Tapa (étoffe)
Le tapa est une étoffe végétale obtenue par la technique de l'écorce battue, fabriquée dans les îles du Pacifique et par le peuple bété de la Côte d’Ivoire.
Le tapa n'est pas un tissu, car sa confection n'implique aucune pratique liée au tissage.

Par lieu
modifierMélanésie et Polynésie
modifierEn Mélanésie, le tapa est fabriqué par les hommes, tandis qu'en Polynésie, c'est l'affaire des femmes. Traditionnellement, les étoffes étaient surtout utilisées à l'état naturel, certaines étaient teintes en jaune ou en rouge à l'aide de teintures à base de plantes.

Les kanak de Nouvelle-Calédonie connaissent deux types de tapa (awa), le blanc provenant de Broussonetia papyrifera, le tapa brun provenant du banian (ficus), tous deux utilisés dans les coutumes.
Aujourd'hui, les tapas sont utilisés en Polynésie comme support pour l'artisanat d'art, avec des motifs géométriques et des représentations de tikis.
Afrique
modifierLes Bétés portent un pagne traditionnel appelé tapa ou glôkô en bété de Daloa. On l’obtient après l’abattage de l’arbre puis l’extraction de l’écorce du bois, après des frappes multiples sur l’écorce d’arbre jusqu’à dilatation de l’écorce pour donner le tissu et séchage au soleil pour donner ce résultat.
Préparation
modifierDifférentes espèces d'arbres ou d'arbustes sont utilisées : mûrier à papier (Broussonetia papyrifera) pour la couleur blanche, arbre à pain ('uru en tahitien) ou Ficus prolixa pour la couleur rouge-brun.
L'écorce (tutu) prélevée en bandes est mise à tremper pendant deux ou trois jours pour l'assouplir, puis grattée de façon à ne conserver que le liber. Elle est ensuite battue sur un tronc d'arbre dur servant d'enclume à l'aide d'un battoir de section carrée aux faces gravées de rainures dont la finesse augmente selon la face. Durant l'opération, l'écorce est repliée plusieurs fois sur elle-même afin d'obtenir l'épaisseur souhaitée.
- Étapes de la préparation d'un tapa, avant peinture
- Ingrédients et outils nécessaires
- Découpage de l'écorce
- Battage de l'écorce et agrandissement jusqu'à obtention de la surface voulue pour peindre
Artistes
modifier- Juliette Pita
- Joana Monolagi, artiste textile fidjienne
- Femmes du Bounty
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) Simon Kooijman, Tapa in Polynesia, Honolulu, Bishop Museum Press, , 498 p. (ISBN 0-910240-13-2)
- Emmanuel Anati (trad. Thierry Loisel), L'art du tapa : étoffe pour les dieux, étoffe pour les hommes, Paris, L'insolite, , 191 p. (ISBN 2-916054-02-2)
- Florence Klein (dir.), Tapa : écorces et décors d'Océanie, Nouméa, Musée de Nouvelle-Calédonie, , 95 p.
- Laurent Guillaut, Marie-Claire Bataille-Benguigui et al., Tapa : étoffes cosmiques d'Océanie, Cahors, Musée de Cahors Henri-Martin, , 127 p. (ISBN 978-2-9526224-0-0)
- Michel Charleux (dir.), TAPA : de l'écorce à l'étoffe, art millénaire d'Océanie, de l'Asie du Sud-Est à la Polynésie orientale, Paris et Tahiti, Somogy éditions d'art et Association TAPA, , 600 p. (ISBN 978-2-7572-1209-7)
- (en) Frances Lennard (dir.) et Andy Mills (dir.), Material approaches to Polynesian barkcloth : cloth, collections, communities, Leyde, Sidestone Press, , 342 p. (ISBN 978-90-8890-971-9, lire en ligne)
Documents sonores
modifier- Étudier, présenter et préserver le Tapa (conférence enregistrée en salle de cinéma les 7 et , Hélène Guiot, Stéphanie Caffarel, et Vincent Daniels, conférenciers), Musée du quai Branly, Paris, 2011, 1 CD data (5 h)
Filmographie
modifier- Kuo hina 'e hiapo : the mulberry is white and ready for harvest, film documentaire (Melinda et Joseph Ostraff, auteurs, producteurs ; Michael Van Wagenen, auteur, producteur, éditeur ; Brian Wilcox, réalisateur), Documentary Educational Resources, Watertown, MA, 2007 (cop. 1997), 27 min (DVD)
Liens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :