Union et fraternité française

parti politique français

L'Union et fraternité française (UFF) constitua, de 1955 à 1958, le groupe parlementaire de l'Union de défense des commerçants et artisans (UDCA), le syndicat professionnel d’extrême droite de Pierre Poujade.

Union et fraternité française (UFF)
Présentation
Président Pierre Poujade
Fondation
Disparition
Syndicat Union de défense des commerçants et artisans
Symbole Coq gaulois
Positionnement Extrême droite[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11]
Idéologie Poujadisme
Corporatisme
Conservatisme
Populisme de droite
Défense du contribuable
Conservatisme fiscal
Résistance fiscale
Couleurs Bleu marine
Blanc
Rouge
Représentation
Députés (1956)
52  /  595

Historique

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Avec le mot d'ordre « Sortez les sortants », ce mouvement obtint 52 députés (2,4 millions de suffrages, 11,6 %) à l'Assemblée nationale en 1956. Comme les autres partis opposés au régime de la IVe République (Rassemblement du peuple français…), il fut pénalisé par la loi électorale qui favorisait les listes « apparentées », c'est-à-dire celles susceptibles de trouver des alliés et donc de former une majorité dans un parlement très divisé.

Parmi eux se trouvait Jean-Marie Le Pen, qui était alors, à 27 ans, le deuxième plus jeune député de France[12] après le communiste André Chène[13], et qui allait devenir la figure marquante de l'extrême droite française. S'y trouvait également Henri Dorgères, ancien leader paysan d'avant-guerre. Après l'élection, 11 députés UFF furent invalidés, à la suite de la contestation d'apparentement de listes, qui étaient toutes poujadistes. Il s'agissait d'apparentement avec les listes de Défense des intérêts agricoles et viticoles (DIAV) et d'Action civique de défense des consommateurs et des intérêts familiaux. Il y a une violation de la loi des apparentements, un parti ne peut présenter des listes différentes dans la même circonscription, le texte ne demande pas à refaire des élections, la sanction fait baisser le nombre de votes des poujadistes en dessous de leurs concurrents. Ces invalidations du fait de la vérification des pouvoirs sont conformes à la procédure de l'Assemblée. La manœuvre est souvent dénoncée comme une opération politique. La polémique qu'elles entrainèrent est une justification, après 1958 et la Ve République, de confier le contentieux des élections législatives non plus aux députés eux-mêmes, mais au Conseil constitutionnel[14].

Le groupe UFF subit d'autres invalidations[Quand ?] et n’a plus que 30 députés à la fin de la législature. Trois députés devaient par la suite se démarquer de leur groupe : Jean-Maurice Demarquet, Jean Dides et Jean-Marie Le Pen, qui fut exclu de l'UFF en 1957.

L'UFF a fait trois interventions fondamentales à l'Assemblée nationale :

  • un projet de loi demandant la convocation d'États généraux en avril 1956 afin de redonner la parole au peuple, déclaré irrecevable par le bureau de l'Assemblée et par conséquent non soumis au vote des députés, le but étant d'ajouter au Parlement des États généraux à des fins de proposition et de consultation, c'est-à-dire ajouter une représentation sociologique à une représentation géographique afin d'éviter une surreprésentation d'une classe sociale au détriment d'une autre, ainsi que le risque que le Parlement soit majoritairement formé d'une élite sociale et intellectuelle et s'éloigne ainsi des préoccupations des citoyens ;
  • un vote contre le gouvernement socialiste de Guy Mollet qui demandait, avec l'aide des Britanniques, l'expédition militaire en Égypte pour le canal de Suez, en 1956 ;
  • un projet de loi demandant le lancement d'agrocarburant afin de réduire la dépendance de la France en pétrole et d'apporter des ressources directes et renouvelables à l'agriculture et à tout le monde rural, en mai 1958.

L'UFF prit position pour le maintien de l'Algérie française et fut hostile à l'Europe du traité de Rome, première base de l'Union européenne, ainsi qu'aux organismes internationaux en général, dans lesquels elle voit se dissoudre la souveraineté française.

La plupart des députés UFF furent battus aux élections législatives de 1958 et le parti cessa son activité.

Membres

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Notes et références

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  1. Romain Souillac, « Le mouvement Poujade, l'État et la nation (1953-1962) », theses.fr, Paris 4, (lire en ligne, consulté le )
  2. « Chapitre III. Turbulences et détente au milieu des années 1950 (1953-1958) », Presses universitaires de Rennes, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  3. « "Les ingrédients du poujadisme sont là mais le contexte me semble plus grave" », sur L'Express, (consulté le )
  4. Romain Souillac, « Chapitre 8. Le mouvement Poujade à l'extrême droite », Académique, , p. 215–238 (lire en ligne, consulté le )
  5. Antoine Perraud, « Quand l’extrême droite invoquait la démocratie pour la saper à l’Assemblée », Mediapart, (lire en ligne, consulté le )
  6. « L'extrême droite dans la Ve République (1/3)1956-1983 : de la violence à la quête de la respectabilité », sur enseignants.lumni.fr (consulté le )
  7. François Goguel, « Les élections françaises du 2 janvier 1956 », Revue française de science politique, vol. 6, no 1, , p. 5-17 (DOI 10.3406/rfsp.1956.402673, lire en ligne, consulté le )
  8. Emmanuel Debono, « Front républicain et rejet de l’abstention (1956) », sur lemonde.fr/blog, (consulté le )
  9. « Les bataillons électoraux de Jean-Marie Le Pen », sur lhistoire.fr (consulté le )
  10. Eva Leray, « Le front républicain existait déjà il y a 70 ans contre les Poujadistes dont… Jean-Marie Le Pen », sur Ouest France (consulté le )
  11. Mathias Bernard, « Les bastions de l’extrême droite française au XXe siècle », dans Terres d’élections : Les dynamiques de l’ancrage politique (1750-2009), Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-7535-5965-3, lire en ligne), p. 75-85
  12. Jean-François Sirinelli, Vie politique française au XXe siècle, Presses Universitaires de France, 1995, p. 573.
  13. biographie d'André Chène, et L'Histoire de décembre 2011, no 370, p. 6.
  14. Bruno DAUGERON, « Le contrôle des élections parlementaires avant le Conseil constitutionnel : la « vérification des pouvoirs », histoire et théorie », Nouveaux Cahiers du Conseil constitutionnel, no 41, (lire en ligne)

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Franck Buleux, Pierre Poujade & l'Union pour la Fraternité française : 1956 : ceux qui firent trembler le Système, Paris, Synthèse Éditions, coll. « Cahiers d'Histoire du nationalisme », , 186 p.

Liens externes

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