La Ten Year Rule (« Règle de dix ans » en français) était une ligne directrice politique britannique, adoptée en août 1919, qui supposait que l'Empire britannique ne serait ni engagé dans un conflit majeur, ni forcé d'envoyer des corps expéditionnaires aux quatre coins de l'Empire. Cette ligne fut utilisée pour pouvoir réduire le budget de la Défense et augmenter les dépenses sociales.

La « règle des dix ans » était une directive du gouvernement britannique, adoptée pour la première fois en , selon laquelle les forces armées devaient établir leurs estimations « en supposant que l’Empire britannique ne serait pas engagé dans une grande guerre au cours des dix années suivantes »[1].

Cette règle fut proposée par Winston Churchill, alors Secrétaire d’État à la Guerre et à l’Air en 1919. Lors d'un débat à la Chambre des communes en , le Premier ministre du Royaume-Uni, David Lloyd George, fit référence aux recommandations formulées par le duc de Wellington, Arthur Wellesley, après la fin des guerres napoléoniennes : « Il est peu probable que cette génération soit animée d'un grand désir de guerre. » [2]

L'ancien Premier ministre du Royaume-Uni, Arthur Balfour, rejeta la proposition. Au Comité de défense impériale, qui adopta la règle, Balfour déclare (sans succès) : « Nul ne pouvait affirmer qu’à un instant donné, la guerre était impossible pour les dix années à venir… Nous ne pouvions nous permettre de rester dans un état d’impréparation en nous basant sur une telle hypothèse. Suggérer que nous pourrions être prêts dans neuf ans et demi serait une suggestion des plus dangereuses.» [3].

En 1928, Churchill, alors chancelier de l’Échiquier, obtint du Cabinet qu’il rende la règle auto-entretenue, et elle resta donc en vigueur sauf démenti explicite. En 1931, le Premier ministre Ramsay MacDonald souhaita abolir la règle des dix ans, la jugeant injustifiée au regard de la situation internationale. Cette mesure fut farouchement contestée par le ministre des Affaires étrangères britannique, Arthur Henderson, qui parvint à la maintenir[4].

Cette règle entraîna de très fortes coupes budgétaires dans les dépenses de défense, celles-ci passant de 766 millions de livres sterling en 1919-1920 à 189 millions en 1921-1922, puis à 102 millions en 1932[5]. En , le Premier Lord de la Mer, Sir Frederick Field, affirmait dans un rapport au Comité de défense impériale que la Royal Navy avait décliné non seulement en force relative par rapport aux autres Grandes Puissances, mais « en raison de l'application de la "décision décennale" et du besoin criant d'économie, notre force absolue a également été... tellement diminuée qu'elle rend la flotte incapable, en cas de guerre, d'assurer efficacement la protection de notre commerce ». Field affirmait également que la marine était en deçà des normes requises pour maintenir ouvertes les communications maritimes britanniques en temps de guerre et que si elle se déplaçait vers l'Est pour protéger l'Empire, il n'y aurait pas assez de navires pour protéger les îles Britanniques et leur commerce contre les attaques, et qu'aucun port de tout l'Empire britannique n'était « suffisamment défendu »[6].

La règle des dix ans fut abandonnée par le Cabinet le . Mais le Cabinet affirme : « Il ne faut pas y voir une justification pour une augmentation des dépenses des forces armées sans tenir compte de la situation financière et économique très grave » dans laquelle se trouvait le pays en raison de la Grande Dépression au Royaume-Uni[7],[8].

Occurrence récente

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En 2010, la Royal Navy décida de retirer du service le HMS Ark Royal, unique porte-avions britannique, en 2011. Ce retrait intervint cinq ans plus tôt que prévu et jusqu'à dix ans avant l'entrée en service initialement prévue des nouveaux porte-avions de classe Queen Elizabeth. Un groupe d'amiraux à la retraite a critiqué la décision, la qualifiant de nouvelle « règle des 10 ans »[9].

Voir aussi

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Notes et références

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  1. Paul Kennedy, « The Rise and Fall of British Naval Mastery ». Penguin, 2004. p. 273.
  2. Rapport du Premier ministre sur la réduction des armements, à la Chambre des communes, 18 août 1919 (consulté le 22 octobre)).
  3. Barnett, The Collapse of British Power, p. 273.
  4. Kennedy, Rise and Fall, p. 296
  5. Paul Kennedy, The Realities behind Diplomacy. Fontana, 1981. p. 231.
  6. Barnett, The Collapse of British Power, p. 297.
  7. Kennedy, « Rise and Fall », p.285.
  8. Barnett, p. 301.
  9. « Admirals attack Harrier scrapping. » « https://web.archive.org/web/20110709011445/http://www.defencemanagement.com/news_story.asp?id=14702 »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), « PSCA International Ltd », 10 novembre 2010

Liens externes

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