Utilisateur:Mathys-del2301442/Brouillon

La ferveur patriotique que le public a montrée lors de l’exposition rétrospective militaire du pavillon de la Guerre à l’Exposition universelle de 1889, donna naissance à une idée : faire de cette exposition temporaire une exposition permanente.

Origine

modifier

Le succès de l'exposition rétrospective militaire du pavillon de la Guerre à l'Exposition universelle de 1889 inspira certains membres du comité d'organisation et prêteurs, dont les peintres Ernest Meissonier, son élève Edouard Detaille, à envisager la création d'une société en 1890, sous le nom de la Sabretache. Ce nom correspond à un effet d’équipement des cavaliers légers, « une sacoche plate portée au ceinturon par les officiers et les cavaliers au XVIIe et XVIIIe siècles ». Le choix de ce nom aurait une symbolique toute particulière puisqu’elle rappellerait la première pièce proposée suite à l’appel lancé pour l’exposition rétrospective de 1889[1].

La création de la société d’archéologie militaire La Sabretache aurait pour projet final l’établissement d’un musée sur l’histoire de l’Armée, qui collecterait des souvenirs militaires ancien mais aussi modernes, en parallèle du musée de l’Artillerie. Ce musée prendrait pour modèle les salles de l'exposition rétrospective de l’Exposition universelle de Paris de 1889. L’objectif est alors de :

« préparer et obtenir la création d’un musée de l’Armée où seraient reconstituées, en permanence et avec tous les développements comportés par un établissement national de ce genre, ces belles salles de l’Exposition Militaire rétrospective, au seuil desquels on lisait : «Aux Anciennes Armées françaises».

Réunissant au départ douze collectionneurs de souvenirs militaires[1], artistes, historiens et sous la direction du premier directeur, le peintre Ernest Meissonier, la société cherche à faire valoir son projet auprès du ministère de la Guerre. C’est bien la création d’un établissement public que la Sabretache souhaite, seul légitime aux yeux de cette dernière pour traiter un sujet aussi connexe à l’histoire de l’Etat.   Dans un contexte également marqué par la défaite de 1870 contre l’Allemagne et la refonte de l’Armée, l’objectif est muséal, mémoriel mais également patriotique. Il s’agit de célébrer les victoires militaires françaises et par la même occasion rendre hommage aux soldats qui se sont battus pour la France. Ce projet, par sa vocation patriotique, est d’ailleurs applaudit par des membres de l’Armée républicaine comme le témoigne une déclaration du général Billot :

« Il manque à l’Armée française une salle d’Honneur qui perpétue les traditions de son glorieux passé par les trophées de ses anciennes victoires, les drapeaux, les uniformes de ses antiques régiments et par les mille objets se rattachant à la dure existence de ses soldats, quelquefois malheureux mais toujours vaillants. Réunir toutes ces reliques, les mettre dans cet hôtel sous la garde de ses soldats à venir renouveler constamment son esprit militaire, quel plus noble but ? Quelle plus patriotique mission ? »

Le projet de la Sabretache entre également en écho avec les idéaux patriotiques des grandes réformes de son temps. La loi Freycinet, portant sur le recrutement de l’Armée est promulguée, en 1889. Le service militaire est étendu, la loi supprimant les dispenses de service militaire aux enseignants, aux élèves des grandes écoles et aux séminaristes. L’ensemble du clergé, tant régulier que séculier, doit également accomplir le service militaire.

Les Carnets de la Sabretache

modifier

La société de la Sabretache se dote alors d’un Carnet, une revue mensuelle, dans le but de faire entendre son projet[1]. L’activité scientifique de la société y est diffusée, tout d’abord dépendamment de La Revue de la Cavalerie. Le premier numéro paraît dès décembre 1893, moment où la revue devient indépendante. Dans les Carnets de la Sabretache, la société y expose l’avancée de son projet, étend son influence et sa sphère d’action :

Les membres de la Sabretache y indique également leur corpus d’œuvre, les dons reçus et les récolte de fonds effectuées . Les carnets sont également un support de diffusion des recherches en histoire militaire des membres, qui publient des articles concernant l’histoire de militaire à l’armement . Le général Vanson, membre de la première heure et moteur de la Sabretache durant les premières années, est nommé rédacteur en chef des Carnets.

Général de brigade, ce dernier a effectué toute sa carrière dans l’Etat Major, créa la Revue Militaire de l’Étranger et fut fervent défenseur des réformes de l’Armée menées par le général du Barail au début des années 1870. Son statut de grand collectionneur, spécialisé sur l’iconographie des Uniformes, lui permit de faire partie du comité d’organisation de l’exposition rétrospective de 1889. Cette compétence, sa passion pour la recherche historique et son statut de général en retraite fait de lui l’homme idéal pour diriger les Carnets, assurer le fonctionnement de la société ainsi que la réalisation du projet de musée historique.

La création d’une bibliothèque alimentée par les dons de ses membres participe au travail historique de la Sabretache. Certains dons d’objets feront parti des premières collections du futur musée historique.

Les membres
modifier

Les effectifs de la société se développent de 1890 à 1896, date de création du musée historique. Certains ministres de la Guerre le permettent, en donnant à la société les moyens de s'agrandir. Charles de Freycinet, encourage la participation des militaires, aussi de bien de réserve ou en activité, à cette « œuvre toute nationale et archéologique » en facilitant leur intégration à La Sabretache. Par la suite, l’autorisation donnée par le ministre Julien Loizillon aux officiers de rejoindre la société lui permit de s’agrandir considérablement à partir de 1893. La formation d’un comité de trente membres à vie, composé d’académiciens et de généraux donne un certain poids à la société.

En tout, six cents membres en font partie, en majorité des personnalités issu du monde militaires, comme des généraux et officiers. S’ajoutent donc aux amis de Meissonnier et anciens membres du comité d’organisation des académiciens, des « archéologues militaires ». Ces militaires sont souvent amateurs d’histoire et collectionneurs eux-mêmes, tel que général Vanson. Le projet de musée est alors marqué par un souci de classification et de collection où la gloire de la Nation et de l’Armée prend une place prépondérante :

« ….citation »

Certains des membres de la société jouissent d’une notoriété, notamment ses directeurs, peintres reconnus. Ernest Meisonnier est un peintre militaire, spécialiste de l’histoire de l’uniforme alors au sommet de sa gloire au début des années 1890 tout comme son élève Edouard Detaille. Ces derniers, également collectionneurs privés ont participé au succès de l’exposition rétrospective de 1889 en prêtant de nombreuses pièces de qualité[1]. Edouard Detaille est d’ailleurs un peintre apprécié, plusieurs fois applaudi au Salon, et membre de l’Institut lorsqu’il prend la tête de la société Sabretache à la mort de Meisonnier en 1891.

La société profite également de la réputation des collectionneurs et des historiens qui y sont membres. La plupart furent prêteur à l'exposition rétropective de 1889. L'historien d'art et collectionneur de souvenirs napoléoniens, Paul Marmottan, en fait parti. Sa collection est encore conservé au musée Marmottan- Monet, son ancien hôtel particulier. Des peintres et historiens militaires sont également membres tels que Barrias, Vibert ou Loustaunau, élève de Gerôme. Il faut néanmoins relever qu'aucune personnalité de la sphère muséale, notamment du ministère des beaux-arts, ne fait parti de La Sabretache. La seule exception est Germain Bapst, historien d'art, archéologue, et ancien membre de la commission de l’exposition militaire rétrospective de 1889, il est largement ancré dans le monde des beaux-arts. Il est

Les tentatives avortées
modifier

La Sabretache se développe de 1890 à 1896 tant en affinant son projet scientifique qu’en augmentant son effectif. Cependant, en parallèle, son projet de musée historique met du temps à aboutir au niveau administratif, entravé par divers événements et tensions autour du projet ainsi que par l’instabilité ministérielle des débuts de la Troisième République. En six ans, la société dépose en tout trois propositions auprès du ministère de la Guerre :

  • La première en 1891, auprès du ministre de la Guerre Charles de Freycinet, qui semble être bien accueillie par le ministre, celui-ci ayant travaillé à la réussite de l’exposition rétrospective de 1889. Cependant, la mort du directeur de La Sabretache, Meissonier, quelques jours plus tard, met un coup d’arrêt à la procédure.
  • Une seconde proposition est déposée en 1893 par Edouard Detaille, nouveau directeur de La Sabretache, et le général Vanson auprès du ministre de la Guerre Julien Loizillon. Cette proposition est également abandonnée suite au renversement du Cabinet.
  • Une dernière proposition est portée en 1896 auprès du Général Billot, ministre de la Guerre, qui l'accepte.

A chaque nouvelle proposition, différents projets muséographiques sont proposés, en prenant compte l'objectif principal de départ.

Les liens avec les collections de l’actuel musée de l’Armée

modifier

Les salles

modifier

La configuration actuelle des salles et la répartition des collections rappellent également le musée historique

Les objets

modifier

L’exposition rétrospective « Tout une histoire ! » en 2015 revient sur les cent dernières années du musée de l’Armée, en abordant plusieurs aspects de son histoire, tels que la constitution des collections ainsi que la manière dont le musée a forgé son identité. L’exposition évoque la naissance du musée de l’Armée ainsi que l’un de ses ancêtres, le musée historique de l’Armée, en mettant en avant les diverses connexions entre les collections de ce dernier et celles du musée de l’Armée.

Les collections actuelles du musée de l’Armée contiennent également de nombreux objets provenant du musée historique de l’Armée. Les objets ayant un numéro d’inventaire compris entre 1 et 6303 appartiennent à l’origine, au musée historique de l’Armée. De nombreux objets sont actuellement exposés au sein des collections permanentes tout comme que l’exposition rétrospective « Tout une histoire ! » l’a mis en valeur.

La collection d’œuvre sur papier du général Vanson est de première importance, notamment par sa taille et sa valeur historique, pour les collections actuelles du musée de l’Armée. Cette collection est entrée au musée historique de l’Armée par voie de legs en 1901. Cette dernière se compose d’estampes d’uniformes des armées d’Ancien Régime, dont le général Vanson étaient un grand amateur, Sa collection comporte également plusieurs milliers de photographies de la seconde moitié du XIXe siècle, notamment de vues de camps militaires, prises par de grands noms tels que Roger Fenton, James Robertson ou Gustave Le Gray. Sa collection constitue tant une base de connaissances sur les uniformes militaires d’Ancien Régime qu’un témoignage photographique des conflits et des armées étrangères de la fin du XIXe siècle.


  1. 1 2 3 4 Société des Amis du Musée de l’Armée Paris, La Société des Amis du Musée de l’Armée : Un siècle de Mécénat, 1909-2009, Paris, Bernard Giovanangeli, , p. 14