Trouble de stress post-traumatique complexe

variante du syndrome de stress post-traumatique généralement causée par des abus continus ou un environnement stressant

Le trouble de stress post-traumatique complexe (TSPTc ou TSPT-C) ou état de stress post-traumatique (ESPTc) est un trouble psychique lié au stress survenant généralement en réponse à des traumatismes complexes, c'est-à-dire des expositions habituellement prolongées ou répétées à une série d'événements traumatisants.

Ce diagnostic relie l'exposition à des expériences interpersonnelles chroniques chez l'enfant et l’adolescent aux altérations gênantes et persistantes du fonctionnement possibles à l’âge adulte, notamment les conduites à risques, des flashbacks émotionnels ou visuels, de l'hypervigilance, une honte toxique, de l'anxiété sociale, des cauchemars, un trouble de l'identité, des crises délirantes ou une dure critique intérieure.

Description

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Le trauma complexe résulte d’expositions prolongées à des violences physiques, psychiques, sexuelles, négligences ou des conflits armés. Il se manifeste par des troubles de la régulation émotionnelle (prises de risque, pensées et passages à l'acte suicidaire), des difficultés relationnelles (isolement, revictimation), des altérations de la conscience (amnésie, dissociation) et une perception de soi négative (honte, culpabilité). Touchant tous les âges, il reste moins connu que le trouble de stress post-traumatique, mais les connaissances actuelles soulignent son impact majeur sur la santé mentale, ce qui en fait un enjeu de santé publique. Son repérage et sa prise en charge sont entravés par l’évitement et les ruptures de soins, tandis que ses répercussions quotidiennes dégradent fortement la qualité de vie des personnes concernées[1].

Selon la Classification internationale des maladies (CIM), le trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT complexe) est un « trouble qui peut apparaître après une exposition à un événement ou à une série d’événements de nature extrêmement menaçante ou terrifiante, le plus souvent prolongés ou à des événements répétitifs dont il est difficile ou impossible de s’échapper »[2]). Le TSPT est considéré comme un trouble de la mémoire, dans la mesure il impact fortement différentes capacités mémorielles, notamment la mémoire autobiographique[3].

Symptômes du TSPT

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Trois catégories de syndromes accompagnent généralement le TSPT simple, le syndrome de répétition qui inclue cauchemars, réactivation des traumas par yn détail de la vie quotidienne, angoisse ou excitation sexuelle liée à une situation évoquant le trauma[4] ; le syndrome d'évitement, c'est à dire les tentatives plus ou moins inconscientes pour éviter toute situation qui rappelle le ou les traumas comme éviter certains lieux, personnes, discussions, ou même certaines pensées ; le syndrome d’hyperactivité neurovégétative inclue hypervigilance, irritabilité, effroi, des amnésies, des troubles du sommeil ou de la concentration. Certains de ces symptômes peuvent persister pendant plusieurs années. Dans le cadre du TSPT complexe, à ces syndromes peut s'ajouter des troubles dissociatifs de l'identité, s'accompagnant de difficultés émotionnelles et de troubles de la perception de soi[3].

Selon la CIM-11, les effets sur les personnes peuvent notamment consister en des « problèmes de régulation de l’affect », « l’impression d’être diminué, vaincu ou inutile, accompagnée de sentiments de honte, de culpabilité ou d’échec en lien avec l’événement traumatique » ou encore « des difficultés à entretenir les relations et à se sentir proche des autres »[2].

Ces symptômes peuvent « entraîner des déficiences » dans les domaines de fonctionnement des sujets, sur le plan personnel, familial ou encore professionnel[2]. Ainsi, le département américain des vétérans de guerre souligne la modification des relations des personnes atteintes de TSPT avec leur entourage[5].

Prévalence

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Plusieurs études envisagent la population victime de stress post-traumatique. Ainsi, une étude de 2018 estime que 2% à 9% de la population allemande sont concernés[6]. Un autre étude considère la situation en Israël[7]. Une troisième étude longitudinale conduite en Allemagne et publiée en 2015 envisage la situation auprès d'adolescents et jeunes adultes[8]. Il est particulièrement courant chez les femmes victimes de violences conjugales : 58 % à 80 % d'entre elles souffrent de TSPT ou de TSPT complexe selon la fréquence et la répétition des violences [9].

Le TSPT pourrait concerner entre 30 et 66% des psychotiques mais lorsque des symptômes psychotiques sont associés au TSPT, celui-ci est alors largement sous-diagnostiqué[10].

Traitement

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Références

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  1. Amaury Mengin et Julie Rolling, Le Grand Livre du trauma complexe - De l'enfant à l'adulte Fondements - Enjeux cliniques - Psychopathologie - Prise en charge, Dunod, , 576 p. (lire en ligne)
  2. 1 2 3 CIM-11 pour les statistiques de mortalité et de morbidité, « Trouble de stress posttraumatique complexe », sur CIM-11 (consulté le )
  3. 1 2 Fanny Dégeilh, Armelle Viard, Jacques Dayan, Fabian Guénolé, Pierre-Jean Egler, Jean-Marc Baleyte, Francis Eustache et Bérengère Guillery-Girard, « Altérations mnésiques dans l'état de stress post-traumatique : résultats comportementaux et neuro-imagerie », Neuropsychologie, vol. 5, no 1, , p. 45-55 (lire en ligne)
  4. Muriel Salmona, « Le pouvoir traumatisant et colonisateur des violences sexuelles », dans Essayer la fabrique des agresseurs sexuels, Dunod, (lire en ligne), p. 76 à 185
  5. (en) « Relationships - PTSD: National Center for PTSD », sur www.ptsd.va.gov (consulté le )
  6. (en) Maercker A, Hecker T, Augsburger M et Kliem S., « ICD-11 Prevalence Rates of Posttraumatic Stress Disorder and Complex Posttraumatic Stress Disorder in a German Nationwide Sample », J Nerv Ment Dis., , p. 206(4):270‑6
  7. (en) M. Ben-Ezra, T. Karatzias, P. Hyland, Brewin, M. Cloitre et JI Bisson et al., « Posttraumatic stress disorder (PTSD) and complex PTSD (CPTSD) as per ICD-11 proposals: A population study in Israel », Depression & Anxiety, vol. 35, no 3, , p. 1091-4269
  8. (en) Perkonigg A, Höfler M, Cloitre M, Wittchen H-U, Trautmann S et Maercker A, « Evidence for two different ICD-11 posttraumatic stress disorders in a community sample of adolescents and young adults », European Archives of Psychiatry & Clinical Neuroscience, , p. 266(4):317‑28
  9. Ernestine Ronai et Édouard Durand, Violences conjugales : le droit d'être protégée, Dunod, , 292 p. (ISBN 978-2-10-076957-5)
  10. Georges Jovelet, « Le sujet psychotique et les traumatismes », L'information psychiatrique, vol. 94, no 4, , Pages 258 à 264 (lire en ligne)

Annexes

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Bibliographie

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  • Pierre-Henri Chaillou–Cheisson, Le trouble du stress post-traumatique complexe: quelles caractéristiques et quelle prise en charge ? : Une revue de la littérature (thèse de doctorat en médecine), coll. « Sciences du Vivant [q-bio] », (HAL dumas-03355137, lire en ligne)
  • (en) Pete Walker, Complex PTSD: From Surviving to Thriving: A Guide and Map for Recovering from Childhood Trauma, CreateSpace Independent Publishing Platform, (ISBN 978-1-4928-7184-2, lire en ligne)

Liens externes

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