Tsunesaburō Makiguchi

pédagogue japonais, fondateur avec Josei Toda du mouvement bouddhiste Soka Gakkaï

Tsunesaburō Makiguchi (牧口 常三郎, Makiguchi Tsunesaburō?), né le à Arahama-mura et mort le à Tokyo est le fondateur (avec Josei Toda) du mouvement bouddhiste Soka Gakkaï.

Enseignant, il écrivit des manuels scolaires mais aussi des ouvrages sur la pédagogie.

Informations essentielles

Tsunesaburō Makiguchi
Tsunesaburo Makiguchi.
Fonctions
Premier président (d)
-
Sōka gakkai
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
牧口常三郎Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
École normale n°1 de Hokkaidō (d)
Université d'éducation de HokkaidōVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
enseignant, auteur, leader religieux

Biographie

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Enfance et formation

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Tsunesaburō Makiguchi, de son vrai nom Shoïchi Watanabe, est né dans un petit village, à Arahama-mura[1], dans la préfecture de Niigata. Il est élevé par l'un de ses oncles, puis en rejoint un autre à Hokkaido, l’île la plus septentrionale du Japon, récemment colonisée. Par la suite, Makiguchi parvient à intégrer l’École normale de Sapporo, où il suit une formation pour devenir instituteur[2].

Il part pour Tokyo, où il dirige six écoles primaires entre 1913 et 1932[3].

Carrière

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Dès 1897, il entreprend un ouvrage de géographie à l'intention des éducateurs de l'école primaire qui paraît en 1903 : "La Géographie de la vie humaine" (Jinsei Chiraku), qui servira jusqu'à la moitié de vingtième aux enseignants préparant leur diplôme de géographie[4]. C'est une sorte de journal de bord où il développe une perception holistique de la géographie qui met en relations les êtres humains et leur environnement, s'éloignant ainsi de la simple description des caractéristiques physiques de la Terre qui constituait alors l'approche classique de la géographie[3].

D'après Clark Strand, il « défendait le droit des enfants à apprendre en tant qu'enfants, en laissant libre cours à leur curiosité et à leurs inclinations naturelles, et à un rythme convenant à leur âge »[5]. Selon la Soka Gakkaï, il a été nommé en à Shirokane, un quartier de Tokyo, où il réforme l'association des parents d'élèves, organise des réunions hebdomadaires, invite des intervenants extérieurs, invente et expérimente de nouvelles méthodes pédagogiques[5].

En , il adhère à la secte Nichiren shôshû[6],[7].

Soka Kyoiku Gakkaï

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La Soka Kyoiku Gakkaï (?, Société pédagogique pour la création des valeurs) est fondée en . Si le mouvement est à ses débuts axé sur des objectifs éducatifs, il évolue rapidement vers le bouddhisme de Nichiren. En 1937, la Sōka Kyōiku Gakkai est devenue une organisation laïque rattachée à la Nichiren shôshû[6]. A l'époque, cette branche minoritaire du bouddhisme Nichiren est partie prenante de la ferveur ultranationaliste par l'intermédiaire de son directeur général des affaires religieuses, le fanatique Arimoto Kôga (1867-1936).

Le mouvement pratique la conversion par le shakubuku. L'adhésion pleine et entière est réservée à ceux qui convertissent au moins deux personnes par an. Le prosélytisme est assuré par des réunions de discussion appelées zadankai, qui mettent en avant les témoignages des membres. Parmi les bienfaits d'une conversion, la Sōka Kyōiku Gakkai garantit un accouchement facile, la guérison de maladies et de l'alcoolisme, la prospérité des affaires, l'amélioration des relations humaines ainsi qu'une mort paisible pour les proches.

Makiguchi considère l'efficacité de la conversion au Nichiren Shōshū comme « scientifiquement » vérifiable par l'expérience personnelle : ceux qui vénèrent et défendent le Dharma merveilleux accumulent du mérite, tandis que ceux qui s'y opposent ou le rejettent subissent un karma négatif[8].

Emprisonné pour crime de lèse-majesté pendant la guerre[9], Makiguchi meurt de malnutrition à l'âge de 73 ans.

Héritage

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Son influence s'est limitée au Brésil, où sa méthode a été mise en place dans un petit nombre d'écoles (55)[10] ; au Japon, où sur la base de sa pédagogie, Daisaku Ikeda a créé un réseau d'enseignement laïque depuis l'école jusqu'à l'université, et aux États-Unis, où a été fondée (2001) l'Université Soka d'Amérique (SUA), avec pour vocation la formation de "citoyens du monde engagés à contribuer à la société sur les bases de valeurs humanistes"[11].

Notes et références

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  1. ↑ Dayle M. Bethel, Makiguchi, le créateur de valeurs, Éditions du Rocher, , 174 p. (ISBN 2-268-02140-8), p. 21
  2. ↑ (en) Murata, Kiyoaki, 1922-, Japan's new Buddhism; an objective account of Soka Gakkai,, Walker/Weatherhill i.e. J. Weatherhill; distributed by Walker, (ISBN 0-8348-0040-3 et 978-0-8348-0040-3, OCLC 54660, lire en ligne), p. 72 Makiguchi worked as an errand boy at the local police station...The Chief of Police, impressed with the lad's industry and ambition, took him to Sapporo..
  3. 1 2 (en-US) Aaron L, « Sōka Gakkai Founder, Makiguchi Tsunesaburō, A Man of Peace? 創価学会の創立者・牧口恒三郎 平和を愛する男? - Asia-Pacific Journal: Japan Focus », Asia-Pacific Journal: Japan Focus,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  4. ↑ Dayle Bethel, Citoyens du Monde, Le mouvement bouddhiste Soka Gakkaï au Japon, L'Harmattan (ISBN 978-2-7475-6710-7 et 2-7475-6710-9), L'héritage de Tsunesaburo Makiguchi p62 p65 p61 et de la page 60 à 83 pour la conclusion au XXIe siècle
  5. 1 2 Clark Strand (trad. de l'anglais), Réveiller le Bouddha : comment le dynamisme d'un mouvement bouddhique contemporain est en train de changer notre conception de la religion, Santa Monica, Editions L'Harmattan, , 165 p. (ISBN 978-2-343-06891-6 et 2-343-06891-7, OCLC 944013119, lire en ligne), p 46 p 47
  6. 1 2 Hartmut Rotermund, « Sôka-gakkai. Idéologie d'une nouvelle secte japonaise », Revue de l'histoire des religions, vol. 184, no 2,‎ , p. 137–157 (DOI 10.3406/rhr.1973.10065, lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ Noriyoshi Tamaru et Wilson, Bryan. (trad. de l'anglais), Citoyens du monde : le mouvement bouddhiste Soka Gakkai au Japon, Paris/Budapest/Torino, L'Harmattan, , 301 p. (ISBN 2-7475-6710-9 et 978-2-7475-6710-7, OCLC 156909911, lire en ligne), p 45
  8. ↑ « NIRC », sur nirc.nanzan-u.ac.jp (consulté le )
  9. ↑ Brian Daizen Victoria, "Sōka Gakkai Founder, Makiguchi Tsunesaburō, A Man of Peace?," The Asia-Pacific Journal 12, 37, 3 (15 septembre 2014).
  10. ↑ (en) Dilma de Melo Silva, « Makiguchi Project in Action – EnhancingEducation for Peace », sur iop.or.jp.
  11. ↑ https://soka-bouddhisme.fr/a-propos/sgi/l-education?

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Dayle M. Bethel, Makiguchi, le créateur de valeurs, Éditions du Rocher, 1996

Liens externes

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Travaux de chercheurs

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  • (en) Brian Daizen Victoria, Senior Lecturer Centre for Asian Studies, University of Adelaide, Engaged Buddhism: A Skeleton in the Closet?
  • Elkevizth Brian Henry - From “Education Beyond Utility” to Utility for Legitimacy - Contemporary Opposition to Article 9 Revision in the Context of the Sōka Gakkai's Historical Development (2012)