Trypanosomiase

infections aux parasites trypanosomes

Les trypanosomiases sont des infections aux parasites trypanosomes. Les trypanosomiases humaines sont endémiques dans deux régions du monde : l'Afrique et l'Amérique du Sud. Il existe, y compris dans d'autres régions du monde, des trypanosomiases qui touchent d'autres espèces mais qui sont sans danger pour l'homme ; elles peuvent cependant causer d'importants dommages aux animaux d'élevage.

Trypanosomiase
Description de cette image, également commentée ci-après
Trypanosoma brucei, le parasite responsable de la maladie du sommeil chez l'humain et de la nagana chez d'autres mammifères.
Causes TrypanosomaVoir et modifier les données sur Wikidata
Traitement
Médicament PentamidineVoir et modifier les données sur Wikidata
Spécialité Infectiologie et médecine vétérinaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes
MeSH D014352

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Elles sont en général transmises par des animaux hématophages : punaises, mouche tsé-tsé en Afrique[1], vampire (Desmodontinae) en Amérique du Sud.

Trypanosomiases humaines

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  • Trypanosomiase humaine africaine : maladie du sommeil. Elle est provoquée par deux sous espèces de Trypanosoma brucei : T. b. rhodesiense et T. b. gambiense[2][3].
  • Trypanosomiase américaine : maladie de Chagas, également nommée mal de Calderas, et couramment appelée kissing bug disease aux États-Unis[4].

La trypanosomiase africaine chez l'homme, menacerait, selon une estimation en 2024, plus de 40 millions de personnes en Afrique sub-saharienne[5], en particulier dans les zones rurales et parmi les populations touchées par la guerre ou la pauvreté. Toutefois, on estime que seules 1,5 million de personnes vivent dans des zones à risque modéré ou élevé. Pour la période du 1998 au 2018, le nombre de cas diminue grâce à la surveillance systématique et aux efforts de contrôle.

Trypanosomiases animales

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Photographie d'un bœuf atteint d'une trypanosomiase.
  • La maladie qui impacte le plus les êtres humains est Surra, car affectant les animaux domestiques comme les dromadaires, les bœufs domestiques, les cochons, les moutons, les chèvres, et parfois les chats, les chiens et les équidés. Elle peut très rarement affecter l'humain. Elle est provoquée par Trypanosoma evansi. Elle est considérée non pathogénique chez le buffle d'Afrique[6].
  • Nagana, n'gana, ou trypanosomiase animale africaine, également appelée Souma ou Soumaya au Soudan. Elle peut être provoquée par Trypanosoma vivax, Trypanosoma congolense, les trois sous espèces de Trypanosoma brucei et Trypanosoma simiae[2],[7],[8].
  • Mal de caderas (Amérique du Sud centrale).
  • Murrina de caderas (Panama ; Derrengadera de caderas).
  • Dourine (trypanosomiase spécifique des équidés).
  • Fièvres cachexiques.
  • Mal équin de Gambie (Afrique centrale).
  • Baleri (Soudan).
  • Kaodzera (trypanosomiase rhodésienne).
  • Tahaga (maladie des chameaux en Algérie), appelée aussi mbori, salaf, debab.
  • Galziekte, galzietzke (fièvre bilieuse du bétail ; maladie biliaire d'Afrique du Sud).
  • Peste-boba (Venezuela ; Derrengadera).

Certaines espèces et races de bétail comme le buffle africain, la Ndama et le Keteku semblent trypanotolérantes et ne souffrent pas de maladie clinique[réf. nécessaire]. Les veaux sont plus résistants que les adultes.

Signes et symptômes

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La piqûre de la mouche tsé-tsé provoque l'apparition d'un chancre rouge ; quelques semaines plus tard, la personne peut présenter de la fièvre, une hypertrophie des ganglions lymphatiques, du sang dans les urines, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête ainsi qu'une irritabilité. Au cours de la première phase, le patient ne souffre que d'accès de fièvres intermittentes et d'une lymphadénopathie, associés à d'autres signes et symptômes non spécifiques. Le second stade de la maladie se caractérise par une atteinte du système nerveux central entraînant des troubles neurologiques majeurs, tels que des modifications de la personnalité, une perturbation de l'horloge biologique (rythme circadien), de la confusion, une élocution pâteuse, des convulsions ainsi que des difficultés à marcher et à parler. Ces troubles peuvent évoluer sur plusieurs années et, en l'absence de traitement, entraîner le décès du patient. La maladie est fréquente en Afrique subsaharienne.

Traitement

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La trypanosomiase humaine africaine se traite avec de la pentamidine, éflornithine, nifurtimox ou fexinidazole[9]. La tripanosomiase américaine se traite avec du benznidazole ou du nifurtimox[10].

La trypanosomiase animale africaine se traite avec le diminazène ou l'isometamidium, mais des efforts sont en train d'être fait pour développer des médicaments plus modernes et efficaces[11].

Recherche

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À l'avenir, la trypanosomiase pourrait être évitée grâce à la modification génétique de la mouche tsé-tsé. Comme cette mouche est le principal vecteur de transmission, la rendre immune à la maladie en modifiant son génome pourrait constituer un élément clé des efforts visant à éradiquer la maladie. De nouvelles technologies, telles que CRISPR, qui rendent le génie génétique plus simple et moins coûteux, pourraient permettre la mise en œuvre de telles mesures. Un programme pilote au Sénégal, financé par l'Agence internationale de l'énergie atomique, a permis de réduire considérablement la population de mouches tsé-tsé en introduisant des mâles stérilisés par exposition à des rayons gamma[12]. Cela a permis de remplacer des races bovines trypanotolérantes, moins productives, par des races étrangères plus productives ; cette initiative a été sélectionnée par l’Exposition universelle de 2015 à Milan comme l'une des meilleures pratiques de développement durable en matière de sécurité alimentaire[13].


Articles connexes

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Références

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  1. (en) G. Cecchi, M. Paone, J. de Gier et W. Zhao, The continental atlas of the distribution of tsetse flies in Africa, Rome, FAO, coll. « PAAT Technical and Scientific Series » (no 12), (ISBN 978-92-5-139040-5, DOI 10.4060/cd2022en, lire en ligne)
  2. 1 2 (en) Dietmar Steverding, « Sleeping Sickness and Nagana Disease Caused by Trypanosoma brucei », dans Arthropod Borne Diseases, Springer International Publishing, , 277–297 p. (ISBN 978-3-319-13884-8, DOI 10.1007/978-3-319-13884-8_18, lire en ligne)
  3. Philippe Büscher, Giuliano Cecchi, Vincent Jamonneau et Gerardo Priotto, « Human African trypanosomiasis », The Lancet, vol. 390, no 10110, , p. 2397–2409 (ISSN 0140-6736, DOI 10.1016/S0140-6736(17)31510-6, lire en ligne, consulté le )
  4. (en) « This US region sees its first locally acquired 'kissing bug' disease case »
  5. (en) « The elimination of human African trypanosomiasis: Monitoring progress towards the 2021–2030 WHO road map targets »
  6. (en) Mohamed Ridha Rjeibi, Taoufik Ben Hamida, Zara Dalgatova et Tarek Mahjoub, « First report of surra (Trypanosoma evansi infection) in a Tunisian dog », Parasite, vol. 22, , p. 3 (ISSN 1776-1042, DOI 10.1051/parasite/2015004, lire en ligne, consulté le )
  7. FAO, Approche de lutte progressive contre la trypanosomose animale africaine – Directives opérationnelles, Rome, FAO, coll. « Série technique et scientifique du PLTA » (no 13), , 72 p. (ISBN 978-92-5-140605-2, DOI 10.4060/cd7991fr, lire en ligne)
  8. Oumar Diall, Giuliano Cecchi, Gift Wanda et Rafael Argilés-Herrero, « Developing a Progressive Control Pathway for African Animal Trypanosomosis », Trends in Parasitology, vol. 33, no 7, , p. 499–509 (ISSN 1471-4922, DOI 10.1016/j.pt.2017.02.005, lire en ligne, consulté le )
  9. (en) « Trypanosomiasis, human African (sleeping sickness) », sur www.who.int (consulté le )
  10. (en) « Chagas disease », sur www.who.int (consulté le )
  11. FAO, OMSA et UA-BIRA, Accélérer l’accès aux nouveaux trypanocides vétérinaires en Afrique, Rome, , 3 p. (DOI 10.4060/cd9735fr, lire en ligne)
  12. (en) « A U.S.-funded nuclear project to zap a killer fly into extinction is saving West Africa's cows »
  13. (en) « The Tsetse Fly Eradication Project in Senegal Wins Award for Best Sustainable Development Practices »

Liens externes

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