Thérèse Delbos
Thérèse Delbos, née Bitschner le à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime) et morte le dans le camp de Sachsenhausen, est une institutrice et résistance française[1].
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Élise Thérèse Bitschner |
| Nationalité | |
| Activités |
| Membre de |
Forces françaises combattantes (d) Special Operations Executive |
|---|---|
| Conflit | |
| Lieux de détention | |
| Distinctions |
Biographie
modifierEnfance et vie de famille
modifierThérèse Bitschner naît le à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime).
Elle obtient son brevet élémentaire en 1908[2].
Institutrice à Aumale, elle épouse en 1916, alors âgée de 24 ans, le docteur Gaston Delbos.
Après la Première Guerre mondiale, le jeune couple part s'installer à Déville-lès-Rouen, commune natale de Thérèse[3].
Résistance
modifierEn , Winston Churchill crée le Special Operations Executive (SOE), un service secret britannique chargé d’organiser dans les pays occupés des groupes d’action destinés à saboter la production industrielle ennemie. La plus importante de ses composantes est la section F, responsable des réseaux d’action et de renseignement opérant en France occupée, que l’on appelle couramment les réseaux Buckmaster, du nom de leur chef, le major Maurice J. Buckmaster[4].
Ce dernier met rapidement en place une stratégie : plutôt que de bâtir une organisation centralisée couvrant l’ensemble du territoire, il choisit de structurer une série de réseaux autonomes, chacun chargé d’un secteur géographique précis et de missions spécifiques[3].
C’est dans ce contexte que Philippe Liewer, ancien journaliste et agent français du SOE, se porte volontaire pour retourner en mission en France. Sa mission consiste à établir un réseau dans la région de Rouen et du Havre. En , il fonde ainsi le réseau Salesman, plus connu sous son nom de code : Hamlet[3].
À Déville-lès-Rouen, le réseau Hamlet est constitué d’agents locaux, principalement des ouvriers et employés des entreprises industrielles de la région. Le groupe est placé sous la responsabilité de Gaston Delbos[3].
À cette époque, en 1943, Thérèse Delbos travaille comme secrétaire dans le cabinet médical de son époux[5]. C’est là que transitent les préparatifs des opérations : les rendez‑vous médicaux servent de couverture pour l’organisation des sabotages, permettant aux résistants de se rencontrer et d’échanger des informations sans éveiller les soupçons[3].
Au début du mois de , une série d’arrestations frappe le réseau Hamlet : plusieurs membres sont arrêtés dans le secteur de Dieppe et reconnaissent appartenir à l’organisation. D’autres arrestations suivent dans la région de Rouen, parmi lesquelles celle du second du réseau, Claude Malraux, connu sous son nom de code « Serge ». Soumis à un interrogatoire par les Allemands, Malraux finit par révéler l’adresse de la pension où il réside. Lorsque les Allemands s’y rendent, ils y découvrent de nombreux documents compromettants concernant le fonctionnement du réseau Hamlet[3].
Arrestation, internement et déportation
modifierLa répression s’accélère : dans la nuit du , à 2 heures du matin, Thérèse Delbos, son époux, sont arrêtés à leur domicile par la Gestapo. À partir de cette date, les arrestations s’enchaînent : les autres membres du réseau Hamlet sont progressivement appréhendés dans les jours qui suivent, entraînant peu à peu le démantèlement du réseau de résistance[3].
Le , plusieurs membres du réseau Hamlet sont transférés de la prison rouennaise de Bonne-Nouvelle vers le camp d’internement de Compiègne, étape préalable à la déportation[6].
Le , Gaston Delbos est intégré au convoi connu sous le nom de « convoi des déportés tatoués », un train de 1 700 hommes, majoritairement des prisonniers de droit commun, à destination du camp d’extermination d’Auschwitz[7].
Pendant ce temps, Thérèse Delbos demeure d’abord enfermée dans une cellule des sous-sols du Palais de Justice de Rouen, aux côtés d’autres résistantes, notamment Florentine Sueur et Suzanne Savale. Elle est ensuite transférée à la prison Bonne‑Nouvelle, puis au fort de Romainville le , lieu de rassemblement des femmes déportées vers l’Allemagne[3].
Le , Thérèse est déportée par le convoi I.212 parti de Paris vers le camp de Ravensbrück[8], principal camp de concentration pour femmes du Reich, puis transférée au camp annexe de Sachsenhausen, où elle meurt le [5].
Son époux Gaston Delbos, quant à lui, survit à la déportation : il est libéré à Buchenwald le [6].
Hommages
modifierNotes et références
modifier- ↑ Ville de Rouen et Aurélie Daniel, « Femmes rouennaise inspirantes » [PDF], (consulté le )
- ↑ « École primaire supérieure de jeunes filles », Journal de Rouen, , p. 6 col. 5
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Alain Alexandre et Stéphane Cauchois, Résistance(s), L'Écho des vagues, , 224 p. (ISBN 978-2918616221), p. 60
- ↑ Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France de 1940 à 1945, Robert Laffont, (ISBN 9782221212035)
- 1 2 Chantal Cormont, « Bitschner, Elise, Thérèse », sur Dictionnaire biographique des victimes du nazisme en normandie
- 1 2 Alain Alexandre, « DELBOS Louis, Claude, Gaston », sur Dictionnaire biographique des victimes du nazisme en Normandie
- ↑ France Inter, « Le convoi des tatoués », (consulté le )
- ↑ Fondation pour la mémoire de la déportation, « Liste du convoi I.212 parti de Paris le 13 mai 1944 vers Ravensbrück », sur www.bddm.org (consulté le )
- ↑ Ministère de l'Education Nationale, « Ecole maternelle Thérèse Delbos », sur Ministère de l'Education Nationale
- ↑ Ministère de l'Education Nationale, « Ecole élémentaire Thérèse Delbos », sur Ministère de l’Éducation nationale
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par : Service historique de la Défense (AC 21 P 23882, GR 16 P 61701)
- Ressource relative aux militaires :