Suillus bellinii
Bolet de Bellini, Bolet blanc marbré
Suillus bellinii, le Bolet de Bellini, est une espèce de champignon (Fungi) basidiomycète du genre Suillus. Il est caractérisé par son pied orné de granules rougeâtres, son chapeau décoloré par plages blanchâtres et sa tendance littorale.
Taxonomie
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Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Suillus bellinii (Inzenga) Kuntze, 1967[1].
L'espèce a été initialement classée dans le genre Boletus sous le basionyme Boletus bellinii Inzenga, 1869[1].
Synonymes
modifierÉtymologie
modifierNommé en hommage à Vincenzo Bellini (1801 - 1835), un très célèbre compositeur d'opéra italien.
Noms vulgaires et vernaculaires
modifierCe taxon porte en français les noms vernaculaires ou normalisés suivants : bolet de Bellini[2], Bolet blanc marbré[3].
Il porte aussi le nom vernaculaire populaire de "Pissacan", du Provençal Pissa-can, signifiant une plante ou un champignon sur lequel les chiens urinent, en réfèrence à l'aspect gluant et à la comestibilité médiocre de cette espèce (et des espèces proches). Ce terme est souvent utilisé de façon vague et inexacte, il est aussi utilisé pour faire réfèrence à n'importe quel Suillus de la section Granulati (S. granulatus, S. collinitus, S. bellinii, S. mediterraneensis), ou encore à n'importe quelle espèce du genre Suillus, c'est-à-dire la plupart des bolets à l'aspect gluant et flasque. Néanmoins, il s'agit du nom sous lequel cette espèce et ses proches sont recherchés dans le Sud de la France à des fins de consommation.
Description du sporophore
modifierLes bolets sont des champignons dont l’hyménophore, constitué de tubes et terminés par des pores, se sépare facilement de la chair du chapeau. Ce chapeau d'abord rond, recouvert d'une cuticule, devient convexe à mesure qu’il vieillit. Ils ont un pied (stipe) central assez épais et une chair compacte. Les caractéristiques morphologiques de S. bellinii sont les suivantes :
Son chapeau mesure 4 à 12 cm, d'abord sphérique-hémisphérique puis étalé[4], il est très visqueux, d'abord blanc, ivoire, puis marbré de brun, taché bariolé de brun roux[5] et enfin de châtain, envahi par du brun jaune, brun brunâtre, voire avec des nuances olive, mais presque toujours avec des zones plus claires, voire blanchâtres, gardant longtemps le bord blanc[6], d'allure "sale" et "mal essuyé"[7]. La cuticule est facile à détacher et la marge est épaisse, excédentaire, régulière, d'abord enroulée, puis arrondie[6].
L'hyménophore présente des tubes d'abord blanchâtre à crème puis jaune crème à jaunâtre olivâtre puis enfin verdâtre brunâtre, ils sont assez courts, adnés ou un peu décurrents[5]. Les pores sont fins à moyens, jusqu'à 1mm, concolores aux tubes, blanc crème, puis jaunâtre verdâtre, ocracé avec des taches rousses aux endroits où les pleurs ont séché[7], car les sporophores immatures exsudent des gouttes opalescentes rougeâtres, qui deviennent ensuite brunâtres[6].
Son stipe mesure 3 à 8 cm x 0,5 à 3 cm, il est court[8], cylindrique, courbé et pointu à la base[4], plus large dans sa partie supérieure, crème à sommet jaune, avec d'abondantes granulations grandes et allongées d'abord rose vineux, rouge, puis rouge brique[5], brun-rouge[7] à brun pourpre roussâtre[4].
La chair est crème, blanc-jaunâtre, jaune dans le haut du pied, jaune citron sous les tubes, vineuse sous la cuticule, parfois légèrement orangée à la base du stipe[6]. Sa saveur est douce et son odeur est faible, douce, fruitée, un peu de Cèpe[7]. Le mycélium basal est blanchâtre[6].
Caractéristiques microscopiques
modifierSes spores mesurent 7,5 à 0,5 (12) x 3 à 5 µm, elles sont elliptiques-fusoïdes[7]. Les cystides mesurent 45 à 60 x 6,5 à 10 μm, elles sont claviformes, fasciculées, avec un contenu granuleux dense de couleur jaunâtre et avec des incrustations épaisses. Les caulocystides mesurent 50 à 70 x 6 à 7 μm, elles sont fasciculées, claviformes, avec le même contenu granuleux. L’épicutis est gélifié, de type ixotrichoderme, avec des hyphes entrelacées, minces, cylindriques, cloisonnées, sans boucles, avec des articles terminaux cylindriques, allongés, couchés, certains relevés, à l'apex arrondi, de calibre 40 à 105 x 4 à 8 μm, Q = 12,5–20, avec de fines incrustations granuleuses, pigmentées d'ocre brun[9].
Galerie
modifierVariétés et formes
modifier- Suillus bellinii var. luteus est une forme au chapeau entièrement jaunâtre[8].
Habitat et distribution
modifierIl s'agit un champignon ectomycorhizien, thermophile[9], venant surtout solitaire ou en groupes dans des zones éclaircies[4] en automne et en hiver sous les Pins à deux aiguilles, en particulier le Pin d'Alep (P. halepensis), le Pin parasol (P. pinea), le Pin maritime (P. pinaster) et plus rarement[9] sous le Pin de Monterey (P. radiata)[8], plutôt sur sol calcaire sableux[6] dans les régions chaudes, sur le littoral méditerranéen et atlantique[10],[7].
Comestibilité
modifierEn Provence, le Bolet de Bellini est très recherché, comme les autres bolets du même groupe (S. granulatus, S.collinitus, S. mediterraneensis), sous le nom de "pissacans". Bien que le Bolet de Bellini semble être l'un des meilleurs et des moins laxatifs des Suillus[7], il faut néanmoins le consommer avec modération
. Le genre Suillus ne comprend que des espèces comestibles qui varient à la fois en termes de prévalence et de pertinence pour la consommation alimentaire, et en termes de fréquence à laquelle elles peuvent provoquer des troubles gastro-intestinaux chez les consommateurs. Des effets laxatifs peuvent se produire chez des individus prédisposés ou à la suite d'une consommation importante, parfois à la limite d'une véritable intoxication gastro-intestinale. Cet effet laxatif semble plus prévalent chez les espèces de Suillus de la section Granulati, dont S. bellinii fait partie. Il est plus au moins laxatif selon la tolérance individuelle, la quantité consommée et le degré de maturité des spécimens consommés. Pour cela il est préconisé de ne cueillir que des jeunes spécimens, de retirer le pied fibreux, de peler la cuticule et de consommer une quantité modeste la première fois pour évaluer sa propre tolérance aux effets laxatifs[11].
Confusions possibles
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Le Bolet méditerranéen (Suillus mediterraneensis) au marbrures jaunes, mycélium rose et chair plus jaune.
Le Bolet méditerranéen (Suillus mediterraneensis), qui a un chapeau dont les marbrures et les décolorations se développent plutôt en jaune ou jaune orangé, sa chair est plus jaune, ses granules ne sont pas ou beaucoup moins rougeâtres et son mycélium est rosé[7]. Comestible jeune, bien cuit, en quantité limitée, après évaluation de sa tolérance aux effets laxatifs.
Le Bolet ivoire (Suillus placidus), qui a aussi un chapeau blanchâtre, mais il est plus élancé et pousse sous les pins à cinq aiguilles. Sans intérêt alimentaire jeune, bien cuit.
Le Bolet livide (Gyrodon lividus), qui a le chapeau beige à brun informe, un hyménophore décurrent jaune dès le début, une chair nettement bleuissante et qui vient sous les Aulnes. Sans intérêt alimentaire
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Guillaume Eyssartier & Pierre Roux : Guide des champignons – France et Europe – 4ᵉ édition, Belin, 2017.
- Régis Courtecuisse & Bernard Duhem : Champignons de France et d'Europe, Delachaux, 2013.
- Thomas Læssøe & Jens H. Petersen : Les champignons d’Europe tempérée, volume 1 et 2, Biotope, 2020.
- Jean-Claude Gerber & Nicolas Schwab : Champignons, guide de terrain : 2ᵉ édition revue et augmentée, Rossolis, 2023.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) Catalogue of Life : Suillus bellinii (Inzenga) Kuntze (consulté le )
- (fr + en) EOL : Suillus bellinii (Inzenga) Kuntze 1898 (consulté le )
- (en) Index Fungorum : Suillus bellinii (Inzenga) Kuntze (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Suillus bellinii (Inzenga) Kuntze (consulté le )
- (en) IRMNG : Suillus bellinii (Inzenga) Watling, 1967 (consulté le )
- (en) MycoBank : Suillus bellinii (Inzenga) Kuntze (consulté le )
- (en) NCBI : Suillus bellinii (taxons inclus) (consulté le )
- (en) OEPP : Suillus bellinii (Inzenga) Watling (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Suillus bellinii (Inzenga) Watling (1967) (consulté le )
Notes et références
modifier- 1 2 3 V. Robert, G. Stegehuis and J. Stalpers. 2005. The MycoBank engine and related databases. https://www.mycobank.org/, consulté le .
- ↑ Base de données mondiale de l'OEPP, https://gd.eppo.int, consulté le .
- ↑ UICN Comité Francais, « La Liste rouge des espèces menacées en France » [PDF], sur uicn.fr, (consulté le )
- 1 2 3 4 « Description SUILLUS BELLINII », sur fungi.fr (consulté le )
- 1 2 3 Patrice TANCHAUD, « Suillus bellinii »
[PDF], sur mycocharentes.fr, - 1 2 3 4 5 6 « Bot Verification », sur www.avelinosetas.info (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Guillaume Eyssartier & Pierre Roux, Guide des champignons – France et Europe – 4ᵉ édition, Belin, 2017.
- 1 2 3 « S. bellinii « boletales.com », sur boletales.com (consulté le )
- 1 2 3 (es) jose-micologica, « Suillus bellinii », sur Sociedad Micológica Barakaldo, (consulté le )
- ↑ « MycoDB : Fiche de Suillus bellinii », sur www.mycodb.fr (consulté le )
- ↑ (it) Nicola Sitta, Paolo Davoli, Marco Floriani, Edoardo Suriano, « GUIDA RAGIONATA ALLA COMMESTIBILITÀ DEI FUNGHI »
[PDF], sur regione.piemonte.it,

