Syndicalisme en Hongrie
Le syndicalisme en Hongrie (hongrois : magyarországi szakszervezeti mozgalom) apparaît au XIXe siècle dans le contexte de l'industrialisation du pays et de la formation progressive d'une classe ouvrière. Ses premières organisations sont issues des sociétés de compagnons et des sociétés de secours mutuel, avant que ne se constituent, à partir des années 1860, des syndicats professionnels modernes.
Étroitement associé à la social-démocratie jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, le mouvement syndical hongrois est profondément transformé après 1945 : progressivement intégré au système politique communiste, il perd l'essentiel de son autonomie pour devenir l'une des organisations de masse du régime. À partir des années 1980, la crise du système socialiste favorise toutefois le retour de revendications d'autonomie et, à la veille de la transition démocratique, l'apparition d'un pluralisme syndical[1].
Histoire
modifierOrigines du mouvement syndical
modifierLa genèse de l'action collective des travailleurs en Hongrie
modifierL'action collective des travailleurs en Hongrie est antérieure à l'apparition du syndicalisme moderne. Sous le régime corporatif, les compagnons (legények) disposent de leurs propres associations, placées sous la surveillance des maîtres mais permettant aux travailleurs de discuter de leurs conditions de travail. Elles peuvent notamment organiser le boycott de certains maîtres et, malgré l'interdiction des coalitions salariales, les compagnons recourent ponctuellement au refus collectif du travail afin d'obtenir de meilleures rémunérations[2].
Des conflits collectifs sont attestés dès la fin du Moyen Âge dans les mines du royaume de Hongrie. Samu Jászai mentionne notamment l'organisation des mineurs de sel du Máramaros en 1435 : une ordonnance royale du 18 octobre interdit alors leurs assemblées, appelées tur, sous peine de sanctions particulièrement sévères. Malgré cette interdiction, les mineurs obtiennent une augmentation de leur rémunération. Une nouvelle grève de grande ampleur éclate dans la région en 1492 et interrompt l'extraction pendant plusieurs mois.
En 1525-1526, le soulèvement des mineurs de Besztercebánya oppose les ouvriers des mines, le patriciat des villes minières de Haute-Hongrie, les propriétaires des exploitations et la puissante compagnie Fugger associée aux Thurzó. En 1551, un conflit opposant les mineurs du Máramaros à l'administration des mines aboutit à un accord garantissant l'impunité des grévistes, le remboursement de retenues injustifiées et la définition de certains droits des travailleurs. D'autres conflits sont attestés chez les orfèvres de Kolozsvár en 1573 et les compagnons passementiers de Kassa en 1625[2].
Ces mouvements ne constituent toutefois pas encore un mouvement syndical au sens moderne. Celui-ci est lié à la transformation du salariat et au développement industriel du XIXe siècle. Les tensions augmentent au sein des corporations à mesure que les possibilités pour les compagnons de devenir eux-mêmes maîtres se réduisent. Parallèlement apparaissent des sociétés de secours mutuel, qui préfigurent certaines des fonctions ultérieurement assumées par les syndicats[2].
Des sociétés de compagnons aux premières organisations ouvrières
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Les origines du mouvement syndical hongrois remontent, en tant que telles, aux dernières décennies du système corporatif. Dès les années 1830, les rapports entre maîtres, compagnons et apprentis se tendent à l'intérieur des corporations. Malgré les interdictions prévues par les règlements corporatifs, des compagnons commencent à constituer leurs propres associations. Les premières formes organisées de solidarité ouvrière prennent notamment la forme de sociétés de secours aux malades, auxquelles participent également des employeurs ainsi que les Églises catholique et protestantes[1].
La Révolution hongroise de 1848 accélère ce processus. Après le 15 mars 1848, les mouvements revendicatifs portant sur les salaires et les conditions de travail et de logement se multiplient à Pest et dans plusieurs régions industrielles. Le personnel des cafés de Pest et de Buda présente un programme en trente points comprenant notamment l'amélioration du logement et de l'alimentation, l'établissement de périodes de repos et l'octroi d'un jour de repos hebdomadaire. Des mouvements touchent ensuite les meuniers, tailleurs, cordonniers, paveurs, serruriers et ouvriers des brasseries. Les employés du commerce demandent quant à eux que le repos dominical commence à 10 heures afin de disposer d'une journée consacrée notamment à leur formation et à la discussion de leurs intérêts communs[2]. Les terrassiers obtiennent une augmentation de leur rémunération à la tâche, tandis que les compagnons forgerons réclament une réduction de la journée de travail. Les serruriers formulent des revendications similaires[2].
Le 17 avril, des élèves de l'école de dessin industriel présentent à une assemblée populaire un programme particulièrement développé : abolition des corporations, liberté d'établissement et de contrat, limitation légale du temps de travail afin de permettre la formation intellectuelle des travailleurs, fixation d'une rémunération convenable, établissement d'un délai de préavis, suppression des retenues salariales injustifiées et participation des compagnons à l'administration des institutions de formation et de prévoyance[2].
Les mineurs participent également aux mouvements de 1848. Dans les régions minières de Haute-Hongrie, ils réclament notamment l'augmentation des salaires, le paiement tous les quinze jours, la réforme des caisses de secours minières et, dans certains cas, l'élection de leurs supérieurs. Certains projets vont jusqu'à proposer la gestion des mines par les travailleurs eux-mêmes[2].
Les imprimeurs occupent cependant une place particulière dans cette première phase du mouvement ouvrier. Groupe professionnel relativement instruit, ils développent les formes d'organisation les plus proches du syndicalisme moderne, notamment un système de représentants ouvriers (bizalmi-férfi rendszer)[1]. Le 30 avril 1848, ils adressent au gouvernement une pétition revendiquant le droit de négocier avec leurs employeurs une rémunération appropriée. Le conflit débouche en mai sur l'établissement d'un tarif professionnel négocié, que l'historienne du syndicalisme hongrois Judit Lux présente comme la première convention collective conclue en Hongrie[1],[2].

Le Compromis austro-hongrois de 1867 constitue une étape décisive. Le développement accéléré de l'industrie moderne s'accompagne d'une forte croissance de la population ouvrière : en 1873, Judit Lux estime à environ 360 000 le nombre total d'ouvriers du pays, dont 70 000 ouvriers d'usine ; environ 30 % de ces derniers travaillent à Budapest. Les ouvriers qualifiés originaires d'Autriche, de Bohême et d'Allemagne, de même que les ouvriers hongrois ayant travaillé dans les pays germanophones, contribuent à diffuser en Hongrie les formes d'organisation ouvrière déjà développées en Europe occidentale et centrale[1].
Formation des premiers syndicats
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Les imprimeurs fondent en 1862 ce que Judit Lux présente comme le premier syndicat hongrois. Des associations professionnelles ouvrières (szakegylet) sont ensuite fondées par les cordonniers en 1868, les ouvriers du textile et passementiers en 1871, les métallurgistes en 1877, puis les tailleurs en 1890. Dans le secteur administratif, la Première Association générale hongroise des employés (Első Magyar Általános Tisztviselői Egylet) est fondée en 1869 et l'Association centrale des fonctionnaires royaux hongrois en 1886[1].

L'Association générale des travailleurs (Általános Munkásegylet), créée en 1868 et dirigée par des militants socialistes (notamment Mihály Táncsics), encourage la formation de ces associations professionnelles. En 1871, elle se dote d'une section syndicale regroupant notamment les organisations se déclarant internationalistes ainsi que des représentants des ouvriers sociaux-démocrates des principales entreprises. Judit Lux estime à 7 000 ou 8 000 le nombre de travailleurs représentés dans cette structure[1].
Les premiers syndicats remplissent des fonctions beaucoup plus larges que la seule négociation des conditions de travail. Dans un contexte de protection sociale limitée, ils mettent en place des secours en cas de chômage, de maladie ou d'invalidité ainsi que des aides aux veuves et aux orphelins. Ils développent également une importante activité culturelle et éducative : cours de langues, formation professionnelle, bibliothèques, chorales et activités théâtrales. Les imprimeurs disposent ainsi dès 1866 d'une bibliothèque d'environ 500 volumes[1].
La presse syndicale devient également un instrument essentiel de structuration du mouvement. Le premier journal syndical hongrois, Typographia, est publié par les imprimeurs à partir du . Au début du XXe siècle, plusieurs organisations disposent de publications à fort tirage : en 1904, Építőmunkás, journal des ouvriers du bâtiment, est ainsi tiré à 12 000 exemplaires, tandis que le journal des métallurgistes atteint 11 000 exemplaires[1].
Essor du syndicalisme moderne
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Le développement des organisations est toutefois entravé par les autorités. Un décret pris en mai 1875 sous l'autorité de Kálmán Tisza interdit notamment la constitution d'associations ouvrières explicitement socialistes ou fondées sur la lutte des classes et empêche la création de sections locales permettant la formation de véritables organisations nationales. Le droit d'association des travailleurs n'est essentiellement reconnu que pour des objectifs culturels ou d'assistance[1].
Une nouvelle phase d'expansion commence dans les années 1890 parallèlement au développement de la grande industrie. Entre 1869 et 1890, le nombre d'actifs de l'industrie et des mines passe, selon les chiffres cités par Judit Lux, de 657 000 à 862 000. La croissance des secteurs métallurgique, mécanique et du bâtiment fournit une base sociale nouvelle aux organisations ouvrières[1].
Fondé en 1890, le Parti social-démocrate de Hongrie (Magyarországi Szociáldemokrata Párt, MSZDP) encourage explicitement la constitution de syndicats nationaux et cherche à transformer les anciennes associations professionnelles en organisations modernes chargées à la fois de l'assistance aux travailleurs, de la défense des conditions de travail et de la lutte économique. Les syndicats deviennent membres collectifs du parti. Une relation particulièrement étroite entre mouvement syndical et social-démocratie s'établit alors et demeure une caractéristique majeure du mouvement ouvrier hongrois jusqu'en 1948[1].
Samu Jászai considère les années 1890 comme le point de départ du « mouvement syndical moderne » hongrois. Cette période est marquée par la volonté de dépasser les anciennes associations locales et mutualistes au profit de structures capables d'organiser des mouvements salariaux et des grèves à l'échelle d'une profession[2].
Création du Conseil des syndicats
modifierLa multiplication des organisations professionnelles entraîne la recherche d'une coordination nationale. Une première tentative de création d'un conseil syndical a lieu à Budapest en 1881. Cette structure doit servir à la fois au développement des organisations économiques des travailleurs et de lien entre mouvement économique et mouvement politique. L'imprimeur Samu Jászai joue un rôle important dans cette première tentative[1].
Après plusieurs années de fonctionnement difficile, le mouvement est réorganisé. Le , environ 200 représentants de 28 organisations se réunissent afin de renforcer la coordination syndicale. Ils définissent notamment comme objectifs l'extension de l'organisation syndicale à l'ensemble des professions industrielles, la constitution de syndicats nationaux, l'aide aux chômeurs, l'organisation du placement des travailleurs, la constitution de caisses de résistance destinées notamment aux conflits sociaux, l'établissement de statistiques sur les grèves, le développement de la presse syndicale et la coopération avec les organisations étrangères[1].
Cette réunion aboutit à la constitution du Conseil des syndicats (Szakszervezeti Tanács), considéré comme la première confédération syndicale hongroise durable. Károly Teszársz en devient le président. Le Conseil se donne pour principales tâches de développer les organisations professionnelles, d'organiser les mouvements salariaux et les grèves, de diffuser la presse ouvrière et de contribuer à la formation politique des travailleurs[1].
Les 21 et 22 mai 1899 se tient le premier congrès syndical national. Il rassemble 70 délégués représentant 37 organisations de Budapest et 32 délégués issus de 24 organisations provinciales. Le pays compte alors 126 associations professionnelles. Des organisations importantes existent, outre Budapest, notamment à Arad, Brassó, Debrecen, Eszék, Győr, Kassa, Kolozsvár, Pozsony, Sopron, Szeged, Temesvár, Újpest et Újvidék[1].
Le congrès affirme la nécessité d'étendre les associations professionnelles à l'ensemble du territoire et de renforcer leur coordination. Il préconise également la création de systèmes réguliers d'aide aux travailleurs itinérants, l'organisation du placement et la coopération avec les syndicats étrangers en matière de secours mutuels[2].
Sur le terrain social, les organisations revendiquent notamment l'interdiction du travail industriel avant quatorze ans, une limitation du temps de travail pour les adolescents, l'interdiction du travail de nuit des femmes, une journée maximale de dix heures pour les adultes et un repos hebdomadaire continu de 36 heures[1].
Contournement des restrictions au droit de grève
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Les restrictions légales conduisent le mouvement ouvrier hongrois à développer des formes particulières d'organisation. Les autorités interdisant généralement d'inscrire l'organisation de grèves dans les statuts des associations, les militants mettent en place des caisses de résistance distinctes puis, au début du XXe siècle, des organisations semi-clandestines appelées szabadszervezetek (« organisations libres »)[1].
Ces structures prennent en charge les activités interdites aux syndicats officiellement reconnus, notamment la conduite des mouvements salariaux et des grèves ainsi que la gestion des fonds de résistance. Les cotisations destinées à ces fonds peuvent formellement être versées sous la forme d'abonnements à la presse syndicale. Ce système permet l'existence d'un réseau semi-légal connu des autorités mais difficile à contrôler directement[1].
Femmes et jeunes travailleurs
modifierLa syndicalisation des femmes progresse plus lentement. À la fin du XIXe siècle, les ouvrières sont particulièrement nombreuses dans les industries du tabac, du sucre et du textile. Leur niveau de qualification est généralement inférieur à celui des hommes et leurs rémunérations nettement plus faibles : en 1910, le salaire moyen des ouvrières correspond, selon les données reprises par Lux, à environ la moitié du salaire des métallurgistes appartenant pourtant à la catégorie masculine la moins rémunérée[1].
En 1905, 3 014 femmes sont syndiquées sur un total de 71 173 travailleurs organisés. Les imprimeurs comptent à eux seuls 1 020 adhérentes. Les militantes développent parallèlement leurs propres structures, notamment autour du journal Nőmunkás. Une conférence nationale des ouvrières est organisée en 1905 et crée un réseau de représentantes locales[1].
La Première Guerre mondiale provoque une forte progression de la présence féminine dans l'industrie et dans les syndicats. Le nombre de femmes syndiquées augmente de 24 % entre 1915 et 1916 puis de 487 % entre 1916 et 1917. En 1918, le Parti social-démocrate appelle officiellement les organisations ouvrières à renforcer la syndicalisation et la formation socialiste des femmes et des jeunes travailleurs[1].
Première Guerre mondiale et révolutions
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La Première Guerre mondiale transforme profondément le mouvement ouvrier hongrois. La mobilisation, la militarisation de l'économie, les pénuries et l'inflation détériorent fortement les conditions de vie, tandis que l'entrée massive des femmes dans les usines modifie la composition de la population salariée[1].
À la fin du conflit, les syndicats prennent une place croissante dans la crise politique qui conduit à la Révolution des Asters de 1918 puis à la République des conseils de Hongrie en 1919. L'importance politique acquise par les organisations ouvrières est telle que des responsables syndicaux participent directement à l'exercice du pouvoir. Cette implication marque durablement les rapports entre syndicalisme et pouvoir politique au cours de l'entre-deux-guerres[1].
Sous le régime de Horthy
modifierLa chute de la République des conseils et l'établissement du régime de Miklós Horthy ouvrent une période de répression du mouvement ouvrier. Les syndicats doivent reconstruire leurs structures dans un environnement politique hostile. Le mouvement reste étroitement associé au Parti social-démocrate et cherche progressivement un compromis lui permettant de maintenir une activité légale[1].
Pacte Bethlen-Peyer
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Cette politique aboutit au pacte Bethlen-Peyer. Face aux tensions sociales et à la reprise des conflits du travail, le gouvernement d'István Bethlen s'oriente en 1921 vers une normalisation partielle de ses relations avec la social-démocratie. Le Conseil des syndicats réunit le un congrès extraordinaire consacré notamment au droit d'association et au droit de grève et transmet ses revendications au gouvernement[1].

Le compromis conclu entre Bethlen et le dirigeant social-démocrate Károly Peyer permet au mouvement social-démocrate et syndical de conserver une existence légale, au prix d'une limitation de son champ d'action. Il contribue ainsi à fixer le cadre dans lequel évolue le syndicalisme hongrois pendant une grande partie de l'entre-deux-guerres[1].
Les syndicats développent parallèlement leur action dans les institutions sociales et politiques. Des responsables syndicaux siègent dans les organismes d'assurance sociale, au Parlement et dans les assemblées municipales. À Budapest, entre 1925 et 1930, environ 60 % des 54 membres du groupe social-démocrate de l'assemblée municipale sont des responsables syndicaux[1].
Grande Dépression
modifierLe chômage constitue déjà un problème majeur durant les années 1920. En février 1922, 11 878 travailleurs syndiqués sont au chômage à Budapest et 6 334 en province, soit un taux d'environ 12 % parmi les travailleurs organisés[1].
La Grande Dépression radicalise les revendications. Les syndicats organisent des rassemblements de chômeurs et soutiennent des manifestations réclamant « du travail et du pain » (Munkát! Kenyeret!). Le , une manifestation organisée à Budapest rassemble, selon Judit Lux, environ 100 000 personnes. Elle est dispersée par la police et la gendarmerie ; plusieurs centaines de personnes sont blessées et un ouvrier du bâtiment au chômage, János Darnyik, est tué[1].
Le Conseil des syndicats convoque en février 1931 un congrès extraordinaire consacré au chômage et à la protection des travailleurs. Les organisations syndicales dénoncent la détérioration des conditions de vie tout en cherchant à éviter les actions susceptibles d'entraîner une nouvelle vague de répression gouvernementale[1].
Seconde Guerre mondiale
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Au cours des années 1930 et du début des années 1940, la radicalisation autoritaire du régime et la guerre réduisent progressivement la marge de manœuvre du mouvement syndical. Les organisations cherchent à préserver leur existence légale tout en maintenant leurs activités de défense des travailleurs. L'entrée de la Hongrie dans la Seconde Guerre mondiale et la militarisation croissante de la société renforcent encore ces contraintes[1].
Dans les dernières années de la guerre, une partie du mouvement syndical participe aux tentatives de rapprochement entre les différentes forces antifascistes. L'effondrement du régime en 1944-1945 permet une reconstitution rapide des organisations ouvrières[1].
De 1945 à l'établissement du régime communiste
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Après la guerre, les syndicats se reconstituent rapidement et un nouveau Conseil des syndicats est créé en 1945. Le mouvement dispose initialement d'une importante capacité d'action dans les entreprises. Les structures de base conservent notamment un système de délégués élus assurant la liaison entre les salariés, les directions d'entreprise et les organisations syndicales[1].
Cette reconstruction s'accompagne cependant d'une transformation profonde de la structure syndicale. Les nouvelles organisations tendent à être constituées du sommet vers la base ; dans certains secteurs, les responsables sont nommés plutôt qu'élus. Des secrétariats territoriaux sont créés dans les comitats et les districts tandis que l'appareil central du Conseil des syndicats se développe considérablement[1].
La compétition entre communistes et sociaux-démocrates se répercute rapidement dans les syndicats. Le Parti communiste hongrois (Magyar Kommunista Párt, MKP) cherche à renforcer systématiquement ses positions dans leurs directions. Lux cite notamment des instructions internes demandant que les communistes deviennent majoritaires parmi certains délégués aux congrès syndicaux[1].
Cette évolution conduit progressivement à la subordination des syndicats au nouveau pouvoir politique. Leur participation directe à l'exercice du pouvoir et aux nouvelles institutions économiques tend à reléguer au second plan leur fonction traditionnelle de défense autonome des salariés[1].
Après la fusion du Parti communiste et du Parti social-démocrate en 1948 (création du Parti hongrois des travailleurs (Magyar Dolgozók Pártja, MDP)), la transformation s'accélère. Le XVIIe congrès syndical, organisé du 17 au 20 octobre 1948, affirme la nécessité de passer à une organisation par branches industrielles et de développer le travail syndical sous le contrôle et la direction des organisations du parti[1].
Les syndicats sous le régime communiste
modifierIntégration au système politique
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À partir de la fin des années 1940, le mouvement syndical cesse de fonctionner comme une organisation indépendante opposant les intérêts des salariés à ceux des employeurs et de l'État. Dans l'économie nationalisée, le pouvoir communiste considère que les contradictions fondamentales entre travailleurs et employeurs ont disparu. Les syndicats doivent dès lors participer à la réalisation des objectifs économiques fixés par le parti[1].
Leur mission est définie de manière contradictoire. Ils restent officiellement chargés de défendre les travailleurs mais doivent simultanément diffuser la politique économique et politique du parti, mobiliser les salariés en faveur de l'accroissement de la production et renforcer la discipline du travail. Cette conception correspond à la fonction de « courroie de transmission » (hajtószíj) entre le parti et les travailleurs, expression qui devient centrale dans l'analyse du syndicalisme de la période communiste[1].
Le processus s'accompagne d'une centralisation poussée. Les organisations professionnelles traditionnelles sont remplacées ou regroupées dans de grandes structures de branche. Les instances centrales disposent d'un pouvoir croissant sur les organisations locales, tandis que l'autonomie des syndicats à l'égard du parti se réduit fortement[1].
Les organisations syndicales conservent néanmoins des fonctions sociales considérables. Elles interviennent dans la distribution d'avantages sociaux, les vacances, la culture, les loisirs et certains aspects de la protection sociale. Dans les entreprises, les représentants syndicaux peuvent également intervenir de manière informelle en faveur des salariés. Lux décrit cette situation comme une défense des intérêts exercée en partie à un niveau « invisible », sans remise en cause publique de la politique économique du régime[1].
Révolution de 1956
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La révolution hongroise de 1956 provoque une remise en cause brutale de ce modèle. Après le début de l'insurrection le , les structures syndicales officielles sont elles-mêmes gagnées par le mouvement de réforme. Le , le Conseil national des syndicats (Szakszervezetek Országos Tanácsa, SZOT) est dissous et remplacé par un comité provisoire de la Fédération nationale des syndicats libres hongrois (Magyar Szabad Szakszervezetek Országos Szövetsége)[1].
La nouvelle direction comprend à la fois d'anciens responsables syndicaux jusque-là écartés ou emprisonnés et de nouveaux dirigeants issus de la révolution. Elle affirme que la défense des intérêts des travailleurs constitue la fonction première des syndicats, proclame leur indépendance à l'égard des partis politiques et décide de quitter la Fédération syndicale mondiale. Les syndicats soutiennent le gouvernement d'Imre Nagy et assouplissent leur organisation par branches. Parallèlement, les conseils ouvriers deviennent des acteurs majeurs dans les entreprises et posent directement la question de l'autogestion ouvrière[1].
Après l'écrasement de l'insurrection, ces tentatives sont progressivement abandonnées. En décembre 1956, la direction syndicale commence à prendre ses distances avec les conseils ouvriers. Après la dissolution du Conseil central ouvrier du Grand Budapest et l'arrestation de plusieurs de ses représentants, le projet d'autogestion disparaît rapidement. Dès janvier 1957, les tentatives de refondation syndicale sont abandonnées et le mouvement revient à la fonction de « courroie de transmission »[1].
Époque de Kádár
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Sous le régime de János Kádár, les syndicats demeurent intégrés au système politique, mais leur rôle évolue avec les transformations économiques et sociales du pays. Ils continuent à exercer une double fonction : participer à la réalisation de la politique économique de l'État tout en assurant, dans les limites définies par le régime, une représentation des intérêts matériels et sociaux des salariés[1].

Cette « double fonction » (kettős funkció) devient progressivement l'une des caractéristiques du syndicalisme hongrois. Les organisations ne sont donc ni entièrement autonomes ni de simples administrations. Dans les entreprises et les branches professionnelles, elles peuvent négocier certains intérêts concrets, intervenir sur les conditions de travail et prendre en charge une part importante des activités sociales, culturelles et de loisirs[1].
À mesure que le système économique se réforme, des divergences apparaissent entre les intérêts des différentes professions et branches. Les organisations de mineurs, de métallurgistes, de cheminots ou du secteur de la santé formulent ainsi des revendications sectorielles de plus en plus explicites. Cette évolution contribue à fragiliser progressivement la conception d'un mouvement syndical unifié représentant une classe ouvrière supposée homogène[1].
Le XXVe congrès syndical de 1986 reste néanmoins largement inscrit dans la continuité : les orientations du parti sont de nouveau reprises dans les résolutions et la revendication d'autonomie syndicale ne remet pas encore en cause le principe de la double fonction[1].
Transition démocratique et pluralisme syndical
modifierPluralisation du mouvement syndical
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La crise économique et sociale de la seconde moitié des années 1980 accélère la transformation du mouvement. La hausse des prix, la baisse des salaires réels, la dévalorisation des pensions et la diminution de la sécurité de l'emploi accroissent les tensions entre la politique gouvernementale et les attentes des salariés. Dans ce contexte, la structure syndicale monopolistique organisée autour du SZOT commence à se désagréger[1].
Une prise de position du SZOT du sur le programme de redressement économique et social manifeste déjà une divergence croissante entre les organisations syndicales et les orientations définies par l'État et le parti. La revendication d'une autonomie réelle et d'une véritable fonction de défense des salariés s'affirme progressivement[1].
Parallèlement apparaissent des syndicats indépendants du SZOT. Le processus aboutit, pendant la transition démocratique de 1989-1990, à l'établissement d'un véritable pluralisme syndical. Les anciennes organisations elles-mêmes se transforment : elles abandonnent progressivement le centralisme, se constituent en fédérations et renouvellent une partie de leurs directions[1].
La diversification du mouvement commence cependant avant même la disparition du régime communiste. Le 20 septembre 1989 est constitué le Regroupement syndical des intellectuels (Értelmiségi Szakszervezeti Tömörülés, ÉSZT), principalement implanté parmi les salariés de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Les 2 et , le XXVIe congrès des syndicats hongrois, réunissant 1 104 délégués disposant du droit de vote, fonde la Confédération nationale des syndicats hongrois (Magyar Szakszervezetek Országos Szövetsége, MSZOSZ). Elle regroupe une partie importante des grandes fédérations professionnelles héritières des syndicats de branche de la période communiste[1].
Les organisations de fonctionnaires et de salariés des services publics qui ne rejoignent pas la MSZOSZ fondent le le Forum de coopération syndicale (Szakszervezetek Együttműködési Fóruma, SZEF). Celui-ci rassemble notamment des syndicats des secteurs de la santé, du social, de la culture, des sciences et des services publics[1].
Parallèlement apparaissent des organisations revendiquant une rupture plus nette avec les structures syndicales de l'ancien régime. La Ligue démocratique des syndicats indépendants (Független Szakszervezetek Demokratikus Ligája, LIGA) se constitue autour de syndicats indépendants apparus à la fin des années 1980. La Confédération nationale des conseils ouvriers (Munkástanácsok Országos Szövetsége, MOSZ), fondée en 1990, se réclame quant à elle de l'héritage des conseils ouvriers de 1956[1].
Le système issu de la transition se caractérise ainsi par la coexistence de plusieurs confédérations concurrentes, rompant avec le monopole organisationnel qui avait caractérisé la période communiste.
Libéralisation économique des années 1990 et adaptation à l'économie de marché
modifierLe passage à l'économie de marché, les privatisations et la restructuration des anciennes entreprises publiques modifient profondément les bases sociales et institutionnelles du syndicalisme. Les organisations doivent s'adapter à l'apparition du chômage, à la multiplication des employeurs privés et à la disparition progressive des fonctions sociales et administratives qu'elles exerçaient dans les entreprises sous le régime communiste[1].
Le Code du travail adopté en 1992 par le gouvernement Antall établit un système dans lequel syndicats et comités d'entreprise coexistent au sein des entreprises : les premiers exercent principalement la représentation collective et la négociation, tandis que les seconds assurent la participation des salariés à la vie de l'entreprise[3].
La concertation sociale se développe également à l'échelle nationale. Pendant une grande partie de la période suivant la transition, le Conseil national de conciliation des intérêts (Országos Érdekegyeztető Tanács, OÉT) constitue le principal cadre tripartite réunissant gouvernement, organisations patronales et confédérations syndicales. Il intervient notamment dans les négociations sur le salaire minimum et les recommandations salariales et permet la consultation des partenaires sociaux sur différentes questions économiques et sociales[4].
À partir de 2004 sont également institués par le gouvernement Medgyessy des comités sectoriels de dialogue social (Ágazati Párbeszéd Bizottságok, ÁPB), destinés à développer la concertation entre organisations syndicales et patronales au niveau des branches professionnelles. Selon Eurofound, ces organismes existent dans 24 secteurs ou sous-secteurs, mais la négociation collective demeure principalement organisée au niveau des entreprises[4].
L'adhésion de la Hongrie à l'Union européenne en 2004 contribue parallèlement à l'insertion des syndicats hongrois dans les structures européennes de représentation des travailleurs.
Recomposition des confédérations et recul de la syndicalisation
modifierLa fragmentation héritée de la transition conduit progressivement à des tentatives de rapprochement. Au début des années 2010, la MSZOSZ, la Confédération des syndicats autonomes et le SZEF engagent un processus visant à créer une structure commune.
Ce rapprochement conduit à la constitution de la Confédération des syndicats hongrois (Magyar Szakszervezeti Szövetség, MaSZSZ). En 2015, la MSZOSZ et la Confédération des syndicats autonomes fusionnent avec la nouvelle confédération.
Le paysage syndical demeure toutefois pluraliste. Aux côtés de la MaSZSZ continuent notamment d'exister la LIGA, la Confédération nationale des conseils ouvriers (MOSZ), le Forum de coopération syndicale (SZEF) et le Regroupement syndical des intellectuels (ÉSZT). Des fédérations professionnelles historiques conservent parallèlement une existence propre, parmi lesquelles la Fédération syndicale Vasas (Vasas Szakszervezeti Szövetség), héritière du syndicalisme des ouvriers de la métallurgie.
La transformation de l'économie s'accompagne d'une forte diminution de la syndicalisation. Ce phénomène est commun à la plupart des anciens pays socialistes d'Europe centrale et orientale, où l'effondrement du système d'affiliation caractéristique de l'économie planifiée entraîne une diminution particulièrement rapide des effectifs syndicaux[5].
D'après la base de données OCDE/AIAS ICTWSS, le taux de syndicalisation atteint 7,4 % des salariés en Hongrie en 2020, dernière année disponible pour le pays dans l'édition 2025 de la base. Il est ainsi sensiblement inférieur à la moyenne de l'OCDE, qui se situe autour de 15 % au milieu des années 2020[5].
La négociation collective est elle aussi relativement peu développée. Elle s'effectue principalement au niveau de l'entreprise plutôt qu'au niveau des branches professionnelles. Les accords conclus par plusieurs employeurs ou au niveau sectoriel existent mais occupent une place secondaire dans le système hongrois[6].
Cette faiblesse constitue une caractéristique durable du système contemporain : en 2026, la Commission européenne classe encore le taux de syndicalisation et la couverture de la négociation collective hongrois parmi les plus faibles de l'Union européenne[7].
Transformations des relations professionnelles pendant le régime illibéral de Viktor Orbán
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Le retour au pouvoir du Fidesz de Viktor Orbán en 2010 marque une nouvelle transformation du cadre institutionnel des relations professionnelles dans le cadre de l'avènement du « Système de coopération nationale » (Nemzeti Együttműködés Rendszere, NER), nom officiel donné à l'ordre politico-économique inauguré au début de la nouvelle législature. Le gouvernement supprime l'OÉT, qui constituait jusqu'alors le principal organe de concertation tripartite nationale, et le remplace par de nouvelles structures aux compétences plus limitées[4].
Le cadre juridique est profondément remanié en 2011 et 2012. La loi I de 2012 portant nouveau Code du travail entre en vigueur le [8].
Le nouveau Code modifie notamment les conditions de représentativité syndicale dans les entreprises. Pour pouvoir négocier une convention collective avec un employeur, un syndicat doit désormais regrouper au moins 10 % des salariés de celui-ci. Lorsque aucun syndicat n'atteint ce seuil et qu'aucune convention collective n'est en vigueur, le comité d'entreprise peut conclure avec l'employeur un üzemi megállapodás (« accord d'entreprise »), susceptible de régler certaines conditions de travail mais pas les salaires[3],[6]. Les syndicats conservent cependant des compétences distinctes de celles des comités d'entreprise : ils disposent du droit de négociation collective et peuvent représenter les salariés dans les litiges, tandis que les comités d'entreprise exercent notamment une fonction de contrôle du respect de la législation par l'employeur[3].
La législation relative au droit de grève, fondée sur la loi VII de 1989, est également sensiblement modifiée en 2010 puis en 2012[4]. Ces transformations, comme celles du Code du travail, font l'objet de critiques des organisations syndicales, qui estiment qu'elles réduisent leurs moyens d'action. Des chercheurs en sciences sociales décrivent alors l'avènement d'un « néocorporatisme asymétrique » dans le pays[9].
En 2018, une nouvelle modification du Code du travail portant sur l'organisation du temps de travail provoque d'importantes manifestations[10]. Ses opposants la désignent sous le nom de « loi esclavagiste » (rabszolgatörvény). La réforme porte notamment à 400 le nombre d'heures supplémentaires pouvant être effectuées annuellement sous certaines conditions et modifie les règles relatives à l'organisation du temps de travail[4].
Après une forte mobilisation locale contre la loi esclavagiste sous le slogan « Nein, danke! »[11], les salariés d'Audi Hungária (dans la ville de Győr à l'ouest du pays) mènent en janvier 2019 une grève victorieuse de sept jours pour des hausses de salaires et des améliorations des conditions de travail. Le mouvement est alors porté par le Syndicat indépendant d'Audi Hungária (Audi Hungária Független Szakszervezet, AHFSZ), qui comptait alors 9700 membres dans l'usine, soit 72% des ouvriers du site. La victoire se distingue car portée par une organisation qui se définit comme un « syndicat indépendant de tout parti politique et de toute fédération syndicale en Hongrie »[12].

Au milieu des années 2020, le mouvement syndical hongrois combine ainsi un important héritage institutionnel avec un faible niveau d'adhésion et de couverture conventionnelle. Les syndicats demeurent présents dans certaines grandes entreprises industrielles et dans les transports ainsi que dans différents services publics, mais leur implantation est très inégale. Le dialogue social national repose notamment sur le Forum permanent de consultation du secteur concurrentiel et du gouvernement (Versenyszféra és a Kormány Állandó Konzultációs Fóruma, VKF), qui intervient en particulier dans les négociations relatives au salaire minimum. Son influence sur l'élaboration des politiques publiques demeure cependant limitée. Dans son rapport sur la Hongrie de 2026, la Commission européenne estime que l'implication des partenaires sociaux dans la prise de décision reste faible et que le dialogue social est pratiquement inexistant dans une partie du secteur public[7].
La Commission relève également que la négociation collective est interdite dans certains secteurs, notamment l'administration publique et la santé, et que le seuil de représentativité de 10 % peut constituer un obstacle supplémentaire à la conclusion d'accords collectifs. Elle recommande en conséquence un renforcement du dialogue social et de la négociation collective[7].
Ces difficultés sont également mises en avant par les organisations syndicales elles-mêmes. En 2026, Gyula Pallagi, responsable de la MaSZSZ, attribue l'affaiblissement du mouvement syndical à la diminution du nombre d'adhérents, aux transformations de la législation du travail et aux difficultés d'implantation rencontrées dans certaines entreprises[13].
Liste des organisations syndicales hongroises
modifierConfédérations syndicales
modifierLes principales confédérations syndicales hongroises sont :
- la Confédération des syndicats hongrois (Magyar Szakszervezeti Szövetség, MaSZSZ) ;
- la Ligue démocratique des syndicats indépendants (Független Szakszervezetek Demokratikus Ligája, LIGA) ;
- le Regroupement syndical des intellectuels (Értelmiségi Szakszervezeti Tömörülés, ÉSZT) ;
- le Forum de coopération syndicale (Szakszervezetek Együttműködési Fóruma, SZEF) ;
- la Confédération nationale des conseils ouvriers (Munkástanácsok Országos Szövetsége, MOSZ).
Organisations sectorielles
modifierParmi les principales organisations syndicales sectorielles figurent :
- la Fédération syndicale Vasas (Vasas Szakszervezeti Szövetség, Vasas), principalement implantée dans la métallurgie et l'industrie ;
- la Fédération syndicale des travailleurs de la chimie, de l'énergie et des professions connexes (Magyar Vegyipari, Energiaipari és Rokon Szakmákban Dolgozók Szakszervezeti Szövetsége, VDSZ) ;
- le Syndicat des employés du commerce (Kereskedelmi Alkalmazottak Szakszervezete, KASZ) ;
- le Syndicat des cheminots (Vasutasok Szakszervezete, VSZ) ;
- le Syndicat des enseignants (Pedagógusok Szakszervezete, PSZ) ;
- le Syndicat démocratique des enseignants (Pedagógusok Demokratikus Szakszervezete, PDSZ) ;
- le Syndicat de la poste (Postás Szakszervezet, PSZ) ;
- le Syndicat indépendant d'Audi Hungaria (Audi Hungária Független Szakszervezet, AHFSZ) ;
- le Syndicat libre des travailleurs du rail (Vasúti Dolgozók Szabad Szakszervezete Szolidaritás, VDSzSz Szolidaritás).
Organisations historiques
modifierParmi les principales confédérations ayant cessé d'exister sous leur forme antérieure figurent :
- la Confédération des syndicats autonomes (Autonóm Szakszervezetek Szövetsége, ASZSZ) ;
- la Confédération nationale des syndicats hongrois (Magyar Szakszervezetek Országos Szövetsége, MSZOSZ).
L'ASZSZ et la MSZOSZ ont participé, avec d'autres organisations syndicales, au processus de regroupement ayant conduit à la création de la Confédération des syndicats hongrois (MaSZSZ) dans les années 2010.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 (hu) Judit Lux, A magyarországi szakszervezetek történetéből, Budapest, Friedrich Ebert Alapítvány, (ISBN 978-963-06-5790-7, lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (hu) Samu Jászai, A magyar szakszervezetek története, Magyarországi szakszervezeti tanács, (lire en ligne)
- 1 2 3 (en) « Actors and institutions in Hungary », sur Eurofound (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (en) « Background for Hungary », sur Eurofound (consulté le )
- 1 2 (en) « Membership of unions and employers' organisations, and bargaining coverage: Standing, but losing ground », OCDE, (consulté le )
- 1 2 « Négociation collective en Hongrie », sur Eurofound (consulté le )
- 1 2 3 (en) « 2026 Country Report – Hungary », Commission européenne, (consulté le )
- ↑ (en) « Act 1/2012 on the Labour Code », sur NATLEX, Organisation internationale du travail (consulté le )
- ↑ Ludovic Lepeltier-Kutasi, « Hongrie : l'illibéralisme comme habillage d’une économie subalterne », Club de Mediapart, (lire en ligne)
- ↑ Corentin Léotard, « Un front syndical contre Viktor Orbán », Le Monde diplomatique, (lire en ligne)
- ↑ Ludovic Lepeltier-Kutasi, « Flexibilisation du temps de travail : les ouvriers d’Audi Hongrie disent « Nein, danke! » », Le Courrier d'Europe centrale, (lire en ligne)
- ↑ Philippe Alcoy, « Victoire ouvrière chez Audi Hongrie. « Nous espérons que notre grève rendra les travailleurs plus unis » », Révolution permanente, (lire en ligne)
- ↑ « « L'influence des syndicats s'affaiblit » : Trois questions à Gyula Pallagi, de la Confédération des syndicats hongrois », sur Ensemble – La Vie ouvrière, (consulté le )
Bibliographie
modifier- (hu) Samu Jászai, A magyar szakszervezetek története, Magyarországi szakszervezeti tanács, (lire en ligne)
- (hu) Judit Lux, A magyarországi szakszervezetek történetéből, Budapest, Friedrich Ebert Alapítvány, (ISBN 978-963-06-5790-7, lire en ligne)
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Liste des syndicats membres de la Confédération européenne des syndicats : (en) ETUC, « Join an Union »