Traité de Dijon
Le traité de Dijon, du , fait suite au siège de Dijon par les troupes allemandes, suisses et francs-comtoises du Saint-Empire, et met fin à leur conquête du duché de Bourgogne, épisode des guerres d'Italie. Il est signé, du côté suisse, par Jacques de Wattenville (1466-1525) avoué de Berne, et du côté français, par Louis II de La Trémoille, gouverneur du duché.

Fin du siège et négociations
modifierLe , les Allemands et les Francs-Comtois montent à l'assaut mais ne parviennent pas à enfoncer les défenses dijonnaises. Le même jour, Français et Suisses signent un traité dont le premier article stipule la restitution au pape des terres enlevées précédemment par le roi de France. La Suisse doit récupérer le duché de Milan et le comté d'Asti et une somme de 400 000 écus est à verser par la France pour la préservation de la Bourgogne[1].
Les Suisses mettent fin au siège, entre les 14 et , en emmenant cinq otages, dont René d'Anjou-Mézières, Philibert Godran et Bénigne Serre, et en recevant un accompte ; ils sont suivis par les Allemands et les Francs-Comtois.
Louis XII est informé, le , du contenu du traité et le récuse, arguant de l'insuffisance des pouvoirs accordés à La Trémoille pour accepter des concessions territoriales. C'est le paiement d'une rançon de 13 900 écus par leur familles qui permettra la libération des otages le .
L'habileté de La Trémoille permet d'éviter l'invasion de la Bourgogne par le Saint-Empire et ses alliés. En revanche, les promesses non-tenues auront pour conséquence, deux années plus tard, l'échec de François Ier , successeur de Louis XII, à négocier un accord avec la Suisse qui gardera l'accès au duché de Milan.
Contenu du traité
modifierLe traité prévoyait :
- la restitution par la France des terres italiennes au Pape (ce qui était déjà fait avant la signature) ;
- le paiement par la France aux Suisses de Zurich, en deux termes, de la somme de 400 000 écus d'or ;
- le règlement par la France de ses nombreuses dettes auprès des Suisses ;
- la renonciation solennelle par Louis XII à tous ses droits sur le duché de Milan, sur la seigneurie de Gênes, sur le comté d'Asti, en faveur de Maximilien Sforza.
- le désaveu formel du concile de Pise et l'adhésion au concile de Latran.
Louis XII refusa de ratifier ce traité, au prétexte que La Trémoille avait agi sans avoir reçu les pouvoirs suffisants et que certaines clauses étaient « attentatoires à sa royale majesté » comme l'abandon du duché de Milan et du comté d'Asti[2].
Notes et références
modifier- ↑ (de) James Blake Wiener, « Le siège de Dijon de 1513 », Musée national - Blog sur l'histoire suisse, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ « Dijon, expédition de », sur hls-dhs-dss.ch (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Laurent Vissière, Louis II de La Trémoille, 1460-1525 : "sans poinct sortir hors de l'orniere", Paris, H. Champion, coll. « Études d'histoire médiévale », , 613 p. (ISBN 978-2-745-31727-8, OCLC 471005152).
- Laurent Vissière (dir.), Alain Marchandisse (dir.) et Jonathan Dumont (dir.), 1513, l'année terrible : le siège de Dijon, Dijon, Éditions Faton, , 250 p. (ISBN 978-2-878-44175-8, OCLC 863933993).
- Philippe & Gilles HOUDRY, « Le Siège de Dijon de 1513 » [PDF],
