Tombeau d'Akhenaton
Le tombeau d'Akhenaton (tombe 26), situé dans l'oued royal à Amarna, est le lieu de sépulture du pharaon Akhenaton, de la XVIIIe dynastie[1].
| Tombe d'Amarna Tombeau d'Akhenaton | |
| Tombeaux de l'Égypte antique | |
|---|---|
Entrée de la tombe d'Akhenaton | |
| Emplacement | Amarna |
| Construction | XVIIIe dynastie |
| Coordonnées | 27,6262° nord, 30,9852° est |
| Découverte | 1893-1894 |
| Découvreur | Alexandre Barsanti |
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Histoire
modifierSépultures et profanations
modifierAkhenaton régna comme roi au cours du XIVe siècle av. J.-C., sous la XVIIIe dynastie du Nouvel Empire[2]. Il succéda à son père Amenhotep III sous le nom d'Amenhotep IV[3],[4]. Sa grande épouse royale était Néfertiti, avec laquelle il eut six filles connues (Mérytaton, Mâkhétaton, Ânkhésenpaaton/Ânkhésenamon, Néfernéferouaton Tasherit, Néfernéferourê et Sétepenrê)[5],[6] et peut-être un fils (Toutânkhamon)[7],[8]. Le dieu solaire Aton, représentant le disque solaire, qui avait acquis une importance considérable sous Thoutmôsis IV et Amenhotep III, fut élevé au rang de divinité principale sous le règne d'Amenhotep IV[9]. Au début de son règne, il fit construire plusieurs temples dédiés à Aton à Karnak[10] et érigea une stèle où il proclama Aton dieu unique, inaugurant ainsi une nouvelle religion, l'atonisme, où le roi et sa famille servaient d'intermédiaires entre le dieu et le peuple. Les temples des autres dieux furent fermés et les noms et images de certaines divinités, notamment Amon, furent effacés[11]. La cinquième année de son règne, il changea son nom en Akhenaton (signifiant « Celui qui est utile/bénéfique pour Aton ») et fonda une nouvelle capitale, Akhetaton (signifiant « L'Horizon de l'Aton »), site aujourd'hui connu sous le nom d'Amarna[12].
Akhenaton abandonna la nécropole royale traditionnelle de la vallée des Rois[13],[14] (où il aurait pu commencer la construction d'un tombeau, WV25 ou WV23[15]) et créa une nouvelle nécropole royale dans le Ouadi royal d'Akhetaton[14]. Il fit inscrire son intention d'y être inhumé sur les stèles frontières, proclamations émises lors des années 5 et 6 de son règne et gravées dans les falaises à l'est et à l'ouest de la ville,[16]. Le texte stipule :
« Qu'un tombeau soit construit pour moi sur la montagne orientale d'Akhetaton. Que ma sépulture y soit faite, durant les millions de jubilés que mon père, Aton, a décrétés pour moi. Que la sépulture de Néfertiti, épouse du Grand Roi, y soit faite, durant les millions d'années que mon père, Aton, a décrétées pour elle. Que la sépulture de Mérytaton, fille du roi, y soit faite, durant ces millions d'années[17]. »
À l'instar de WV22, le tombeau d'Amenhotep III, celui d'Akhenaton comprenait des suites de pièces supplémentaires, probablement destinées à la sépulture de sa principale épouse et de sa fille aînée[18]. Cependant, il n'existe aucune preuve que Néfériti ou Mérytaton aient jamais été inhumées dans le tombeau royal tel qu'il est représenté sur les stèles frontières[19]. Le tombeau ne fut jamais achevé et fut en réalité aménagé pour accueillir les sépultures de plusieurs autres membres de la famille royale[20]. À la mort d'Akhenaton, la dix-septième année de son règne, il partagea la chambre funéraire principale (salle E) avec sa mère Tiyi, probablement décédée dans la seconde moitié de son règne[21]. Sa seconde fille, Mâkhétaton, serait décédée vers l'an 13[22] ou 14[23] du règne de son père, et aurait été inhumée dans la chambre gamma, l'une des trois pièces d'un petit ensemble latéral[22],[24] ; la chambre alpha[25] ou la chambre bêta[21] de ce même ensemble semble avoir contenu plusieurs sépultures, notamment pour les plus jeunes princesses, Néfernéferourê et Sétepenrê[26].
Lorsque la cour royale abandonna Amarna sous le règne de d'Ânkh(et)khéperourê ou celui de Toutânkhamon, les successeurs d'Akhenaton, les sépultures du tombeau royal — a minima Akhenaton, Tiyi et probablement Néfertiti (s'il s'agit bien de la momie Younger Lady) — furent transférées dans la vallée des Rois. En effet, Akhenaton, identifié par des analyses ADN[27], a finalement été retrouvé dans la tombe KV55, tandis que les momies Elder Lady, identifiée par les analyses ADN à la reine Tiyi, et Younger Lady, identifiée comme la mère de Toutânkhamon et une très proche parente d'Akhenaton (sœur[27] ou cousine[28]), ont été retrouvée dans les cachettes de la tombe KV35 d'Amenhotep II, mais la momie de Tiyi a dû, à un moment ou à un autre, être réinhumée dans la tombe WV22Amenhotep III (directement, lors du transfert d'Akhetaton à Thèbes, ou après un passage dans la tombe KV55).
Les règnes de Toutankhamon et de ses successeurs Aÿ et Horemheb marquèrent la fin de l'atonisme et la restauration du polythéisme traditionnel. De nombreux monuments et temples d'Akhenaton furent démantelés, et son nom et son image effacés. Akhenaton, ainsi que ses successeurs, fut omis des listes royales officielles. Un texte de la XIXe dynastie le désigne comme « l'ennemi d'Akhetaton »[29],[30]. Dans le Tombeau Royal, la décoration et le contenu de la chambre funéraire, en particulier, furent détruits[31].
Redécouverte
modifierOfficiellement, le Tombeau Royal fut redécouvert le 28 décembre 1891 par l'égyptologue italien Alexandre Barsanti[2], mais on pense qu'il avait été localisé par des villageois au début des années 1880[32]. En 1892, l'égyptologue Flinders Petrie écrivit que le tombeau avait été découvert « quatre ou cinq ans » avant la découverte de Barsanti en 1891 par des habitants, qui en avaient gardé le secret tout en emportant les objets susceptibles d'être revendus, ce qui situerait la découverte par les habitants entre 1886 et 1887[33]. Cependant, des bijoux provenant, semble-t-il, du Tombeau Royal furent vendus au Musée national d'Écosse en 1883, ce qui corrobore l'hypothèse selon laquelle les villageois locaux auraient découvert le tombeau au début des années 1880 (probablement après 1881)[2]. Il est probable que les habitants aient gardé l'emplacement du tombeau secret à la fois pour vendre ce qu'ils pouvaient sur le marché des antiquités et par méfiance envers les égyptologues suite à la révélation forcée de l'emplacement de la cachette royale près de Deir el-Bahari en 1881[2].
Expéditions
modifierLes deux premières expéditions furent menées par Alexandre Barsanti entre 1891 et 1892[34]. Barsanti et son équipe inspectèrent les chambres du Tombeau Royal, prirent des mesures, réalisèrent des dessins, collectèrent des artefacts et commencèrent à dégager certaines chambres des débris[34]. En 1893-1894, Urbain Bouriant mena une expédition épigraphique dans le but de recenser les « inscriptions et reliefs du Tombeau Royal »[35]. En 1931, J.D.S. Pendlebury, de l’Egypt Exploration Society, entreprit de réexaminer et de fouiller à nouveau la zone extérieure au tombeau, les déblais issus des fouilles de Barsanti, ainsi que l’intérieur du tombeau, y compris le puits[36]. Outre les expéditions officielles, il est possible qu’au moins cinq expéditions non officielles aient eu lieu avant 1934[37]. La dernière expédition menée par Pendlebury en 1935 avait pour but de découvrir un second tombeau, de reproduire tous les reliefs et inscriptions et d'en réaliser un inventaire photographique[38]. Geoffrey T. Martin a relevé les inscriptions et reliefs restants du Tombeau Royal entre 1980 et 1982 avec le soutien de l'Organisation des Antiquités égyptiennes[39]. Une étude du tombeau a été menée en 1980 par Mark Lehner[39]. En 1977, l'Organisation des Antiquités égyptiennes a lancé le Amarna Project, dirigé par Barry Kemp. Les travaux de ce projet se poursuivent encore aujourd'hui[40].
En 1983, l'Organisation des Antiquités Égyptiennes a ouvert le tombeau aux touristes[41]. L'accès à l'intérieur du tombeau a été amélioré par l'installation d'une passerelle en bois dans le couloir principal[42] ; une route a été construite à travers le Wadi Royal pour permettre l'accès des véhicules[41].
Architecture
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Le tombeau royal fut creusé dans une petite vallée latérale du Wadi royal principal, à environ 6 km de son embouchure et à 4 km à l'est du centre-ville d'Amarna[43]. Il est aligné sur le même axe que le petit temple d'Aton[44]. Creusé dans le sol de la vallée, il est orienté approximativement vers l'est[45] (en réalité vers le sud-est)[46]. Il descend à flanc de colline sur 53,245 m[47]. Contrairement aux tombeaux royaux thébains précédents, son axe est rectiligne. On suppose que cette orientation visait à permettre aux rayons du soleil de pénétrer jusqu'à la chambre funéraire, ce qui s'avère impossible en pratique en raison de la hauteur des flancs de la vallée[48]. L'agencement de la partie principale du tombeau ne diffère pas sensiblement de celui des tombeaux antérieurs. Il fut creusé jusqu'à la première salle à piliers, qui fut transformée en chambre funéraire par la suppression de deux piliers. La petite pièce inachevée située dans son angle nord pourrait marquer le début de l'axe coudé conventionnel[49].
Le tombeau royal d'Akhenaton comprend plusieurs chambres (certaines achevées, d'autres inachevées), une salle à colonnes (où reposait très probablement le corps d'Akhenaton)[31], plusieurs escaliers et des couloirs, tous enduits et décorés à des degrés divers[50].
- Escalier d'entrée A et couloir B
L'escalier comporte 20 marches et une rampe centrale menant à un couloir qui s'étend jusqu'aux parties les plus profondes du tombeau et dessert plusieurs chambres inachevées. Le couloir mesure 21,80 m de long, 3,20 m de large et 3,47 m de haut. Les deux parties présentent des traces d'enduit, mais ne sont pas décorées[42].
- Escalier C
Cet escalier mesure 1,25 m de large et se compose d'une rampe centrale avec 18 marches à gauche et 16 à droite. Comme l'entrée et le premier couloir, il est enduit et non décoré. La porte de la salle du puits D était autrefois murée et scellée, mais a été enfoncée par des pilleurs antiques. Une porte en haut de l'escalier s'ouvre sur la droite et mène à la salle alpha ; une porte correspondante, inachevée, a été percée dans le mur de gauche[51].
- Salle du puits D
Le puits carré mesure 3,12 m de profondeur à l’est et 3,05 m à l’ouest. Des pierres de blocage ont été retrouvées dans l’angle nord. Les murs de la salle étaient décorés. L’entrée de la salle à piliers E est centrée sur le mur ouest, au lieu d’être décalée vers la gauche[52].
- Salle à piliers E
C’est la plus grande salle du tombeau, mesurant 10,36 × 10,40 m. Des plateformes surélevées se trouvent à l’ouest et à l’est de la salle. Deux piliers sont situés sur le côté gauche de la salle. Les restes du sarcophage d’Akhenaton ont été découverts dans cette salle, ce qui laisse penser qu’il s’agit de son lieu de sépulture originel. Le tombeau était initialement enduit et décoré, mais la majeure partie fut détruite après la mort d'Akhenaton suite à des troubles politiques[53].
- Salle F
Il s'agit d'une petite pièce inachevée située dans l'angle nord, à droite de la salle E. L'encadrement de la porte est partiellement découpé, mais enduit. Il pourrait s'agir du début d'un couloir tournant à droite, ou d'un local de stockage pour le matériel funéraire[54].
- Salle alpha
Cette pièce est restée inachevée et se distingue notamment par ses quatre niches creusées dans les murs. Ces niches étaient destinées à recevoir des briques magiques protectrices ou rituelles, ainsi que les amulettes associées[54]. La plupart des enduits et des décorations sont plus ou moins conservés[54]. D'après les reliefs et les inscriptions découverts dans la chambre, Martin a suggéré que cette pièce était destinée à Kiya, une épouse secondaire d'Akhenaton[55].
- Salle bêta
Cette pièce est grossièrement découpée et totalement inachevée. Les sols et les plafonds sont à deux niveaux différents, et les deux portes de la salle alpha sont de dimensions et de hauteurs de seuil différentes[56].
- Salle gamma
Cette pièce est restée inachevée, dont le sol est resté d'ailleurs brut. La pièce était enduite et décorée. Les décorations indiquent que cette chambre était destinée à Mâkhétaton, fille d’Akhenaton[57].
- Salles I à VI
On accède à cette vaste suite de chambres par le couloir B. Toutes sont inachevées et dépourvues de décoration. Les deux premières chambres sont carrées et perpendiculaires à l’axe du tombeau royal ; la troisième est un couloir incurvé vers la gauche. La quatrième est une rampe descendante abrupte menant à une autre chambre carrée. La dernière salle est la plus grande, mais elle est incomplètement taillée et de forme irrégulière. Projetées sur un axe rectiligne, ces chambres présentent la même disposition que le tombeau royal principal. Il est possible que cette suite de salles était destinée à Néfertiti[58].
Décoration
modifierDe nombreux murs du Tombeau Royal présentent des traces d'enduit et/ou de décoration[59]. La roche calcaire dans laquelle le tombeau a été creusé est en grande partie de mauvaise qualité, très dure et contenant de nombreux nodules de silex[60]. De ce fait, la décoration, réalisée en relief pour la première fois dans un tombeau royal du Nouvel Empire[61], a dû être sculptée dans une couche d'enduit plutôt que directement dans la pierre[60],[62]. Les reliefs étaient à l'origine peints de couleurs vives sur un fond jaune[60]. Aucun des reliefs ni des inscriptions à l'intérieur du tombeau ne mentionne l'au-delà égyptien traditionnel, ce qui est en contradiction avec le style décoratif des tombeaux, en particulier ceux de la royauté, durant le Nouvel Empire, dont les murs représentaient généralement des scènes tirées de textes funéraires tels que le Livre des Morts. Le tombeau, quant à lui, est décoré de scènes de la vie quotidienne[63]. Depuis la mort d'Akhenaton, de nombreux murs ont été endommagés par des facteurs environnementaux, comme les inondations, et par le vandalisme[59]. Des traces de vandalisme datant de l'Antiquité sont visibles dans la salle à colonnes E, où Akhenaton fut probablement inhumé à l'origine[31]. En 1934, une querelle entre gardes entraîna le vandalisme des salles alpha et gamma[64]. Des expéditions antérieures à 1934 permirent toutefois de documenter et de photographier certaines de ces décorations avant leur destruction[65]. Malgré les dégâts, de nombreuses décorations ont survécu et peuvent être admirées et étudiées aujourd'hui[59].
Comme c'était courant au milieu de la XVIIIe dynastie, seuls les murs de la chambre du puits et des chambres funéraires étaient décorés[66]. Les longs murs de la chambre du puits représentent Akhenaton et Néfertiti vénérant Aton, tandis que leurs filles sont représentées sur les petits murs flanquant les portes[67] ; un grand bouquet de fleurs est sculpté sur le petit mur à gauche de l'entrée[52].
- Salle E
Dans la chambre funéraire, la scène la mieux conservée est le petit mur à gauche de la porte, où le couple royal est représenté faisant des offrandes à Aton[68]. Des vestiges de décoration sur le long mur de gauche représentent le deuil d'une femme de la famille royale, portant la longue écharpe royale et se tenant sous un dais ; il s'agit probablement de la reine Tiyi, car Néfertiti se tient devant le kiosque et présente des offrandes avec Akhenaton et leurs filles[69],[70],[67]. Le mur du fond représente la famille royale sous les rayons d'Aton[71]. Le disque est représenté cinq fois, sa taille augmentant de gauche à droite au fur et à mesure qu'il traverse le ciel durant la journée[72]. Un bouquet de fleurs est représenté près de la porte de la pièce inachevée ; le reste du mur de droite comportait une scène de deuil, dont il ne reste que très peu de traces. La famille royale était représentée présentant des offrandes à Aton sur le petit mur à droite de l'entrée de la chambre funéraire[73]. Les deux piliers étaient également décorés. Il n'en reste que des traces, mais il est probable qu'elles représentaient Akhenaton et Néfertiti faisant des offrandes sous les rayons d'Aton[74].
- Salles alpha et gamma
La décoration des salles alpha et gamma a été bien conservée jusqu'aux années 1930 ; des copies réalisées en 1891 par Bouriant servent à reconstituer les zones endommagées[54]. Les murs de la salle alpha sont censés représenter une illustration du Grand Hymne à Aton[75],[72]. À droite, la famille royale vénère le soleil levant dans un temple, célébré par les animaux et les peuples étrangers ; à gauche, une scène similaire de coucher de soleil est représentée[76]. Le petit mur à droite de la porte, traditionnellement désigné mur F, est la scène la plus célèbre[72] et la plus commentée de tout le tombeau[77]. Il contient deux scènes de deuil presque identiques sur deux registres. Dans une pièce, Akhenaton et Néfertiti se penchent sur le corps inerte d'une femme allongée sur un lit, pleurant et se serrant l'un contre l'autre pour se soutenir. À l'extérieur, une nourrice tient un bébé dans ses bras, accompagnée d'un éventail, ce qui indique le statut royal de l'enfant. Les noms des deux scènes ont été effacés[78]. Plusieurs chercheurs suggèrent que les deux femmes décédées sont les plus jeunes filles, Néfernéferourê et Sétepenrê, absentes des scènes de la salle gamma[79],[8],[80].
Dans la chambre gamma, une scène de deuil très similaire est représentée sur le mur de gauche ; les hiéroglyphes identifient la jeune femme décédée sur le lit comme étant Mâkhétaton. De même, une nourrice portant un bébé royal est représentée sortant de la chambre ; l’inscription identifiant l’enfant est fortement endommagée[81]. Une scène sur le mur du fond montre Mâkhétaton debout sous un dais, généralement associé à l’accouchement, mais pouvant aussi être interprété comme représentant la renaissance de la princesse[82]. Devant elle, parmi les courtisans, se tiennent Akhenaton, Néfertiti et leurs trois filles survivantes, Mérytaton, Ânkhésenpaaten et Néfernéferouaton Tasherit ; les courtisans en deuil se poursuivent sur le mur latéral[82]. Le petit mur entre les portes d’entrée présente des objets funéraires tels que des bijoux, un miroir et des amphores scellées.
La présence d’un bébé royal dans ces scènes a conduit beaucoup à penser que les femmes représentées sont mortes en couches[83]. Martin suggère que la femme représentée dans la salle alpha est Kiya, une épouse secondaire d'Akhenaton[55]. Or, Mâkhétaton aurait eu environ 10 ans à sa mort, ce qui rend cette hypothèse peu probable. Dorothea Arnold s'oppose à une interprétation littérale de ces scènes, arguant que les anciens Égyptiens avaient une « réticence notoire à représenter la cause du décès », et propose plutôt que l'enfant symbolise sa renaissance[84]. Jacobus Van Dijk partage cette interprétation et reconstitue l'inscription endommagée pour identifier l'enfant comme étant Mâkhétaton elle-même, et non son enfant ou le plus jeune enfant de Néfertiti[85]. Marc Gabolde, quant à lui, considère que l'enfant est le tout jeune Toutânkhaton, né au même moment que le décès de Mâkhétaton, et reconstitue la légende comme suit : « [Le fils royal de sa chair, son aimé, Toutânkhaton], né de [la grande épouse royale ...] Néfernéferouaton-Néfertiti, vivante pour toujours et à jamais ![86],[87] ». Cette position est suivie par Dimitri Laboury[8].
- Scènes de la tombe
- Scène de la tombe
- Bas-relief représentant le soleil dans la tombe
- Reliefs défigurés d'Akhenaton et de Néfertiti
- Une vue de la chambre funéraire (E) d'Akhenaton à Amarna
- Autre vue de la chambre funéraire (E) d'Akhenaton à Amarna
Contenu
modifierDepuis le début des fouilles en 1891, des milliers d'objets ont été mis au jour dans le tombeau royal d'Akhenaton. Parmi ces objets figurent des fragments de sarcophage, des coffres canopes, des ouchebtis, des bijoux, des scarabées, des statues, des poteries et des restes humains. Ces objets étaient fabriqués à partir de matériaux variés tels que l'albâtre, la faïence, le verre, le calcaire et d'autres pierres, le métal et le bois[65]. Les fouilles ont révélé que nombre de ces objets ont été détruits ou endommagés peu après la mort d'Akhenaton[88]. La plupart de ces objets ont été répartis entre plusieurs musées et collections privées à travers le monde[89]. Les recherches sur ces objets se poursuivent encore aujourd'hui[90].
Des fragments de sarcophages en granit ont été retrouvés à l'intérieur et à l'extérieur du tombeau royal. Parmi ceux-ci, celui d'Akhenaton est le mieux connu. Il a été reconstitué à partir de nombreux fragments et est exposé au Musée égyptien du Caire[91]. Fait de granit rouge d'Assouan[92], il mesurait 125,5 cm de large et 288,5 cm de long[93]. De forme rectangulaire, il rompait avec la forme en cartouche habituellement utilisée pour les sarcophages royaux du Nouvel Empire[94]. Son décor mettait en scène Aton au lieu des dieux funéraires traditionnels ; les déesses protectrices à chaque angle du sarcophage étaient remplacées par des figures de Néfertiti[94]. Sur le couvercle incliné, dont la forme imitait le sanctuaire pr-wr de Haute-Égypte[95], des rayons d'Aton s'étendaient sur toute sa longueur depuis l'extrémité supérieure[92].
Akhenaton offrit à sa mère Tiyi un sarcophage ateniste décoré de manière similaire. Il était de plus petite taille, les dimensions étant estimées à 84 cm de large et 220 cm de long[93] ; le couvercle était d'une forme arquée simple[96]. Selon Bouriant, Barsanti a trouvé des morceaux brisés du sarcophage de Mâkhétaton dans la salle alpha[97]. D'après leur finesse, les fragments semblent avoir appartenu à un petit sarcophage (ou peut-être à une autre pièce de son équipement funéraire), ce qui correspond à l'inhumation d'un enfant[98],[99].
Malgré l'évolution des croyances funéraires, la momification et le prélèvement des organes qui y était associé étaient encore pratiqués[72]. Le coffre canope d'Akhenaton, qui contenait ses viscères embaumés, était en albâtre et orné de faucons solaires aux ailes déployées à chaque angle. Les inscriptions ne contenaient que les noms d'Aton et, vraisemblablement, ceux du roi. Les couvercles de chaque compartiment du coffre étaient de forme traditionnelle, à l'image de la tête du roi. Au lieu du némès habituel, le défunt portait un khépresh ou peut-être une courte perruque. Une particularité notable est la présence de deux faucons déployant leurs ailes en signe de protection autour du cou[100].
Des figurines d'ouchebtis étaient également présentes, mais elles ne portaient que le nom et le titre du propriétaire[101].
Restes humains
modifierEn 1891, l'égyptologue français Georges Daressy affirma que les restes d'une momie démembrée étaient visibles près de l'entrée du tombeau. Le corps n'a pas été récupéré et a depuis été perdu. Les tombes étaient fréquemment réutilisées pendant des centaines d'années, il est donc possible que le corps n'ait pas nécessairement appartenu à un membre de la famille royale[102].
- Objets découverts dans la tombe
- Sarcophage reconstruit, Musée égyptien du Caire
- Coffre à canope d'Akhenaton, conservé au Musée égyptien du Caire
Notes et références
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