Statue de Hans Egede

statue monumentale à Nuuk, au Groenland

La statue de Hans Egede est un monument situé à Nuuk, capitale du Groenland. Elle représente le missionnaire norvégien Hans Egede qui fonda la ville en 1728. La statue est élevée dans la zone historique du Vieux-Nuuk, sur une petite colline proche du rivage où le missionnaire avait débarqué le , marquant le début de la colonisation danoise[1].

Statue de Hans Egede en 2008.

Controverse

modifier

Symbole colonialiste, la statue a été plusieurs fois la cible de dégradations militantes. Elle a notamment été taguée dans les années 1970, puis en 2012 et 2015[2].

Fin , dans le contexte mondial d'une « décolonisation de l'espace public », deux Inuits maculent la statue de peinture rouge, tandis que le piédestal est marqué de symboles inuits et du mot « Decolonize », et que le bâton porté par Egede est transformé en fouet[2],[1]. Dans une déclaration anonyme, le groupe responsable déclare : « Il est temps que nous arrêtions de célébrer les colonisateurs et que nous commencions à reprendre ce qui nous revient de droit. Il est temps de décoloniser nos esprits et notre pays. Aucun colonisateur ne mérite d'être au sommet d'une montagne comme celle-là »[2].

Une pétition est aussi lancée afin de mettre fin à la « glorification des colonialistes » au Groenland. On lui reproche notamment d'avoir vilipendé les Inuits dans son journal et d'avoir imposé la foi chrétienne sur l'île. Il a ainsi déclaré aux Inuits : « Si fous que vous croyez aux chamans menteurs […] et si vous n’arrêtez pas la sorcellerie, nous finirons par vous tuer et vous éradiquer de la Terre, car Dieu nous a ordonné de le faire. »[3] Plusieurs députés et historiens demandent le retrait de la statue et son transfert dans un musée[3], tandis que d'autres défendent son maintien, faisant valoir que Hans Egede a grandement aidé à sauver de l'extinction la culture groenlandaise ; il a ainsi fait traduire la Bible dans cette langue, après l'avoir apprise. Selon l'historien Thorkild Kjærgaard, ces attaques sont « injustes » : « Son œuvre a permis que le groenlandais soit aujourd'hui la langue officielle du Groenland »[4].

Un référendum en ligne a lieu du 3 au sur la question du maintien de la statue : environ 23 000 des 56 000 habitants du Groenland sont éligibles au vote, la participation est très faible avec seulement 1 521 participants, et plus de 60 % votent en faveur du maintien de la statue[5],[6],[7]. La maire de Nuuk, Charlotte Ludvigsen, entérine la décision des citoyens mais le débat n'est pas clos, comme le montre une pétition appelant à déboulonner la statue de « cet homme qui symbolise le trauma vécu par les Groenlandais »[3]. De même, les autorités groenlandaises décident de ne pas célébrer le 300e anniversaire de l’arrivée d’Egede au Groenland le 3 juillet 1721[8].

Galerie

modifier

Notes et références

modifier
  1. 1 2 Slim Allagui, « Au Groenland aussi les statues tombent », sur Le Figaro, .
  2. 1 2 3 (en) Mariann Enge, « No coloniser deserves to be on top of a mountain », sur Kunstkritikk, .
  3. 1 2 3 Slim Allagui, « La statue du colonisateur Hans Egede déchire les Groenlandais », sur Le Temps, .
  4. Slim Allagui, « Au Groenland aussi les statues tombent », Le Figaro, 4-5 juillet 2020, p. 10 (lire en ligne).
  5. (en) Andreas Mortensen, « Greenland voters want to keep coloniser's vandalised statue », sur Reuters, .
  6. (en) Mikkel Schøler, « Greenland Decides to Keep Egede Statue in Place », sur Over the Circle, .
  7. (da) Christine Hyldal, « Afstemning om Hans Egede er slut: Flertal sømmer statue fast til fjeldtop », sur Kalaallit Nunaata Radioa (radio groenlandaise), .
  8. (en-US) Nordic Editor, « Greenland: Red paint instead of celebrations », sur United Nations Western Europe, (consulté le )

Articles connexes

modifier