Tony Gatlif

réalisateur, acteur, scénariste, compositeur et producteur français de films

Boualem[1] Dahmani[2], dit Tony Gatlif, né le à Réghaïa (Algérie) et mort le à Arles (France), est un réalisateur, scénariste, compositeur, acteur et producteur français.

Tony Gatlif
Tony Gatlif en 2008.
Biographie
Naissance
Décès
(à 77 ans)
Arles (France)
Nom de naissance
Boualem Dahmani
Pseudonyme
Tony GatlifVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Période d'activité
Enfant
Elsa Dahmani (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Site web
Distinctions
Films notables
Gadjo Dilo (1997)
Vengo (2000)
Exils (2005)
Transylvania (2006)
Liberté (2010)

Biographie

modifier

Né sous le nom de Boualem Dahmani à Réghaïa dans la banlieue d'Alger[3], Tony Gatlif est le fils d'un père berbère aux racines nomades et d'une mère gitane. Il grandit au sein d’une famille nombreuse composée de 12 enfants, dans une modeste maison au sol de terre battue, au cœur d’un quartier populaire dans la campagne d’Alger. En 1960 durant la guerre d'Algérie, il embarque seul et à seulement 12 ans. Il arrive en métropole et bascule dans la petite délinquance. Au hasard d’un contrôle de police, pour éviter d'être renvoyé en Algérie, il s’invente le nom de Tony Gatlif, patronyme emprunté à un square d’Alger. Néanmoins cela ne lui évite pas d'être envoyé en maison de correction.

En 1966, à 18 ans, il entre « par hasard » dans un salle de théâtre où joue l'acteur Michel Simon. Il réussit à rencontrer le célèbre acteur à la fin de la pièce. Michel Simon lui conseille de suivre le conservatoire. Tony Gatlif obtient aussi de sa part une lettre de recommandation à l’intention de son agent. Il joue ainsi dans des pièces de théâtre comme figurant, puis acteur de seconds rôles. Parallèlement il s'achète une machine à écrire et écrit ses premiers scénarios pour le cinéma. Très vite, il passe à la réalisation, mais ses premiers film, La Tête en ruine (1975) et La Terre au ventre (1979) passent inaperçus.

À partir de 1981, il aborde le thème qu'il approfondira de film en film : les Roms du monde entier, dont il devient le chantre, séduit par une « communauté en mouvement » et par un « univers sonore et musical » d'une grande richesse et d'une grande diversité. Cependant, manifestement étranger à l'idée d'un rattachement exclusif à une communauté, Gatlif se définit lui-même comme un « méditerranéen »[4].

En 1983, il participe à la création de l'association Initiatives tsiganes en compagnie de Sandra Jayat et Gérard Gartner[5]. En 1985, l'association organise la Première mondiale d'art tzigane[6].

Il réalise Canta Gitano puis Les Princes. Avec ce dernier film, il rencontre enfin le succès critique et public. Le film révèle son acteur principal Gérard Darmon. Son producteur, Gérard Lebovici lui demande peu de temps avant son assassinat de réaliser un film sur la vie du truand Jacques Mesrine, mais Tony Gatlif décline le projet. Le succès de Les Princes permet à Tony Gatlif d'enchaîner avec les films Rue du départ (1986), Pleure pas my love (1989) et Gaspard et Robinson (1990).

Puis vient son film événement Latcho Drom en 1993, fresque musicale sans commentaires ni dialogues, point d'orgue et véritable hymne à l'humanité et aux talents du peuple rom. Le film est présenté au festival de Cannes où il reçoit le Prix Un Certain Regard.

En 1999, il reçoit le prix Romanès pour l'ensemble de sa carrière[7].

Avec une reconnaissance critique et populaire, le cinéaste fait rayonner le cinéma français dans le monde, en Espagne, Turquie, jusqu'au Japon.

Il reçoit deux César de la meilleure musique originale pour Gadjo Dilo (1997) puis Vengo (2000[8]).

En 2009, le film Liberté (titre romani Korkoro) revient sur la déportation des tsiganes dans la France de Vichy. Le film remporte notamment le Grand prix des Amériques, le prix du public et une mention spéciale du jury du Prix œcuménique au Festival des films du monde de Montréal.

En 2014, le Festival international de cinéma Entrevues à Belfort lui consacre une rétrospective.

Toute sa vie a été consacré à la création, qu'elle soit cinématographique ou musicale.

Tony Gatlif meurt le à Arles à l'âge de 77 ans[9].

Filmographie

modifier

Réalisateur

modifier

Cinéma

modifier

Tony Gatlif est scénariste des films qu'il a réalisés.

Tony Gatlif en 2010 à l'avant-première du film Liberté.

Producteur

modifier

Compositeur

modifier

Pour Tony Gatlif, la musique est « le ciment qui rattache les humains »[10]. Il la considère comme « cette liberté qui [lui] donne le souffle de faire [ses] films, le souffle d'aller à la rencontre des autres dans le monde »[11]. Celle-ci est un des éléments essentiels, créateur même de situation dans ses films[12]. Il compose lui-même, parfois en collaboration avec d'autres artistes, les musiques de Latcho Drom, Gadjo Dilo, Vengo, Swing, Transylvania.

Théâtre

modifier

Publication

modifier

Distinctions

modifier

Décoration

modifier

Récompenses

modifier

Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».

Nominations et sélections

modifier

Notes et références

modifier
  1. ↑ Prince production sur www.societe.com
  2. ↑ « Tony Gatlif » (fiche bio), sur Allociné
  3. ↑ État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  4. ↑ « Tony Gatlif tourne Géronimo, une histoire d'amour à la "West side Story" », sur francetvinfo.fr, (consulté le )
  5. ↑ « MILIEU TSIGANE », sur Gérard Gartner, (consulté le )
  6. ↑ Première mondiale d'art tzigane: exposition tenue à la Conciergerie, Paris, 6 mai-30 mai 1985, Association des initiatives tziganes., (lire en ligne)
  7. 1 2 « Le temps des Gitans », sur La Tribune, 2010-04-22cest23:24:54+0200 (consulté le )
  8. ↑ « https://www.academie-cinema.org/personnes/175038/ », sur Académie des César (consulté le )
  9. ↑ « Tony Gatlif, réalisateur de « Gadjo Dilo », est mort, à l’âge de 77 ans », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ « Le monde selon... Tony Gatlif », interview dans Le Guide du routard
  11. ↑ « Tony Gatlif : "Tchavolo, c'est l'héritier de Django Reinhardt" », sur mediatheque-numerique.com.
  12. ↑ « Tony Gatlif : Geronimo, les Roms, et la musique », sur FIP, .
  13. ↑ (en) « Tony Gatlif wins San Sebastian Human Rights Film Festival award », sur efe.com via Internet Archive, .
  14. ↑ « Coup de Cœur Musiques du Monde 2018 », sur Académie Charles-Cros (consulté le )
  15. ↑ « Le réalisateur Tony Gatlif invité d’honneur du 40e festival de cinéma "Itinérances" d'Alès », sur Franceinfo, (consulté le )

Liens externes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :