Treize factoreries
Les Treize factoreries de Canton (du français factorerie ou factorie), dénommées improprement les treize usines, également connues sous le nom de Treize Hongs, était un quartier le long de la rivière des Perles dans le sud-ouest de Guangzhou en Chine, d'environ 1684 à 1856, abritant des comptoirs occidentaux.

Cette implantation, composé d’entrepôts et magasins occupés par des compagnies occidentales, fut le principal et unique site légal de la plupart des échanges commerciaux occidentaux avec la Chine de 1757 à 1842. Les magasins de marchandises furent détruits par un incendie accidentel en 1822, en 1841 au milieu de la première guerre de l’Opium, et en 1856 au début de la seconde guerre de l’opium. L'importance des factoreries a diminué après l'ouverture de cinq ports chinois aux commerçants étrangers, conformément aux termes du Traité de Nankin de 1842. Après la Seconde Guerre de l'Opium, les entrepôts ne furent pas reconstruits à leur emplacement d'origine au sud de l'ancienne ville fortifiée de Canton, mais déplacés, d'abord vers l’île de Honam, puis sur Île fluviale de Shamian située sur la rivière des Perles[1],[2],[3],[4],[5].
Terminologie
modifierLe terme factorerie désigne le lieu, le bureau où sont les facteurs ou agents d’une compagnie de commerce en pays étranger. On ne le dit guère qu’en parlant des établissements de ce genre formés dans les Indes orientales par des Européens. Cette compagnie avait des factoreries dans plusieurs villes maritimes[6].
Le terme « Treize Hongs » trouve son origine dans le port de la Lune de la dynastie Ming : il couvrait treize secteurs d'activité, notamment le commerce des bijoux, du coton, de la porcelaine, de la soie, du tourteau de soja, la fonte des chaudrons, le sucre, le fil de soie, le poisson, le papier, le thé et la construction navale. Puis il désigna la guilde Co-hong de marchands chinois qui exerçait le monopole de l'importation et de l'exportation de marchandises à Canton durant la dynastie Qing (1644-1912). Le nombre de commerçants de la guilde a varié au fil du temps entre 5 et 26[7],[8].
Histoire
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En 1684, l’empereur Kangxi de la dynastie Qing autorisa les étrangers à commercer avec la Chine dans quatre villes portuaires, dont Canton.

La Compagnie britannique des Indes orientales ouvrit un comptoir commercial dans la ville de Canton en 1699. D’autres compagnies suivirent rapidement : la Compagnie d’Ostende en 1724, puis la Compagnie néerlandaise des Indes orientales en 1728. La Compagnie suédoise des Indes orientales arriva en 1732 ; la Compagnie danoise des Indes orientales en 1734, la compagnie prussienne d’Emdem (Königlich Preußische Asiatische Compagnie in Emden nach Canton und China) en 1751. Lorsque les Britanniques souhaitèrent également commercer à Ningbo, plus près des centres de production de thé et de porcelaine, l’empereur chinois Qianlong émit un décret en 1757 stipulant que Canton deviendrait la seule ville portuaire où les commerçants étrangers étaient admis, marquant le début du système Co-hong, qui imposait de nombreuses exigences aux commerçants étrangers.
Chaque nation disposait de son propre bâtiment, loué aux hongs, ces grands marchands chinois seuls habilités à traiter avec les compagnies étrangères.
Lorsque l'empereur de Chine Daoguang décide la destruction de tous les stocks d’opium de Canton en 1839, il provoque la première guerre de l'opium.
Les occidentaux
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Les Occidentaux, au nombre de 150 tout au plus, mènent leurs affaires dans ce quartier des treize factoreries sous étroite surveillance. L'accès à la ville chinoise, entourée de hauts murs, leur est totalement interdit, tout comme la possibilité de se déplacer à l'intérieur du pays. Confinés dans ce lieu, soumis aux lois locales, n'ayant de contacts qu'avec les hongs chinois, qui fixent les prix et les quantités de marchandises négociables, privés de femmes, interdites dans les factoreries, ils mènent à Canton une vie austère, entièrement dédiée au commerce. Mais ils y trouvent leur intérêt. C'est en effet depuis Canton que sont expédiés la soie, la porcelaine et surtout le thé dont les Occidentaux sont très demandeurs[3].
Il ne s'agit là que la face visible du commerce avec la Chine. Depuis le XVIIIe siècle, afin d'équilibrer une balance commerciale qui leur est totalement défavorable. les Chinois, en effet, n'achètent rien ou presque, les Occidentaux se livrent au trafic de l'opium à grande échelle. Venu du Bengale, acheminé clandestinement jusqu'à Canton, il est vendu dans tout l'empire du Milieu qui engloutit dans ce trafic illégal des sommes bien supérieures à celles que lui rapporte le commerce légal avec les factoreries[3].
Les autorités chinoises ont beau multiplier les interdits, rien n'y fait : vers 1835, deux mille tonnes d'opium entrent chaque année en Chine. Des millions de chinois, un peu partout dans le pays et appartenant à tous les milieux, consomment cette drogue[3].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Thirteen Factories » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Johnathan Farris, « Thirteen Factories of Canton: An Architecture of Sino-Western Collaboration and Confrontation », Buildings & Landscapes Journal of the Vernacular Architecture Forum, (lire en ligne
) - ↑ (en) Xueping Gu et Changxin Peng, « Hangs and trading posts: The global development of the Thirteen Factories in Guangzhou », Journal of Chinese Architecture and Urbanism, (lire en ligne
) - 1 2 3 4 Tristan Gaston-Breton, « Canton 1830, capitale mondiale de l’opium »
, sur historyandbusiness.fr, (consulté le ) - ↑ Tristan Gaston-Breton, « Canton, capitale de l'opium »
, sur Les Echos, (consulté le ) - ↑ Louis Dermigny, La Chine et l'Occident. Le commerce à Canton au XVIIIe siècle, 1719-1833. Tome I, S.E.V.P.E.N, , 440 p. (lire en ligne)
- ↑ Académie française, « dictionnaire de l'Académie française »
, sur www.dictionnaire-academie.fr, (consulté le ) - ↑ BaiduWiki, « Les Treize Hongs de Canton »
, sur baike.baidu.com, (consulté le ) - ↑ (en) Qiu Quanlin, « Thirteen hongs: China's trade legacy »
, sur www.chinadaily.com.cn, (consulté le )