Temple protestant de Queuleu
Le temple protestant de Queuleu est un édifice religieux situé à l'angle de la rue du Roi-Albert et de la rue du Dix-Neuf-Novembre à Metz et inauguré en 1904. Propriété du consistoire de l'Église réformée d'Alsace et de Lorraine, il n'est plus affecté au culte depuis la fin des années 2010 et fait l'objet, depuis 2022, d'une mobilisation en faveur de sa sauvegarde. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2025.
| Type | |
|---|---|
| Culte | |
| Rattachement | |
| Fondation | |
| Style | |
| Architecte | |
| Patrimonialité |
| Pays | |
|---|---|
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
Histoire
modifierContexte historique
modifierPendant l’annexion, Metz se transforme sous l’action des autorités allemandes, qui décident de faire de son urbanisme, une vitrine de l’empire wilhelmien. L’éclectisme architectural se traduit par l’apparition de nombreux édifices de style néoroman, tels la Poste centrale, le temple Neuf ou une nouvelle gare ferroviaire ; de style néogothique, tels le portail de la cathédrale et le temple de Garnison, ou encore de style néo-Renaissance, tel le palais du Gouverneur. En 1901, 830 fidèles constituent un « comité pour la construction d'un nouveau temple ». L'empereur Guillaume II débloque 5 000 Goldmark pour le projet du temple de Queuleu.
Construction et aménagements
modifier
Œuvre de l’architecte Ludwig Levy de Karlsruhe, l’édifice est inauguré le [1], après trois ans de travaux. Comme le temple Neuf de Metz, l’édifice est construit dans un style néoroman, mais ici très largement réinterprété. L'édifice est construit en grès rose et en pierre de Jaumont, caractéristique assez rare à une époque où le choix du matériau de construction n’était pas anodin. La taille des pierres joue sur le contraste entre le bossage rustique du calcaire et la finesse du grès, ainsi que sur l’effet polychrome qui en résulte.
La porte d’entrée, dotée d’un large tympan sculpté, où domine une figure christique[1], est surmontée par trois baies en plein cintre. Les murs de la nef sont rythmés par des baies en plein cintre et par deux rosaces sur les bras d’un transept non saillant. Le clocher, hors-d’œuvre, est excentré sur le côté gauche de la nef. Il est surmonté par une sorte de loggia à balconnets. Situé dans un îlot de verdure, le temple semble dominer les rues avoisinantes.
L’aménagement intérieur est asymétrique. L’espace central, sous coupole, s’ouvre sur une galerie surmontée de tribunes[1].
Affectations successives
modifier
Le temple servait à la fois pour les militaires et les civils. Cette paroisse faisait partie du consistoire réformé et accueillait beaucoup de luthériens venus des régions voisines. Aujourd’hui, l’édifice n'est plus utilisé pour le culte réformé.
Une association s'est créée pour sauvegarder le temple face à un projet de vente car inutilisé depuis longtemps et présente des charges financières pour le consistoire[2].
Fermeture, menace de démolition et protection
modifierFermé au culte faute de fidèles à la fin des années 2010[3], l'édifice est mis en vente en 2022 par le consistoire de l'Église réformée d'Alsace et de Lorraine, son propriétaire, auprès d'un promoteur immobilier en vue d'une démolition et de la construction de logements[3],[4].
Une association de sauvegarde est créée en octobre 2022 par des habitants du quartier. Elle dépasse la centaine d'adhérents en décembre 2022, puis les quatre cents en février 2023[3],[5]. Le maire de Metz s'engage à mobiliser les outils réglementaires à sa disposition pour empêcher la démolition[3]. Le ministère de la Culture est saisi d'une demande de protection au titre des monuments historiques[5].
Sur avis de la commission régionale du patrimoine et de l'architecture du 22 novembre 2024, un arrêté préfectoral du 15 mai 2025 inscrit au titre des Monuments historiques le temple et son parc en totalité, y compris la clôture subsistante sur la rue de Queuleu. L'arrêté retient la représentativité de l'édifice dans le corpus des lieux de culte protestants bâtis pendant l'Annexion en Alsace-Moselle, la qualité de son décor sculpté et sa place dans l'œuvre de Ludwig Levy[6],[7]
Notes et références
modifier- 1 2 3 Marie Antoinette Kuhn : Les temples protestant de Metz, Ars-sur-Moselle et Courcelles-Chaussy : architecture et mobiliers, Les cahiers lorrains, 1995, (pp. 209-210).
- ↑ « Association de defense du temple », sur temple-metz-queuleu.com.
- 1 2 3 4 « [https://www.francebleu.fr/infos/societe/ metz-des-habitants-se-mobilisent-pour-la-sauvegarde-du-temple-protestant-de-queuleu-9810293 Metz : des habitants se mobilisent pour la sauvegarde du temple protestant de Queuleu] », sur France Bleu, (consulté le )
- ↑ Jean-François Michel, « [https://www. sitesetmonuments.org/Le-temple-de-Metz-Queuleu-sera-t-il-la-victime-d-une-operation -immobiliere Le temple de Metz-Queuleu sera-t-il la victime d'une opération immobilière ?] », sur Sites & Monuments, (consulté le )
- 1 2 « [https://courriermessin.fr/temple-protestant-de-queuleu-le-ministere -de-la-culture-mobilise/ Temple protestant de Queuleu : le ministère de la Culture mobilisé] », sur Le Courrier Messin, (consulté le )
- ↑ Préfecture de la région Grand Est, arrêté préfectoral n° 2025/138 du 15 mai 2025 portant protection au titre des monuments historiques du temple protestant de Queuleu à Metz, Recueil des actes administratifs, édition spéciale du 19 mai 2025.
- ↑ « Temple protestant de Queuleu », sur Plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, Ministère de la Culture (consulté le )
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Marie Antoinette Kuhn : Les temples protestants de Metz, Ars-sur-Moselle et Courcelles-Chaussy: architecture et mobiliers, Les cahiers lorrains, 1995, pp. 203-217 (en ligne).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la religion :
- Ressource relative à l'architecture :
