Banian du Pacifique
Ficus prolixa
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Classe | Equisetopsida |
| Sous-classe | Magnoliidae |
| Super-ordre | Rosanae |
| Ordre | Rosales |
| Famille | Moraceae |
| Genre | Ficus |

Le banian du Pacifique, parfois écrit banyan du Pacifique selon la graphie anglaise, Ficus prolixa ou Ficus mariannensis, est une espèce de plantes à fleurs au genre du Ficus et de la famille des Moraceae. C'est un arbre originaire de l'écozone océanienne.
Il est appelé Mati aux Samoa, ’Ōrā à Tahiti[2] et Ava ou encore Āoa dans le reste de l'Océanie[3]. Dans les langues kanak, il est appelé Be (ajië), Hmana (drehu), Ma (drubea), Paki (fagauvea), Thilic (nemi), Inedr (nengone), Bwe (paicî) ou encore Duru (xàràcùù)[4].
Distribution
modifierLe banian du Pacifique est originaire de l'écozone océanienne et on le trouve en Micronésie,Polynésie et en Mélanésie (notamment en Nouvelle-Calédonie) .
Biologie
modifierLe banian du Pacifique est une plante épiphyte qui nécessite un support (autre arbre, mur, etc.) pour pouvoir germer et croître.
Les fruits (sycones) sont consommés par des animaux frugivores, notamment des oiseaux et des roussettes, qui assurent la dispersion des graines[5].
Celles-ci germent fréquemment sur les branches ou dans les anfractuosités d'un arbre hôte, où le banian débute son développement en tant qu'épiphyte. [5]
Les racines aériennes croissent ensuite vers le sol ; une fois enracinées, elles s'épaississent progressivement et peuvent entourer le tronc de l'arbre hôte.
En se renforçant, s'entrelaçant, se multipliant et se soudant au fil du temps, ces racines finissent par former une structure solide en filet autour de la structure hôte du banian[6].
Cette structure finit par être assez forte pour tenir toute seule si la structure hôte disparaît (par exemple, si l'arbre hôte meurt et se décompose).
Utilisations
modifierEn Mélanésie, le banian est l'objet d'usages variés.
Lieu de palabre
modifierLes chefs mélanésiens palabrent traditionnellement sous un banian.
On trouve des banians sur les maraes de Raiatea en particulier sur le marae de Taputapuātea.
Lieu de sépulture
modifierNavigation
modifierLes racines du banian, une fois coupées, peuvent servir de flotteur de pirogue.
Les racines aériennes et les fibres du liber se caractérisent par une grande flexibilité et une résistance naturelle à l'humidité. Elles sont historiquement tressées pour confectionner des cordages solides, des filets de pêche, des ligatures de construction ainsi que des pièges artisanaux[7].
Pharmacopée
modifierLa sève du banian du Pacifique est utilisée dans la médecine traditionnelle.
Le banian est utilisé en phytothérapie pour son action laxative et astringente (il assèche les tissus et favorise la cicatrisation des plaies). Actuellement, il est principalement indiqué dans la prise en charge des troubles gastro-intestinaux tels que les constipations et les vomissements, les problèmes de foie, la fièvre, la lèpre et les inflammations. En usage externe, il est aussi employé pour traiter les hémorroïdes et les ulcères. Le banian aurait d’autres propriétés qui ne sont cependant pas encore scientifiquement prouvées. Il pourrait notamment agir efficacement contre le diabète et les verrues[8].
Sport
modifierOn fabrique des balles de cricket avec de la sève séchée au soleil[4].
Dans plusieurs cultures de l'Indo-Pacifique, les racines aériennes du banian, souples et résistantes, servent de balançoires naturelles et de lianes d'agilité lors d'épreuves physiques et de jeux traditionnels (Journal of the Polynesian Society, 1925). De plus, le bois léger issu de ses racines ainsi que sa sève caoutchouteuse ont été employés localement pour façonner des balles ou des projectiles utilisés dans divers jeux de compétition ancestraux[9].
Textile
modifierLes racines aériennes écrasées permettent d'obtenir un tissu végétal autrefois appelé balassor et qui est une sorte de tapa[10].
Dans l'espace océanien (notamment en Nouvelle-Calédonie, au Vanuatu et en Polynésie), l'écorce interne (ou liber) de plusieurs espèces de banians — comme Ficus prolixa ou Ficus benghalensis — est traditionnellement prélevée et battue pour fabriquer du tapa (Neich et Pendergrast, 1997). Ce tissu végétal d'écorce battue, aux teintes naturellement brunes ou rougeâtres, sert à la confection d'habits traditionnels, d'étoffes rituelles ou de monnaies cérémonielles utilisées lors d'échanges coutumiers et de rites funéraires (Musée de La Nouvelle-Calédonie[11]).
Synonymes
modifierListe des variétés
modifierRépartition géographique
modifierOriginaire de :
Assam, Bangladesh, Himalaya oriental, Inde, Îles Laquedives, Maldives, Népal, Pakistan, Sri Lanka[14]
Introduit en :
Afghanistan, Îles Andaman, Archipel des Chagos, Floride, Îles Gilbert, Iran, Jamaïque, Laos, Îles Mariannes, Maurice, Myanmar, Îles Nicobar, Palestine, Queensland, Rodrigues, Réunion, Sainte-Hélène, Trinité-et-Tobago, Vietnam[14]
Notes et références
modifier- ↑ IPNI. International Plant Names Index. Published on the Internet http://www.ipni.org, The Royal Botanic Gardens, Kew, Harvard University Herbaria & Libraries and Australian National Botanic Gardens., consulté le .
- ↑ « Académie Tahitienne - Dictionnaire en ligne Tahitien/Français », sur www.farevanaa.pf (consulté le )
- ↑ « Entries for QAOA [OC] Banyan tree (Ficus sp.) », sur pollex.shh.mpg.de (consulté le )
- 1 2 3 Emmanuel Kasarhérou, Béalo Wedoye, Roger Boulay, Claire Merleau-Ponty, Guide des plantes du chemin kanak, Nouméa, Agence de développement de la culture kanak, , 77 p. (ISBN 978-2-909407-76-0), p. 44
- 1 2 « Le banian cathédrale • Province Sud », sur www.province-sud.nc, (consulté le )
- 1 2 Bernard Suprin, Stars du caillou - Les arbres, Nouméa, Nouvelle-Calédonie, Editions Grain de sable, collection Faune & Flore, , 54 p. (ISBN 9782841700073), p. 4
- ↑ Whistler, W. Arthur, Plants in Samoan Culture: The Ethnobotany of Samoa, Isle Botanica, 2000, p. 120-125 (ISBN 978-0964542617), Whistler, W. Arthur, Plants in Samoan Culture: The Ethnobotany of Samoa, Isle Botanica, 2000, p. 120-125 (ISBN 978-0964542617)
- ↑ La Rédaction Médisite, « Banian : propriétés, bienfaits, posologie », sur www.medisite.fr, (consulté le )
- ↑ Journal of the Polynesian Society, « Games and Pastimes of the Maori », vol. 34, 1925, p. 112-115
- ↑ Christine Pauleau, Mots de Nouvelle-Calédonie, éléments de recherche sociolinguistique sur le français calédonien : inventaire lexicographique polylectal, Nouméa, Centre de documentation pédagogique de Nouvelle-Calédonie, , 171 p. (ISBN 9782350360249), p. 46
- ↑ Neich, Roger et Pendergrast, Mick, Traditional Tapa of Oceanic Bark Cloth, Thames & Hudson, 1997 (ISBN 978-0500279892)
- ↑ POWO. Plants of the World Online. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet; http://www.plantsoftheworldonline.org/, consulté le .
- ↑ Tropicos.org. Missouri Botanical Garden., consulté le .
- 1 2 (en) « Ficus benghalensis L. | Plants of the World Online | Kew Science », sur Plants of the World Online (consulté le )
Références biologiques
modifier- (en) BioLib : Ficus prolixa Forst. f. (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Ficus prolixa G.Forst. (consulté le )
- (en) GRIN : espèce Ficus prolixa G.Forst. (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Ficus prolixa G.Forst. (consulté le )
- (en) IPNI : Ficus prolixa G.Forst. (consulté le )
- (en) NCBI : Ficus prolixa G.Forst. (taxons inclus) (consulté le )
- (en) POWO : Ficus prolixa G.Forst. (consulté le )
- (en) The Plant List : Ficus prolixa G.Forst. (source : KewGarden WCSP) (consulté le )
- (en) Tropicos : Ficus prolixa G. Forst. (+ liste sous-taxons) (consulté le )
- (en) UICN : espèce Ficus prolixa G.Forst. (consulté le )
- (en) WCVP : Ficus prolixa G.Forst. (consulté le )