Trésor de Pouilly-sur-Meuse
Le trésor de Pouilly-sur-Meuse est un ensemble de trente-et-une pièces de vaisselle en argenterie ouvragée, datant de la fin du XVe siècle et du XVIe siècle, découvert fortuitement en à Pouilly-sur-Meuse, en région Lorraine. Il est déposé au Musée lorrain de Nancy.
Histoire
modifierLe , des particuliers découvrent sur leur terrain 31 pièces de vaisselle en argenterie ciselée datant des XVe et XVIe siècles.
En , ces pièces sont classées trésor national sur avis de la Commission consultative des trésors nationaux[1],[2] puis acquises par l'État, la ville de Nancy et les collectivités territoriales de Lorraine pour 1,4 million d'euros[3],[4], et exposées au Musée lorrain.
Les pièces d'orfèvrerie de cette époque sont rares. Michèle Bimbenet-Privat, conservateur en chef au musée du Louvre, indique que pendant l'Ancien Régime (de la Renaissance à la Révolution française) il était courant de les fondre pour battre monnaie et payer les troupes militaires. L'orfèvrerie de cette période a donc presque entièrement disparu[5],[6]. Un autre ensemble majeur d'orfèvrerie de la Renaissance en France est le trésor des Trois-Épis, au musée Unterlinden à Colmar.
Composition
modifierCet ensemble et composé de la vaisselle de table d'un riche particulier. Parmi les 31 pièces, on compte :
- trois coupes pour boire, une fabriquée à Reims, les deux autres à Châlons-en-Champagne ;
- une aiguière (carafe pour verser de l'eau) couverte, médaillon d'émaux translucides sur le couvercle, par Pierre Ensoult ou Anseau. Elle porte le nom gravé de la famille Beschefer[7] ;
- deux salières, dont l'une est presque entièrement écrasée[8] ;
- plusieurs séries de cuillères, deux fabriquées par Jean de Bénigne, orfèvre parisien, quatre avec un bouton en balustre ;
- quatre gobelets[9].
Les pièces les plus anciennes ont été fabriquées à Paris, qui au XVe siècle attirait de nombreux artistes dont les créations étaient ensuite exportées vers les provinces et les pays proches[10].
Les pièces les plus récentes sont une paire de gobelets emboitables avec couvercle (stazbecher) fabriqués entre 1560 et 1567 par Théodore de Bry (Dietrich Brey), orfèvre à Strasbourg.
- Aiguière
par Pierre Ensoult. - Cuillers.
- Coupe rémoise.
- Coupes chalonnaises.
- Gobelets stazbecher
par Théodore de Bry.
Expositions
modifier- au : Musée lorrain à Nancy[11], Un exceptionnel ensemble d'orfèvrerie Renaissance : le trésor de Pouilly-sur-Meuse
- au : Musée national de la Renaissance[11] au château d'Écouen, L'invention d'un trésor : vaisselles précieuses et arts de la table à la Renaissance
- au : Musée de la Bière à Stenay[11],[12], La Meuse dévoile ses trésors autour d'un exceptionnel ensemble d'orfèvrerie Renaissance : le trésor de Pouilly-sur-Meuse
Notes et références
modifier- ↑ Avis no 2009-02 de la Commission consultative des trésors nationaux, JORF, no 111, , p. 8124, texte no 106, NOR MCCF0908620V, sur Légifrance.
- ↑ Arrêté du refusant le certificat prévu à l'article L. 111-2 du code du patrimoine, JORF, no 111, , p. 8074, texte no 35, NOR MCCF0908623A, sur Légifrance.
- ↑ « Le trésor d’orfèvrerie de Pouilly-sur-Meuse acheté par l'État pour 1,4 millions d'euros »
, Le Journal des arts, . - ↑ « Le trésor de Pouilly-sur-Meuse (Meuse) acheté 1,4 million d'euros par l'État », Le Monde, .
- ↑ Bimbenet-Privat, Bouvet et Delcourte 2011.
- ↑ Bimbenet-Privat et Kugel 2017.
- ↑ Musée lorrain.
- ↑ « Nancy (54) - Musée Lorrain : Trésor de Pouilly-sur-Meuse (XVe-XVIe siècles) », sur patrimoine-de-lorraine.blogspot.com (consulté en ).
- ↑ Michèle Bimbenet-Privat, « Le trésor de Pouilly-sur-Meuse », Dossier de l'art, no 178, , p. 81-82.
- ↑ Étienne Hamon, « Un Lorrain à Paris ? L'architecte Jean de Felin (actif 1488-1520) et le dynamisme architectural des années 1500 » (actes du colloque de Nancy, 17-18 mai 2013), Annales de l'Est, no 1 « Regards croisés sur la Lorraine et le monde à la Renaissance », , p. 271-284 (voir p. 275-276) (lire en ligne [sur academia.edu]).
- 1 2 3 « Le trésor de Pouilly. mythe et réalité », sur pouilly.ax.hu (consulté en ).
- ↑ « Le grand retour du trésor de Pouilly », les 31 pièces exposées à partir du 15 septembre 2012 au musée de la Bière de Stenay, sur estrepublicain.fr, (consulté en ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Michèle Bimbenet-Privat (dir.), Mireille-Bénédicte Bouvet, Benoît Delcourte et al., Trésors enfouis de la Renaissance : autour de Pouilly-sur-Meuse (catalogue d'exposition), éd. Réunion des musées nationaux, , 128 p. (ISBN 978-2-7118-5950-4).
- [Bimbenet-Privat et Kugel 2017] Michèle Bimbenet-Privat (conservateur en chef au musée du Louvre) et Alexis Kugel, « Gobelet gravé de scènes de moisson. Monatsbecher » et « Paire de gobelets emboîtables à couvercle. Satzbecher », dans Chefs-d'œuvre d'orfèvrerie allemande : Renaissance et baroque, Dijon, éd. Faton, (ISBN 978-2-87844-235-9), p. 208-209 et 210-211.
Liens externes
modifier- « Trésor de Pouilly-sur-Meuse », sur musee-lorrain.nancy.fr (consulté en ).
- Yasmina Bennaceur, « Un trésor de la Renaissance enfoui dans un jardin », descriptions et photos détaillées de quelques pièces, sur maisonapart.com, (consulté en )
- « Le trésor de Pouilly-sur-Meuse au Musée lorrain de Nancy », vidéo, sur youtube.com, Ville de Nancy (consulté en )