Théodore de Bry

dessinateur, graveur et éditeur liégeois (1528-1598)

Théodore de Bry, né à Liège en 1530 et mort à Francfort-sur-le-Main le , est un orfèvre, dessinateur, graveur et éditeur protestant.

Théodore de Bry
Autoportrait en 1597
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Père
Thiry de Bry (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Jean Théodore de Bry
Johann Israel de Bry (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Il est célèbre pour l'illustration et la publication de la série des Grands et Petits Voyages, qui décrit les expéditions européennes de découverte de l'Amérique – auxquelles il n'a pas assisté personnellement.

Famille

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Gobelets emboitables (stazbecher) du trésor de Pouilly-sur-Meuse, musée lorrain à Nancy
Grand-père paternel

Son grand-père paternel, Thiry de Bry l'aîné, est orfèvre[1]. Il a épousé Alide Renard, fille du prélocuteur (procureur en Belgique) N. Renard de Tilleur. Ils ont pour enfants Thiry le jeune et Alide de Bry. Alide (tante de Théodore de Bry) épouse en premières noces Noël de Fexhe en 1535 ; puis, 10 ans après le décès de Noël de Fexh vers 1560, Alide épouse en secondes noces Rigaut de Kemexhe en 1570[2].

Père

Son père, Thiry de Bry le jeune (en), est orfèvre et ciseleur renommé ; il a exécuté entre autres plusieurs calices et trois petites châsses en cuivre doré pour la cathédrale Saint-Lambert de Liège[3] – ces trois châsses, destinées aux reliques de saint Hubert, saint Remacle et saint Hadelin, sont exécutées sous le règne du prince-évêque Georges d'Autriche, donc entre 1544 et 1557[1].

Thiry le jeune a une première union[4], dont naît un fils (le troisième Thiry) qui porte le même nom que lui[2]. Puis il épouse le 24 mai 1521[5] Agnès Herve, fille de Johann de Herve, commissaire de la cité de Liège[6].

En 1536 il est nommé commissaire de la cité de Liège[1].

Année de naissance

A. Siret fait naître Théodore en 1528, sans indiquer d'où il tire cette date[7].

Abry donne 1530, date qu'il tire de Théodore de Bry lui-même - quoiqu'il nomme ce dernier « Jean Théodore » (mais les renseignement biographiques qu'il donne sont sans ambigüité : il parle bien de Théodore de Bry et non de son fils ou d'une autre personne)[8] :

« Jean Théodore, fils de Thierry de Bry, orfèvre, et d'Agnès fille de Jean de Herve, tous deux commissaires de la cité, naquit l'an 1530, comme il l'a marqué lui-même. »

— Louis Abry, Les hommes illustres de la nation liégeoise[8]

Lieu de naissance

Liège est à l'époque la capitale de la principauté de Liège, un État du Saint-Empire romain germanique régi par le prince-évêque de Liège.

Mariages, enfants

À Strasbourg, en 1560 il épouse Catherine ou Katharina Esslinger, elle-même Strasbourgeoise et fille de Johann Esslinger[n 1], le 20 novembre selon Gossieux et Fuchs[9], en octobre selon Groesen[10]. De ce mariage sont issus : Ottilia (Odile) en 1562, Johan Théodore en 1563, Johan Israel en 1565 et Johan Jakob en 1566[9],[11]. Johan Jakob n'est plus mentionné ensuite, ce qui suggère qu'il est mort en enfance[11].

Katharina meurt c. 1569 selon certains[12], probablement peu avant 1570 selon Groesen[11]. Plus tard, Johan Theodore et Johan Israel deviennent eux aussi graveurs sur cuivre[12].

En février 1570 il épouse Katharina Rölinger[12] (1542(?)–1610), fille d'un orfèvre luthérien[9], née à Francfort-sur-le-Main.

Il est cité comme Dietrich Brij[13] (son fils aîné est aussi appelé Hans Dietrich von Bry[14]. Il signe au moins une gravure par le nom de Derick Theodor de Brij[15] : une gravure de 1587 est signée “graven in Copper by Derick Theodor de Brij in the Cittye of London”[16]. Gossieux et Fuchs 1984 le prénomment Thierry.

Biographie

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Gobelet réalisé à Strasbourg entre 1560 et 1567, signé Dietrich Brey, sa marque d'orfèvre.
La découverte des Amériques, dans Americae Tertia Pars.
La ville de Pomeiooc, illustration gravée par de Bry, dans Harriot 1590

Il se forme à l'orfèvrerie auprès de son père, l'orfèvre Thiry de Bry le jeune (en) (1495–1590)[12],[17].

Strasbourg (1558 – 1576), orfèvrerie

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Il quitte Liège vers 1558 et rejoint Strasbourg, un déménagement probablement dû en partie aux restrictions imposées aux protestants à Liège : l'accession en 1557 de Robert de Berghes comme prince-évêque de Liège n'est pas favorable aux protestants, même si sa politique n'inclut pas de persécutions généralisées ni de confiscation des biens des réformés[10] ; après la paix d'Augsbourg en 1555, Strasbourg reçoit de nombreux protestants, quoique les libertés religieuses des calvinistes diminuent rapidement à l'instigation de luthériens stricts[18],[n 2]. La religion mise à part, de Bry peut aussi bien avoir choisi Strasbourg parce que c'est une ville commerçante dynamique[12] ; Abry note que « Jusqu'alors on n'avait pas considéré à Liège les artisans de curiosités, et c'est pour cela que quantité d'autres se sont expatriés pour chercher à vivre »[19]. Groesen donne Anvers et Strasbourg comme les deux pôles commerciaux d'Europe du Nord à l'époque[11].

À Strasbourg il s'intéresse à la gravure sur cuivre[12] ; et il y épouse Katharina Esslinger en 1560 (registre de mariage à l'appui). Noter qu'en 1560 il est déjà enregistré dans la liste de la guilde des orfèvres de la ville, ce pour quoi il faut d'abord avoir acquis la citoyenneté de la ville. Or il ne figure pas dans la liste des gens qui ont acquis cette citoyenneté par mariage ; il l'a donc acquise avant son mariage. De plus, les registres listant les personnes qui ont acquis la citoyenneté par leurs propres mérites ne commencent qu'en 1559, et son nom ne s'y trouve pas : il est donc arrivé à Strasbourg avant 1559[10].

En janvier 1569 il héberge dans sa maison de la Kesselgasse toute une famille de huguenots ayant fui les persécutions (véritables, celles-là[n 3]) de Champagne. C'est la famille de Claude Pioche, intendant des finances de Charles IX pour la Champagne. Noter qu'à peine 10 ans après son arrivée dans la ville il a une maison assez grande pour abriter un nombre conséquent de personnes en sus de sa famille – ce qui suggère qu'il n'est pas arrivé les mains vides dans la ville, contrairement à ce que lui-même affirme avec ses histoires de confiscations de biens à Liège et de rencontres avec des voleurs de grands chemins[18].

Son mariage en février 1570 avec Katharina Rölinger, native de Francfort-sur-le-Main, est le premier acte de sa vie mentionné dans les archives de la ville de Francfort ; il habite encore à Strasbourg[n 4] mais il visite régulièrement les foires de cette ville dans le début des années 1570 sinon déjà avant, et y fait du commerce[11].

Il se lie avec le graveur parisien et huguenot Étienne Delaune, fuyant les persécutions et arrivé à Strasbourg en 1573. Les oeuvres artistiques de de Bry, et même les premiers travaux de ses jeunes fils, semblent avoir été influencés par Delaune à partir de cette époque. Puis le Magistrat de Strasbourg durcit encore sa position en regard de la religion protestante, et en 1576 Delaune quitte Strasbourg pour Augsburg. De Bry se décide à quitter Strasbourg lui aussi[20].

Anvers (1577/1578 – 1584/1585 ou début 1586), gravure sur cuivre

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La pacification de Gand de 1776 a quelque peu diminué les tensions religieuses aux Pays-Bas[12]. Fin 1577 ou en 1778, il s'installe à Anvers. Sans en avoir la citoyenneté, il entre quand même dans la guilde des orfèvres d'Anvers et dans la guilde de Saint-Luc[20] ; pour cette dernière il se désigne comme « Dierick le graveur sur cuivre et orfèvre »[13]. Sa femme et ses enfants le rejoignent en 1581, après avoir vécu à Francfort dans l'intervalle. De Bry loue alors une grande maison dans la Huydevetterstraat (son loyer est parmi les plus élevés de cette rue). Dès 1581 Johan Theodore devient membre de la guilde des orfèvres d'Anvers, en tant qu'apprenti de son père[n 5]. En 1582 Johan Israel rejoint aussi l'atelier paternel, suivi de trois autres apprentis[13]. À Anvers, de Bry se rapproche du relieur et imprimeur français Christophe Plantin[12], qui connaît son plus grand développement dans les années 1570.

Les gravures donnant des sujets susceptibles de servir de décorations pour l'orfèvrerie (joyaux, petit mobilier, manches de couverts de table ornés…) sont très demandées par les orfèvres du nord de l'Europe[21],[n 6] ; le dessin d'ornementations pour d'autres artisans est une activité courante pour les orfèvres abordant la gravure à la fin du XVIe siècle. Inspiré par les Gerard de Jode, Maarten de Vos, Philippe Galle et autres membres célèbres de la guilde de Saint-Luc, son style ornemental discret inspiré par Delaune devient plus figuratif et plus grand, plus chargé aussi : les sujets principaux, au centre, sont entourés de scènes plus petites voire miniatures dans les coins supérieurs droit et gauche. Ces planches imprimées d'ornementation élaborée sont à la mode jusqu'en Angleterre, et ont pu graduellement devenir sa source principale de revenus[22].

Cette époque marque aussi un tournant majeur de l'imprimerie : jusqu'à la fin des années 1560, les planches des livres imprimés sont toutes gravées sur bois, par le procédé de taille d'épargne. La gravure sur cuivre pour les livres est introduite vers 1565, utilisant un procédé à deux étapes : une première passe avec des planches en taille d'épargne, et une deuxième passe avec des planches de cuivre gravé utilisant des presses à taille-douce. Le produit fini est plus cher puisqu'il demande plus de manipulations et une fouble grabure, mais la taille-douce donne des imprimés (textes et images) nettement plus précis. Plusieurs livres de cette époque sont imprimés en deux séries, une version bon marché imprimée sur bois et une version chère utilisant aussi les planches sur cuivre. Quand de Bry arrive à Anvers[22], l'imprimeur Christophe Plantin est célèbre pour son utilisation des planches gravées sur cuivre[23].

Le séjour à Anvers apporte à de Bry une évolution importante de son style et le développement de son savoir-faire pour la gravure d'imprimerie ; mais l'élément indispensable pour son futur succès reste les alliances qu'il y établit. Les relations qui l'aideront à intégrer et s'imposer dans la société de Francfort de 1588 marquée par la ségrégation religieuse, ne sont pas ses amis de Liège ou ses frères de guilde de Strasbourg ; ce sont les Philippe Galle, Franciscus I Raphelengius (gendre de C. Plantin), Quentin Metsys le Jeune, et les familles Hoefnagel et Van der Heijden, dont il fait connaissance à Anvers[23].

La famille reste dans la Huydevetterstraat au moins jusqu'en 1584. La date de départ est incertaine. Un document indique que la famille a quitté Anvers probablement peu avant l'exode en masse des protestants subséquent à la reprise de la ville par les Espagnols en août 1585. En août 1584 l'orfèvre Hans van Balen informe les magistrats d'Anvers qu'« il a entendu dire quelques jours auparavant que Diricken de Brey, qui travaillait pour lui, s'apprêtait à quitter Anvers sous peu et que lui, Van Balen, ne lui assignerait donc plus de travaux ». Dans les registres pour 1586, son nom est inscrit puis barré plus tard, ce qui indique que les De Bry ont quitté Anvers au plus tard courant 1586[13].

Londres (1585/1586 – 1588), gravure sur cuivre

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La famille séjourne à Londres de 1585 ou 1586 à 1588[23].

Il est possible qu'il ait mis à profit ce séjour pour trouver ou retrouver des membres de sa famille. Il y a à l'époque un peintre du nom de Jacques ou James de Br(a)y installé à Londres, et le nom de James (Jacques, Jacob) est courant dans la famille de Théodore de Bry ; mais leur degré de parenté, s'il y en a un, est inconnu. Il y a aussi à Canterbury une famille en vue du nom de ‘Du Bry’ dans le milieu des réfugiés religieux, mais là aussi le lien avec T. de Bry est inconnu ; De Bry n'a pas laissé de mention écrite de Canterbury, et les registres de l'église wallone à Canterbury manquent pour les années 1584-1590[24].

Le réel motif de ce séjour à Londres est la publication de la traduction en anglais du livre de Lucas Janszoon Waghenaer sur la navigation, Spiegel der zeevaert[n 7] ("The Mariners Mirrour, en français "Mirroir du Marin"), publié en néerlandais en 1584 par Christophe Plantin[25],[15] – ce livre est un atlas de cartes nautiques et donne de nombreux conseils pour la navigation sur les côtes d'Europe de l'ouest et du nord-ouest (sans l'Irlande, que Waghenaer inclut dans son Thresoor der Zeevaert publié à Leyde en 1592[26]). Il est traduit et publié en latin (sous le titre Speculum nauticum super navigatione maris occidentalis confectum) en 1586[26],[27],[n 8]. Anthony Ashley (en) (1551–1627), greffier du Conseil privé (en), le traduit en anglais[n 9] et le fait publier en 1588. Nous ne savons pas si Ashley a été chargé de cette traduction en 1586 ou 1587, ni s'il a traduit directement de l'original en néerlandais ou de la version en latin[n 8]. Toujours est-il que, souhaitant obtenir la même qualité d'imprimerie que l'édition originale, il fait appel à des artisans d'Anvers[15], qui bénéficient d'une avance technique réputée pour l'imprimerie avec la gravure sur cuivre[22]. De Bry est l'illustrateur principal pour ce projet[15] ; les autres illustrateurs sont Jodocus Hondius, Augustine Ryther (en)[n 10] et Johannes Rutlinger[27]. De Bry copie 10 des 14 cartes de l'original créées par la famille néerlandaise Van Doetecum (dont Joannes van Doetecum l'aîné (en)) ; et modifie légèrement la page de titre de Waghenaer. Deux de ses illustrations sont datées de 1588 : il a pris du retard sur ce projet, ce qu'Ashley cite dans sa préface – sans le nommer – comme l'une des deux causes du délai de publication (« I was forced to take such time for this worke [celui du Conseil privé], as I could, by stealth, both for the translation itselfe and for the over-seeing of the negligent gravers. »)[15].

C'est que de Bry est aussi occupé ailleurs : le très en vue Philip Sidney, blessé à la bataille de Zutphen le 22 septembre 1586, meurt de sa blessure quelques semaines après ; sa procession funéraire dans Londres le 16 février suivant est un événement quasi-national ; elle est dessinée par l'Anglais Thomas Lant (en) et de Bry grave les plaques en cuivre pour imprimer une série de ces dessins[15],[16].

Outre ces travaux, la seule autre œuvre connue subsistant de cette période anglaise est un portrait de Henri de Navarre, futur Henri IV, lui aussi daté de 1587[15].

À Londres, de Bry rencontre le géographe Richard Hakluyt[31] et commence à recueillir des récits et des illustrations de diverses explorations européennes, notamment le témoignage de Jacques Le Moyne de Morgues.

Francfort (1588-), imprimerie

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Le climat social de l'époque à Francfort

À cette époque, Francfort a une place centrale dans le réseau de commerce européen. Ses magistrats sont luthériens et sont ambigus en regard des calvinistes. Au début de la deuxième moitié du XVIe siècle, ils accueillent favorablement les riches marchands calvinistes venant des Pays-Bas parce que ces derniers renforcent la position économique de la ville. Mais ces Néerlandais sont habiles en commerce, et mettent la main sur les manufactures et le commerce local sans pour autant se conformer aux structures existantes des guildes. Les artisans de Francfort, soutenus après un temps par les notables locaux, se plaignent de la relâche dans les procédures d'immigration. Conséquemment, vers 1560 la ville voit un exode de ses entrepreneurs calvinistes d'arrivée récente. Puis le milieu des années 1570 voit de nouveau un afflux des calvinistes néerlandais malgré leur relatif isolement social et religieux. Les 1 500 Néerlandais de 1575 deviennent 2 800 vers 1590 ; en 1600 ils sont environ 4 000, soit 1/5e des habitants de la ville. Vers 1588 les entrepreneurs étrangers sont encore acceptés mais pas vraiment à bras ouverts. Carolus Clusius, venant de Vienne; arrive à Francfort en 1588 et note que “les autorités ne sont pas enthousiastes vis-à-vis des étrangers […]. Tous (les notable de Francfort) sont entrepreneurs et comme ils ne sont intéressés que par le profit, ils n'ont aucun penchant pour les Muses”[32].

L'arrivée de la famille

La famille revient à Francfort-sur-le-Main en septembre 1588. Comme nombre de ses prédécesseurs immigrants, de Bry ne cherche pas à faire partie d'une guilde[32]. Il commence une entreprise d'imprimerie / publication[33]. À la fin octobre, il demande la citoyenneté de Francfort, se déclarant “citoyen de Strasbourg” (“Bürger zu Strassburg”) ; les magistrats exigent qu'il renonce à sa citoyenneté de Strasbourg avant que lui soit accordée celle de Francfort – ce qui délaie sa pleine intégration à Francfort de plus de deux ans, et qui ne le dispense pas de payer les taxes de la ville dès son arrivée en 1588[32]. Il profite à fond des relations qu'il a établies à Anvers avec des calvinistes ayant des racines à la fois à Anvers et à Francfort. Il n'a guère le temps de profiter de son amitié avec Quentin Metsys le Jeune, qui meurt à Francfort en 1589 (avec le joailler David van Brussel il est co-executeur du testament de Metsys). Mais il est lié aux artistes Joris Hoefnagel et son fils Jacob Hoefnagel qui travaillent avec Théodore et ses fils entre 1592 et 1596 ; aux frères Soreau, commerçants en laine de grande influence ; au riche marchand de soie Balthasar van der Hoijken, qui est aussi lié aux frères Soreau ; en 1594 il arrange un double mariage de ses fils avec les filles du marchand de fourrure Marsilius van der Heijden. La plupart de ces calvinistes s'installent à Francfort après 1585, ce qui facilite l'intégration des de Bry à leur arrivée dans la ville[33].

En 1591 il achète une maison dans la Schüppengasse, où habitent nombre de ces calvinistes[33].

Puis, comme auparavant à Strasbourg, l'intolérance envers le calvinistes augmente à Francfort. Après juillet 1596, ils doivent faire plusieurs kilomètres hors de la ville pour pratiquer leur religion. Bon nombre d'entre eux décide de quitter Francfort pour rejoindre Hanau (à seulement 25 km à l'est de Francfort), où le jeune comte Philippe Louis II de Hanau-Lichtenberg les accueille si volontiers pour leur contribution à l'économie de sa ville. Le débat entre quitter pour Hanau ou rester en place divise la congrégation. Les de Bry sont tentés de partir, mais finalement décident de rester à Francfort - ce qui, semble-t-il, endommage quelque peu leur relation avec les frères Soreau qui, eux, rejoignent Hanau[33].

Après 1590 les de Bry se tournent presque entièrement vers la publication. Theodore de Bry se définit comme orfèvre encore plusieurs années après 1590, mais après 1593 il rajoute “graveur sur cuivre” à sa profession ; et juste avant sa mort en 1598 il cite même “artiste”[34].

Il meurt en 1598, à l'âge de 70 ans.

Grands et Petits Voyages

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Théodore de Bry commence en 1590 la collection bien connue sous le nom de Grands Voyages et Petits Voyages, une série de publications illustrant des voyages de découverte et d'exploration dans diverses parties du monde. Il base ses illustrations sur les observations communiquées par les explorateurs, car lui-même ne fait aucun voyage d'exploration aux Amériques ou ailleurs. Cette série est poursuivie pendant 54 ans, totalisant au final 57 pièces distinctes qui contiennent plus de 500 gravures sur cuivre[35].

Les Grands Voyages traitent principalement des voyages de découverte et d'exploration vers l'Amérique ; les Petits Voyages, qui sont publiés dans un format légèrement plus petit, traitent des voyages de découverte et d'exploration principalement vers d'autres parties du monde[35].

De Bry meurt après que les sept premières parties des Grands Voyages aient été imprimées. Ensuite, la série est augmentée (gravure sur cuivre et imprimerie) d'abord par ses deux fils Johann Theodore de Bry et Johann Israel de Bry, puis par son grand-gendre Mattheüs Merian[35]. Son gendre Wilhelm Fitzer a publié la partie XII des Petits Voyages[36].

Ces illustrations sont des documents historiques, et sont aussi parmi les premières gravures sur cuivre jamais publiées pour illustrer les premiers voyages de découverte et les voyages d'exploration[35].

Œuvres

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Gobelet tripode du trésor des Trois-Épis, musée Unterlinden à Colmar

Aucune illustration de De Bry n'est connue pour la période avant 1577 ; par contre plusieurs pièces d'orfèvrerie demeurent de la période 1560-1567 à Strasbourg. Pour la période à Anvers, c'est l'inverse : de nombreuses gravures, mais pas de pièce d'orfèvrerie connue[21].

Orfèvrerie

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Les pièces d'orfèvrerie de son époque sont rares. Michèle Bimbenet-Privat, conservateur en chef au musée du Louvre, indique que pendant l'Ancien Régime (de la Renaissance à la Révolution française) il étant courant de les fondre pour battre monnaie et payer les troupes militaires. L'orfèvrerie de cette période a donc presque entièrement disparu[37],[38].

Parmi ses productions d'orfèvrerie datant de sa période à Strasbourg, deux gobelets emboitables en argent ciselé (eux aussi signés Dietrich Brey) ont été retrouvés dans le trésor de Pouilly-sur-Meuse découvert en 2006 et classé trésor national[39].

Un autre gobelet, tripode celui-là et lui aussi signé Dietrich Brey, fait partie du trésor des Trois-Épis découvert en 1864 sous la cour-parvis de la chapelle Notre-Dame-des-Trois-Épis et qui se trouve maintenant au musée Unterlinden (voir l'article sur la chapelle, section « Le trésor des Trois-Épis »).

Une coupe par Dietrich Brey en argent ciselé partiellement doré a été vendue aux enchères de Christie's en 1994 pour 34 000 francs suisses[40].

Gravures, publications

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Grands voyages

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  • premier livre de la série "Grands Voyages"[41] : (la) Thomas Hariot (trad. de l'anglais par Carolus Clusius, ill. Théodore de Bry), Admiranda narratio fida tamen, de commodis et incolarum ritibus Virginiae, nuper admodum ab Anglis, qui à Dn. Richardo Greinvile equestris ordinis viro eò in coloniam anno M.D.LXXXV Deducti sunt inuentae, sumtus faciente Dn. VValtero Raleigh equestris ordinis viro fodinaru[m] stanni praefecto ex auctoritate serenissimae Reginae Angliae. Anglico scripta sermone à Thoma Hariot, eiusdem Walteri Domestico, in eam colobiam misso ut regionis situm diligenter observaret. Tipis Ioannis Wecheli, sumtibus vero Theodori de Bry [« Un récit admirable et fidèle des commodités et des coutumes des habitants de Virginie, récemment découverts par les Anglais, qui furent amenés dans la colonie par M. Richard Grenville, chevalier, en l'an 1585, après avoir été capturés par M. Walter Raleigh, chevalier, gouverneur des mines d'étain, sous l'autorité de la sérénissime reine d'Angleterre. Discours écrit en anglais par Thomas Hariot, domestique du même Walter, envoyé dans cette colonie pour observer attentivement la situation de la région. Manuscrits dactylographiés de Johannes Wechel, aux dépens de Théodore de Bry »], Francfort-sur-le-Main, impr. Johan Wechel / Théodore de Bry, (lire en ligne).
  • deuxième livre de la série "Grands Voyages" : (la) Jacob le Moyne (trad. Carolus Clusius, ill. Théodore de Bry), Brevis narratio eorvm qvae in Florida Americæ provicia Gallis acciderunt : secunda in illam nauigatione, duce Renato de Laudõniere classis præfecto, anno MDLXIIII, qvae est secvnda pars Americæ : additæ figuræ & incolarum eicones ibidem ad vivu expressæ, brevis item declaratio religionis, rituum, vivendique ratione ipsorum [« Bref récit des événements survenus aux Français dans les provinces de Floride en Amérique : le deuxième de ce voyage, mené par Renato de Laudôniere, maître de la flotte, en l'an 1563, qui est la deuxième partie de l'Amérique : figures et images ajoutées des habitants exprimés de manière vivante, un bref exposé de leur religion, de leurs rites et de leur mode de vie »], Francfort-sur-le-Main, Théodore de Bry, (lire en ligne).
  • (la) Americae tertia pars memorabilẽ provinciæ Brasiliæ historiam continẽs, Germanico primùm sermone scriptam à Ioãne Stadio, nunc autem Latinitate donatam à Teucrio Annæo Priuato Colchanthe [i.e. J.A. Lonicer] Addita est narratio profectionis Ioannis Lerij in eamdem provinciam, quã ille intio Gallicè conscripsit, postea verò Latinam fecit [« La troisième partie consacrée à l'Amérique relate l'histoire mémorable de la province du Brésil, d'abord écrite en allemand par Jean Stadio, puis traduite en latin par Teucerius Annaeus Priuatus Colchanthes [c'est-à-dire J.A. Lonicer[n 11]]. On y trouve également le récit du départ de Jean de Léri pour cette même province, qu'il écrivit d'abord en gaulois, puis en latin »], (lire en ligne).
  • (la) Americae pars quarta. Sive, Insignis & admiranda historia de reperta primùm Occidentali India à Christophoro Columbo anno M CCCCXCII [« L'Amérique, quatrième partie. Ou, l'histoire remarquable et admirable de la première découverte de l'Inde occidentale par Christophe Colomb en l'an 1492 »], (lire en ligne).
  • (la) Jérôme Benzoni (ill. Théodore de Bry), Americae pars qvinta Nobilis & admiratione plena Hieronymi Bezoni Mediolanensis, secundae sectionis hiã. Hispanorum : tùm in Nigrittas seruos suos, tùm in Indos crudelitatem, Gallorumq pirataru de Hispanis toties reportata spolia : aduentu item Hispanoru in Nouam Indiæ continentis Hispaniam, eorumq contra incolas eius regionis sæuitiam explicans addita ad singula fere capita scholia, in quibus res Indiæ luculenter exponuntur ; accessit præterea tabula chorographica nouæ Hispaniæ in India Occidental [« La cinquième partie consacrée à l'Amérique Noble & rempli d'admiration Hieronymi Bezoni de Milan, deuxième section ici. Les Espagnols : tant chez les Nigrittas, leurs serviteurs, que chez les Indiens, la cruauté, les butins si souvent rapportés des Espagnols par les pirates gallois : l'arrivée des Espagnols sur le nouveau continent indien, leur cruauté envers les habitants de cette région expliquée, ajoutée à chaque chapitre presque des scholies, dans lesquelles les choses de l'Inde sont clairement expliquées ; il y a aussi une table chorographique de la Nouvelle-Espagne aux Antilles »] (contient le deuxième livre de l'Historia del Mondo Nuova de Benzoni, en latin traduit de l'italien par Urbain Chauveton), Francfort-sur-le-Main, (lire en ligne).
  • (la) Jérôme Benzoni (ill. Théodore de Bry), Americae pars sexta, sive Historiae ab Hieronymo Bezono Mediolanëse scriptae, sectio tertia […]. In hac enim reperies, qua ratione Hispani opuletissimas illas Peruäni regni provincias occuparint, capto Rege Atabaliba: deide orta inter ipsos Hispanos in eo regno civilia bella. Additus est brevis de Fortunatis insulis commentariolus [« La sixième partie de l'Histoire de l'Amérique, écrite à Milan par Jérôme Benzon, troisième section […]. Vous y découvrirez comment les Espagnols occupèrent les provinces les plus opulentes du royaume du Pérou, après la capture du roi Athabaliba ; des guerres civiles éclatèrent alors parmi les Espagnols de ce royaume. Un bref commentaire sur les Îles Fortunées y est ajouté »], Francfort-sur-le-Main, (lire en ligne).
  • (la) Ulrich Schmidel (trad. Gotthard Arthusius Dantiscanus (en), ill. Théodore de Bry), America pars VII : Verissima et iucundissima descriptio praeciparum quarundam Indiae regionem & insularum, quae quidem nullis ante haec tempora visae cognitaeque […] [« Amérique, partie VII : Une description très fidèle et charmante de certaines régions et îles principales de l'Inde, qui n'ont en effet jamais été vues ni connues de personne avant ces temps-ci […] »], Francfort-sur-le-Main, (lire en ligne).
  • (en) Lucas Janssen Wagenaer (trad. du néerlandais par Anthony Ashley (en), ill. Théodore de Bry), The Mariners Mirrour [« Eerste deel vande Spieghel der zeevaerdt »] (première publication en néerlandais en 1584, traduit et publié en latin en 1586), London, John Charlewood, (lire en ligne),[n 12].
  • (la) Jean-Jacques Boissard (ill. Théodore de Bry), I. Pars Romanae vrbis Topographiae & Antiquitatum […], t. 1, Francfort-sur-le-Main, impr. Théodore de Bry, (lire en ligne).
t. 2, 1597
t. 3, 1597
t. 4, 1598

Il illustre seulement les quatre premiers volumes de la série de six volumes de Romane urbis Topographia et Antiquitates ; les deux derniers volumes de cette série sont illustrés par ses fils Jean Théodore de Bry et Jean Israel de Bry[31] associé à Sébastien Furck (en) (~1589-1666)[n 13].

  • (la) Jean-Jacques Boissard (ill. Théodore de Bry), Icones qvinqvaginta virorvm illustrium doctrina & eruditione praestantium ad vivum effictae, cum eorum citis descriptis a Ian Iac Boissardo Velunti; Omnia recens in aes artificiosé incisa & demum foras data per Theodorum de Bry Leodiens [« Icônes de cinquante hommes illustres, distingués par leur savoir et leur érudition, rendus vivants, avec leurs brèves descriptions par Jan Jacques Boissard Velunt ; toutes récemment sculptées en bronze artistique et enfin publiées par Théodore de Bry Léodiens »], Francfort-sur-le-Main, impr. Théodore de Bry, , 300 p. (lire en ligne).
Ce livre comporte deux tomes, présents dans un seul volume et leurs pages respectives sont numérotées en un seul ensemble de 1 à 300. Les planches 3 et 4 sont de Johann Adam Lonicer et ont été imprimées par Matthaeus Becker (1576-1612) pour les héritiers de de Bry. Le portrait gravé de Boissard est par de Bry (il apparaît deux fois, au début de chaque tome). Deux portraits sont signés « EN » et un autre portrait est signé « CH » ou « GH ».

Notes et références

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  1. ↑ Johann Esslinger pourrait être le premier époux de Sarah Rihel, sœur des imprimeurs Josias et Theodosius Rihel qui se remarie le 11 octobre 1558 avec l'imprimeur Samuel Emmel. Voir « Emmel, Samuel », sur alsace-histoire.org, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace (consulté le ).
  2. ↑ De Bry figure dans une liste de 1562, qui comprend 26 membres de la congrégation Réformée préparés à disputer les mesures restrictives, signant une pétition pour que les magistrats de Strasbourg rouvrent leur église Saint-André (fermée au culte peu avant) et permettent l'installation d'un ministre du culte de langue française[18].
  3. ↑ Pour les persécutions des huguenots en Champagne au XVIe siècle, voir Guerres de religion en France (qui commencent avec la première de ces guerres en 1562-1563), dont le massacre de Wassy en mai 1562. La Champagne fait partie des régions sous l'emprise des catholiques, dont François de Guise et ses alliés, qui s'opposent aux protestants (dont le prince de Condé) dans la lutte pour la maîtrise du pouvoir royal – Henri II meurt en 1559, son successeur François II est encore un adolescent faible, il meurt en 1560 et est remplacé par Charles IX encore plus jeune (10 ans).
  4. ↑ Gossieux et Fuchs 1984 affirment qu'il est déjà installé à Francfort en 1570, ce qui est une erreur.
  5. ↑ Groesen 2007, p. 48, note 38 : curieusement, Johan Theodore de Bry est aussi enregistré par la guilde des orfèvres d'Anvers comme apprenti de son père en 1579. Il est possible que cette inscription ait été faite lors d'une visite du fils aîné de Théodore, qui a 16 ou 17 ans en 1579 ; elle est en tout cas un signe de la position importante qu'il acquiert bientôt dans l'entreprise De Bry.
  6. ↑ Groesen 2007, p. 48, dit qu'une gravure de T. de Bry sert de base pour la décoration d'un encrier d'argent filigranné sur fond d'ébène, une pièce de la collection Jones conservée au Victoria & Albert museum de Londres. Une photo de cet encrier se trouve dans (en) Michael Darby, « Inkstand by Theodor de Bry », New York, Viking Press, , p. 201 (il faut ouvrir un compte gratuit permettant d'"emprunter" virtuellement le livre, pour avoir accès à cette page). La photo est accompagnée d'une légende :
    « Inkstand by Theodor de Bry (1561-1623) — Ebony and silver — German (Frankfurt) […] 840-1882 »
    Les dates sont celles correspondant au fils aîné, Johann Theodore de Bry (avec 1561 mis pour 1563). Pour autant qu'on sache, le fils a produit de nombreuses gravures qui ont servi de base pour des décorations de pièces d'orfèvrerie mais il n'a jamais produit d'orfèvrerie. Si l'encrier a été fabriqué par un de Bry, il s'agit de Théodore – au vu de ses autres travaux d'orfèvrerie connus, il est tout à fait qualifié pour produire un objet de cette qualité.
    Ce n'est pas ce que dit Groesen, ou plutôt ce qu'il ne dit pas :
    « Prints such as these were in demand among goldsmiths in Northern Europe. A contemporary ink stand was made after ornamental prints by Theodore de Bry, and his engravings for jewellery and knife-handles were probably even more widely used. »
    La tournure de phrase ne ferme pas la porte à l'interprétation selon laquelle de Bry serait le fabricant de l'encrier. Mais la proposition mentionnant l'encrier fait l'impasse sur son fabricant et est immergée dans un contexte qui ne parle que des illustrations inspirant l'ornementation des objets, ce qui suggère que pour Groesen l'encrier a été fabriqué par un autre orfèvre qui l'a orné d'après des gravures de de Bry. Théodore est là aussi tout à fait qualifié pour avoir lui-même produit ces gravures.
    Darby, décrivant les objets du musée, indique les artisans qui les ont fabriqués ; il ne dit pas « ornementation d'après (une/des gravure/s de) de Bry », ce qui est l'usage pour mentionner la source d'inspiration. Pour lui, de Bry est le fabricant de l'objet.
  7. ↑ Des guides de navigation existent déjà. Il y a par exemple Arte de Navegar de l'Espagnol Pedro De Medina en 1545, ou De arte atque ratione navigandi du Portugais Pedro Nunes en 1573. Parmi les premières chartes nautiques publiées aux Pays-Bas se trouvent celles de Jan Seversz (1532), Jan Jacobsz (1541), Cornelis Anthonisz (1544) et Jan Ewoutsz (1558). Elles diffèrent des chartes nautiques modernes : ce sont plutôt des textes accompagnés de profils de côtes, décrivant les points marquants tels que les ports, phares et estuaires, et donnent des tables de marées, indiquent des profondeurs et parfois renseignent sur la nature des sols.
    Avec les années 1580, le livre de Waghenaer et celui de Albert Haeyen (nl), autre Néerlandais, marquent une transition vers une cartographie maritime scientifique et systématique – et une transition du sud vers le nord de l'Europe.
  8. 1 2 Un site affirme qu'une seconde partie est publiée (en néerlandais) en 1585, rééditée plusieurs fois et traduite en anglais, allemand, latin et français[28]. L'affirmation sur les traductions est fausse : la traduction en latin est incontestablement venue avant la traduction en anglais[26],[27] ; ce qui rend douteuse l'affirmation sur une 2e partie publiée (séparément) en 1585.
    Noter que l'édition en allemand est la première publication de l'atlas imprimée par Claes à Amsterdam en 1589 ; elle a été éditée par Richard Slotboom (qui a peut-être fait la traduction en allemand)[29].
  9. ↑ Selon Charles Henry Coote (en), dès 1585 le lord amiral Charles Howard (amiral 1585-1619) attire l'attention du conseil privé sur l'importance capitale du Spiegel der zeevaert pour la maîtrise maritime. Suite à quoi Ashley (en) est chargé d'en publier une traduction en anglais, et il fait cette traduction à partir de l'édition néerlandaise[30] – ce qui est possible, car il maîtrisait plusieurs langues apprises lors de voyages qui faisaient partie de la formation classique des jeunes aristocrates[30] et le néerlandais était à l'époque le langage d'une puissance maritime importante.
    Selon d'autres, Ashley est commissionné par le lord chancelier Christopher Hatton pour produire une version anglaise (ce qui n'est pas incompatible avec la version de Coote) ; et il fait la traduction à partir de la version latine de 1586[27].
    Ashley dédie sa traduction à Hatton (qui est aussi mentionné en bas de la page donnant les armes d'Angleterre) ; la dédicace au début de la préface est signée du 20 octobre 1588 et précise qu'Ashley s'est engagé auprès de Hatton pour faire publier cette traduction « plus de un an avant » la publication, donc au plus tard fin été 1587 et vraisemblablement après décembre 1586 sinon Ashley aurait écrit « presque deux ans avant » au lieu de « plus de un an avant ». Du point de vue des dates, il a donc aussi bien pu faire la traduction depuis l'édition latine de 1586, ou depuis l'édition originale en néerlandais de 1584 comme l'affirme Coote. Reste à savoir s'il lisait le néerlandais.
  10. ↑ Ryther a aussi gravé des cartes de Christopher Saxton (en)[27].
  11. ↑ Teucerius Annaeus Priuatus Colchanthes pour Johan Adam Lonicer : voir « Lonicerus, Johann Adam, 1557-approximately 1610 », sur digitalcollections.folger.edu, Folger Shakespeare Library digital collections ; ou « Johann Adam Lonicerus », sur deutsche-digitale-bibliothek.de, qui donne de nombreux synonymes pour J.A. Lonicer.
  12. ↑ Titre complet en anglais : The Mariners Mirrour Wherin may playnly be seen the courses, heights, distances, depths, soundings, flouds and ebs, risings of lands, rocks, sands and shoalds, with the marks for th'entrings of the Harbouroughs, Havens and Ports of the greatest part of Europe: their several traficks and commodities: Together w.th the Rules and instruments of Navigation. First made & set fourth in divers exact Sea-Charts, by that famous Navigator Luke Wagenar of Enchuisen and now fitted with necessarie additions for the use of Englishmen by Anthony Ashley. Heerin also may be understood the exploits lately atchived by the right Honorable the L. Admiral of Englãd with her Ma.ties Navie and some former services don by that worthy Knight S.r Fra. Drake
  13. ↑ Pour Sébastien Furck (en), voir Bryan 1886, p. 531.

Références

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  1. 1 2 3 Brassinne 1906, p. 14.
  2. 1 2 Brassinne 1906, p. 15.
  3. ↑ Brassinne 1906, p. 13.
  4. ↑ Brassinne 1906, p. 14, 15.
  5. ↑ Brassinne 1906, p. 17.
  6. ↑ Brassinne 1906, p. 16.
  7. ↑ A. Siret, « Bry (Théodore de) », dans Biographie nationale de Belgique, vol. 3, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, (lire en ligne [sur archive.org]), p. 125-128 (voir colonne 125).
  8. 1 2 Louis Abry, Les hommes illustres de la nation liégeoise, Liège, impr. L. Grandmont-Donders, , 356 p. (lire en ligne), p. 272.
  9. 1 2 3 Gossieux et Fuchs 1984.
  10. 1 2 3 Groesen 2007, p. 44.
  11. 1 2 3 4 5 Groesen 2007, p. 46.
  12. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) « Old antique map of Virginia by M. Merian - de Bry after John Smith. 1627 », donne des résumés de la vie de « Matthäus Merian the Elder (1593-1650) » et de « Theodore de Bry (1528 – 1598) and his family », sur sanderusmaps.com (consulté en ).
  13. 1 2 3 4 Groesen 2007, p. 48.
  14. ↑ Groesen 2007, p. 58, note 107.
  15. 1 2 3 4 5 6 7 Groesen 2007, p. 52.
  16. 1 2 (en) « Procession of the Obsequies of Sir Philip Sidney », series of prints by Derick Theodore de Bry after a drawing by Thomas Lant, 1587, sur vam.ac.uk, Victoria & Albert Museum.
  17. ↑ A. Siret, « Bry (Théodore de) », dans Biographie Nationale de Belgique, vol. 3, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, (lire en ligne [sur archive.org]), p. 125-128.
  18. 1 2 3 Groesen 2007, p. 45.
  19. ↑ Abry 1867, p. 273.
  20. 1 2 Groesen 2007, p. 47.
  21. 1 2 Groesen 2007, p. 49.
  22. 1 2 3 Groesen 2007, p. 50.
  23. 1 2 3 Groesen 2007, p. 51.
  24. ↑ Groesen 2007, p. 51, note 56.
  25. ↑ (nl) Lucas Janszoon Waghenaer, Eerste deel vande Spieghel der zeevaerdt (atlas de cartes nautiques et conseils pour la navigation sur les côtes d'Europe de l'ouest et du nord-ouest), Leyde, Christophe Plantin, (OCLC 68854319).
  26. 1 2 3 (en) « Waghenaer, Lucas Janszoon (1533-1606) », catalogue [PDF], sur adams.auctioneersvault.com, (consulté en ).
  27. 1 2 3 4 5 (en) « Waghenaer, The Mariners Mirrour », sur swaen.com, Paulus Swaen (consulté en ).
  28. ↑ (en) « Spieghel der Zeevaerdt by Waghenaer, facsimile », sur cartahistorica.com (consulté en ).
  29. ↑ (en) « First German text edition of the Spieghel der Zeevaerdt », sur swaen.com (consulté le ).
  30. 1 2 (en) Charles Henry Coote (en), « Ashley, Anthony », dans Leslie Stephen, Dictionary of National Biography, vol. 2 : Anneslya — Baird, London / New York, Smith, Elder & Co / MacMillan & Co, , 448 p. (lire en ligne [sur archive.org]), p. 170-171 ou sur wikisource.
  31. 1 2 Bryan 1886, p. 531.
  32. 1 2 3 Groesen 2007, p. 53.
  33. 1 2 3 4 Groesen 2007, p. 54.
  34. ↑ Groesen 2007, p. 55.
  35. 1 2 3 4 (en) « Grands and Petits Voyages », sur historical-prints.co.uk (consulté en ).
  36. ↑ Johann Theodor de Bry (?) (trad. Johann Ludwig Gottfried), Historiarum Orientalis Indiae tomus XII […] I. Ludouicus Gotofridus ex Anglico et Belgico sermone in Latinum transtulit […] [« Historiarum Orientalis Indiae tomus XII […] J[ohann] Ludwig Gottfried traduisit de l'anglais et du belge en latin […] »], Francfort-sur-le-Main, Wilhelm Fitzer, (lire en ligne).
    Noter que dans la page de titre il y a une erreur (un "X" oublié) et un cafouillage (rajout de "C" au début) sur la date du début du voyage de L'Hermite (« C. M. DC. XIII » au lieu de « M. DC. XXIII ») ; erreurs qui ne sont pas reproduites dans le texte p. 168.
    Noter aussi que Jean Théodore de Bry est donné comme auteur dans le commentaire sur archive.org ; il est mort en 1623 et au moins une partie des faits racontés dans ce livre est postérieure à cette date. Il y a donc un autre auteur, qui n'est pas nommé.
  37. ↑ Bimbenet-Privat, Bouvet et Delcourte 2011.
  38. ↑ Bimbenet-Privat et Kugel 2017.
  39. ↑ « Trésor de Pouilly-sur-Meuse », sur musee-lorrain.nancy.fr (consulté en ). Pour voir les gobelets de Dietrich Brey, faire défiler la galerie qui se trouve sous la première photo de la page, jusqu'à la 5e photo de la galerie.
  40. ↑ « A fine French silver cup », sur christies.com, (consulté en ).
  41. ↑ Groesen 2007, p. 5.

Annexes

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Bibliographie

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  • [Beck 2011] (en) Lauren Beck, « Illustrating the Conquest in the Long Eighteenth Century: Theodore de Bry and His Legacy », dans Christina Ionescu, Book Illustration in the Long Eighteenth Century: Reconfiguring the Visual Periphery of the Text, Newcastle upon Tyne, Cambridge Scholars, , p. 501-540.
  • [Bimbenet-Privat et Kugel 2017] Michèle Bimbenet-Privat (conservateur en chef au musée du Louvre) et Alexis Kugel, « Gobelet gravé de scènes de moisson. Monatsbecher » et « Paire de gobelets emboîtables à couvercle. Satzbecher », dans Chefs-d'œuvre d'orfèvrerie allemande : Renaissance et baroque, Dijon, éd. Faton, (ISBN 978-2-87844-235-9), p. 208-209 et 210-211.
  • [Bouyer et Duviols 1992] M. Bouyer et J.-P. Duviols, Le Théâtre du Nouveau Monde: Les grands Voyages de Théodore de Bry, Découvertes Gallimard Albums (ISBN 2-07-056509-2).
  • Joseph Brassinne, « Les trois Thiry de Bry », Chronique archéologique du pays de Liège, no 1, 1re année,‎ , p. 13-17 (lire en ligne [PDF] sur orbi.uliege.be).
  • [Bryan 1886] (en) Michael Bryan, Dictionary of painters and engravers : biographical and critical, t. 1 : A—K, Londres, George Bell and Sons, (1re éd. 1813) (lire en ligne), p. 361.
  • [Bucher 1981] (en) Bernadette Bucher, Icon and Conquest: A Structural Analysis of the Illustrations of the de Bry's Great Voyages, Chicago / London, The University of Chicago Press, 220 p. (ISBN 0-226-07832-9).
  • [Gossieux et Fuchs 1984] Pol Gossieux et François-Joseph Fuchs, « Bry (de), Thierry », dans Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 5, (lire en ligne), p. 394.
  • [Groesen 2007] (en) Michiel van Groesen, The De Bry collection of voyages (1590-1634) : editorial strategy and the representations of the overseas world (thèse de doctorat), université d'Amsterdam, (lire en ligne [PDF] sur pure.uva.nl).
  • [Groesen 2008] (en) Michiel van Groesen, The Representations of the Overseas World in the De Bry Collection of Voyages (1590-1634), Leiden/Boston, Brill Publishers, coll. « Library of the Written Word - The Handpress World » (no 2) (ISBN 978-90-47-43263-0).
  • [Harriot 1590] (en) Thomas Harriot, A briefe and true Report of the new found Land of Virginia (compte-rendu illustré de l'expédition de Sir Richard Grenville en 1585-1586 (première tentative anglaise de fonder une colonie en Amérique du Nord) accompagné du dessinateur et géomètre John White et du conseiller scientifique Thomas Harriot), Frankfort ad Main, (réimpr. Dover Publications, 1972 (ISBN 9780486210926)(OCLC 1554601771) sous le titre The complete 1590 edition with 28 engravings by Theodor de Bry, after the drawings of John White and other illustrations, with a new introduction by Paul Hulton of the British Museum) (lire en ligne).
  • [Keasor 1988] (en) Henry Keazor, « Theodore De Bry's Images for America  », Print Quarterly, vol. XV, no 2,‎ .
  • [Keasor 2003] (en) Henry Keazor, « Charting the autobiographical, selfregarding subject? Theodor De Brys Selbstbildnis », dans Susanna Burghartz (dir.), Berichten, Erzählen, Beherrschen - Wahrnehmung und Repräsentation in der frühen Kolonialgeschichte Europas [« Relater, raconter, maîtriser - perception et représentation dans l'histoire coloniale précoce de l'Europe »] (annales du congrès Wahrnehmung und Repräsentation in der frühen Kolonialgeschichte Europas, Université de Bâle, 25-27 avril 2002. Publié dans la revue Zeitsprünge, vol. 7, n° 2-3), Frankfurt am Main (DOI 10.11588/artdok.00002377, présentation en ligne, lire en ligne [PDF] sur archiv.ub.uni-heidelberg.de), p. 395-428.

Article connexe

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