Problème indien

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Le problème Indien de Loveday est un très célèbre problème d'échecs qui, parce qu'il reposait sur une « idée », a donné naissance au terme thème indien (ou Loveday) et a, plus largement, engendré la notion de thème dans le domaine du problème d'échecs[4]. Le problème initial était incorrect (1. Rb2 ou 1. Fh1 sont aussi valables[5]), et il a été corrigé plusieurs fois. Il y a plusieurs phases : après la clé, une pièce se déplace pour qu'une autre pièce puisse intercepter provisoirement cette première pièce - en l'occurrence un « curieux » coup de fou pour franchir la case critique d2 afin de donner au roi noir, qui serait sinon pat, une case de fuite - et enfin le mat est administré.

H. A. Loveday
The Chess Player's Chronicle[1], 1845[2]
abcdefgh
8
Pion noir sur case noire b6
Fou blanc sur case noire h6
Pion noir sur case blanche b5
Pion noir sur case noire e5
Roi noir sur case blanche e4
Pion blanc sur case blanche g4
Pion blanc sur case blanche b3
Cavalier noir sur case blanche f3
Pion blanc sur case blanche a2
Pion blanc sur case noire f2
Fou blanc sur case blanche g2
Roi blanc sur case noire a1
Tour blanche sur case blanche d1
8
77
66
55
44
33
22
11
abcdefgh
Les Blancs jouent et font mat en 4 coups[3].

François Le Lionnais a écrit dans Le jeu d'échecs[6] que le problème indien « faisait appel à une manœuvre d'un type qui n'a pratiquement aucune chance de se présenter dans une partie et met en jeu un matériel conceptuel qui fait complètement défaut aux joueurs les plus forts, les plus ingénieux, les plus brillants ou les plus profonds » et que cela est à l'origine du clivage entre composition de problèmes[7] et partie contre un adversaire[8].

Historique

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La composition originale est tirée d'une lettre que le champion d'échecs anglais Staunton envoya des Indes : dans ce pays, écrivait-il, ce problème aurait déjoué toutes les tentatives de ceux à qui on le montrait. Staunton le fit publier dans le Chess Player’s Chronicle, avec l'indication que c'était le mat en quatre coups le plus difficile qu'il eut jamais vu, et que plusieurs des meilleurs joueurs anglais n'étaient pas parvenus à en trouver la solution. Il en fit d'ailleurs la couverture du magazine pour les numéros suivants.

Des années plus tard, on apprit que Staunton avait emprunté ce problème à un clergyman britannique en mission aux Indes, le Révérend Henry Augustus Loveday (1815–1848).

Si, d'un point de vue moderne, ce problème est incorrect car multi-démoli, l'idée qui le sous-tend fit fureur dans le monde échiquéen : les problémistes (entre autres Sam Loyd et Loveday lui-même) s'ingénièrent à en donner des versions corrigées (avec une solution unique). En l'espace de 50 ans, une nouvelle école de composition vit ainsi le jour en Allemagne, marquée par sa prédilection pour les mat multicoups. Caractéristique à cet égard est la parution, en 1903, d'un essai de Johannes Kohtz et Carl Kockelkorn intitulé : Das Indische Problem – Eine Schachstudie, où les auteurs se démarquent nettement de la tendance jusque-là prévalente dans le monde germanophone (problèmes à multiples variantes, sacrifices libératoires, etc.), l'École berlinoise de Johann Berger (1884).

Version corrigée

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abcdefgh
8
Fou blanc sur case noire h6
Pion noir sur case blanche b5
Pion noir sur case noire e5
Roi noir sur case blanche e4
Pion blanc sur case blanche g4
Pion blanc sur case blanche b3
Cavalier noir sur case blanche f3
Pion blanc sur case blanche a2
Pion blanc sur case noire f2
Fou blanc sur case blanche g2
Roi blanc sur case noire a1
Tour blanche sur case blanche d1
8
77
66
55
44
33
22
11
abcdefgh
Les Blancs jouent et font mat en 3 coups[9].

Notes et références

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  1. revue dirigée par Howard Staunton, mais le problème initial a aussi été publié dans la même année dans Le Palamède.
  2. Nicolas Giffard et Alain Biénabe, Le Guide des échecs : traité complet, Éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, (ISBN 9-782221-059135), 1993, p. 1343.
  3. Solution: 1. Rb1 b4 (seul coup légal) 2. Fc1 b5 (seul coup légal) 3. Td2 Rf4 (seul coup légal) 4. Td4# (Mat par échec double de la batterie des deux pièces blanches).
  4. Giffard et Biénabe, opus cité, p. 1273.
  5. Giffard et Biénabe, opus cité, p. 1343, mais on peut aussi citer: 1. a3, 1. Fg5, 1. Fe3, 1. Rb1, 1. Td6, 1. Td7 et 1. Td8.
  6. Presses universitaires de France, coll. Que sais-je ?, 1974, p. 96.
  7. laquelle s'apparente par bien des aspects à un art.
  8. laquelle est reconnue comme un sport.
  9. Solution: 1. Fc1 b4 (seul coup légal) 2. Td2 Rf4 (seul coup légal) 3. Td4# (Mat par échec double de la batterie des deux pièces blanches).