Tenture de la vie seigneuriale

série de tapisseries du XVIe siècle

La Tenture de la vie seigneuriale est un ensemble de six tapisseries daté du début du XVIe siècle et conservé au musée du Moyen Âge de Cluny (Paris).

Tenture de la vie seigneuriale
La promenade, 1re tapisserie de la série.
Artiste
AnonymeVoir et modifier les données sur Wikidata
Date
XVIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Localisation

Histoire

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Les tapisseries de la tenture ne présentent pas de marque d'appartenance. Il s'agit probablement d'une œuvre réalisée non pas sur commande mais à l'avance, afin d'être proposée à des acheteurs potentiels[1]. L'ensemble est acquis par le musée en 1852 auprès du collectionneur rouennais Eustache de La Quérière. Les tapisseries sont notamment restaurées (nettoyage, doublage, rentrayage…) en 1937[2].

Description

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La tenture est composée de six tapisseries : La Promenade, Scènes galantes, Le Bain, La Broderie, La Lecture et Le Départ pour la Chasse. Celles-ci représentent différentes activités qui incarnent le raffinement de la vie aristocratique des années 1500. L'arrière-plan parsemé de motifs floraux, de végétaux et d'animaux rattache la tenture au style des mille-fleurs[1].

La Promenade

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Cinq personnages sont représentés en train de se promener. Un seigneur et une dame, habillée et coiffée à la mode italienne, sont accompagnés de deux suivantes, celles-ci vêtues à la mode française, et d'un page[1].

Scènes galantes

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La seconde tapisserie représente un groupe de nobles des deux sexes et leurs serviteurs. A gauche, un couple se tient enlacé. Plusieurs oiseaux sont présents, dont un perroquet, symbole de l'amour courtois, sur le bras de la femme au centre[1].

Le Bain

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Sur la troisième tapisserie, une femme se baigne dans un luxueux bassin de style Renaissance, entourée de ses suivantes. En arrière-plan figurent un flûtiste et une luthiste. Là encore, les suivantes sont habillées suivant la mode française, alors que la musicienne l'est à l'italienne. Plusieurs canards nagent dans une mare[1].

La Broderie

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A gauche, une dame vêtue à la française brode un coussin avec le monogramme IHS et un décor floral. A droite, une servante habillée à l'italienne porte un miroir et des pelotes[1].

La Lecture

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Un seigneur lit un texte ou bien chante pour une dame assise en train de filer une quenouille. Elle porte un chien sur ses genoux, tandis qu'à ses pieds un chat joue avec une pelote[1].

Le Départ pour la Chasse

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Un seigneur tient un faucon sur sa main, tandis qu'un lévrier est assis à ses pieds. Un hallebardier appuyé sur son arme l'accompagne[1].

Analyse

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La tenture présente une certaine pauvreté narrative due au réemploi des figures de personnages entre les œuvres de la tenture. Ce réemploi concerne aussi bien les personnages secondaires (par exemple, le jeune homme portant un fruit de la Promenade et des Scènes galantes) que principaux (par exemple la jeune femme au plateau du Bain et de la Promenade). D'autres figures sont issues de tapisseries n'appartenant pas à la série. Ainsi, le jeune homme au fruit apparait dans une tapisserie de la collection Martin Le Roy ; le jeune homme de la Lecture se trouve aussi sur la tapisserie de la Dame à l'Orgue (d) du château d'Angers. Le hallebardier du Départ pour la chasse, quant à lui, provient non pas d'une tapisserie mais d'une gravure d'Albrecht Dürer, Les Six Guerriers (1495-1496) : à l'exception de l'expression du visage et de la forme de la lame, la copie est très fidèle à l'original[3].

Cet usage de silhouettes prédéfinies ne permet pas de représenter les interactions entre les personnages. Toutefois, cela permet de réduire les coûts de fabrication de la tenture[3],[1].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Cluny.
  2. Joubert 1994, p. 113.
  3. 1 2 Joubert 1994, p. 115-116.

Annexes

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Bibliographie

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  • [Cluny] Musée de Cluny, « La Vie Seigneuriale » Accès libre, sur www.musee-moyenage.fr (consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Laura Weigert, « La spécificité de la tapisserie comme médium dans la constitution d'une image de la "Vie seigneuriale" », dans Andrea von Hülsen-Esch et Jean-Claude Schmitt, Die Methodik der Bildinterpretation: les méthodes de l'interprétation de l'image : Deutsch-französische Kolloquien 1998-2000 (actes de congrès), Göttingen, Wallstein Verlag, coll. « Göttinger Gespräche zur Geschichtswissenschaft » (no 16), , 581 p. (ISBN 3892445230), p. 529-550.
  • Jacqueline Guisset, « Mille fleurs, l’image de la nature dans la tapisserie du XVe siècle », dans Jean-Marie Cauchies and Jacqueline Guisset, Le château, autour et alentours (XIVe - XVIe siècles) : Paysage, parc, jardin & domaine, Brepols, , 277 p. (ISBN 978-2-503-52440-5 et 978-2-503-53986-7, DOI 10.1484/M.STAH-EB.3.2490 Accès payant), p. 222-235.
  • Fabienne Joubert, La tapisserie médiévale au Musée de Cluny, Paris, Réunion des musées nationaux, (1re éd. 1987), 227 p. (ISBN 2-7118-3145-0, lire en ligne Accès limité), p. 113-121. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Laura Weigert, « Chambres d'amour: Tapestries of Love and the Texturing of Space », Oxford Art Journal, vol. 31, no 3, , p. 317-336 (DOI 10.1093/oxartj/kcn030, JSTOR 20542848, lire en ligne Accès payant).

Articles connexes

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Liens externes

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  • Ressource relative aux beaux-artsVoir et modifier les données sur Wikidata :

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