Stanislas Julien

sinologue français

Stanislas Aignan Julien, né à Orléans le troisième jour complémentaire de l'an VII[1] (jeudi )[2] et mort à Paris le , est un sinologue français.

Biographie

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Aignan Stanislas Julien naît d'un père mécanicien-propriétaire marié, après un veuvage et un divorce, en troisième noces avec sa mère Marie Françoise Sophie Cintra (parfois écrit Saintra). Il est âgé de trois ans lorsqu' il perd son père, et de quinze quand il perd sa mère. Il a un frère, Noël, de deux ans et demi son aîné.

C'est à Paris qu'il se marie avec Agathe Devilliers, de plusieurs années son aînée, le 21 mai 1829 ; Il est alors sous-bibliothéquaire à l'Institut, et demeure 1, rue Soufflot, Agathe demeure rue Saint-Hyacinthe n°30[3].

Quant à sa postérité, la destruction de documents d'archives et de l'État-civil, lors de l'incendie de la Commune en mai 1871, ne nous permet pas d'en savoir davantage. Toutefois, dans une lettre qu'il adresse le 19 mai 1865 à son collègue du Collège de France M. Sédillot, il lui écrit « ... Demain à midi, je vais prêter à Mme de Barral, maîtresse de pension de ma petite fille une somme de 12000 francs... », ce qui peut laisser supposer une succession à ce moment-là.

Son épouse, Agathe, décède à leur domicile, 26 rue des Fossés-Saint-Jacques à Paris 5e, le 7 avril 1870. Lui-même décède trois ans plus tard à ce même domicile.

Il est enterré le lendemain de sa mort au cimetière du Montparnasse ; ses restes sont transférés en 1987 à l'ossuaire du cimetière de l'Est.

A Orléans sa ville natale, une rue Stanislas Julien lui rend hommage.

Carrière

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Titulaire de la chaire de langue et littérature chinoises et tartare-mandchoues au Collège de France de 1832 à 1873 dont il est l'administrateur, Stanislas Julien est élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1833.

Il succède à Abel-Rémusat, qui a été son professeur, au Collège de France. Très jeune, après le latin et l'anglais, il apprend le grec, l'arabe, l'hébreu, le persan, le sanskrit et le chinois. Abel-Rémusat lui enseigne également le mandchou.

Dès l'âge de 25 ans en 1824, la Société asiatique et le Comte Charles Philibert de Lasterye publient son premier tome sur Meng Tseu, le second tome est publié en 1826. S'en suit une longue liste de publications savantes.

Cette belle carrière ne se passe pas sans heurts. Par exemple, suite à un examen critique publié dans le Journal asiatique de mai 1841 sur un travail de traduction de Guillaume Pauhier, ce dernier publie sa réponse[4].

Prix Stanislas Julien

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Le Prix Stanislas-Julien est un prix décerné chaque année par l'Académie des inscriptions et belles-lettres pour récompenser une œuvre de sinologie publiée au cours de l'année précédente. Il a été créé en 1872 et attribué pour la première fois en 1875:

« •Prix Stanislas Julien•
Par son testament olographe, en date du 26 octobre 1872, M. Stanislas Julien, membre de l’Institut, a légué à l’Académie des inscriptions et belles-lettres une rente de quinze cents francs pour fonder un prix annuel en faveur du meilleur ouvrage relatif à la Chine[5]. »

Principales publications

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Premier chapitre de Le Livre de la Voie et de la Vertu, texte établi par Stanislas Julien. Les colonnes se lisent de gauche à droite.
  • Meng Tseu, vel Mencium, inter Sinenses philosophos ingenio, doctrina, nominisque claritate Confucio proximum, edidit, latina interpretatione et perpetuo commentario (2 volumes, 1824-1826)
  • Méthode de J. Carstairs, faussement appelée Méthode américaine, ou l'art d'apprendre à écrire en peu de leçons, traduite de l'anglais, d'après la sixième édition (2 volumes, 1828)[6]
  • Hoeï-lan-ki, ou l'Histoire du cercle de craie, drame en prose et en vers, Londres, imprimerie Cox père et fils, 1832[7]
  • Blanche et Bleue, ou les deux couleuvres fées, roman chinois (1834)
  • Tchao-chikou-eul, ou l'Orphelin de la Chine, drame en prose et en vers, accompagné des pièces historiques qui en ont fourni le sujet, de nouvelles et de poésies chinoises (1834)
  • Thaï-chang. Le livre des récompenses et des peines, en français, accompagné de quatre cents légendes (1835)
  • Résumé des principaux traités chinois sur la culture des mûriers et l'éducation des vers à soie (1837)
  • Examen critique de quelques pages de chinois relatives à l'Inde, traduites par M. G. Pauthier, accompagné de discussions grammaticales sur certaines règles de position qui, en chinois, jouent le même rôle que les inflexions dans les autres langues, par M. Stanislas Julien (1841)
  • Exercices pratiques d'analyse, de syntaxe et de lexicographie chinoise (1842)
  • Le Livre de la voie et de la vertu, composé dans le VIe siècle avant l'ère chrétienne, par le philosophe Lao-Tseu, traduit en français et publié avec le texte chinois et un commentaire perpétuel (1842)
  • Notices sur les pays et les peuples étrangers, tirées des géographes et des historiens chinois (1846)
  • Concordance sino-sanskrite de titres d'ouvrages bouddhiques dans un catalogue chinois de 1306 (1849)
  • Voyages des pèlerins bouddhistes. I. Huili (慧立) et Yancong (彥悰) (trad. Stanislas Julien), Histoire de la vie de Hiouen-Thsang et de ses voyages dans l'Inde : depuis l'an 629 jusqu'en 645, par Hoeï-Li et Yen-Thsang, Paris, Benjamin Duprat,‎ (OCLC 4122037, lire en ligne)
  • Histoire et fabrication de la porcelaine chinoise (1856)[8]
  • Voyages des pèlerins bouddhistes. II et III. Mémoires sur les contrées occidentales, traduits du sanscrit en chinois par Hiouen-Thsang (Xuan Zang), en l'an 648 (2 volumes, 1857-1858)
  • Les Avadânas, contes et apologues indiens inconnus jusqu'à ce jour, suivis de fables, de poésies et de nouvelles chinoises (3 volumes, 1859)
  • Réponse mesurée de M. Stanislas Julien à un libelle injurieux de M. Reinaud (1859)[9]
  • Contes et apologues indiens inconnus jusqu'à ce jour (2 volumes, 1860)
  • P'ing-chan-ling-yen. Les Deux Jeunes Filles lettrées, roman chinois, Paris, librairie académique Didier et Cie, 1860, 2 tomes[10]
Histoire et fabrication de la porcelaine chinoise de Stanislas Julien (1856)
  • Nouvelles chinoises : la Mort de Tong-Tcho ; le Portrait de famille ou la peinture mystérieuse ; les Deux frères de sexe différent (1860)
  • Méthode pour déchiffrer et transcrire les noms sanscrits qui se rencontrent dans les livres chinois, à l'aide de règles, d'exercices et d'un répertoire de onze cents caractères chinois idéographiques employés alphabétiquement, inventée et démontrée par M. Stanislas Julien (1861)
  • Yu kiao li (trad. Stanislas Julien), Les deux cousines, Paris, librairie académique Didier et Cie,
  • Documents historiques sur les Tou-kioue (Turcs) (1864)
  • Thsien-tseu-wen. Le Livre des mille mots, le plus ancien livre élémentaire des chinois publié avec une double traduction et des notes (1864)
  • Industries anciennes et modernes de l'empire chinois, d'après des notices traduites du chinois par M. Stanislas Julien, et accompagnées de notices industrielles et scientifiques par M. Paul Champion (1869)
  • Syntaxe nouvelle de la langue chinoise, fondée sur la position des mots, suivie de deux traités sur les particules et les principaux termes de grammaire, d'une table des idiotismes, de fables, de légendes et d'apologues, traduits mot à mot par M. Stanislas Julien. - Syntaxe nouvelle de la langue chinoise, confirmée par l'analyse d'un texte ancien, suivie d'un petit dictionnaire du roman des deux cousines et de dialogues dramatiques (2 volumes, 1869-1870)
  • Si-siang-ki ou L'histoire du pavillon d'Occident, comédie en seize actes traduite du chinois par Stanislas Julien, Genève : H. Georg, 1872-80[11].
  • San-tseu-king, Le livre de phrases de trois mots en chinois et en français, Genève, H. Georg, libraire éditeur (1873).

Notes et références

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  1. ↑ Archives départementales du Loiret, Registre des naissances de l'an VII, cote 4NUM 234/23., Orléans, Archives numérisées, années 2000, 457 p. (lire en ligne), p. 403
  2. ↑ L'Encyclopedia Britannica de 1911 avance une autre date de naissance, le 13 avril 1797.
  3. ↑ Archives de Paris, Fichier de l'Etat-civil reconstitué de Mariage, cote V3E/M 539, Paris, Archives de Paris numérisées, années 2000, 51 p., p. 45
  4. ↑ Guillaume Pauthier, Réponse à l'examen critique de M.Stanislas Julien, inséré dans le numéro de mai 1841 du Journal asiatique, Paris, imprimerie royale, , 88 p. (lire en ligne)
  5. ↑ « Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 1875 19(4) p.376 », sur persee.fr (consulté le )
  6. ↑ Stanislas Julien (traducteur), Méthode de Carstairs, faussement appelée méthode américaine, traduite de l'anglais par A. S. Julien, sous la direction de l'auteur., Paris, Théjophile Barrois père et Benjamin Duprat, 1829, troisième édition, XXXI, 87 (lire en ligne)
  7. ↑ Stanislas Julien (traducteur), HOEÏ-LAN-KI ou L'Histoire du cercle de craie, Londres, imprimerie Cox père et fils, , XXXII, 149 (lire en ligne)
  8. ↑ Stanislas Julien (Traducteur), Histoire et fabrication de la porcelaine chinoise, Paris, Mallet-Bachelier, imprimeur-éditeur, , 502 p. (lire en ligne)
  9. ↑ Stanislas Julien, Réponse mesurée de M. Stanislas Julien à un libelle injurieux de M.Reinaud, Paris, Sans éditeur, , 20 p. (lire en ligne)
  10. ↑ Stanislas Julien (traducteur), Les Deux Jeunes Filles Lettrées (roman chinois), Paris, Librairie académique Didier et Cie, , tome I, 361 p. ; tome II, 331 p. (lire en ligne)
  11. ↑ Édition posthume par François Turrettini, dans sa revue Atsume Gusa puis séparément.

Liens externes

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