L’origine étymologique du nom de Trivières est fort contestée. Selon certains, Trivières aurait été le théâtre d’une épique rencontre entre les Trévires et d’autres tribus gauloises contre les légions romaines de Tibère et Drussus. Les Trévires furent tous massacrés et c’est en leur souvenir que nos ancêtres auraient appelé cette région Trivières.
Cette hypothèse peut facilement être radiée des possibilités étymologiques. En effet, les Trévires n’ont jamais occupé les contrées du Hainaut; de plus, il ne subsiste aucun texte relatant cette hypothétique bataille.
Autre possibilité étymologique, trois rivières (la Haine, la Princesse et le Rieu des Estinnes) traversent le territoire de la commune. L’évolution linguistique aurait déformé trois rivières en Trivières.
Enfin dernière hypothèse, Trivières viendrait du latin «trivium» (trois chemins). Trois chemins se rencontrent presque au centre du village. L’un mène à Saint-Vaast, l’autre à Strépy et le dernier à Estinnes[2].
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Armes de l'époque mérovingienne retrouvées dans la nécropole de Trivières (Vesiècle-VIIesiècle), musée royal de Mariemont.
De l'époque mérovingienne (VeetVIesiècles), on a retrouvé une nécropole, sur une colline surplombant la rivière Haine, très riche en armes et bijoux de qualité et en précieuses amulettes. Cette nécropole était proche du domaine royal des Estinnes, domaine royal où le personnel civil et militaire et les princes résidaient par intermittence. Les tombes les plus anciennes datent du Vesiècle et les plus récentes du début du VIIesiècle[3].
Poteries et amulettes de l'époque mérovingienne retrouvées dans la nécropole de Trivières (VeetVIesiècles), musée royal de Mariemont.
La seigneurie principale du village de Trivières fut la propriété de plusieurs grandes familles. Les familles de Trivières, de Namur (1400), de La Hamaide (1670), de la Barre (1740), de van Brocchem, de Looz de Corswaren (1754) et de Wolff de Moorsel (descendants directs des rois d’Irlande) se succédèrent à la seigneurie de Trivières qui devint par la suite baronnie. Outre cette importante seigneurie, il existait également à Trivières de plus petites mais tout aussi intéressantes dépendances. Citons, par exemple, le fief de Solis, la seigneurie de Rebecq et les possessions foncières de l’abbaye de Saint-Feuillien du Roeulx[2].
La chapelle Notre-Dame du Puits (1664).L’église de Trivières trouve son origine dans une simple chapelle relevant de la paroisse de Péronnes et placée sous la collation de l’abbaye norbertine de Saint‑Feuillien. La paroisse ne devient indépendante qu’en 1803. L’ancien sanctuaire, situé à plus de 600 mètres de l’emplacement actuel, était un édifice roman dont seul le chœur en moellons de grès chevet plat et baies en plein cintre subsista jusqu’à sa disparition vers 1880, lors de l’achèvement de la nouvelle église[4]. La construction de l’édifice actuel, conçue en 1869 par l’architecte C. Muller, progresse rapidement: en 1874, la maçonnerie est presque entièrement réalisée, à l’exception de la tour[4]. L’église adopte un style néogothique, orienté au sud‑est, avec trois nefs de cinq travées, une tour carrée intégrée à la façade, un transept légèrement saillant et un chœur terminé par une abside à trois pans[4]. Les lancettes de l’abside, dotées de vitraux installés en 1948, représentent saint Martin, le Sacré‑Cœur et sainte Barbe. L’intérieur conserve une chaire de vérité néogothique ainsi qu’une remarquable croix triomphale du XVIesiècle, accompagnée de la Vierge et de saint Jean, suspendue à l’entrée du chœur[4].
La chapelle Notre‑Dame du Puits, située rue du Perron, doit son appellation à la présence ancienne d’un puits banal établi à proximité. L’origine du sanctuaire remonte à 1509, lorsque Antoine de Namur, seigneur de Trivières, fait ériger un premier édifice destiné à abriter une relique de l’épine de la couronne du Christ et à servir de lieu de sépulture pour sa famille. Ce premier bâtiment est détruit au cours du XVIesiècle lors des troubles provoqués par les gueux[5]. Une nouvelle chapelle est alors reconstruite en 1664‑1665 à l’initiative du seigneur local, issu de la lignée de La Hamaide. L’édifice actuel adopte un style néogothique et associe briques et pierres calcaires. Il se compose d’une nef unique prolongée par un chevet à trois pans[5]. La façade méridionale se distingue par un décor en damier, réalisé à l’aide d’un tuffeau jaune, conférant à l’ensemble une identité visuelle singulière. Classée monument en 1981, la chapelle est également reconnue comme sanctuaire à répit. Une pierre tombale représentant un enfant emmailloté en constitue le témoignage le plus explicite[5].
Le château de Trivières, construit par la famille de Wolf de Moorsel, au début du XIXesiècle et vendu à la société des Charbonnages du Bois-du-Luc en 1912[6]. Dès 1917, il est racheté par l'administration communale de Trivières. Aujourd'hui, il héberge le Centre régional d'action interculturelle du Centre, une antenne du CPAS et une bibliothèque[6].
Le carnaval de Trivières se déroule à Pâques[7]. Parmi les ducasses, on trouve la ducasse de la Trinité fin août, la ducasse du Pont et la ducasse des Filles en septembre[8].
Le sous-sol de Trivières était très riche en houille; son exploitation fut concédée, en 1786, à la Société de Saint-Denis-Obourg. Par la suite, le charbonnage de Trivières fut vendu à la Société du Bois-du-Luc, qui en conserva les concessions jusqu’en 1822. L’exploitation avait lieu en différents puits répartis sur l’étendue communale; le plus important de ces puits est celui du Quesnoy qui était relié à Bois-du-Luc par une voie ferrée[2]. Les deux puits, Saint Paul et Saint-Frédéric creusés en 1898 et 1903 avaient une profondeur de 950 mètres[9]. L'exploitation fut arrêté le marquant la fin de la Société des Charbonnages de Bois-du-Luc ainsi que l'exploitation du charbon dans la région du Centre[9]. Outre l’industrie charbonnière, Trivières comptait plusieurs brasseries et un petit atelier de construction[2].
Le terril du Quesnoy, situé rue de la Moussière, appartient au Service public de Wallonie et présente une grande diversité de milieux naturels[10]. Exploité jusqu'en 1973 par le siège du Quesnoy faisant partie de la société du Bois-du-Luc pour amassés les déchets[11]. Son accès se fait par une vaste roselière d’environ sept hectares, zone humide qui constitue un refuge essentiel pour les oiseaux aquatiques observables également aux étangs de Strépy, visibles depuis le sommet du terril[10]. Le versant sud, entièrement dénudé, offre un habitat favorable aux insectes thermophiles tels que le criquet à ailes bleues, le machaon ou encore le colias[10]. À l’inverse, la partie nord est recouverte d’une végétation arborée composée de bouleaux, de pins noirs d’Autriche et d’autres essences pionnières. Le site accueille également une faune amphibienne variée[10]. Plusieurs espèces de batraciens y trouvent des conditions favorables, dont le crapaud calamite, le crapaud commun, le crapaud accoucheur, la grenouille rousse ainsi que trois espèces de tritons. Grâce à cette mosaïque de milieux, le terril constitue un espace naturel remarquable, combinant zones humides, pentes ensoleillées et boisements pionniers[10].
↑Jean Germain, Guide des gentilés: les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne).
1234«Trivières», sur www.lalouvière.be (consulté le )