Tarquin et Lucrèce (entourage de Matsys)
Tarquin et Lucrèce est un tableau attribué à l'entourage du peintre flamand Jan Matsys, réalisé au milieu du XVIe siècle. L'œuvre est conservée et exposée au palais des Beaux-Arts de Lille[1].
| Artiste | |
|---|---|
| Date |
XVIe siècle |
| Type | |
| Matériau |
huile sur panneau de bois |
| Dimensions (H × L) |
72,8 × 89,5 cm |
| Mouvement | |
| Propriétaire |
Antoine Brasseur (d) |
| No d’inventaire |
P 838 |
| Localisation |
Historique
modifierBanni d'Anvers de 1544 à 1555 comme suspect de sympathies réformistes[2], Jan Matsys voyagea en Europe, séjournant notamment à Gênes[3]. Le choix d'un sujet concernant la Rome antique témoigne de ce passage en Italie.
Auparavant possédé par le collectionneur lillois Antoine Brasseur (1819-1886), le tableau est donné à la ville de Lille en 1878[4].
Le support de l'œuvre a connu une restauration en 1921[4].
Attribution
modifierL'attribution de ce tableau suscite de nombreux débats. D'abord attribué à Quentin Matsys en 1880[4], puis à un peintre anonyme de l'école flamande (1893), François Benoît propose en 1909 le nom de Jan Sanders van Hemessen[5]. Cependant, la représentation des personnages diffère du canon habituel de ce dernier[6]. Finalement, l'attribution aujourd'hui retenue est celle liant le tableau au peintre Jan Matsys (fils de Quentin Matsys), ou à son entourage[7],[8]. Cette conclusion se base sur le traitement du visage féminin[6], émacié, aux pommettes visibles, qui s'apparente à certaines œuvres du peintre anversois (notamment Flore devant Anvers, conservé à Hambourg).
Description
modifierCe tableau représente la scène du viol de Lucrèce par Tarquin. Cette dernière, après avoir été violée par Sextus Tarquin, compagnon d'armes de son mari Tarquin Collatin et fils du roi Tarquin le Superbe, se suicide pour ne pas avoir à vivre avec l'infamie d'avoir été abusée.
La scène peinte correspond au moment où Lucrèce, agrippée par Tarquin, s'apprête à se frapper avec le poignard qu'elle avait caché.
La composition est construite autour de l'opposition entre les deux personnages, incarnant respectivement le Vice et la Vertu. Au rouge de l'habit et du visage de Tarquin répond la blancheur de Lucrèce.
Analyse
modifierDurant la Renaissance, Lucrèce, ayant préféré se donner la mort que de vivre à ce qui était considéré comme un déshonneur, était considérée comme un modèle de vertu. De nos jours, cette œuvre pose la question du regard que porte la société sur les abus sexuels, encore parfois considérés comme infamant pour la victime[7].
Notes et références
modifier- ↑ « Tarquin et Lucrèce », sur pba-opacweb.lille.fr (consulté le ).
- ↑ Musée d'art ancien: oeuvres choisies, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, (ISBN 978-90-77013-04-5), p. 84.
- ↑ (nl) Lauran Toorians, « Eerherstel voor Jan Massys », Ons Erfdeel, vol. Jaargang 39, no 3, , p. 450-451 (lire en ligne).
- 1 2 3 « TARQUIN ET LUCRECE - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ François Benoît, La peinture au musée de Lille, t. I, Paris, Hachette, , p. 41-42.
- 1 2 Musenor via WebMuseo by A&A Partners, « Œuvre : Précisions - Tarquin et Lucrèce | Musenor », sur webmuseo.com (consulté le ).
- 1 2 Palais des Beaux-Arts de Lille, cartel de l'œuvre "Tarquin et Lucrèce", consulté le 8 octobre 2026.
- ↑ Alain Tapié, Maniéristes du Nord dans les collections du Musée des beaux-arts de Lille, Lille, Somogy ; Palais des beaux-arts, , 95 p. (ISBN 978-2-85056-837-4).