La Tapageuse est une canonnière[2] de lutte anti-sous-marine de la Marine nationale française, l’un des 23 navires de classe Ardent construits. Le navire a été construit aux Chantiers et Ateliers de Provence à Port-de-Bouc, lancé en 1916 et commissionné dans la Marine nationale la même année. Il a servi durant la Première Guerre mondiale, l’entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale. En , la Tapageuse fait partie des Forces navales françaises libres. Le navire a été ferraillé en 1944.

Tapageuse
Type canonnière anti-sous-marine / aviso
Classe classe Ardent
Fonction militaire
Histoire
A servi dans  Marine nationale
Commanditaire Drapeau de la France France
Chantier naval Chantiers et Ateliers de Provence, Port-de-Bouc Drapeau de la France France
Fabrication acier
Commandé 1916
Quille posée 1916
Lancement 30 septembre 1916
Commission 25 octobre 1916
Statut ferraillé en 1944
Équipage
Équipage 55 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 60,20 m
Maître-bau 7,20 m
Tirant d'eau 2,90 m
Déplacement 310 tonnes
À pleine charge 410 tonnes
Propulsion
Puissance 1500 à 2200 ch
Vitesse 14 à 17 nœuds
Caractéristiques militaires
Armement
Rayon d'action 2000 milles marins à 10 nœuds
Carrière
Indicatif
  • TG (1917)
  • A42 (1939)[1]

Conception

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Les canonnières de classe Ardent ont été commandées dans le cadre du programme d’expansion de la flotte française de 1916 et 1917[3],[4]. En 1916, l’état-major de la marine française[5] commanda 23 canonnières anti-sous-marines (ASM)[6],[7] de 266 tonnes, à machines à vapeur à triple expansion[5], qui furent nommés « classe Ardent[6] ». Les navires étaient fondamentalement identiques aux canonnières de classe Friponne. Ils s’en distinguaient principalement par le type de propulsion : les canonnières de classe Friponne utilisaient des moteurs Diesel, mais les navires de type Ardent étaient équipés de machines à vapeur, dans de nombreux cas récupérées sur de vieux torpilleurs mis hors service[4],[8]. Ils différaient donc sensiblement les uns des autres en ce qui concerne la puissance et la vitesse[9]. Ils avaient tous des étraves en forme d’arc, mais ils différaient par la forme des superstructures et leur équipement[3].

La Tapageuse était conçue pour la lutte anti-sous-marine[3],[10]. Sa coque avait une longueur hors tout de 60,2 mètres, une largeur de 7,2 mètres et un tirant d'eau de 2,9 mètres[3],[11],[1],[12],[13]. Son déplacement était de 310 tonnes à charge normale[1] et de 410 tonnes à pleine charge[3],[10].

Le navire était propulsé par une machine à vapeur alternative à triple expansion, provenant du torpilleur n°236 (T236)[1],[13], d’une puissance de 2500 ch[1],[12],[13], entraînant une hélice[3],[11],[1]. La vapeur était fournie par deux chaudières à charbon système du Temple ou Normand[3],[10],[13]. La vitesse maximale du navire était de 17 nœuds[3],[11],[1],[12],[13]. Le navire transportait 85 tonnes de combustible, ce qui lui permettait d’atteindre une autonomie de 2000 milles marins à une vitesse de 10 nœuds[3],[10].

L’armement de la canonnière se composait de deux canons de 100 mm modèle 1897[1],[12],[13], de deux mitrailleuses antiaériennes de 13,2 mm[1] et de deux rampes pour larguer des grenades anti-sous-marines[3],[10],[1],[12].

L’équipage du navire était composé de 55 officiers, officiers mariniers et matelots[3],[11],[1],[12],[13].

Historique

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La Tapageuse a été construite au chantier naval des Chantiers et Ateliers de Provence à Port-de-Bouc[3],[10],[1],[13]. Sa construction a commencé en 1916, et avant la fin de l’année 1916 le navire a été lancé, le [1],[13],[2], et mis en service[14] le [1],[12],[13].

Première Guerre mondiale

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Durant la guerre, la canonnière a servi en mer Méditerranée. De 1917 à 1918, elle opère dans la mer Égée où elle est affectée à la 9e Division de patrouille[1],[12],[13]. Au plan administratif, la Tapageuse fut considérée comme bâtiment armé en guerre pour les périodes du au et du au , date de cessation des hostilités (Circulaire du établissant la Liste des bâtiments et formations ayant acquis, du au , le bénéfice du double en sus de la durée du service effectif (Loi du , articles 10, 12, 13.), §. A. Bâtiments de guerre et de commerce. ; Bulletin officiel de la Marine 1922, n°14, pp. 720 et 767)[13].

Entre-deux-guerres

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Tous les navires de classe Ardent ont survécu à la guerre. La majorité sont convertis dans les années 1920 en dragueurs de mines, avec l’ajout d’un équipement mécanique de dragage[9]. Le navire a été ainsi converti entre 1918 et 1920[4],[10]. Il remplit cette fonction dans l’entre-deux-guerres.

La Tapageuse participe à la campagne de Syrie-Cilicie pour les périodes du au , puis du au (Instruction du relative à l’application à la Marine de la Loi instituant la médaille commémorative de Syrie-Cilicie : Bulletin officiel de la Marine 1922, n°35, pp. 695 et 702)[13].

Entre 1921 et 1927, la Tapageuse est affectée à l'Escadrille de dragage à Toulon. En 1924, elle est reclassée comme aviso de 2e classe, mais redevient canonnière en 1925[1],[12].

Elle participe aux opérations de guerre au Maroc (guerre du Rif) pour les périodes du 5 et  ; du 21 au  ; et du 5 au . Cela autorise son équipage à porter la Médaille coloniale avec agrafe spéciale en vermeil « Maroc 1925 » accordée par le décret du (JO du 15 avr. 1926, p. 4515), cf. Instruction du , JO du , p. 4565. – Listes indiquant les dates des séjours donnant lieu au port de la médaille : JO du , p. 7690, et JO du , p. 9500)[13].

La Tapageuse est à nouveau classée comme aviso de 2e classe en 1928 et affectée à la 3e Escadrille d'avisos à Toulon[1],[12].

Seconde Guerre mondiale

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22 des canonnières de classe Ardent furent rayées des listes en 1938. En , seules quatre étaient encore en service, reclassées comme avisos de 2e classe et rééquipées en dragueurs de mines : La Dédaigneuse, la Tapageuse, l'Audacieuse et l'Étourdi[1],[5],[15].

Toute la carrière de la Tapageuse durant la Seconde Guerre mondiale s’effectue en mer Méditerranée, comme pendant la Première Guerre[16]. En 1940, elle est basée en Tunisie et affectée à la défense du littoral. Elle mène de nombreuses missions : mouillage et dragage de mines, patrouilles de surveillance et escorte[1],[12]. Ainsi, le , elle participe au mouillage d’un champ de mines devant le port de Sfax. Le , elle escorte un convoi au départ d’Oran à destination de Casablanca. De mars à , elle est en grand carénage à Alger. Le , lors de l’opération Torch, elle est à Casablanca, mais elle ne participe aux combats qu’avec ses armes légères antiaériennes[1]. Après la libération de l’Afrique française du Nord en , la Tapageuse fait partie de la marine française libre. En 1943 elle escorte encore quelques convois le long des côtes du Maroc, mais à l’arrivée de nouveaux escorteurs côtiers américains, elle est relevée de cette mission[1]. Désarmée en 1943[12],[13], elle est condamnée à Casablanca en 1944[1],[13] et ferraillée la même année[3],[4].

Commandants

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  • Lieutenant de vaisseau Noël Martin Sagon : à compter du [13]
  • LV Jean Julien Pierre Lartigue, du port de Toulon : en 1918[13],[17]
  • LV Henry Marie Ernest Thomas : en , alors que le navire fait partie de l'escadrille de dragage de Syrie[13],[18]
  • LV Pol Marie Fred Lahalle[19] : à compter du (Liste de destinations, JO du , p. 169)[13]
  • LV Pierre Ernest Christian Potel[20], du port de Rochefort : nommé par décret du (JO du 31 déc. 1924, p. 11537), prend son commandement le (Liste de destinations, JO du 8 janv. 1925, p. 381)[13]
  • LV Jean François Octave Didelot, du port de Brest : nommé par décret du (JO du , p. 1576)[13]
  • LV Frédéric Pierre Cyr Bernard de Saint-Affrique[21] : nommé par décret du (JO du , p. 12283)[13]

Articles connexes

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Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Jean Carriere, « TAPAGEUSE (1916-1944) », sur Quai des Flottilles, (consulté le ).
  2. 1 2 « TAPAGEUSE - Canonnière », sur Service historique de la Défense (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Gardiner et Gray 1985, p. 215.
  4. 1 2 3 4 Labayle-Couhat 1974, p. 184.
  5. 1 2 3 « Navires de Seconde classe français », sur Seconde Guerre (consulté le ).
  6. 1 2 « Canonnière Dédaigneuse », sur La Marcophilie Navale Envelopmer, (consulté le ).
  7. Memgam, « DEDAIGNEUSE - Dragueur-canonnière », sur Forum PAGES 14-18, (consulté le ).
  8. Gardiner et Gray 1985, p. 215-216.
  9. 1 2 (en) « ARDENT 2nd class avisos (ASW gunboats) (1916 - 1917) », sur navypedia.org (consulté le ).
  10. 1 2 3 4 5 6 7 Gogin 2022.
  11. 1 2 3 4 Labayle-Couhat 1974, p. 180.
  12. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Capitaine Patrick, « * TAPAGEUSE (1916/1943) », sur Marines de Guerre et Poste Navale (consulté le ).
  13. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 Ar Brav, « TAPAGEUSE », sur Forum PAGES 14-18, (consulté le ).
  14. Labayle-Couhat 1974, p. 183.
  15. Emmanuel Dubois, « Dragueurs de mines (1917-19) », sur navistory.com (consulté le ).
  16. « Patrouilleur La Tapageuse », sur Net-Marine (consulté le ).
  17. « Jean Julien Pierre LARTIGUE (1886 - 1940) », sur École Navale / Espace tradition / Officiers célèbres (consulté le ).
  18. « Henry Marie Ernest THOMAS (1885 - 1950) », sur École Navale / Espace tradition / Officiers célèbres (consulté le ).
  19. « Pol Marie Fred LAHALLE (1889 - 1968) », sur École Navale / Espace tradition / Officiers célèbres (consulté le ).
  20. « Pierre Ernest Christian POTEL (1889 - 1973) », sur École Navale / Espace tradition / Officiers célèbres (consulté le ).
  21. « Frédéric Pierre Cyr BERNARD de SAINT-AFFRIQUE (1904 - 1993) », sur École Navale / Espace tradition / Officiers célèbres (consulté le ).

Bibliographie

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  • (en) Robert Gardiner et Randal Gray, Conway’s All the World’s Fighting Ships 1906-1921, London, Conway Maritime Press, (ISBN 0-85177-245-5).
  • (en) Jean Labayle-Couhat, French Warships of World War I, London, Ian Allan Ltd, .
  • Hubert de Blois, La guerre des mines dans la Marine française, Presses de la Cité, , p. 51.
  • Raymond Fremy et Georges Basili, Des noms sur la mer, Acoram, , p. 200.
  • CF Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, vol. II. 1870-2006.
  • Marc Saibene et Alain Croce, « Les avisos et canonnières anti-sous-marines du programme de guerre 1916-1918 », Marines Magazine, Marines éditions, no HS n°4 "100 ans de Marine Française - les canonnières, les avisos coloniaux, les avisos de la Grande Guerre", .

Liens externes

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