Utilisateur:El Comandante/Inquisition espagnole
| Tribunal du Saint-Office de l'Inquisition | ||
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248x248px Armoiries de l'Inquisition espagnole. De part et d'autre de la croix, l'épée symbolise le traitement des hérétiques et le rameau d'olivier, la réconciliation avec les repentis. Autour de l'écu figure la légende "EXURGE DOMINE ET JUDICA CAUSAM TUAM PSALM 73", une phrase latine qui signifie en français : "Lève-toi, ô Dieu, défends ta cause, psaume 73". | ||
| Information générale | ||
| Cadre | ||
| Création |
1478 | |
| Fin |
15 juillet 1834 | |
| Type | Tribunal de la monarchie espagnole chargé de veiller à l'orthodoxie religieuse dans son royaume. | |
| Nominations | ||
| Système électoral |
Nomination par la Couronne espagnole | |
Le Tribunal du Saint-Office de l'Inquisition, communément connu sous le nom d'Inquisition espagnole, fut une institution fondée en 1478 par les Rois Catholiques d'Espagne et qui, sous le contrôle direct de la Couronne, était chargée de maintenir l'orthodoxie catholique dans ses royaumes. L'Inquisition espagnole a été précédée par l'Inquisition médiévale fondée en 1199, notamment en France. Son abolition a été approuvée par Napoléon par l'arrêté du 4 décembre 1808, dans le contexte de la guerre de l'Indépendance; mais elle n'a pas été définitivement abolie dans tous les territoires de l'Empire espagnol avant le 15 juillet 1834, pendant la régence de Marie-Christine de Bourbon.
L'Inquisition, en tant que tribunal ecclésiastique, n'avait compétence que sur les chrétiens baptisés. Pendant la majeure partie de son histoire, pourtant, comme il n'existait pas de liberté de culte en Espagne ni dans ses territoires dépendants, sa juridiction s'est étendu à la pratique totalité des sujets du roi de l'Espagne. A la création des tribunaux américains, elle n'a jamais eu juridiction sur les indigènes : le roi ordonnait «que les inquisiteurs ne procèdent jamais contre les indiens, mais contre les vieux chrétiens et leurs descendants et les autres personnes contre lesquelles dans ces royaumes de l'Espagne on a l'habitude de procéder».[1]
Origines
modifierPrécédents
modifier- ↑ Ana María Splendiani, Cincuenta años de la inquisición en el Tribunal de Cartagena de Indias, , p. 86 :
« la Inquisición americana nunca se involucró en la conversión y evangelización de los indígenas , pues éstos estaban al margen de su jurisdicción desde la misma promulgación de los edictos de fundación de los tribunales americanos »
L'institution inquisitoriale n'est pas une création espagnole. La première inquisition, épiscopale, a été créée à la suite de la bulle pontificale Ad abolendam, promulguée en 1184 par le pape Lucius III pour combattre l'hérésie cathare dans le sud de la France. Cinquante ans après, entre 1231 et 1233, via la constitution Excommunicamus, le pape Grégoire IX a créé l'Inquisition pontificale qui s'est établie dans plusieurs royaumes européens du Moyen Âge ; dans les royaumes chrétiens de la péninsule ibérique, l'inquisition pontificale a seulement été instaurée dans la Couronne d'Aragon, dont les Dominicains catalans Raymond de Peñafort et Nicolas Eymerich ont été les principaux représentants. Avec le temps, son importance s'est diluée, et au milieu du XVe siècle cette institution était presque oubliée, bien qu'encore légalement en vigueur.
Dans la Couronne de Castille la répression de l'hérésie est menée par des principes séculiers, sur la base d'une législation également séculière, bien qu'elle reprenne largement les statuts de l'inquisition pontificale. Le corpus législatif des Sept Parties a admis « la poursuite des hérétiques, mais dans le but de les conduire, avant tout, à l'abjuration; seulement dans le cas où ils persistent dans leurs croyances ils pouvaient être livrés au bourreau. Les condamnés perdaient leurs biens et ils étaient dépossédés de toute dignité ou charge publique ». C'est sous le règne de Ferdinand III de Castille que les peines les plus dures ont été infligées aux hérétiques : le roi a ordonné de les marquer au fer rouge, et une chronique rapporte qu'il « a tué beaucoup d'hommes et les a fait bouillir dans des chaudrons ».
Contexte
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Une grande partie de la péninsule ibérique avait été dominée par les arabes, et dans les régions du sud, particulièrement les territoires de l'ancien Royaume de Grenade, la population musulmane était importante. Jusqu'en 1492, Grenade est restée sous domination arabe. Les grandes villes, en particulier Séville et Valladolid, en Castille, et Barcelone dans la Couronne d'Aragon, ont eu de vastes populations de Juifs, qui vivaient dans des ghettos appelés «juderías».
Pendant le Moyen Âge, une coexistence relativement pacifique —malgré des incidents ponctuels— s'était maintenue entre chrétiens, juifs et musulmans, dans les royaumes de la péninsule ibérique. Les Juifs étaient depuis longtemps au service de la Couronne d'Aragon. Le père de Fernando, Juan II d'Aragon, a nommé le juif Abiathar Crescas astronome de la cour. Les juifs occupaient beaucoup de postes politiques importants. En Castille, il y avait même un rabbin.
Cependant, il y a eu en Espagne, à la fin du XIVe siècle, une vague de violence antijuive, encouragée par les prédications de Ferrán Martínez, archidiacre d'Écija. Les pogroms de juin 1391 ont été spécialement sanglants : à Séville, l'aljama a été complètement détruite et plusieurs centaines de juifs ont été assassinés, tout comme dans d'autres villes comme Cordoue, Valence ou Barcelone[1].
Une des conséquences de ces troubles a été la conversion massive des Juifs. Avant de cette date, les conversos étaient rares. à partir du XVe siècle, les judeoconversos, appelés « nouveaux chrétiens », forment un nouveau groupe social, traité avec méfiance aussi bien par les Juifs que par les chrétiens. En se convertissant, ces Juifs n'échappaient pas seulement à d'éventuelles persécutions, mais pouvaient aussi accéder à de nombreux métiers et charges qui venaient de leur être interdits par les nouvelles lois. En se convertissant, beaucoup ont pu garder ou obtenir un statut social élevé dans les royaumes hispaniques du XVe siècle, comme les médecins de la cour de Ferdinand le Catholique Andrés Laguna et Francisco López Villalobos, ou les banquiers Luis de Santángel et Gabriel Sánchez, qui ont financé le voyage de Christophe Colomb. Certains —non sans opposition— ont même pu accéder à des postes remarquables dans la hiérarchie ecclésiastique, devenant parfois de sévères détracteurs du judaïsme. Certains ont même été anoblis, et au XVIe siècle des opuscules antisémites affirmaient que la plupart des nobles espagnols étaient d'ascendance juive[2]. La révolte de Pedro Sarmiento à Tolède, en 1449, motivée par la méfiance des vieux chrétiens, chassa par décret tous les nouveaux chrétiens des postes importants de la ville (conseillers, juges, maires…), instaurant de fait de nouveaux statuts de pureté de sang.
Causes
modifierLes raisons et objectifs pour lesquels les Rois Catholiques ont décidé d'introduire en Espagne l'Inquisition sont multiples et controversés par les chercheurs, qui ont énoncé plusieurs hypothèses :
- L'instauration de l'unité religieuse : dans l'objectif des Rois Catholiques de créer un État fort, une de leurs priorités était d'imposer l'unité religieuse. De plus, l'Inquisition leur permettait d'intervenir directement dans les affaires religieuses, sans l'intermédiaire du Pape.
- L'affaiblissement de l'opposition politique locale : beaucoup de ceux, dans la Couronne d'Aragon, qui ont résisté à l'implantation de l'Inquisition l'ont fait en invoquant les privilèges locaux (fueros).
- L'affaiblissement de la puissante minorité judéoconverse : dans le royaume d'Aragon l'Inquisition a accusé des membres de familles influentes , comme Santa Fe, Santángel, Caballería et Sánchez. Cependant, cette hypothèse est contredite par le fait de que le roi Ferdinand a conservé dans son administration de nombreux nouveaux chrétiens.
- Le financement de la Couronne : étant donné qu'une des peines infligées par l'Inquisition aux accusés était la confiscation des biens et qu'une partie de l'argent ainsi récoltée revenait à la Couronne[3], cette possibilité ne peut pas être écartée.
Création
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Le dominicain sévillan Alonso de Ojeda a convaincu la reine Isabel la Catholique, pendant son séjour à Séville entre 1477 et 1478, de la persistance de pratiques judaïques chez les conversos andalous. Un rapport, expédié aux souverains par Pedro González de Mendoza, archevêque de Séville, et par le dominicain Tomás de Torquemada, a corroboré cette assertion. Afin de débusquer les faux convertis et de les éliminer, les Rois Catholiques décident d'introduire l'Inquisition en Castille et demandent l'accord du Pape. Le 1er novembre 1478, le Pape Sixte IV promulgue la bulle Exigit sinceras devotionis affectus, qui institue l'Inquisition dans la Couronne de Castille, et attribue la nomination des inquisiteurs à la compétence exclusive des monarques espagnols. Les premiers inquisiteurs, Miguel de Morillo et Juan de Saint-Martin, sont nommés deux ans après, le 27 septembre 1480, à Médine du Champ.

Au début, l'activité de l'Inquisition s'est limitée aux diocèses de Séville et Cordoue, où Alonso de Ojeda avait détecté un foyer de conversos "judaïsants". Le premier autodafé est organisé à Séville le 6 février 1481: six personnes y ont été brûlées vives. Dès lors, la présence de l'Inquisition dans la Couronne de Castille s'est rapidement étendue ; en 1492 il y avait des tribunaux dans huit villes du royaume : Ávila, Cordoue, Jaén, Médine du Champ, Ségovie, Sigüenza, Tolède et Valladolid.

Pour établir la nouvelle Inquisition dans les territoires de la Couronne d'Aragon, où elle suscitait plus d'oppositions, Ferdinand le Catholique a réactivé l'ancienne Inquisition pontificale, en la soumettant à son contrôle direct. Cela lui a permis de contourner une nouvelle bulle pontificale de Sixte IV dans laquelle le Pape avait interdit que la juridiction de l'Inquisition espagnole s'étende à l'Aragon, en déclarant que : Toutefois, les pressions du roi d'Aragon lui ont permis d'obtenir la suspension de cette bulle et la promulgation d'une autre, le 17 octobre 1483, nommant Torquemada inquisiteur général d'Aragon, de Valence et de Catalogne. De la sorte, l'Inquisition est devenue l'unique institution ayant autorité sur tous les royaumes de la monarchie hispanique, au service des intérêts de la Couronne. Cependant, les villes d'Aragon continuèrent à résister, et il y a même eu des foyers de révolte, comme à Teruel à partir de 1484, jusqu'à ce que l'assassinat à Saragosse de l'inquisiteur Pedro Arbués, le 15 septembre 1485, renverse l'opinion publique en faveur de l'Inquisition. En Aragon, les tribunaux inquisitoriaux visent en particulier les membres de la puissante minorité judéoconverse, mettant fin à leur influence dans l'administration aragonaise.
L'activité de l'Inquisition
modifierHenry Kamen divise l'activité de l'Inquisition espagnole en cinq périodes. La première, de 1480 à 1530, est marquée par l'intense poursuite des judéoconvers. La seconde, relativement tranquille, au début du XVIe siècle, est suivie d'une troisième période, entre 1560 et 1614, où l'activité s'intensifie à nouveau, cette fois contre les protestants et les morisques. La quatrième période, jusqu'à la fin du XVIIe siècle, est marquée par l'accusation d'une majorité de vieux chrétiens. Pendant la cinquième et dernière période, au XVIIIe siècle, l'hérésie n'est plus le centre d'attention du tribunal[4].
Pour la première période, de 1480 à 1530, les sources divergent sur le nombre de procès et d'exécutions. Henry Kamen évalue le nombre de personnes exécutées à environ 2000.[5]
L'expulsion des juifs et la poursuite des judéoconvers
modifier« beaucoup de chrétiens vrais et fidèles, sur le témoignage d'ennemis, de rivaux, d'esclaves et d'autres personnes inférieures et encore moins convenables, sans aucune preuve, ont été enfermés dans des prisons séculières, torturés et condamnés comme des hérétiques relaps, privés de leurs biens et de leurs propriétés, et livrés au bras séculier pour être exécutés, au péril de leur âme, donnant un exemple pernicieux et causant du scandale à beaucoup de gens. »
— Cité dans Kamen 2011, p. 53
Bien que les juifs qui continuaient à pratiquer leur religion n'ont pas fait l'objet de poursuites de la part du Saint-Office, on se méfiait d'eux parce qu'on croyait qu'ils incitaient les conversos à judaïser: dans le procès du Saint Enfant de La Garde, en 1491, deux Juifs ont été condamnés au bûcher avec six conversos pour un supposé crime rituel à caractère blasphématoire.
Le 31 mars 1492, à peine trois mois après la conquête du royaume de Grenade, les Rois Catholiques ont promulgué le Décret de l'Alhambra expulsant les Juifs de tous leurs royaumes. Il laissait aux sujets juifs quatre mois (jusqu'au 31 juillet) pour choisir entre se faire baptiser chrétien ou quitter définitivement le pays, en leur interdisant d'emporter avec eux de l'or, de l'argent ou de la monnaie. La raison donnée pour justifier cette mesure, dans le préambule du décret, était le risque que beaucoup de conversos changent d'avis en raison de la proximité de juifs qui les maintenaient dans la connaissance et la pratique du judaïsme.
Une anecdote délégation de juifs, commencée par Isaac Abravanel, a offert une grande compensation économique aux Rois en échange de la révocation du décret. Le Roi Ferdinand aurait rejeté cette offre sous la pression de l'Inquisiteur général Torquemada, qui lui aurait dit « Judas a vendu Notre Seigneur pour trente pièces d'argent ; Sa Majesté s'apprête à le revendre pour trente mille ».
Le nombre de Juifs qui sont partis d'Espagne reste mal connu. Les premières estimations des historiens de l'époque sont très elevées (Juan de Mariana parle de 800 000 personnes, et Isaac Abravanel de 300 000) ; au contraire, les estimations contemporaines sont nettement inférieures, Henry Kamen l'évaluant par exemple à seulement 40 000 exilés sur 80 000 Juifs et plus de 200 000 conversos[6].
Les Juifs espagnols ont émigré principalement au Portugal (dont ils sont à nouveau expulsés en 1497), au royaume de Navarre (dont ils sont expulsés en 1498) et au Maroc.[7] Par la suite, leurs descendants, appelés séfarades, établiront de florissantes communautés dans beaucoup de villes européennes, au Maghreb et, surtout, dans l'Empire ottoman.
Les très nombreux Juifs (environ la moitié selon Kamen) qui se sont convertis avant la fin du délai pour rester dans les royaumes espagnols ont été systématiquement suspectés de ne pas vouloir sincèrement devenir chrétiens, de continuer à pratiquer en secret certains rites du judaïsme et sont donc devenus la principale cible de l'Inquisition et des dénonciations.
La période de condamnation la plus intense contre ces judéoconvers a duré jusqu'en 1530 ; ensuite, jusqu'en 1560, le pourcentage de poursuites inquisitoriales contre des judéoconvers a très nettement diminué, jusqu'à être réduit à 3 %. Il y a eu un rebond des poursuites lorsqu'un groupe de judaïsants a été découvert en 1588 à Quintanar de la Orden, et dans la dernière décennie du XVIe siècle les dénonciations ont à nouveau augmenté. Au début du XVIIe siècle on observe en Espagne une nouvelle vague de procès contre des judaïsants (parmi lesquels de prestigieux financiers) lorsque des judéoconvers fuient l'Inquisition portugaise, fondée en 1532. En 1691, 36 chuetas sont brûlés lors de plusieurs autodafés à Majorque.
Tout au long du XVIIIe siècle le nombre de judéoconvers accusés par l'Inquisition diminue. Le dernier procès contre un judaïsant a été celui de Manuel Santiago Vivar, qui a eu lieu à Cordoue en 1818.
L'arrivée en 1516 du nouveau roi Carlos I en Espagne a suscité l'espoir chez les conversos que l'influence de l'Inquisition soit réduite. Cependant, malgré plusieurs requêtes des Cortes de Castille et d'Aragon, le nouveau monarque a maintenu le pouvoir du système inquisitorial.[8]
Toutefois, pendant le XIVe siècle, les procès inquisitoriaux n'ont pas majoritairement poursuivi des conversos judaïsants. L'Inquisition s'est concentrée sur la traque des quelques mouvements protestants qui sont apparus en Espagne.
La première série de procès remarquable a été celle contre la secte mystique des «alumbrados» à Guadalajara et Valladolid. Ces longs procès se sont achevés par des peines de prison, sans aucune peine capitale, mais ils ont mis l'Inquisition sur la piste des nombreux intellectuels et religieux qui, sous l'influence de la pensée d'Érasme, s'étaient écarté de l'orthodoxie (même si Charles Quint et son fils Philippe II ne cachaient pas leur admiration pour Érasme). Parmi les cas les plus notables, on peut citer celui de l'humaniste Juan de Valdés, qui a dû fuir en Italie pour échapper à un procès, ou du prédicateur Jean d'Avila, qui a passé près d'un an en prison.
Les principaux procès contre des groupes véritablement luthériens ont eu lieu entre 1558 et 1562, au début du règne de Philippe II, contre deux communautés protestantes des villes de Valladolid et Séville[9]. Ces procès ont lancé une vague de répression inquisitoriale, aboutissant à de nombreux autodafés, présidés par des membres de la royauté, au cours desquels près d'une centaine de personnes ont été exécutées[10], ce qui a pratiquement mis fin à l'émergence, très minoritaire, du protestantisme en Espagne : en effet, après 1562, même si les procès ont continué, la répression a nettement ralenti, avec une dizaine d'Espagnols luthériens brûlés vifs jusqu'à la fin du XVIe siècle, bien que près de deux cents ont été accusés[11].
La censure
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Dans le cadre de la Contre-Réforme, l'Inquisition a travaillé activement contre la diffusion des idées hérétiques en Espagne, en publiant plusieurs index, en 1551, 1559, 1583, 1612, 1632 et 1640. Ces index étaient des listes de livres interdits pour contravention à l'orthodoxie religieuse ; ils s'étaient multipliés en Europe à partir de la réimpression de celui publié par l'Université de Louvain en 1546, avec un appendice consacré aux livres espagnols[12]. Ces index concernaient une multitude de livres en tout genre, mais se concentraient sur les ouvrages religieux et, en particulier, sur les traductions de la Bible.
« beaucoup de chrétiens vrais et fidèles, sur le témoignage d'ennemis, de rivaux, d'esclaves et d'autres personnes inférieures et encore moins convenables, sans aucune preuve, ont été enfermés dans des prisons séculières, torturés et condamnés comme hérétiques déchus, privés de leurs biens et de leurs propriétés, et livrés au bras séculier pour être exécutés, au péril de leur âme, donnant un exemple pernicieux et causant du scandale à beaucoup de gens »
— Cité dans Kamen 2011, p. 53
Voir aussi
modifierNotes et références
modifierBibliographie
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- ↑ Kamen (2011, p. 17) donne des chiffres approximatifs pour les victimes de Valence (250) et de Barcelone (400). Il ne fournit pas de données spécifiques pour Cordoue.
- ↑ On peut citer en particulier deux livrets du XVIe siècle : Libro verde de Aragón et Tizón de la nobleza de España (Kamen 2011, p. 38).
- ↑ (es) José Ma Cruselles Gómez, « ¿Fue rentable la Inquisición fernandina? A vueltas con los motivos económicos en el origen del Santo Oficio », dans Las razones del Santo Oficio, Presses universitaires de la Méditerranée, coll. « Voix des Suds », , 231–247 p. (ISBN 978-2-36781-319-6, lire en ligne)
- ↑ Kamen 2011, p. 192.
- ↑ Il donne des chiffres éloquents : 91,6% des personnes jugées à Valence entre 1484 et 1530 étaient d'origine juive, et 99,3% de celles jugées à Barcelone entre 1484 et 1505 (Kamen 2011, p. 60).
- ↑ Kamen 2011, p. 29-31.
- ↑ Benjamin R. Gampel, Los últimos judíos en suelo ibérico. Las juderías navarras, 1479-1498, 1996.
- ↑ Les Cortes de Castille demandent au roi de réformer les procédures de l'Inquisition au moins aux dates suivantes : 1518, 1520, 1523 et 1525 (Kamen 2011, p. 78-81).
- ↑ Ces procès - en particulier celui du groupe de Valladolid - ont fourni à l'écrivain Miguel Delibes la base de l'intrigue de son roman historique El hereje (1998). Les procès contre les protestants castillans ont été étudiés par Jesús Alonso Burgos dans El luteranismo en Castilla durante el siglo XVI (1983).
- ↑ Kamen 2011, p. 99, donne le chiffre approximatif de 100 exécutions entre 1559 et 1566. Il compare ces chiffres avec ceux des condamnés à mort dans d'autres pays européens à la même époque et conclut qu'au cours de périodes similaires, environ deux fois plus d'hérétiques ont été exécutés en Angleterre (sous la catholique Marie Tudor), trois fois plus en France et dix fois plus aux Pays-Bas.
- ↑ Kamen 2011, p. 99-100.
- ↑ Kamen 2011, p. 109.