Thème de Lavanville
Le Thème de Lavanville (en anglais : Lavender Town Theme) est une musique composée et écrite par Junichi Masuda pour Pokémon Rouge et Vert.
| Sortie | |
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| Enregistré |
1996
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| Genre | Musique d'ambiance, musique de jeu vidéo |
| Compositeur | Junichi Masuda |
Selon une creepypasta — une sorte de légende urbaine circulant sur internet —, elle aurait provoqué des blessures graves, entraînant souvent la mort, et aurait poussé au suicide un développeur de Game Freak[1]. La légende n'est parue qu'au Japon puis en France après la modification de la musique.
Contexte
modifierLavanville est une ville présente des jeux Pokémon Rouge, Vert, Bleu et Jaune, la première génération de jeux Pokémon. C'est la seconde ville du jeu qui ne contient pas d'arène (après le bourg-palette). Lavanville est décrite dans les jeux plus récents comme "Une ville calme mais austère, aussi connue pour son cimetière."[2] La quête principale de Lavanville étant effectivement de gravir la tour Pokémon, un grand monument dédié à la sépulture de ces derniers, hanté par les Pokémon spectres. L'ambiance de la ville se veut mélancolique, voire morbide, ce qui contraste avec l'ensemble des autres villes du jeu, en général plutôt joyeuses.

Musique
modifierLa mélodie de Lavanville est en permanence rythmée par un ostinato de quatre notes. Elle peut évoquer une marche funèbre. Elle est d'un rythme assez lent, plus lent que la plupart des autres mélodies du jeu. Elle fait beaucoup appel à des intervalles dissonnants, créés par l'utilisation de notes non-diatoniques, qui lui donnent un côté malaisant, ou sinistre. Comme des secondes ou des tierces mineures, ou encore l'intervalle de Triton. La tonalité de la musique est Mi mineur, mais elle utilise également des accords de Do Lydien[3].
Dans la seconde génération, Pokémon Or et Argent, la ville de Lavanville est également présente, mais sa mélodie est réinterprétée. Si l'essentiel des notes ne change pas, la mélodie est désormais accordée en do majeur, et possède quelques motifs supplémentaires qui la rendent plus apaisante.
Syndrome de Lavanville
modifierDescription
modifierLe syndrome de Lavanville est une légende urbaine qui circule sur internet. Selon elle, il y aurait eu une vague de suicides d'enfants à la suite de la commercialisation de Pokémon Vert et Rouge — les deux premières versions de la série Pokémon, qui ne sortirent jamais hors du Japon mais furent remaniés pour donner Pokémon Rouge et Bleu, qui sont eux sortis en Europe[4].
La cause en serait la musique jouée à Lavanville, qui aurait été composée de manière à pousser les enfants à se tuer, en utilisant des fréquences suraiguës audibles uniquement par des enfants, ainsi que des battements binauraux[4],[5].
Cause de sa viralité
modifierPatricia Hernandez, journaliste de Kotaku, explique la popularité du mythe par le fait que Lavanville et sa musique semblent totalement à part au sein du jeu. Il s'agit d'une ville sans arène ; la seule, si l'on excepte le village de Bourg Palette duquel le héros part. Son ambiance sombre, centrée autour d'un cimetière pour Pokémon, jure avec le reste de l'univers, et semble hors de propos dans un jeu vidéo dont le public cible est jeune, et dans lequel les blessures les plus graves se soignent par un simple passage au centre Pokémon[4].
Elle avance également — en accord avec Rich McCormick de Polygon — que le fait de situer la vague du suicide au Japon la rend plus difficile à vérifier, à cause de la difficulté pour un anglophone de rechercher une information sur un événement datant d'une dizaine d'années dans les médias japonais, à cause de la barrière de la langue[4],[5].
Un autre facteur explicatif est que l'idée qu'un produit lié à Pokémon puisse blesser celui qui le consomme ne paraît pas si incongrue. En effet, en 1997, un épisode de la série Pokémon, appelé Dennō Senshi Porigon, a effectivement été la cause d'évanouissements, de vomissements dont certains de sang[6], d'aphasie, d'hallucinations[7], et surtout de crises d'épilepsie chez des enfants japonais ; plusieurs centaines furent hospitalisés et 7 000 à 12 000 déclarèrent se sentir malades[8]. Ce cas n'a toutefois pas eu de suites graves.
Reprises
modifierPlusieurs variantes de la musique de Lavanville figurent sur YouTube. Elle a notamment été reprise par Smooth McGroove[9].
Notes et références
modifier- ↑ « Le syndrome de Lavanville ou la légende urbaine d'un Pokémon maléfique », sur Fier panda, (consulté le )
- ↑ Equipe Poképédia, « Page Poképédia de Lavanville », sur Poképédia, (consulté le )
- ↑ [vidéo] « The CREEPIEST Pokémon Theme Ever Written », Charles Cornell, , 15:38 min (consulté le )
- 1 2 3 4 Patricia Hernandez, « Pokémon's Creepy Lavender Town Myth, Explained », sur Kotaku, (consulté le )
- 1 2 Rich McCormick, « The 'true' story of a Pokémon game that turns you into a murderer », sur Polygon, (consulté le )
- ↑ (en) « TV Cartoon's Flashes Send 700 Japanese Into Seizures », sur nytimes.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Partial Seizure with Aphasic Speech Arrest Caused by Watching a Popular Animated TV Program (Epilepsia, Official Journal of the International League against Epilepsy) », sur onlinelibrary.wiley.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Pokemon Case Study », sur salemstate.edu (Université d'Etat de la Ville de Salem, Massachusetts) (consulté le )
- ↑ Brybry, « Le thème de Lavanville a capelle », (consulté le )