Tannerie de Gamkallé

tannnerie au Niger à Niamey

La tannerie de Gamkallé est une tannerie semi-traditionnelle située sur la corniche de Gamkallé, à Niamey, au Niger, en bordure du fleuve Niger. Active depuis la période coloniale, elle constitue l'un des principaux sites de tannage artisanal du pays et un maillon central de la filière du cuir nigérienne, en amont des maroquiniers des centres artisanaux[1].

Tannerie de Gamkallé
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Fondation
Localisation
Localisation
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Le Niger, pays d’élevage, plus de 40 millions de têtes de bétail, dispose d’un important potentiel dans la filière ‘’ cuir/peau’’ et autres sous-produits, mais il reste sous exploité, expliquent les opérateurs du secteur. En raison de la vétusté des infrastructures et de l’exploitation archaïque des tanneries ou du sous-équipement des artisans, le pays n’arrive pas à tirer profit des avantages comparatifs de ses ressources animales. La tannerie de Gamkallé, Niamey, illustre l’état de dénuement de ces installations[2].

Localisation et description

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La tannerie est installée sur la corniche de Gamkallé, un quartier de Niamey situé en bordure du fleuve Niger, dont l'eau est utilisée à chaque étape du processus de tannage[1]. Le site comprend quatre halls principaux, des magasins destinés au stockage des cuirs finis ainsi que des bureaux administratifs. C'est également là que s'effectuent les premiers traitements des peaux ainsi que les échanges commerciaux avec les artisans maroquiniers[1]. Plus de 160 travailleurs, pour la plupart des journaliers, y sont employés, pour une production moyenne de plusieurs centaines de cuirs par jour[1].

Le quartier de Gamkallé est par ailleurs identifié comme le principal centre de la tannerie artisanale nigérienne[3].

A l'époque, le président de l’association inter professionnelle de la filière cuir et peau (AIPCP), M. Aminou Habou, explique le processus de la transformation de la peau animale (Bœuf, mouton, chèvre) en cuir par divers procédés chimiques et mécaniques passant du tannage au chrome au tannage végétal à travers le chaulage ; le confitage ; l’écharnage jusqu'au lissage du cuir[2].

La tannerie de Gamkallé approvisionne par des peaux provenant des abattoirs ou collectées dans les marchés ruraux: les prix du premier choix est 2500f, celui du deuxième choix a 1750f et la dernière gamme revient à 1000f[2].

Après le processus de traitement de la peau acquise en couleur ou non, jusqu’au découpage des produits fabriqués, leurs assemblages et aux collages afin d’avoir un produit fini, les acheteurs des matières premières de la peau et du cuir sont des cordonniers du musée National Boubou Hama qui est un centre de formation aux métiers du cuir, de la peau et de l’artisanat de Niamey[2].

Les produits issus de la transformation de la peau notamment les ceintures ; portefeuilles ; chaussures et sacs, respectivement vendus sur le marché à environs 2500f ; 3000f ; et de 15000f à 20000f[2].

Histoire

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Tannerie de Gamkallé à Niamey
Tannerie de Gamkallé à Niamey

La tannerie de Gamkallé est active depuis la période coloniale, ce qui en fait l'un des sites artisanaux les plus anciens de Niamey[4]. À partir des années 1980, la filière nigérienne du cuir a bénéficié de plusieurs projets de développement destinés à fournir aux maroquiniers des centres artisanaux des peaux d'une meilleure qualité[4].

Dans ce cadre, le projet DANI a cherché à moderniser la tannerie en y installant des machines destinées à accélérer la finition des peaux, et en proposant aux tanneurs des formations dispensées par une coopérante française[4]. Cette tentative de modernisation n'a toutefois pas rencontré le succès escompté : les tanneurs ont continué à produire des peaux ne répondant pas aux critères de qualité du marché européen, en partie parce que la tannerie disposait déjà d'un réseau de distribution efficace auprès des maroquiniers nigériens et des pays voisins, pour une production destinée avant tout au marché ouest-africain plutôt qu'à l'exportation vers l'Europe[4].

En 2025, la tannerie est dirigée par Yahaya Tonko[5].

Procédé de tannage

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Tannerie de Gamkallé à Niamey
Tannerie de Gamkallé à Niamey
Tannerie de Gamkallé à Niamey
Tannerie de Gamkallé à Niamey

Le tannage pratiqué à Gamkallé reste semi-traditionnel et essentiellement manuel. Il comprend plusieurs étapes successives[1]:

  1. la préparation de la peau, par trempage dans du natron et de la chaux éteinte;
  2. l'écharnage;
  3. le pelage et l'épilage;
  4. le picklage, ou second trempage, réalisé avec des gousses d'acacia (bagaroua);
  5. le tannage proprement dit, où le cuir est mélangé à de la pâte d'arachide et du sel afin de l'éclaircir et de le rendre souple et résistant;
  6. le séchage et le finissage, incluant un polissage à l'huile de palme, dernière étape avant la mise sur le marché.

Le travail se déroule en plein air, dans des cuves creusées à même le sol, avec un usage intensif de l'eau du fleuve pour le trempage et le lavage des peaux[1].

Organisation économique et sociale

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L'activité de tannage fait vivre toute une chaîne économique, des tanneurs aux collecteurs de peaux en passant par les bouchers[1]. Certains tanneurs expérimentés occupent un rôle de manager et emploient plusieurs manœuvres, avec des équipes pouvant atteindre plusieurs dizaines de personnes en haute saison; un cycle complet de tannage dure environ cinq jours[1]. D'autres travailleurs sont employés à la journée pour le compte d'un patron titulaire. Une troisième catégorie de travailleurs, majoritairement composée d'enfants du quartier, assure des tâches mineures telles que l'huilage, le classement ou le coloriage des cuirs[1].

Plusieurs tanneurs du site plaident pour une modernisation de la tannerie — mécanisation, amélioration des conditions d'hygiène — afin d'augmenter la production et de réduire la pénibilité du travail[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Bachir Djibo, « La tannerie semi-traditionnelle de Gamkallé : Un maillon dans l'économie artisanale au Niger », Le Sahel, 29 mai 2026.
  2. 1 2 3 4 5 « Le Niger dispose d’un important potentiel en cuir et peau peu exploité », sur aniamey.com (consulté le )
  3. Infos d'Afrique, présentation touristique du sud-ouest nigérien mentionnant la corniche de Gamkallé.
  4. 1 2 3 4 Patrimonialisations croisées : L'artisanat d'art nigérien, de la mise en patrimoine à la mise en tourisme, Presses universitaires de Lyon, 2019, lire en ligne (citant Adamou A., 2001).
  5. « Regards de jeunes reporters sur la vie riveraine à Niamey : Un fleuve qui nourrit, qui éduque et qui unit ! », Le Sahel, 21 novembre 2025.

Voir aussi

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