Structure d'une céramique japonaise
La structure d'une céramique japonaise est l'agencement des éléments caractéristiques d'un récipient en céramique, dont la terminologie est largement héritée de l'anatomie humaine. Ces composants, tels que la bouche (kuchi), le cou (kubi), l'épaule (kata), le corps (dō) ou le pied (kōdai), possèdent chacune une appellation spécifique utilisée tant par les potiers que par les historiens de l'art. La connaissance de cette terminologie facilite la description des formes, des techniques de fabrication et des décors[1].
Structure de céramiques japonaises
modifierStructure d'une théière (kyusu)
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La terminologie des différentes parties d'une théière japonaise est relativement normalisée. Le corps principal de la théière est appelé dō (胴), tandis que son fond est désigné par le terme soko (底). Le couvercle (futa, 蓋) est généralement muni d'un bouton de préhension, le tsumami (摘み). L'anse, qui permet de saisir la théière, est appelée te (手) ou totte (取っ手), selon sa forme et son usage. Le bec verseur porte le nom de tsugikuchi (注ぎ口). Enfin, les petites attaches situées sur les côtés du corps, servant à fixer certaines anses, sont appelées mimi (耳), littéralement « oreilles »[2.1].
Structure d'une assiette (sara)
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En japonais, le terme générique désignant une assiette ou un plat est sara (皿). Selon leurs dimensions ou leur forme, plusieurs appellations plus précises sont employées. Une petite assiette est appelée kozara (小皿), une assiette de taille moyenne chūsara (中皿) et un grand plat ōzara (大皿). Une assiette plate est désignée par le terme hirazara (平皿), tandis qu'une assiette creuse est appelée fukazara (深皿). Dans le cadre de la cuisine traditionnelle japonaise, certaines assiettes spécialisées portent également des noms spécifiques, comme le mukōzuke (向付), utilisé notamment pour le service des sashimis dans les repas de type kaiseki[2.1].
La terminologie des différentes parties d'une assiette est également relativement standardisée. Le rebord est appelé fuchi (縁), qu'il soit observé de dessus ou de profil. Le fond de la pièce est désigné par le terme soko (底). Enfin, les éventuels pieds, qui surélèvent légèrement l'assiette ou assurent sa stabilité, sont appelés ashi (足). Ces termes sont employés de manière générale pour décrire la morphologie des plats et des assiettes en céramique japonaise[2.1].
Structure d'un bol (chawan)
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La morphologie d'un bol japonais (chawan, 茶碗) est décrite à l'aide d'un vocabulaire technique précis. Le bord de l'ouverture est appelé kōen (口縁), terme qui désigne la lèvre du récipient. La partie principale du bol est nommée dō (胴), ou corps, tandis que la zone où la paroi s'incurve ou s'évase est appelée koshi (腰), littéralement « hanche ». Le bol repose généralement sur un pied annulaire, le kōdai (高台), dont la face interne est désignée par le terme kōdauchi (高台内). Enfin, le centre du fond intérieur du bol est appelé mikomi (見込み). Cette surface, particulièrement visible lorsque le bol est vide, constitue souvent un élément important de la composition décorative ou des effets de glaçure. Cette terminologie est largement employée dans les ouvrages spécialisés afin de décrire avec précision la structure et les caractéristiques des bols en céramique japonaise[2.1].
Structure d'une cruche (katakuchi) et d'un vase
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La morphologie des cruches (katakuchi, 片口) et des vases (tsubo, 壺) est décrite à l'aide d'une terminologie spécifique en céramique japonaise. L'ouverture ou la lèvre du récipient est appelée kuchi (口). Lorsque la pièce est destinée à verser un liquide, elle comporte un tsugikuchi (注ぎ口), c'est-à-dire un bec verseur façonné pour guider l'écoulement. La partie resserrée située sous l'ouverture est désignée par le terme kubi (首), ou col, tandis que la partie renflée de la panse est appelée koshi (腰), littéralement « hanche ». Le corps principal du récipient est nommé dō (胴), et sa partie inférieure kabu (下部). Enfin, le fond ou la base est désigné par le terme soko (底). Les cruches sont généralement munies d'une anse, appelée te (手) ou totte (取っ手), qui facilite leur préhension et le service des liquides. Ce vocabulaire est employé dans les ouvrages spécialisés pour décrire avec précision la structure des récipients en céramique japonaise, qu'il s'agisse de cruches, de bouteilles ou de vases[2.1].
Détails de certains éléments
modifierLes couvercles
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Les couvercles des récipients en céramique japonaise présentent plusieurs formes caractéristiques, décrites par une terminologie spécifique. Le hirabuta (平蓋) est un couvercle plat, tandis que le yamabuta (山蓋) possède un profil bombé ou en dôme. Le otoshibuta (落とし蓋), ou couvercle encastré, est conçu pour s'insérer à l'intérieur de l'ouverture du récipient plutôt que de reposer sur son rebord. Le bouton de préhension, permettant de soulever le couvercle, est appelé tsumami (つまみ). Certaines formes de rebords sont également désignées par des termes spécifiques, comme le kubigata (首型), caractérisé par un profil coudé ou en col facilitant le maintien du couvercle. Enfin, certains schémas techniques emploient des expressions descriptives telles que orimagete tsukuru kimochi (折り曲げて作る気持ち, « réalisé comme si l'on repliait l'argile ») ou tsuchi o hanbun sagete tsukuru kimochi (土を半分下げて作る気持ち, « réalisé comme si l'on abaissait la moitié de l'argile »). Ces expressions ne constituent pas une terminologie normalisée, mais décrivent le procédé de façonnage utilisé pour obtenir certains profils de rebord ou de galerie destinés à recevoir le couvercle[2.1].
Ouverture
modifierL'ouverture d'un récipient est appelée kuchi (口, litt. bouche). Son profil constitue l'un des principaux critères utilisés pour décrire la morphologie d'une céramique.
Le bord extérieur est appelé kuchi-beri (口辺)[3], tandis que la lèvre du récipient est désignée par le terme kōen (口縁)[3],[4].
Certaines formes d'ouverture possèdent une appellation spécifique, notamment :
Corps
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Sous l'ouverture se trouve le kubi (首, litt. cou), qui relie la bouche au corps du récipient.
La partie supérieure du corps est appelée kata (肩, litt. épaule), tandis que la partie principale est désignée par dō (胴, litt. corps).
La zone inférieure du corps, située juste au-dessus du pied, est appelée koshi (腰, litt. hanche).
Certaines céramiques comportent une ou plusieurs anses ou oreilles, appelées mimi (耳, litt. oreilles). Selon leur nombre, on distingue notamment les sōjiko (双耳壺, litt. jarres à deux oreilles), les sanjiko (三耳壺, litt. jarres à trois oreilles) et les shijiko (四耳壺, litt. jarres à quatre oreilles).
Les poignées sont quant à elles désignées par le terme totte (取手).
Intérieur
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Le fond intérieur d'un récipient est appelé mikomi (見込み)[1].
Ce terme désigne soit la totalité de la surface intérieure visible, soit plus spécifiquement sa partie centrale. Avec le pied (kōdai), le mikomi constitue l'un des éléments les plus importants dans l'appréciation esthétique d'une céramique japonaise, en particulier pour les ustensiles destinés à la cérémonie du thé.
Base
modifierLe kōdai (高台, litt. pied), correspond à la partie inférieure sur laquelle repose le récipient. Dans la céramique japonaise, la finition du pied est considérée comme un élément essentiel de l'appréciation d'une œuvre, notamment pour les bols à thé.
On distingue deux grands modes de réalisation :
- le kezuri-kōdai, obtenu par enlèvement de matière après le façonnage ;
- le tsuke-kōdai, constitué d'un pied rapporté puis fixé au corps de la pièce.
Le pied peut également être classé selon sa forme, parmi lesquelles figurent notamment les types wa (anneau), janome (œil de serpent), mikazuki (croissant de lune), wari (fendu), kiri (coupé) et takenofushi (nœud de bambou).
Parmi les variantes les plus connues figure le kiri-kōdai[1], caractéristique de nombreuses productions de céramique Hagi, dont le pied présente une encoche réalisée après le façonnage.
Certaines productions, notamment les porcelaines de Nabeshima, présentent un kushime-kōdai, dont le pied est décoré d'un motif de peigne (kushime).
L'intérieur du pied est appelé kōdai-uchi (高台内), tandis que la face inférieure du récipient est désignée par soko (底). La partie du pied directement en contact avec le support est appelée tatami-tsuke (畳付).
Les poignées (totte)
modifierLes poignées (te ou totte, 手 ou 取っ手) sont classées selon leur mode de fabrication. Les principales techniques comprennent les poignées moulées (kata okoshi no te, 型起こしの手), les poignées modelées (himozukuri no te, 紐作りの手) et les poignées étirées (shigokizukuri no te, しごき作りの手)[2.2].
Voir aussi
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 (en) « Kan-nyu (Crackle) | RESOURCE | KOGEI STANDARD | Online Media for Japanese Crafts », sur KOGEI STANDARD, (consulté le )
- (en) Penny Simpson, Kanji Sodeoka et Lucy Kitto, The Japanese Pottery Handbook, Kodansha International, (ISBN 978-0-87011-373-4, lire en ligne)
- 1 2 (en) « Ceramics Terminology | EN to JP », sur Saori M Stoneware, (consulté le )
- ↑ (en) « 口縁, こうえん, kōen », sur Nihongo Master (consulté le )
