Triptyque de Moulins

tableau monument historique (PM03000305)? cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Moulins (Allier, France)

Le triptyque du Maître de Moulins (ou plus simplement Triptyque de Moulins voire Triptyque de la Vierge en gloire) est une œuvre remarquable qui fut longtemps dissimulée au sein de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Moulins (Allier). Un fac-similé du triptyque y est aujourd'hui exposé pendant la durée de restauration de l'œuvre au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) et la présentation au Musée du Louvre.

Triptyque de Moulins
Artiste
probablement Jean Hey
Date
1498
Type
Matériau
Dimensions (H × L)
157 × 283 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Localisation
Protection
Objet classé monument historique (d) ()
Objet recensé dans l'inventaire général du patrimoine culturel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Histoire

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Le mystère a longtemps plané sur l'identité de son auteur. Aujourd'hui on l'identifie avec certitude au peintre Jean Hey cité dans les archives.

Le chef-d'œuvre pourtant daté de 1498 a traversé les siècles sans la moindre détérioration (huile sur panneaux de chêne)[1]. Sa position longtemps maintenue fermée explique en partie son remarquable état de conservation mais la qualité des teintes utilisées par le Maître n'y est pas étrangère.

Restée dans la cathédrale jusqu'au XIXe siècle, l'œuvre est redécouverte en trois parties distinctes en 1838 par Prosper Mérimée, alors inspecteur général des monuments historiques. Recomposé en 1840, puis exposé au public en 1889, le triptyque est mis en lumière lors de la rétrospective de l'art français à l'Exposition universelle de Paris puis à l'Exposition universelle de 1900 et ensuite à l'exposition consacrée aux primitifs français en 1904.

Description

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Panneau central.
Le panneau central ː

Où figurent la Vierge et l'Enfant entourés d'anges.

« Vierge de l'Apocalypse » elle est portée par un croissant de Lune et le corps siégeant placé dans une mandorle irisée symbolisant le Soleil, flottant au centre des cieux[2].

Entourée de part et d'autre par quatorze anges, les deux du haut, des séraphins aux ailes déployées, tiennent une couronne de douze étoiles au dessus de sa tête[3].

Les deux du bas portent un phylactère affichant le texte inspiré du Livre de l’Apocalypse (12 :1) :

« HEC EST ILLA DEQVA SACRA CANVNT EVLOGIA : SOLE AMICTA LVNAM HABENS SVB PEDIBVS STELIS MERVIT CORONARI DVODENIS »

 Fabrice de Chanceuil[4].

« Voici celle dont les Écritures saintes chantent l’éloge : enveloppée du soleil, ayant la lune sous les pieds, elle a mérité d’être couronnée de douze étoiles »

Les autres personnages, la prient les mains jointes, placées sur le torse ou écartées.

  • à gauche le duc Pierre II de Bourbon à genoux accompagné de son saint patron Pierre reconnaissable à ses attributs (tiare de pape et clefs).
  • à droite la duchesse Anne de Beaujeu et leur fille Suzanne également en prière agenouillées, placées sous la protection de sainte Anne.

Restauration

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Au Centre de recherche et de restauration des musées de France, les trois panneaux peints par Jean Hey à la fin du XVe siècle bénéficient de tous les soins des scientifiques, historiens d’art et restaurateurs. Le triptyque est exposé au musée du Louvre jusqu'au . Il sera présenté ensuite au Monastère royal de Brou à Bourg en Bresse, à partir d'octobre 2026, avant de retourner à Moulins[5], un premier temps au Musée Anne-de-Beaujeu en 2027[6]. Il retournera à son emplacement d'origine, dans la sacristie de la cathédrale, une fois les travaux de cet espace terminé.

Notes et références

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  1. Huile sur panneau est une technique de peinture où la peinture à l'huile est appliquée sur des panneaux de bois qui ont été poncés et apprêtés.
  2. Marie de Nazareth ː La couronne de douze étoiles.
  3. Couronnée d'étoiles (Nous te saluons) - Piano - Voix avec paroles (vidéo).
  4. Fabrice de Chanceuil, « Pourquoi dit-on que Marie est « couronnée d’étoiles » ? », sur Aleteia, (consulté le ).
  5. Emmanuelle Giuliani, « Peinture : l’or retrouvé du « Triptyque de Moulins » », sur La Croix, (consulté le ). Le Triptyque de Moulins - Présentation
  6. Ariane Bouhours, « Après le Louvre et Brou, le Triptyque sera exposé au Musée Anne-de-Beaujeu, à Moulins, en 2027 », La montagne, (lire en ligne)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Roland Recht et Albert Châtelet, Le Monde gothique : Automne et Renouveau (1380-1500), Gallimard, , 478 p. (ISBN 978-2070111459).
  • Christine Pellistrandi et Giovanni Dagli-Orti, En l'honneur de Marie, Le maître de Moulins, Mame, , 116 p. (ISBN 978-2728908172).
  • Tzvetan Todorov, Éloge de l'Individu, Adam Biro, , 239 p. (ISBN 978-2876603103)
    La peinture flamande du XVe siècle est le témoin d'une révolution dans les esprits : les hommes de l'époque découvrent que la vie sur terre mérite en soi d'être observée et représentée.
  • Yann Quero, Le Maître de Moulins ː Peintre de quatre Reines de France, Arkuiris, , 450 p. (ISBN 978-2919090365).
  • Sophie Caron, "Un chef-d’œuvre de la peinture vers 1500, Le triptyque de Moulins au Louvre", Grande Galerie, hiver 2025, n° 73, p. 83 et suivantes.
  • Dominique Martos-Levif, Sophie Caron, Grégoire Chalier, Marie Lionnet-de Loitière et Philippe Lorentz, Le Triptyque de Moulins - Restauration et redécouverte du chef-d'œuvre de Jean Hey, éditions du patrimoine, , 110 p. (ISBN 978-2757710852).

Liens externes

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