Utilisateur:Flothar/PGA Bretagne



Parmi les prisonniers de guerre allemands conservés en détention en France, plusieurs dizaines de milliers Allemands furent retenus à partir de l'été 1944 dans la XIe Région militaire dont le territoire correspondait à la Région de Bretagne actuelle. Ils furent d'abord internés dans des camps localisés en fonction des opérations militaires lors de la Libération, puis concentrés près de Rennes et ensuite redistribués dans des dépôts répartis sur l'ensemble de la région. Ces prisonniers furent capturés seulement en partie en Bretagne ou en France, beaucoup y venaient lors des cessions de la part des Américains et des Britanniques en 1945/1946. Un grand nombre était employés dans des fermes, dans certaines entreprises ou bien dans des "commandos" communaux qui devaient alors les loger et subvenir à leurs besoins. Dans le jargon administratif ces prisonniers sont désignés comme PGA (Prisonniers de guerre de l'Axe). La période de l'été 1945 et de l'hiver 1946 était très difficile à cause des problèmes importants d'approvisionnement et de la mise en place des soins nécessaires aux prisonniers malades. Pour différentes raisons, mais aussi par la nécessité du respect de la Convention de Genève[1] la plupart de ces PGA furent rapatriés, puis démobilisés jusqu'à la fin de l'année 1948. Une minorité parmi eux a opté pour la transformation de leur statut de PGA en "travailleur libre" devenu possible à partir d'avril 1947. La France pouvait ainsi continuer à bénéficier de la force de travail de ces hommes jusqu'en 1949. Certains anciens PGA, ayant noué des relations personnelles, sont restés vivre en France.

Définitions

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Le territoire de l’actuelle région de Bretagne, correspond après la Libération au Commissariat régional de Rennes dirigée par le commissaire Victor Le Gorgeu d’août 1944 jusqu’en mars 1946[2],[3] ainsi qu’à la XIe Région militaire de 1944 à 1946[4] (Rennes et Vannes avec Caen, Le Mans et Nantes deviennent des subdivisions de la 3e Région militaire en 1946[5]). A Rennes était installée la Direction régionale des prisonniers de guerre de l’Axe (PGA), dont le niveau supérieur était la Direction générale (DGPG) créé en 1943 et dirigée de 1945 à 1948 par le général Louis Buisson[6]. Le niveau administratif inférieur était le dépôt.[7] La réforme des régions militaires en 1946, créant la 3e Région militaire préservait l’organisation de l’administration des PGA.

Le terme allemand peut être ambigu en ce qui concerne les membres de la Wehrmacht et de la SS. A côté des citoyens du Reich (dans les frontières de 1937), il y avait des Autrichiens, des Allemands ethniques (Volksdeutsche) ressortissant de la Tchécoslovaquie, des pays baltes, de la Hongrie etc., ainsi que des Italiens. Pour distinguer ces derniers des Allemands du Reich la DGPG utilisait le terme allogène.[8] Ces prisonniers, notamment les Autrichiens, Italiens et les ressortissants soviétiques furent cependant rapatriés dès après le 18 octobre 1945 à l'exclusion des éléments nazis (dont les membres de la SS), des criminels de guerre et des membres de la Waffen-SS.[9],[10],[11]

Aperçu de la libération de la Région de Rennes (Bretagne)

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Un mois après le Débarquement en Normandie, le 1er août 1944, le VIIIe Corps de l’armée américaine entrait en Bretagne et libérait Dol le 3 août. L’avancée de l’armée américaine se poursuivit globalement en trois directions. Une division blindée progressait près de la côte de la Manche vers Brest, une division d’infanterie prit le même cap, mais en traversant le centre de la péninsule par Loudéac, une autre division blindée se divisait en se dirigeant en partie vers Lorient par Malestroit, en partie vers Vannes en passant par Redon. Une grande partie des troupes allemandes se retirait alors vers certaines villes côtières, déclarées "Festungen" (forteresses), "poches" du point de vue français, dont certaines furent libérées plus ou moins rapidement par les troupes américaines (Saint-Malo le 17 août, Crozon et Brest le 18 septembre) après que ces villes furent réduites en ruines par les combats, d’autres, les "Festungen" de Lorient et de Saint-Nazaire se rendaient seulement le 10 et le 11 mai 1945, après la capitulation de l’armée allemande à Reims le 7 mai et à Berlin-Karlshorst le 8 mai (le 9 mai selon le calendrier russe).[12],[13] Depuis le Débarquement notamment, l’action de la Résistance bretonne, qui comptait autour de 35 000 combattants[14] était essentielle pour faciliter la progression rapide des troupes américaines, notamment sur la route du centre de la Bretagne. Elles bloquaient une partie des troupes allemandes dans le cap Fréhel. Plus tard, les FFI (Forces françaises de l'Intérieur) étaient chargées de tenir les poches de Lorient et de Saint-Nazaire avec en tout une quarantaine de bataillons.[15],[16]

Les captures des militaires allemands

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Le nombre de soldats présents en Bretagne à la veille de l’arrivée des Américains début août 1944 peut être estimé à 150 000 sur la base des unités présentes dans la région et leurs effectifs théoriques[17],[18],[19]. Selon un autre auteur, qui additionne les effectifs des garnisons de Saint-Malo, Brest, Lorient et Saint-Nazaire ainsi qu’un nombre de soldats capturés en dehors de ces places le nombre s’élève à 114 000 à 118 000 hommes.[20] Les deux auteurs incluent donc la garnison de Saint-Nazaire de 25 000 soldats. En l’excluant, on arrive donc à une fourchette de 89 000 à 12 5000 soldats allemands présents dans la XIe Région militaire.

Les chiffrages globaux des PGA allemands capturés dans la XIe Région militaire varient selon les auteurs, mais permettent de donner un ordre de grandeur. L'écrivain et historien Robert Aron estime que l’armée américaine seule captura 60 000 soldats allemands.[21],[22] D’après l'historien Henri Michel, les maquisards firent 20 000 prisonniers, mais l’auteur ne distingue pas les cas où les FFI opéraient seules ou bien en coopération avec les Américains.[23] La somme des effectifs capturés mentionnés dans l’étude de Fritz Jesse basée sur le dépouillement d’une vingtaine de références publiées[24] est d’environ 88 000 (en en excluant les PGA faits à Saint-Nazaire, situé en dehors de la XIeRégion militaire).

Captures par la Résistance

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Les premières captures de soldats allemands avaient lieu dès le début du mois d’août par l’armée américaine. La Résistance française procédait également aux captures, parfois en essayant de négocier à des contingents allemands de se rendre. Cela se soldait le 5 août par l’exécution du négociateur français à Péaule (Côtes-du-Nord) par les soldats allemands[25], alors que le 10 août à Perros-Guirec (Côtes-du-Nord) 600 Allemands se rendaient aux Français après négociation[26]. Dans certains cas, les Allemands répondirent par des représailles quand les résistants capturent certains des leurs. Près de Châteauneuf-du-Faou les FFI réussirent à capturer quelques soldats d'une colonne allemande : "En représailles, les occupants mettent le feu à la halte de Langalet. [Le] chef de gare en retraite, est abattu et le village de Penhoat-Broëz incendién," ces lieux étant à Plonévez-du-Faou. Ils abattent aussi un jeune de 15 ans et enferment un homme dans un bâtiment en flammes.[27]

Environ 6 000 soldats allemands furent capturés par les FFI dans la XIe Région militaire[28] (20 000 prisonniers faits par les FFI en France[29]). Ces opérations pouvaient s’avérer risquées pour les maquisards face à des Allemands bien équipés et parfois en surnombre. D’autre part, le gros des troupes allemandes se trouvant dans les "poches" face aux Américains. Les FFI s’employaient davantage à des opérations de ratissage de contingents allemands dispersés ou bien cherchant à rejoindre les villes côtières.[28] Le nombre de capturés s’élevait généralement de quelques individus à quelques dizaines, parfois les FFI réussirent de grosses prises, comme au début août 1944 en Ille-et-Vilaine à Broualan[30] près de Combourg avec 400 prisonniers faits, à Messac[30] avec 350 et Janzé[31] avec 300. Le 20 août, lors d’une opération de ratissage, ils prirent environ 600 Allemands dans les environs du camp militaire de Coëtquidan et de la forêt de Paimpont (Morbihan/Ille-et-Vilaine).[32],[33]

Coopération entre FFI et l’armée américaine

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Cette coopération pouvait s'avérer nécessaire d'une part en raison du manque des effectifs côté américain, d'autre part parce que les Allemands refusèrent parfois de se rendre aux "terroristes" FFI[34],[35], et réclamaient la présence de militaires réguliers, américains ou français, comme le 3 août 1944 au Point-Clos à Gaël,[36],[37], à Plélan-le-Petit ou le 4 août à Dinan[38]. Les FFI étaient souvent chargés de "nettoyer" à l'arrière du front des soldats et unités allemandes disséminées.[39] Une telle action avait lieu par exemple le 15 août 1944 dans la forêt de Paimpont avec le concours d'environ 200 résistants des communes Plélan[40],[41], Maxent, Treffendel, Bréal-sous-Montfort, Saint-Malo-de-Beignon (?[40]), Iffendic et Mordelles aux côtés d'un bataillon américain.[39] Un nombre estimé à 10 800 soldats allemands furent capturés lors des opérations communes de l’armée américaine et des FFI, dont la plupart lors de la conquête de la presqu’île de Crozon (Finistère).[42],[43] Dans ce cas les Américains demandaient aux FFI, de respecter une « marge de sécurité » par rapport au front et de ratisser le territoire à l’arrière du front. Une fois les combats à Crozon terminés, les Américains préféraient de réaliser eux-mêmes les opérations de ratissage et d’en écarter les FFI.[44]

Relations difficiles entre militaires et maquisards

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Il existait en effet une certaine méfiance des militaires américains vis-à-vis des maquisards.[45] Plusieurs exemples sont cités dans le contexte des combats dans l’ouest du Finistère. A Audièrne, les Américains interdisent aux FFI de participer à l’assaut de la garnison allemande « craignant sans doute pour les prisonniers », mais les Français passent outre.[46],[47] Un autre évènement illustre ces relations de méfiance entre les FFI et les militaires américains :

"On a pu assister de la part de certaines unités américaines à des spectacles profondément démoralisants pour nous, tels que de les voir mettre systématiquement hors d'usage des canons pris à l’ennemi, empêcher nos hommes, démunis de souliers, de récupérer les bottes des prisonniers, et les Américains gavant de nourriture et chaussant de neuf les prisonniers allemands tandis que nos unités mouraient de faim et marchaient pieds nus dans les ajoncs."[48]

Le futur journaliste et soldat des transmissions à la Wehrmacht Erich Kuby[49],[50], fait prisonnier après la reddition de la « forteresse de Brest, porte un regard plus empathique sur les FFI quand il dit qu’ils étaient "traités par les Américains comme s’ils n’existaient pas [wie Luft behandelt]"[51]. Cela ne l’empêchait pas de partager à certains égards le point de vue de certains militaires américains :

"Nous ne furent pas seulement gardés par des Américains, mais aussi par des Français, qui auraient donné de superbes figurants dans un film de brigands. Leurs pantalons civils effrangés sont tenus par une corde sur une chemise de couleur. La cigarette au coin des lèvres, le béret basque sur l’oreille, le fusil, dans la plupart des cas une carabine allemande, pendait sur l’épaule, le canon vers le bas. La haine contre nous les emplissait."[51]

A l’opposé, ce même témoin avait l’impression d’être traité comme un confrère par les Américains.[52] Un rapport du service de propagande du Département d’État américain, confirme ces regards que portent les soldats américains sur les Allemands, « coopératifs », voire « pacifiques » , et sur les Français, des « communistes » et des « querelleurs ».[53]

Pourtant, sur le plan officiel, les maquisards des FFI étaient reconnus comme combattants par l’armée américaine. Dans la nuit du 5 au 6 août un état-major interallié, la mission Aloès, a été parachuté près de Guingamp pour se rendre à l’état-major des FFI, dont le colonel Albert-Marie Éon devait prendre le commandement afin d’assurer la coordination avec les Américains. Ces derniers, se méfiant des FFI, notamment des communistes parmi eux, demandaient à ce que ces combattants soient désarmés. Le colonel Éon a réussi d’obtenir la confiance et du général américain Patton et des responsables des FFI, si bien que l’officier américain décida de faire confiance aux FFI.[54],[55]

Cette méfiance envers les maquisards, notamment quand ils avaient des prisonniers sous leur garde, était partagée par des militaires français comme le général Buisson : « Un peu partout, ce sont les bandes armées autonomes qui veulent garder pour elles leurs P.G. et même s’en faire livrer pour des besoins mal déterminés. »[56] Ce qui traduit aussi le souci des autorités françaises d’organiser la captivité des Allemands dans des conditions réglementaires.

Les soldats allemands faits prisonniers étaient gardés sous l’autorité américaine, plus tard aussi française. En Bretagne, s‘ils furent capturés par des résistants, ceux-ci les remirent généralement aux forces alliées.[57],[58] A Lamballe, les FFI ont créé un camp à la fois pour des collaborateurs et des prisonniers de guerre, qui devint en novembre 1944 le dépôt 111 sous l’autorité de la DGPG.[57] Dans certains cas, des contingents des FFI étaient missionnés pour la garde des camps américains[57],[59] ou français[60].

Comportements des FFI envers des prisonniers de guerre allemands

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Luc Capdevila, qui a étudié les exactions commises dans le contexte de la Libération a repéré un nombre d’exécutions hors combat et extralégales inférieur à 50[61] par des maquisards en Bretagne et le met face aux 581 exécutions de civiles français en majorité pendant l’été 1944.[62] La violence s’était donc plus dirigée vers des Français que vers des Allemands. Il précise également, que la hiérarchie des FFI souhaitait également un retour à l’ordre que les autorités civiles.[63]

Un certain nombre d’exemples montrent cependant que les FFI se comportaient tout à fait avec humanisme envers les soldats allemands capturés. Différents témoins allemands faits prisonniers déclarent que "le traitement était bon, vu les circonstances", que le "traitement était très généreux",[64] ou étaient agréablement surpris de la courtoisie de la part d’un « sous-chef des maquis, un paysan breton d’un âge avancé ».[65]

Des témoins issus des rangs des FFI disent avoir traité des soldats allemands blessés,[66] à Maure-de-Bretagne on les transportait à l’hôpital, à Yvignac dans un café pour les soigner[67], à Scaër les FFI soignaient cinq Allemands blessés dans leur propre hôpital,[68] et à Perros-Guirec les FFI convainquirent les Allemands de se rendre à eux après avoir prouvé qu’on s’occupait de leurs blessés à Lannion[69].

Lors de la capture de soldats allemands, des cas de brimades et de vols d’effectifs personnels se sont produits selon certains témoignages, sans que l’on puisse les quantifier.[70] Et, ce type de comportements pouvait être observé autant chez des maquisards que des Américains. Ainsi, il est question au cap Fréhel de "coups de pieds dans le derrière" par un GI selon un témoin français,[71] "des mauvais traitements corporels sévères" selon un témoin allemand fait prisonnier à Lorient.[70] Quant aux vols, certains GI procédaient à des « fouilles » et considéraient les objets ainsi récupérés comme butin de guerre.[70],[72],[73],[74] Le même type de comportement chez un Français pouvait être considéré comme une forme de « pillage » et sévèrement puni, selon un témoin allemand.[75] Mais, les maquisards souvent dénués après plusieurs mois ou années de clandestinité agissaient aussi par simple nécessité quand ils exigeaient que les prisonniers allemands leur remissent leurs bottes de cuir en échange des sabots,[76] ou encore dans un esprit de revanche en rappelant aux Allemands leur attitude envers des prisonniers de guerre français quelques temps auparavant.[77]

Captures par les armées américaine et française

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Suite aux combats en Bretagne, les Américains capturent autour de 47 000 soldats allemands[78] entre le 2 août à Dinan et le 20 septembre 1944 dans le Sud-Ouest de la Cornouaille dans le triangle Douarnenez, le Cap Sizun et Audierne. Là aussi, il s’agissait parfois de quelques individus ou dizaines, de 10 000 le 16 août à Saint-Malo[79], de 28 000[80] à 38 000[81] selon les auteurs le 19 septembre à Brest.

Le 10 et le 11 mai 1945, chaque fois environ 25000 Allemands furent faits prisonniers par les armées américaine et française à la suite des redditions des « forteresses » de Lorient[82] et de Saint-Nazaire[83].

L'origine et le statut des prisonniers de guerre allemands retenus dans la XIe région militaire

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Les effectifs des PGA effectivement retenus dans la région ne correspondaient n’étaient pas les mêmes qui y étaient capturés. En respectant l'Article 7 de la Convention relative au traitement des prisonniers de guerre. Genève, 27 juillet 1929 (Convention de Genève)[84], les Américains devant éloigner les prisonniers de guerre des zones de combat, ont évacué jusqu’à l’automne 1944[85] bon nombre des soldats allemands capturés vers des camps aux États-Unis. Après la fin de la guerre, des PGA trop malades, trop vieux ou globalement inaptes au travail, ou encore des mineurs, fermiers, cheminots etc. nécessaires au maintien des structures vitales en Allemagne, furent rapatriés au fur et à mesure.[86]

D’autre part, l’armée américaine cédait des PGA la France, non seulement des soldats capturés en Bretagne ou en France, mais aussi en transportant un certain nombre de prisonniers depuis des camps en Allemagne, voire des États-Unis[87], vers la France. En vertu de l'Article 2 de la Convention de Genève[84], ces hommes restaient sous la responsabilité des Américains.[88]

Travailler pour réparer

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Selon l’accord de la Conférence de Yalta[89] en février 1945 des Allemands pouvaient être réquisitionnés à titre de réparations comme main-d’œuvre pour la reconstruction des pays envahis par l’armée allemande.[90],[91]

En choisissant les PGA pour cette tâche, les Alliés répétaient une pratique des Allemands envers les soldats polonais, yougoslaves et italiens à qui le Reich avait refusé le statut de soldat et par conséquence celui de prisonnier de guerre protégé par la Convention de Genève en adoptant une position juridique jusque-là inconnue selon laquelle l’État de ces prisonniers avait cessé d’exister. L’Allemagne avait également retenu les prisonniers de guerre français longtemps après la fin des combats et les a utilisés comme main-d’œuvre.[92] Avec le suicide d'Adolf Hitler et l'arrestation du dernier gouvernement de l'amiral Dönitz le 23 mai 1945, le Reich allemand cessait d'exister. Le pouvoir gouvernemental en Allemagne était désormais exercé par les Alliés. Ce fait a été officialisé dans les Déclarations de Berlin le 5 juin 1945.[93]

A la demande de la France, des prisonniers de guerre devaient donc être retenus, selon les mots du général Buisson, « parce qu’il s’agi[ssai]t d’une nécessité vitale » pour « la reconstruction de son économie, ruinée par quatre ans d’occupation ».[94] La question des réparations ne pouvait être négociée avec les Allemands en absence d'un gouvernement et d'un traité de paix. La situation matérielle du pays ne permettait pas non plus de fournir les réparations nécessaires en nature. L'utilisation de la de la main-d’œuvre prisonnière paraissait donc comme la solution la plus facile afin de répondre aux urgences de la reconstruction.[95]

Les cessions

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Le 23 décembre 1944, Américains et Français sont convenus d’une cession à la France de PGA par les Alliés, principalement des Américains, comme main-d’œuvre.[96] Les prisonniers transférés sous l’autorité française provenaient principalement soit des camps américains en France, dont Rennes, soit de l’Allemagne, une partie venait des Etats-Unis ou de Norvège. Ces cessions commençaient le 22 février 1945 avec 50000 hommes. Quatre autres suivaient de juin à septembre concernant 612000 prisonniers, mais 70000 devaient être rétrocédés à cause de leur mauvais état de santé ; une dernière cession avait lieu de février à mai 1946 avec 101000 prisonniers, ce qui fait un total 693000 hommes.[97],[98]

Il est plus difficile d’établir le nombre de prisonniers concernés par ces sessions en Bretagne. Un certain nombre de cas individuels ont pu être documentés à partir des archives et de textes publiés. L’un d’eux a été capturé en Sicile, transféré à Oran, puis aux USA, d’où il est venu à Bolbec puis à Rennes.[99],[100],[101],[102] Des prisonniers transférés depuis l’Allemagne arrivèrent peut-être dans la XIe Région militaire entre février et mai 1945. Le 5 juin, 1 440 prisonniers arrivent depuis Kreuznach (Rhénanie-Palatinat) à Rennes. Le 25 juin, les 61 000 PGA des deux camps américains à Rennes passent sous l’autorités française. Pour la période de mi-septembre à mi-octobre un nombre de 4 963 prisonniers de guerre venus d’Allemagne est signalé. En février et mars 1 153 prisonniers arrivaient au camp de Lamballe, dont 553 directement du camp américain de Bolbec (Seine-Inférieure).[103]

Chronologie des cessions à la France de prisonniers de guerre allemands [98]
Date Transfert Nombre de PG Provenance Arrivages à Rennes documentés
22 février – fin mai 1945 1er 15 000

35 000

Des camps britanniques : Normandie et Belgique

Des camps américains en France

Possible
Juin / début juillet 1945 2e 50 000

10 000

Des Américains

Des camps britanniques (Dunkerque : 4 000, Fleury-sur-Orne : 6 000)

1 440 depuis la Rhénanie (Kreuznach)
25 juin

1er juillet 5 juillet

3e 61 000

59 000

108 000

Des 2 camps américains à Rennes

Des 2 camps américains près de Chartres

Des 3 camps américains près du Mans

Les CCPWE 11 et 12 deviennent les dépôts 1101 et 1102
Juillet – septembre 1945 4e 20 000

15 000

15 000

De Cherbourg

D’Épinal

De Sarralbe

4 963 prisonniers de guerre venus d’Allemagne


Début juillet 1945 5e 175 000 Des camps américains dans la zone d’occupation française Nord ("Rheinwiesenlager")
fin juillet 1945 et mi-septembre 1945 50 000

50 000

De Norvège
Début novembre 1945 – janvier 1946 Rétrocession -70 000 PGA inaptes au travail ; en plus, 60 000 autres PG inaptes dans les camps dans la zone française en Allemagne, prévus pour le transfert, furent démobilisés directement
Février à mai 1946 6e 101 000 Dernière cession (des USA/Bolbec, Croutoy, Mailly, Renay, Zimming, Septèmes-les-Vallons, camps américains en Allemagne) 1 153 prisonniers arrivaient au camp de Lamballe
Total 694 000

Le général Buisson intègre les 60 000 prisonniers démobilisés fin 1945/début 1946 dans ce calcul et établit un total de 635 000 prisonniers cédés par les Américains et les Britanniques.[104] En décembre 1945, le maximum du nombre de PGA sous l'autorité française (en France, en Afrique du Nord et dans les zones d'occupation en Allemagne et en Autriche) était atteint avec 870 000 hommes, et décroissait ensuite régulièrement pour atteindre 57 000 en octobre 1948.[105]

Les enclosures et les dépôts de PGA

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Des camps éphémères aux CCPWE (Continental Central Prisoners of War Enclosure)

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Guerre 1939-1945. Rennes. CCPWE 12 (futur dépôt 1102). Camp de prisonniers de guerre allemands. Vue du camp en 1944.

Dans la mesure où l’essentiel des captures des soldats allemands étaient réalisées par l’armée américaine et que les soldats allemands pris par les FFI lui furent remises, c’étaient les Etats-Unis qui en devaient assumer la responsabilité et les mettre en place sûr, soit en les évacuant, soit en les internant dans des camps. Les premiers camps naissaient donc quand la Bretagne fut presque sous contrôle des Alliés, mis à part les deux poches à Lorient et à Saint-Nazaire.

Des camps éphémères où l’on rassemblait provisoirement en vue de leur évacuation vers Bolbec puis les États-Unis existaient par exemple à Dol[106] et à Merdrignac[107],[108] Après la reddition de Brest, les PGA furent retenus dans un grand camp à Landerneau pendant quelques semaines, à moins qu’il ne s’agît d’une annexe ou de l’un des annexes[109] du Continental Central Prisoners of War Enclosure 12 (CCPWE ; CCE, Continental Central Enclosures dans les rapports du CICR) à Saint-Thégonnec 25 km plus à l’est.[110] Dans ce CCPWE 12 se trouvaient encore 15 000 soldats allemands en novembre 1944, après l’évacuation d’une partie des prisonniers vers les Etats-Unis.[108]

Un camp provisoire entretenu par des FFI existait à Lamballe.[57],[111] Selon des témoignages, un camp, peut-être gardé par des Français, devait exister dès le mois d’août à l’emplacement du futur CCPWE 21 près de Saint-Jacques à la Basse Chevrolais, où l’on retenait des Soviétiques enrôlés par la Wehrmacht[112].

En 1944 près de Rennes, le CCPWE 11 fut installé le 28 août suivi du CCPWE 21 le 7 décembre[109], le premier près de la commune Vezin-le-Coquet près de la route nationale de Lorient, le second à l’est de la rivière Blosne dans la plaine humide de la Prévalaye[113] au nord de Saint-Jacques-de-la Lande. En janvier 1945, après la dissolution des camps à Landerneau et Saint-Thégonnec, le CCPWE 12 fut formellement transféré à Rennes au CCPWE 21, qui prit le nom du premier.[114],[115],[116]

Les dépôts de la DGPG sous autorité française

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Guerre 1939-1945. Rennes. Dépôt 1101. Camp de prisonniers de guerre allemands. Vue générale de la "Cage" III en juillet 1946
Guerre 1939-1945. Rennes. Dépôt 1101. Camp de prisonniers de guerre allemands. Vue générale de la "Cage" III en juillet 1946

Le 25 juin 1945, les CCPWE 11 et 12 passaient sous l’autorité française et la direction de la DGPG, devenant respectivement les dépôts 1101 et 1102. A la fin de la guerre en mai 1945, le premier comptait un effectif de 13000 prisonniers, le second 40 000[117]. Selon un comptage global, 61 000 PGA passèrent sous l’autorité française à Rennes.[118] Le 28 juin, le Journal de marche du dépôt 1102 y comptait 48300 hommes.[119] [105] A ce moment-là, les PGA internés à Rennes représentaient la grande majorité des captifs allemands dans la région (premier chiffre global émanant des rapports du commissaire régional disponible au 1er septembre 1945 : 58 961[120]).

A partir de l’été 1945, ces effectifs diminuèrent cependant pour plusieurs raisons. Afin de rapprocher les PGA de leurs lieux de travail et pour mieux répartir la charge de subvenir à leurs besoins alimentaires et sanitaires les autorités les distribuaient sur de nombreux dépôts ouvrant ou déjà ouverts dans le région. En plus de cela une partie des effectifs présents en Bretagne fut transférée fin juillet/début août 1945 vers d’autres régions, dont 30 00 à Metz et un nombre indéterminé à Poitiers.[121],[122]

Le premier dépôt sous autorité française dans la région était celui du Châlet à Lamballe créé par les FFI en août 1944 devenant le dépôt 111 le 10 novembre.[123],[111] A Billiers un dépôt fonctionnait également depuis le mois d’août devenant un camp annexe du dépôt 118 Le Pargo.[124]  Le dépôt 114 de Lanniron était occupé par des PGA destinés au déminage depuis octobre 1944.[125],[126] En mai et août 1945, les camps militaires de Comper (Concoret) et de Coëtquidan, où les Américains gardaient des prisonniers allemands, passaient sous l’autorité française. Le premier, en tant que dépôt 112, situé dans le camp d'aviation militaire au Point-Clos[127] à cheval entre Gaël et Concoret/Comper, occupé dès le 3 août épisodiquement par les FFI, puis le 11 août par l'USAAF[37],[128], le second en tant que détachement d’abord du 112, puis du 1102 de Rennes.[129],[125] Le dépôt 117 de la Lande-d'Ouée, ancien camp militaire existait depuis mai 1945.[125] La date de création des autres dépôts n’est pas connue, elles devaient être créés au cours de l’été 1945, car en septembre 1945, ils furent tous visités par le CICR.[125]

C’est au dépôt 1101 que fut rattaché en août 1945, l’annexe ou « îlot spécial » du manoir d la Motte au Chancelier (construit avant 1450)[130], destiné à l’incarcération des soldats de la Wehrmacht ou de la SS en attente de leur jugement, dont les unités étaient soupçonnées d’avoir commis des crimes e guerre. Ce dépôt 1101 migrait en juillet 1947 vers le camp de la Marne, ancien Frontstalag de 1940 à 1944[131] près de la route de Redon à proximité du dépôt 1102, l’annexe suivait avant mai 1948. Jouxtant le dépôt 1102 au nord-ouest, au sud des ruines du château de la Prévalaye détruit en 1944[132],[133], un hôpital à vocation régionale avec 800 lits installées dans des baraques en bois fonctionnait depuis juin 1945.[114]

Des PGA destinés au travail étaient logés sur leurs lieu de travail dans des fermes, des entreprises ou bien des commandos communaux, mais continuaient à dépendre administrativement de leur dépôt. L’administration distinguait alors les « prisonniers comptant au dépôt » des « prisonniers présents au dépôt ». Ces derniers pouvaient être des hommes malades (mais pas hospitalisés), inaptes au travail (âge, séquelles de blessures etc.), en voie de rapatriement, employés pour la gestion du camp ou bien des hommes pour qui on n’avait pas encore trouvé un emploi. Enfin, environ 1300 PGA de la région étaient hospitalisés en dehors d’un dépôt en septembre 1945, une vingtaine d’hommes a réussi de s’évader.[134]

Les dépôts de PGA dans la XIe Région militaire de Rennes
N° du dépôt Lieu(x) Annexe(s) Remarques
1101 Rennes Îlot spécial pour les soldats suspectés d'implication dans des crimes de guerre dans le manoir de la Motte au Chancelier. Le camp a été déplacé vers le camp de la Marne sur la route de Redon en juillet 1947
1102 Rennes Hôpital régional pour les PGA près de l'ancien château de la la Prévalaye
111 Le Châtelet à Lamballe
112 Comper
113 Châteaulin Brest Brest dissout en décembre 1945
114 Lanniron Dissout en décembre 1945
114 Lorient créé en mars 1946
115 Saint-Servan-sur-Mer
116 Pleyber-Christ Dissout décembre 1945
117 Camp de la Lande-d’Ouée
118 Le Pargo Billiers, Kervalh, Kermoello, Kervegant, Kerihuer En mars 1946 l'ensemble est attribué à 114 Lorient
119 Erquy Officiers

Les effectifs des PGA

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Au moment de la cession des camps rennais, le 28 juin 1945, 48380 PGA comptaient au CCPWE 12/dépôt 1102 selon son Journal de marche, la capacité des deux camps rennais étant estimée par le CICR en juin 1945 à 625000.[77]

Le jeu des cessions et rapatriements conduit selon un premier comptage officiel disponible à un nombre de 58961 de PGA au 1er septembre 1945 dans la région de Rennes.[120] Quinze jours plus tard, ils n’étaient plus que 51389, dont 26402 se trouvaient encore dans les dépôts de la région, les autres étaient dans des fermes ou bien dans des détachements (« commandos ») communaux où ils étaient employés aux différents travaux.[135] Pendant les mois d’été 1945, notamment après la cession des camps de Rennes aux autorités françaises, les PGA étaient redistribués dans la région où 16963 étaient au travail le 16 août, 24987 le 16 septembre. Le nombre de PGA dans la région décroît ensuite régulièrement pour atteindre 17935 le 1er octobre 1947, dont 9578 hommes étaient encore employés.[120] Cette décroissance des effectifs totaux était cependant accompagnée d’une augmentation des PGA mis au travail. Le maximum fut atteint en fin novembre 1945 avec 31788 hommes. Jusqu’au début avril 1946 le taux de travailleurs parmi les PGA oscillait autour de 70% avant de baisser lentement à un taux de 62% début mai 1947 et 53% début octobre de la même année.[120]

Il faudrait intégrer dans ces chiffres un certain nombre de décès causés par des maladie et les conséquences d’une sous-alimentation durant les mois de juin à 1945 qui se sont produits dans la région. Le cimetière de l’Est à Rennes comptait 435 inhumations de PGA entre la mi-juin et la mi-août 1945. Pendant l’automne et l’hiver, de la mi-septembre à la mi-mars 1946, 684 décès y sont enregistrés. Pour l’ensemble de la période du 16 juin 1945 au 16 mai 1946, on compte 1126 inhumations enregistrées à ce cimetière, avec une très forte décroissance qui s’entame mi-décembre 1945. La plupart des décès, environ 900, se sont produits au dépôt 1102 de Rennes.



Références

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  8. ↑ Terme employé par le général Buisson dans son rapport. Voir aussi Kurt Böhme qui s’appuie sur ce rapport : Böhme, Kurt W., Die deutschen Kriegsgefangenen in französischer Hand, München, Gieseking, 1971, XV-390 p. [= Maschke, Erich (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. XIII], p. 89.
  9. ↑ Buisson, Général de Corps d’Armée, Historique du Service des Prisonniers de Guerre de l’Axe (1943‑1948), Paris, Direction générale des Prisonniers de Guerre de l’Axe, 1948, p. 37, 60.
  10. ↑ Pour la problématique des prisonniers de guerre autrichiens voir : Klaus Eisterer, « Les prisonniers de guerre autrichiens sous contrôle français (1943‑1947/1948) », Guerres Mondiales et Conflits Contemporains, 2001, 51 (201), p. 83–104. (= Klaus Eisterer, "Die österreichischen Kriegsgefangenen in französischer Hand (1943‑1947)", dans : Günther Bischof, Rüdiger Overmans (dir.), Kriegsgefangenschaft im Zweiten Weltkrieg: eine vergleichende Perspektive, Ternitz-Pottschach, Verlag Gerhard Höller, 1999, p. 109–132.
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    « Article extrait d'un ouvrage ou d'une revue non citée »
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  39. 1 2 Jacqueline Sainclivier, La résistance en Ille & Vilaine. 1940-1944, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, , 322 p. (ISBN 2-86847-068-8), p. 261
  40. 1 2 L'auteur écrit "Saint-Malo". Étant donné le contexte géographique et cette énumération de communes, voisines les unes des autres, on peut penser à une erreur de frappe. Saint-Malo-de-Beignon paraît donc plus probable. Le Plélan dans la source doit correspondre à Plélan-le-Grand pour les mêmes raisons. - Jacqueline Sainclivier, La résistance en Ille & Vilaine. 1940-1944, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 1993, p. 261.
  41. ↑ Leroux, Roger, Le Morbihan en guerre, 1939-1945, Mayenne, Joseph Floch, 1978, p. 331.
  42. ↑ Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, p. VIII.
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  44. ↑ Georges-Michel Thomas, Alain Le Grand, Le Finistère dans la guerre, (1934-1991), 2 vol., Brest, Editions de la Cité, 1979 et 1981, t. II : La libération, p. 482.
  45. ↑ Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, p. 29–31.
  46. ↑ Georges-Michel Thomas, Alain Le Grand, Le Finistère dans la guerre, (1934-1991), 2 vol., Brest, Editions de la Cité, 1979 et 1981, t. II : La libération, p. 369.
  47. ↑ Wauquier, chef de bataillon, « La libération de la Bretagne, 1er août – 1er septembre 1944 », dans : Revue historique de l’armée, n° 4, 8e année, décembre 1952, p. 142. (L’auteur relate le même évènement, sans cependant évoquer ce conflit franco-américain.)
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  51. 1 2 Erich Kuby, Mein Krieg : Aufzeichnungen aus 2 129 Tagen, 2e éd. [de l’édition en poche], Berlin, Aufbau Taschenbuch Verlag, 2000, p. 440.
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  89. ↑ « Les accords de Yalta », sur Digithèque de matériaux juridiques et politiques (Jean-Pierre Maury) : « 2. Protocole des travaux de la conférence de Crimée, V. – Réparations, 2° c) »
  90. ↑ Wolfgang Benz, „Einleitung“. Dans : Wolfgang Benz, Angelika Schardt (textes présentés par), Deutsche Kriegsgefangene im Zweiten Weltkrieg : Erinnerungen, Frankfurt am Main, Fischer, 1995, p. 10.
  91. ↑ Rüdiger Overmans (textes présentés par), Soldaten hinter Stacheldraht : Deutsche Kriegsgefangene des Zweiten Weltkriegs, Berlin, Ullstein, 2002, p. 326.
  92. ↑ Rüdiger Overmans (textes présentés par), Soldaten hinter Stacheldraht: Deutsche Kriegsgefangene des Zweiten Weltkriegs, Berlin, Ullstein, 2002, p. 16-19.
  93. ↑ Wolfgang Benz et Michael F. Scholz, Deutschland unter alliierter Besatzung, 19454-1949 / Die DDR, 1949-1990, t. 22, Stuttgart, Klett-Cotta, coll. « Gebhardt - Handbuch der deutschen Geschichte », , 686 p. (ISBN 978-3-608-60022-3), p. 55–56
  94. ↑ "Les prisonniers de guerre en France", Notes Documentaires et Études n° 659, (Série Internationale – CLII), 3 juillet 1947, p. 2. Cette publication reprend le rapport "Les prisonniers de Guerre en France" envoyé par le général Buisson le 2 avril 1947 au Ministre des Affaires étrangères dans le but de la "Lutte contre la propagande anti-française".
  95. ↑ Kurt W. Böhme, Die deutschen Kriegsgefangenen in französischer Hand, München, Gieseking, 1971, XV-390 p. [= Maschke, Erich (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. XIII],; p. 143–144.
  96. ↑ Kurt W. Böhme, Die deutschen Kriegsgefangenen in französischer Hand, München, Gieseking, 1971, XV-390 p. [= Maschke, Erich (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. XIII],; p. 16.
  97. ↑ Buisson, Général de Corps d’Armée, Historique du Service des Prisonniers de Guerre de l’Axe (1943‑1948), Paris, Direction générale des Prisonniers de Guerre de l’Axe, 1948, p. 35, 40–41, 46, 48.
  98. 1 2 Kurt W. Böhme, Die deutschen Kriegsgefangenen in französischer Hand, München, Gieseking, 1971, XV-390 p. [= Maschke, Erich (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. XIII],; p. 14–20.
  99. ↑ Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, Annexes, p. XIII–-XIV.
  100. ↑ Bacque, James, Der geplante Tod: deutsche Kriegsgefangene in amerikanischen und französischen Lagern, 1945‑1946, Frankfurt am Main, Ullstein, 9e édition à nouveau augmentée 2002, p. 156.
  101. ↑ Fusshöller, Horst, Erinnern ohne Groll : Zweiter Weltkrieg und Kriegsgefangenschaft. Koblenz, édité à compte d’auteur, 1998, p. 86-93.
  102. ↑ Joubert des Ouches, Armel, L’Allemand de Saint-Lunaire, Saint-Malo, Editions Christel, 2000, p. 95-105.
  103. ↑ Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, p. 51–52.
  104. ↑ Kurt W. Böhme, Die deutschen Kriegsgefangenen in französischer Hand, München, Gieseking, 1971, XV-390 p. [= Maschke, Erich (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. XIII], p. 20.
  105. ↑ Kurt W. Böhme, Die deutschen Kriegsgefangenen in französischer Hand, München, Gieseking, 1971, XV-390 p. [= Maschke, Erich (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. XIII], p. 21.
  106. ↑ Francis Pele, "Témoignage. Un Dolois raconte : La Libération", dans : Le Rouget de Dol : Cahier d’histoire et de folklore, Nouvelle série, 2e semestre 1984, revue non paginée, pagination interne de l’article, p. 9.
  107. ↑ Yann Lagadec, Un canton dans la tourmente : Loudéac et les communes environnantes pendant le seconde guerre mondiale (1939-1945), Loudéac, Mémoires du pays de Loudéac, 1994, p. 113.
  108. 1 2 Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, p. 56.
  109. 1 2 Kurt W. Böhme, Die deutschen Kriegsgefangenen in amerikanischer Hand – Europa, München, Gieseking, 1972, XI-330 p. [= Erich Maschke (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. X/2], p. 14.
  110. ↑ Erich Kuby, Mein Krieg : Aufzeichnungen aus 2 129 Tagen, 2e éd. [de l’édition en poche], Berlin, Aufbau Taschenbuch Verlag, 2000, p. 441-460. – Le statut de ce camp n’est pas élucidé. S’agit-il d’une annexe du camp de Saint-Thégonnec ? L’auteur évoque seulement le voisinage de ce dernier (p. 453, 454,455 et 460). Le terme de "camp voisin" semble être relatif, Landerneau se situant à 27 km de Saint-Thégonnec.
  111. 1 2 Occupation – Résistance – Libération en Bretagne. Intersecteur-Est des Côtes-du-Nord, front de Lorient, archives américaines, Ille-et-Vilaine, poussée américaine de Avranches à Brest, Témoignages, Fréhel, Ed. Club 35, 1993, p. 30.
  112. ↑ Université du Temps Libre du Pays de Rennes, Les camps de Prisonniers de Guerre de l’Axe à Rennes, 1944‑1948, Rennes, Université du Temps libre et du Troisième Âge, 2000, p. 52.
  113. ↑ Université du Temps Libre du Pays de Rennes, Les camps de Prisonniers de Guerre de l’Axe à Rennes, 1944‑1948, Rennes, Université du Temps libre et du Troisième Âge, 2000, p. 52.
  114. 1 2 Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, p. 58–59.
  115. ↑ Kurt W. Böhme, Die deutschen Kriegsgefangenen in amerikanischer Hand – Europa, München, Gieseking, 1972, XI-330 p. [= Erich Maschke (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. X/2], p. 14 (note 23), 33.
  116. ↑ Erich Kuby, Mein Krieg : Aufzeichnungen aus 2 129 Tagen, 2e éd. [de l’édition en poche], Berlin, Aufbau Taschenbuch Verlag, 2000, p. 460.
  117. ↑ Kurt W. Böhme, Die deutschen Kriegsgefangenen in amerikanischer Hand – Europa, München, Gieseking, 1972, XI-330 p. [= Erich Maschke (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. X/2], p. 32.
  118. ↑ Kurt W. Böhme, Die deutschen Kriegsgefangenen in französischer Hand, München, Gieseking, 1971, XV-390 p. [= Erich Maschke (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. XIII, p. 17.
  119. ↑ Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, p. 25–32, p. 62.
  120. 1 2 3 4 Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, p. 25–32, Annexes p. XXIII.
  121. ↑ Boutté, Philippe, Briend, Elisabeth, Gilles, Olivier , Les Prisonniers de guerre allemands sous autorité française (1943‑1948), mémoire de maîtrise histoire, Rennes 2, Jacqueline Sainclivier dir., 1992, 228 p.
  122. ↑ Buisson, Général de Corps d’Armée, Historique du Service des Prisonniers de Guerre de l’Axe (1943‑1948), Paris, Direction générale des Prisonniers de Guerre de l’Axe, 1948, p. 106.
  123. ↑ Christian Bougeard, Le choc de la guerre dans un département breton, les Côtes-du-Nord des années 1920 aux années 1950, Thèse histoire, Université Rennes 2, Michel Denis dir., 1986, exemplaire dactylographié, p. 1489.
  124. ↑ Laurent Guillet, Le temps de l’Occupation (dans le Morbihan), Limerzel, Association Pierre Regent, 2002, p. 286.
  125. 1 2 3 4 Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, p. 60–61, Annexes, p. XXIV.
  126. ↑ Georges-Michel Thomas, Alain Le Grand, Le Finistère dans la guerre, (1934-1991), 2 vol., Brest, Editions de la Cité, 1979 et 1981, t. II : La libération, p. 512.
  127. ↑ Amis du Musée de Bretagne, « Point Clos – un camp d’aviation oublié dans la forêt de Brocéliande », sur Amis du Musée et de l'Ecomusée Bretagne Bintinais, Rennes, (consulté le )
  128. ↑ Mylène Besson, Point Clos. Mémoires d'un camp d'aviation. Historique et réflexions pour la valorisation du site, Concoret, Gaël, Muel, Communes de Concoret-Gaël-Muel et Association Études et Chantiers Bretagne-Pays de la Loire, , 58 p., p. 27
  129. ↑ Leroux, Roger, Le Morbihan en guerre, 1939-1945, Mayenne, Joseph Floch, 1978, p. 531.
  130. ↑ « Château de la Prévalaye (Rennes) - Inventaire Général du Patrimoine Culturel », sur patrimoine.bzh (consulté le )
  131. ↑ « Les prisonniers français à Rennes (voir la vignette "Les camps de prisonniers") », sur www.archives.rennes.fr (consulté le )
  132. ↑ « Château de la Prévalaye (Rennes) », sur Ille & Vilaine. Le département. Images d'ici et d'avant. Paysages et patrimoine de Bretagne (consulté le )
  133. ↑ Dans les ruines du château, on ouvrait le 9 octobre 1944 un centre d’accueil de la Fédération bretonne de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (FBSEA). Voir sur https://enfantsenjustice.fr/?la-prevalaye-1944-1976: Bouzat (Pierre), Guyomarc’h (Jacques), "Quelques réflexions suggérées par un an de fonctionnement du centre d’observation de Rennes - La Prévalaye", Revue de l’Éducation surveillée, n°8, mai-juin 1947, p. 53-60. https://enfantsenjustice.fr/IMG/pdf/un-an-47.pdf.
  134. ↑ Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, Annexes, p. XXIV.
  135. ↑ Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, p. 25–32, Annexes p. XXIII–XXIV.

Voir aussi

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Bibliographie

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Travaux non publiés

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  • Philippe Boutté, Elisabeth Briend, Olivier Gilles, Les Prisonniers de guerre allemands sous autorité française (1943‑1948), mémoire de maîtrise histoire, Rennes 2, Jacqueline Sainclivier (dir.), 1992, 228 p. (Référence bibliographique)
  • [Louis] Buisson, général de Corps d’Armée, Historique du Service des Prisonniers de Guerre de l’Axe (1943‑1948), Paris, Direction générale des Prisonniers de Guerre de l’Axe, 1948, 387 p. [Lieux de consultation : Archives diplomatiques de Nantes, UI-3e v./209 ; Service historique de l’armée de terre (à Vincennes), Bibliothèque (Notice bibliographique) ; Bundesarchiv-Militärarchiv Freiburg (Allemagne), B205/1276 et 1278].
  • Fritz Jesse, Les prisonniers de guerre allemands en Bretagne : rencontres et expériences entre capture, captivité et vie parmi les Français (1944-1948/1949), Bergère, Marc (dir.), Mémoire de maîtrise, Département histoire, Université de Rennes 2, 2004, 170-LXIV-X p. (Lire en ligne)

Ouvrages publiés

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  • (de) Kurt W. Böhme, Die deutschen Kriegsgefangenen in amerikanischer Hand – Europa, München, Gieseking, 1972, XI-330 p. [= Maschke, Erich (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. X/2]
  • (de) Kurt W. Böhme, Die deutschen Kriegsgefangenen in französischer Hand, München, Gieseking, 1971, XV-390 p. [= Maschke, Erich (dir.), Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges. 15 tomes plus deux carnets supplémentaires en 22 volumes, t. XIII].
  • Philippe Boutté, Elisabeth Briend, Olivier Gilles, "Les Prisonniers de guerre allemands sous autorité française (1943‑1948)", dans : Gavroche. Revue d'histoire populaire, n° 91, janvier-février 1997. (Lire en ligne)
  • Luc Capdevila, Les Bretons au lendemain de l'Occupation. Imaginaire et comportement d'une sortie de guerre 1944–1945, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 1999, 449 p. (ISBN 2-86847-380-6). Lire en ligne.
  • Georges Coudry, Les camps soviétiques en France : Les "Russes" livrés à Staline en 1945, Paris, Albin Michel, 1997, 340 p.
  • (de) Klaus Eisterer, "Die österreichischen Kriegsgefangenen in französischer Hand (1943‑1947)", dans : Bischof, Günther, Overmans, Rüdiger (dir.), Kriegsgefangenschaft im Zweiten Weltkrieg: eine vergleichende Perspektive, Ternitz-Pottschach, Verlag Gerhard Höller, 1999, p. 109–132.
  • Klaus Eisterer, "Les prisonniers de guerre autrichiens sous contrôle français (1943‑1947/1948)", dans : Guerres Mondiales et Conflits Contemporains, 2001, 51 (201), p. 83–104.