princes et l'association du Paris Jean-Bouin, dont la concession, renouvelée le pour 20 ans, a été résiliée par la ville de Paris le [4].
Les opposants protestent contre la destruction d'un élégant stade Art déco qui pouvait être réaménagé, la forte intrusion visuelle du nouveau stade massif et opaque, le déplacement malcommode des activités sportives des scolaires qui implique une traversée de la grande porte d'Auteuil puis d'une partie de l'hippodrome et la fin d'un club d'athlétisme historique, le C.A.S.G., qui se retrouve privé d'installations.
À l'inverse, un collectif de soutien se forme pour porter ce projet qui permet d'offrir à une équipe de rugby professionnelle évoluant dans l'élite nationale et européenne, un outil digne de ses ambitions[5].

Le , le projet de Rudy Ricciotti (Grand prix national d'architecture 2006, plus haute distinction française en matière d'architecture) est retenu par le jury désigné par la ville de Paris.
Le projet architectural s’articule autour de la couverture qui englobe de manière homogène l’ensemble du stade en se retournant en façade du déambulatoire périphérique. Cette peau est composée de 3 450 panneaux triangulaires préfabriqués en BFUP (Béton Fibré Ultra Performant) installés sur 78 fléaux métalliques dont les plus grands dépassent 40 mètres de porte-à-faux[6]. Les panneaux en façade sont ouverts, ceux en toiture voient leurs alvéoles fermées par l’inclusion de pastilles de verre afin de protéger les spectateurs des intempéries et les riverains des désagréments acoustiques. Ce procédé fait alors l’objet d’études d’ingénierie de pointe certifiées par plusieurs ATEx (Appréciation Technique Expérimentale) délivrées par le CSTB, et conduisit au titre de plus grande couverture en béton fibré du monde et à une première place aux World Concrete Awards ACI Excellence dans la catégorie « béton décoratif ».
La tribune sur l’avenue du Général-Sarrail est suspendue au-dessus du boulevard périphérique souterrain. Ceci permet sa stabilité et l’évacuation du public qu’elle accueille même si le tunnel s’effondre en dessous.
La capacité assise du stade est portée à 20 000 places assises (précisément), toutes couvertes. Le stade comprend en outre 51 loges, un salon de réception, un secteur administratif pour accueillir le personnel du Stade français, un pôle sportif réservé aux joueurs professionnels et composé d’une salle de musculation sur deux niveaux, d’un espace de balnéothérapie et d’un gymnase en sous-sol, une tribune de presse avec une salle de rédaction, un studio d’interview et une salle de conférences associés, un parking de 500 places en infrastructure et plusieurs cellules commerciales[7].
Une enquête publique est menée par la mairie de Paris à la fin de l'année 2009 pour présenter aux riverains et différents acteurs locaux le projet du nouveau stade Jean-Bouin, mais également le projet d'aménagement du quartier Auteuil. Malgré les oppositions et les recours judiciaires les travaux débutent à l'été 2010[8]. Le coût prévisionnel est de 110 millions d’euros[9].
L’enceinte rénovée est inaugurée le à l’occasion d’un match de Top 14 remporté par le Stade français contre le Biarritz olympique[10]. Le stade comporte les tribunes latérales « Présidentielle » et « Parc des Princes » et les virages « Paris » et « Gilardi »[11].
Utilisation du stade
modifierLe stade Jean-Bouin sert d'enceinte sportive au Stade français Paris rugby, club de rugby à XV évoluant en Top 14.
L'ancien stade était utilisé pour l'athlétisme (jusqu'aux rénovations entreprises en 2010 qui ont vu la disparition de la piste). L'enceinte a notamment accueilli le meeting d'athlétisme de Paris jusqu'au début des années 1990. Le , Sergueï Bubka, qui réalise le record du monde pour la cinquième fois, devient le premier perchiste à passer la barre mythique des 6 mètres[12],[13].
Entre 1983 et 1992, le stade accueille la finale du Casque d'Or, le championnat de France de football américain de D1.
Lors de la saison 2016-2017 de Ligue 2, le Red Star FC y dispute ses rencontres à domicile à la suite d'une convention signée entre la ville de Paris, propriétaire de l'enceinte, le club audonien et le conseil départemental de Seine-Saint-Denis[14]. Le club retourne jouer au stade Bauer de Saint-Ouen la saison suivante, après sa relégation en National[15].
À partir de 2018, la section féminine du Paris Saint-Germain y joue l'ensemble de ses matchs de football à domicile[16]. À partir de 2020, elle retourne jouer principalement au camp des Loges puis au campus du Paris-Saint-Germain, n'évoluant plus qu'au stade Jean-Bouin qu'exceptionnellement.
Le y a lieu la cérémonie d'ouverture des Gay Games 2018, avec un spectacle intitulé Coming Out, écrit et mis en scène par Rodolph Nasillski[17].
À l’été 2019, le Stade français Paris rugby récupère la gestion du stade Jean-Bouin. Celui-ci est doté d’une nouvelle pelouse synthétique[18], ce qui permet aux rugbymen de s’y entraîner en toutes circonstances. L'organisation de l'enceinte est alors principalement axée autour de cette équipe de rugby[19].
Le FC Versailles 78, promu en National pour la saison 2022-2023, choisit le stade Jean-Bouin comme enceinte principale, étant obligé de quitter le stade Montbauron qu'il occupait jusqu'ici. Ce dernier n'est en effet pas homologué pour des rencontres de troisième division en raison de son absence d'éclairage[20],[21]. Sauf quelques délocalisations, le club reste résident jusqu'au début de l'année 2025 lorsqu'il décide de finir la saison au stade Walter Luzi de Chambly[22].
Le , le stade Jean-Bouin accueille le Eleven All Stars, un match de football entre streamers français et espagnols. La rencontre, disputée à guichets fermés, rassemble plus de 1,1 million de spectateurs lors de sa diffusion sur Twitch[23].
À l'été 2023, la nouvelle franchise de football américain des Mousquetaires de Paris, qui évolue en European League of Football (ELF), prend ses quartiers dans le stade pour y disputer ses matchs à domicile, la saison se déroulant de juin à septembre. L'utilisation du stade par la franchise est reconduite pour la saison 2024 (bien qu'une rencontre se déroule au stade du Hainaut à Valenciennes en raison des Jeux paralympiques). Les Mousquetaires de Paris quittent l'enceinte à l'occasion de la saison 2025 pour le stade Robert-Bobin de Bondoufle.
Lors de la candidature de Paris pour l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2024, le stade doit initialement organiser les tournois de rugby à sept mais le Stade de France (qui ne devait être utilisé jusqu'ici qu'en deuxième semaine pour l'athlétisme) lui est finalement préféré lors de l'annonce de la liste définitive des sites en 2020. Durant les Jeux olympiques et paralympiques d'été de 2024, le stade accueille finalement la « Maison de l'équipe d'Allemagne ». La confédération olympique et sportive allemande et le comité paralympique allemand y installent leur centre médiatique et festif.
Le , un match du Tournoi des Six Nations des moins de 20 ans 2025 oppose l'équipe de France à celle de l'Écosse (45 - 40).
Le , le Paris FC et le Stade français Paris rugby actent un accord afin que le club de football, nouvellement acquis par la famille Arnault et le consortium Red Bull, puisse évoluer dans une enceinte plus adaptée au football professionnel que le stade Charléty. L'accord débute à partir de la saison 2025-2026 et doit se poursuivre à minima jusqu'en 2029[24]. Durant l'été 2025, la pelouse synthétique est remplacée par une pelouse hybride, le synthétique étant interdit en Ligue 1 et Ligue 2. Le premier match du Paris FC dans le stade, qui marque aussi le retour du club en première division, a lieu le contre le FC Metz (3-2).
Galerie
modifier- La tribune présidentielle du stade.
- La tribune Paris face à la tribune présidentielle.
- Une des deux tribunes situées derrière les buts.
- Vue d'un quart de virage sur la Présidentielle.
Événements
modifier- Championnat du monde masculin de handball à onze 1948[25]
- Championnats de France d'athlétisme en 1950, 1951 et 1967
- Finale du championnat de France de football américain de 1983 à 1992
- Challenge Jean-Bouin de 1985 à 1995
- Étape française de la série mondiale de rugby à sept : tournoi masculin en 2005 et de 2016 à 2019, tournoi féminin en 2018
- Phase finale de la Coupe du monde féminine de rugby à XV 2014
- Cérémonie d’ouverture des Gay Games 2018
- Eleven All Stars 2022
Notes et références
modifier- ↑ « Stade Français Paris », sur top14.lnr.fr (consulté le ).
- ↑ « Le stade Roland-Garros - Histoire et évolutions | Fédération française de tennis », sur fft.fr (consulté le )
- 1 2 « Histoire du club », sur parisjeanbouin.fr (consulté le ).
- ↑ Site du Collectif Jean-Bouin.
- ↑ « Pour la rénovation du stade Jean-Bouin », sur renover.jeanbouin.free.fr.
- ↑ Tiphaine Gruson et Stéphanie Guilmeau, « Stade Jean-Bouin », sur Inventaire général du patrimoine culturel, Région Île-de-France, (consulté le ).
- ↑ « Les grands stades : Le stade Jean Bouin », sur paris.fr.
- ↑ « La démolition de Jean Bouin commencera cet été », sur lavieimmo.com, .
- ↑ « Rudy Ricciotti, lauréat du concours pour la construction du nouveau stade Jean-Bouin » et dossier de presse, Paris.fr
- ↑ Audrey Natalizi, « Un Stade Jean-Bouin flambant neuf pour le premier match à domicile du Stade-Français », sur france3-regions.francetvinfo.fr, .
- ↑ Alexandra Malory, « Infos pratiques - Comment venir à Jean Bouin », sur FC Versailles, (consulté le )
- ↑ « Top 14: Jean-Bouin, point final d'une longue saga », sur lexpress.fr, .
- ↑ « Athlétisme : Sergueï Bubka saute les 6 m à la perche », sur ina.fr (consulté le ).
- ↑ « Le Red Star jouera au stade Jean-Bouin la saison prochaine », L'Équipe, .
- ↑ « Football : retour à la maison pour le Red Star », Le Monde,
- ↑ « PSG féminin : tous les matchs à Jean-Bouin, c’est officiel ! », (consulté le )
- ↑ « Les Gay Games à Paris : 36 sports, 90 pays et 10 000 participants », sur france24.com, (consulté le ).
- ↑ « Stade Français : une nouvelle pelouse synthétique à Jean-Bouin - Rugby - Top 14 - SF », L'Équipe (consulté le )
- ↑ Olivier François, « Stade Français : le stade Jean-Bouin change d’ère », Le Parisien, (consulté le )
- ↑ « Versailles jouera au Stade Jean Bouin la saison prochaine », L'Équipe, (consulté le )
- ↑ « Le FC Versailles jouera la saison prochaine au stade Jean-Bouin », sur francebleu.fr, (consulté le )
- ↑ « « Pas pratique et pas facile » : pourquoi le derby de National Versailles-Paris 13 Atletico se joue à… Chambly », Le Parisien, (consulté le )
- ↑ « Eleven All Stars: un match retour entre les streamers est déjà prévu en Espagne », sur rmcsport.bfmtv.com (consulté le )
- ↑ « D'accord avec le Stade Français, le Paris FC jouera à Jean-Bouin dès la saison 2025-2026 - Eurosport », sur eurosport.fr, (consulté le ).
- ↑ « Coupe du monde », Hand-ball : organe officiel de la Fédération française de handball, no 24, (lire en ligne, consulté le )
Liens externes
modifier- Site officiel
- Ressource relative au sport :
- Stade Jean-Bouin sur stade.fr