Utilisateur:Madelgarius/Michael Creswell
| Nom de naissance | Michael Justin Creswell |
|---|---|
| Alias |
« Monday » |
| Naissance |
Cobham, Surrey, Royaume-Uni |
| Décès |
(à 76 ans) Copse Hill (en), Ewhurst dans le Surrey. |
| Nationalité |
|
| Pays de résidence | Royaume-Uni, Espagne, Finlande, Yougoslavie, Argentine. |
| Profession | |
| Autres activités | |
| Distinctions |
Chevalier-commandeur de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges (KCMG) |
| Ascendants | |
| Conjoint |
Elisabeth Colshorn (1908-1974) Catherine Mea Thoe Schwartzenberg (1913-2002) |
| Descendants |
Alexander Creswell |
Sir Michael Justin Creswell, Chevalier-commandeur de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges, né le à Cobham, dans le Comté de Surrey et mort, le à Copse Hill (en), Ewhurst dans le Surrey, est un attaché de l'ambassade britannique de Madrid dont l'action permit à la plus grande filière d'exfiltration d'aviateurs alliés en Europe occupée, le Réseau Comète, de se maintenir en fonction durant toute la période d'occupation de l'Europe de l'Ouest. Il était le principal agent de Liaison entre le réseau et le MI9 à Londres. Après la guerre, il entame une carrière de diplomate et connait plusieurs affectations, notamment en Afrique, en Scandinavie, en Amérique latine.
Élément biographiques
modifierMichael Creswell nait à Cobham, dans le Comté de Surrey, le . Il est l'unique enfant d'Edmund William Creswell (en) et d'Isabelle Agnès Vulliamy, une française dont la famille s'est installée en Angleterre vers 1880. Son père meurt en 1931. Au début des années 1930, Michael Creswell est le responsable du bureau des passeports à Londres[1]. De 1935 à 1938, il est affecté à Berlin et assiste à la montée du nazisme. En 1938, il arrive à Madrid[2].
En première noce, il épouse Elisabeth Colsworth en 1939 et en seconde, en 1950, la baronne Catherine Mea Thoe Schwartzenberg[3]. De cette seconde union nait un fils en 1956 à Helsinki, Alexander Creswell. Sa mère meurt en novembre 1956.
Son action durant la Seconde Guerre mondiale
modifierMichael Creswell, s'implique très précocement et intègre un réseau secret au sein du gouvernement britannique qui soutien Winston Churchill tandis qu'il n'exerçait aucun mandat et observait les tentatives infructueuses de Neville Chamberlain pour signer une paix avec Hitler. Churchill utilise les rapports de Creswell pour organiser sa politique et préparer la guerre à venir. Lorsque l'Allemagne envahit la Pologne, Chamberlain démissionne le , et Winston Churchill le remplaçe. Ainsi, lorsque Creswell, encore un jeune diplomate, est venu en Espagne, il avait un canal direct avec le Premier ministre[4].

Lorsqu'Andrée De Jongh, fin , arrive au consulat britannique de Bilbao, elle est plus déterminée que jamais à obtenir le soutien des Britanniques. Il est absolument nécessaire qu'ils prennent en charge le coût des exfiltrations et qu'ils en sécurise le dernier tronçon, de Bilbao à Gibraltar. Andrée De Jongh, « Dédée », rencontre le vice-consul, Arthur Dean, et le moins que l'on puisse en dire est que la jeune fille de 25 ans ne la convainc pas du tout[5]. Michael Creswell est alors un jeune attaché de l'ambassade britannique à Madrid en lien direct avec le MI9 à Londres, son nom de code est « Monday ». Il se rend à Bilbao pour rencontrer directement la jeune fille qui attend depuis plusieurs semaines une réponse des britanniques. Michael Creswell est un pragmatique, fuyant les lourdeurs administratives et les excès de prudence. Il rencontre Andrée De Jongh et les trois fugitifs qui l'accompagnent et qui ne tarissent pas d'éloges à son propos vantant son indéfectible courage. Michael Creswell est conquis, « Dédée » obtient le soutien financier du MI9 et la promesse formelle qu'il n'y aura pas de tentative d'ingérence de leur part, lui garantissant une indépendance opérationnelle totale. « Dédée » accomplit ainsi personnellement 24 traversées et remet personnellement à Michael Creswell 118 aviateurs[6]. La ligne Comète était née. Michael Creswell accompagnait ensuite en voiture diplomatique les aviateurs de Bilbao à Madrid et de Madrid à Gibraltar où il les confiait à Donald Darling, « Sunday » chargé du rapatriement en Angleterre, par air ou par mer.
En , la situation de Frédéric De Jongh à Paris inquiète beaucoup sa fille, Andrée De Jongh, l'étau allemand semblant se resserrer autour de son père. Il consent à rallier Londres. Le , Andrée est à Paris ainsi que son bras droit, Jean-François Nothomb, « Franco ». Frédéric De Jongh confie le secteur de Paris à Robert Aylé avant de se mettre en route pour le Sud avec sa fille et trois aviateurs alliés. Arrivés chez Elvire De Greef, à Anglet, les conditions climatiques sont telles que Frédéric De Jongh se laisse convaincre de rester à Anglet pour tenter un prochain passage sous une météo plus clémente. Andrée De Jongh poursuit seule avec les aviateurs mais ils sont contraints de passer la nuit à Bidegain Berri, la ferme de Frantxia Haltzuet à Urrugne. Trahis par un valet de ferme voisin, ils sont tous arrêtés le lendemain, , par 10 gendarmes français[7],[8]. Jean Dassié intercepte une communication et apprend ainsi brutalement la nouvelle. Il prévient aussitôt « Tante Go »[9].
Michael Creswell reçoit le passeur Basque, Florentino Goikoetxea, qui est porteur de la terrible nouvelle. Il câble à Londres, à Airey Neave, « Saturday », le responsable de la Room 900 du MI9 : « À Saturday de Monday - Je regrette profondément que Florentino rapporte que Dédée a été arrêtée avec trois pilotes à Urrugne. Emprisonnée à la Villa Chagrin à Bayonne. Des tentatives d’évasion sont en cours d’organisation[Notes 1]. »[10],[11].


Ces tentatives n'aboutissent pas et l'identité réelle d'Andrée De Jongh est découverte par les Allemands. Elle est transférée à la prison de Fresnes et connait la déportation. Le bras-droit de « Dédée », Jean-François Nothomb, « Franco », reprend la direction de la ligne. Frédéric De Jongh, contre l'avis de Michael Creswell, remonte à Paris.
Il faut redessiner de nouveaux points de passages, plus sûrs. Si l'Espagne de Francisco Franco est supposée être neutre, dans les faits, elle est très proche de l'Allemagne nazie et de l'Italie. Aussi, lorsque la Guardia civil interpelle des fugitifs alliés, il est fréquent qu'elle les interne à Miranda de Ebro ou qu'elle les remette aux autorités allemandes. Cependant, selon les pressions subies, les Espagnols pouvaient être amenés à libérer des détenus alliés. Les ambassadeurs britannique ou américain ne souhaitaient pas que de telle tractations soient entreprises mais Michael Creswell n'en avait cure et il obtient de belles victoires et de plus en plus facilement à mesure que la guerre progresse et que son issue semble se dessiner. Ainsi, lorsque Jean-François Nothomb est arrêté par la guardia civil, en février 1943, en compagnie de trois aviateurs, Creswell et un collègue parviennent à les faire libérer en quinze jours[12],[13].
Michael Creswell pense qu'il est désormais trop dangereux qu'il reparte en France, que sa photographie a probablement été transmise, mais Jean-François Nothomb ne veut rien entendre. Michael Creswell finit par y consentir et une voiture diplomatique le reconduit à San Sebastian d'où il entame la traversée sans attendre un guide. Il se repose un peu chez Kattalin Aguirre où il apprend l'arrestation des Dassié, survenue le , dont le domicile a été donné lors des interrogatoires des trois pilotes arrêtés en même temps que « Dédée ». Michael Creswell accueille les époux Lapeyre qui ont pu prendre la fuite et échapper à leur arrestation.
À Paris, en , Frédéric De Jongh recrute, sur les conseils de Robert Aylé, «Jean Masson », un agent infiltré pressenti pour être guide international Bruxelles-Paris. Ceci conduit à l'arrestation, le , de Frédéric De Jongh, des époux Aylé et d'Aimable Fouquerel. Germaine Aylé-Leca est déportée, mais les trois hommes seront fusillés au Mont-Valérien, le . Il n'y a désormais plus de coordination à Paris, le MI9 y dépêche, par voie terrestre, un agent pour prendre en charge la coordination du secteur, Jacques Le Grelle, « Jérôme ». Jean-François Nothomb le vit comme une ingérence des Britanniques et refuse de lui accorder la moindre légitimité[14].
En , Michael Creswell et Donald Darling organisent une réunion stratégique à Gibraltar avec Jean-François Nothomb pour lever ces difficultés. Airey Neave les y rejoint via Lisbonne[15],[16].
Jean-François Nothomb consent alors, du bout des lèvres, a intégrer l'agent formé par le MI9, Jacques Le Grelle, « Jérôme ». La ligne Paris, Bayonne est divisée en deux, Jacques Le Grelle coordonnant la ligne de Paris à Bordeaux et Jean-François Nothomb coordonnant le sud. Fort heureusement, le courant passe entre les deux hommes. Un nouveau membre émerge à Bruxelles, il s'agit d'Yvon Michiels[14],[17].
Après la guerre
modifierIl fut ambassadeur en Finlande de 1954 à 1958, ambassadeur en Yougoslavie de 1960 à 1964, puis ambassadeur en Argentine de 1964 à 1969[18]. En 1961, il assista au premier sommet du Mouvement des non-alignés à Belgrade en tant qu’invité au nom du Royaume-Uni[19].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Saturday from Monday. Deeply regret Florentino reports Dédée arrested with three pilots at Urrugne. Imprisoned Villa Chagrin at Bayonne. Attempts being organised for her escape
Références
modifier- ↑ Fry 2020, p. 37.
- ↑ Fry 2020, p. 29.
- ↑ (en) Who's who, A. & C. Black, (ISBN 978-0-7136-1528-9, lire en ligne), p. 719
- ↑ Eisner 2004, p. 29.
- ↑ Eisner 2004, p. 11-12.
- ↑ Eisner 2004, p. 12.
- ↑ Ottis 2001, p. 135-137.
- ↑ Neave 2016, p. 86-91.
- ↑ Neave 2016, p. 92.
- ↑ Fry 2020, p. 107.
- ↑ Eisner 2004, p. 20.
- ↑ Eisner 2004, p. 33-35.
- ↑ Fry 2020, p. 116.
- 1 2 Ottis 2001, p. 134.
- ↑ Fry 2020, p. 110-116.
- ↑ Eisner 2004, p. 82-83.
- ↑ Ottis 2001, p. 141.
- ↑ Colin Mackie, British Ambassadors and High Commissioners 1880-2010, Gulabin.com, (lire en ligne)
- ↑ Robert B. Rakove, « Two roads to Belgrade: the United States, Great Britain, and the first nonaligned conference », Cold War History, vol. 14, no 3, , p. 337–357 (DOI 10.1080/14682745.2013.871528, lire en ligne)
Bibliographie
modifier- (en) Helen Fry, MI9: A History of the Secret Service for Escape and Evasion in World War Two, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-23320-9, lire en ligne).

- (en) William Etherington, A quiet woman’s war : the story of Elsie Bell, Norwich, Mousehold Publishing, (ISBN 978-1-874739-24-1, lire en ligne).
- (en) Airey Neave, Saturday at M.I.9: A History of Underground Escape Lines in North-West Europe in 1940-45, vol. 24, L. Cooper, (1re éd. 1969) (ISBN 978-1-84415-038-0, ISSN 0992-5945, DOI 10.1016/s0992-5945(13)71471-5, lire en ligne), p. 147-150
- (en) Airey Neave, Little Cyclone: The Girl Who Started The Comet Line, Biteback Publishing, (1re éd. 1954) (ISBN 978-1-84954-960-8, lire en ligne)
- (en) Sherri Greene Ottis, Silent Heroes: Downed Airmen and the French Underground, University Press of Kentucky, (ISBN 978-0-8131-2186-4, lire en ligne)
- (en) Peter Eisner, The freedom line : the brave men and women who rescued Allied pilots from the Nazis during World War II, New York : W. Morrow, , 360 p. (ISBN 978-0-06-009663-2, lire en ligne).
