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Conflit du M23
modifierAprès la chute de Goma fin , les rebelles de l'Alliance fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23) étendent leurs opérations vers la province du Sud-Kivu, où ils affrontent les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) et l'armée burundaise[1],[2]. Après la chute de Bukavu le [3], [4], l'AFC/M23 continue son expansion territoriale vers le sud de la province, en direction d'Uvira. Les rebelles affronte les FARDC et les milices wazalendo, ainsi que les forces burundaises, qui tentent de contenir leur avancée[5],[6],[7].
À partir de , les hostilités s'intensifient au Sud-Kivu [8] ,[9] ,[10],[11], et Uvira est placée en alerte en , face à la présence croissante des rebelles dans la plaine de Ruzizi[12].
Décembre 2025 : Chute d'Uvira
modifierEn , l'AFC/M23 lance une nouvelle offensive dans le territoire de Mwenga, capturant plusieurs villages[13],[10],[14]. Les rebelles affrontent les FARDC, les milices wazalendo et les forces armées burundaises (FDNB), qui se replient vers le sud après la perte de Sange et Luberizi[13],[10],[14]. La progression des rebelles entraîne le déplacement de centaines de milliers de personnes à l’intérieur de la province du Sud-Kivu, ainsi que vers les pays frontaliers, où le Burundi subit un afflux important de réfugiés[15],[16],[17]. Le , Uvira passe sous contrôle de l'AFC/M23[18],[19],[20], abandonnée par les forces loyalistes[21],[22]. Sous la pression des États-Unis, l’AFC/M23 annonce son retrait de la ville le [23], et entame un désengagement partiel[24],[25].
Janvier 2026 : retrait d'Uvira
modifierLes dernières forces de l’AFC/M23 se retirent d’Uvira le , tout en maintenant des positions dans les environs de la ville[26]. Les FARDC et les milices wazalendo reprennent le contrôle d'Uvira les 18–, mais la transition s’accompagne de pillages et d’un exode de civils de la communauté Banyamulenge par crainte de représailles[27],[28], ainsi que par la découverte de fosses communes, attribué par les autorité congolaise, et Human Rights watch à l'AFC/M23[29] et aux forces rwandaises[30].
Les affrontements se poursuivent dans les hauts plateaux de Fizi et Mwenga, impliquant la milice twirwaneho contre une coalition composée des FARDC, de l'armée burundaise et des wazalendo[31],[32]. Une société de sécurité privée est déployé par Erik Prince, pour piloter des drones et aider les FARDC à sécuriser Uvira[33],[34].
Accord de paix entre le Rwanda et la république démocratique du Congo
modifierContexte
modifierL'est de la république démocratique du Congo (RDC) est une région riche en ressources mais marquée par des conflits persistants depuis plusieurs décennies[35]. Ces conflits résultent de facteurs complexes : griefs historiques, tensions ethniques, intérêts locaux, nationaux et internationaux, et convoitise des ressources naturelles[36]. Les racines du conflit remontent aux années 1990, avec des tensions entre communauté autochtones et celles d'origine rwandaise[37], principalement les Banyarwanda Hutus[38], causant des milliers de morts au Nord-Kivu[39]. La situation s'aggrave en 1994, après le génocide des Tutsis au Rwanda, avec l'arrivée dans l'est du Zaïre, d'environ un million de réfugiés Hutus rwandais, parmi lesquels se trouvent des forces génocidaires. Cette arrivée massive déstabilise la région, modifiant les alliances locales et ravivant les conflits ethniques[40],[38],[37],[41], ce qui conduit directement aux première et deuxième guerres du Congo (1996-2003)[35]. Ces guerres impliquent plusieurs États africains, et entraînent des déplacements massifs de civils, des massacres et des violations des droits de l'homme[42]. La présence de groupes armés, comme le Mouvement du 23 mars (M23), et les tensions avec le Rwanda alimentent un cycle de violences dans la région des Kivus, affectant principalement les populations locales[35]. La situation sécuritaire se détériore à partir de 2022 avec la résurgence du M23, qui, soutenu par l'armée rwandaise, lance une offensive au Nord-Kivu contre les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC)[43],[44]. Cette escalade conduit à une crise humanitaire majeure, avec des milliers de personnes déplacées et des infrastructures détruites[43].
Début 2025, le M23 parvient à prendre le contrôle de plusieurs localités clés, dont Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu[45],[46]. La prise de Goma provoque des réactions internationales, avec des appels au retrait des troupes rwandaises par les États-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies, dont le secrétaire général, appel pour la première fois depuis la résurgence de la rébellion les forces rwandaises à « cesser de soutenir le M23 et à se retirer du territoire de la RDC »[note 1],[47],[48]. Cependant, peu de sanctions concrètes sont mises en place, entraînant des critiques sur l’inaction perçue de la communauté internationale[49]. Les efforts diplomatiques se sont intensifiés, notamment avec l’implication de pays africains et d’organisations régionales dont le sommet entre les membres de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) et de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) pour aborder la situation sécuritaire dans l'est de la république démocratique du Congo (RDC)[50],[51], qui abouti à la fusion des processus de Luanda et Nairobi, ainsi qu'à un appel à un cessez-le-feu inconditionnel[50]. Mais les résultats concrets de ces efforts restent limités : dans les jours qui suivent le sommet le M23 prend le contrôle de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu[52], et continue son expansion territoriale dans l'est du pays, s'emparant en de la ville de Walikale[53].
Rôle des médiateurs internationaux
modifierLes États-Unis jouent un rôle clé en tant que médiateur dans ce processus. Le conseiller spécial du président américain pour l'Afrique, Massad Boulos, est particulièrement actif dans les négociations, organisant plusieurs sessions de dialogue entre les parties prenantes. Le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé désigné médiateur des processus fusionnés de Luanda et Nairobi par l'Union africaine (UA), contribue également à faciliter les discussions[54].
Processus de Luanda
modifierLe processus de Luanda sous la médiation du président angolais João Lourenço, mandaté par l'Union Africaine, a été un cadre de discussion crucial. C'est durant les différentes réunions organisé dans le cadre de ce processus que le CONOPS a été élaboré. Ce processus initié en 2022, visait à résoudre les tensions entre les deux pays et à établir un plan pour la neutralisation des groupes armés et le désengagement des forces. Il c'est terminé[55].
Rencontre des présidents à Doha
modifierEn , une rencontre cruciale entre les présidents rwandais Paul Kagame et congolais Félix Tshisekedi a lieu dans la capitale du Qatar, Doha. Cette rencontre, facilitée par les autorités qataries, permet de relancer les pourparlers de paix et de jeter les bases de l'accord final. Les deux dirigeants expriment leur engagement à trouver une solution pacifique au conflit et à travailler ensemble pour la stabilité de la région.
Processus de Doha
modifierParallèlement aux négociations directes entre le Rwanda et la RDC, un processus de paix distinct, connu sous le nom de processus de Doha, est mené par le Qatar. Ce processus, initié en mars 2025 à la suite de la rencontre entre les présidents congolais et rwandais, vise spécifiquement à résoudre la question du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle soutenu par le Rwanda. Les pourparlers de Doha permettent de créer un cadre pour des discussions plus larges sur la sécurité régionale et le désarmement des groupes armés.
signature
modifierL'accord est signé le à Washington en présence de la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et de son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe[55]. Massad Boulos, conseiller spécial du président américain pour l'Afrique, souligne l'importance de cet accord pour mettre fin à une guerre qui dure depuis plus de 30 ans. Le président américain, Donald Trump, exprime également son optimisme quant à la réalisation de la paix dans la région[56].
Principaux points de l'accord
modifier
Arrêt des soutiens aux groupes armés
modifierLes deux pays s'engagent à cesser immédiatement et sans condition tout soutien aux groupes armés non étatiques. Ce qui implique que le Rwanda doit notamment cesser de soutenir la rébellion de l'Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23)[55], bien que l’accord ne mentionne pas explicitement le soutien rwandais a l'AFC/M23[57].
La république démocratique du Congo doit elle arrêter de soutenir les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
L'accord prévoit également une réintégration des soldats issus des groupes armés au cas par cas, afin d'éviter d'intégrer des éléments soupçonnés de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité[55].
Mécanisme de surveillance réciproque
modifierUn mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JSCM) est mis en place dans un délai de 30 jours à compter de la signature de l'accord. Ce mécanisme, composé de représentants de la république démocratique du Congo et du Rwanda, doit se réunir mensuellement pour assurer la transparence et la bonne application de l'accord. Il est chargé de superviser la mise en œuvre du Plan harmonisé pour la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et le désengagement progressif des forces rwandaises, ainsi que la levée des mesures défensives adoptées par le Rwanda. Il facilite également l’échange de renseignements et d’informations entre les parties, afin d’assurer l’application effective de l’accord de paix[58].
- Bintou Keita, Représentante spéciale de l’ONU en RDC, salue l’accord comme une avancée significative vers la fin du conflit, mais dresse un tableau sombre de la situation sur le terrain, incluant des violences sexuelles utilisées comme armes de guerre, la destruction de plus de 290 écoles, 28 millions de personnes en insécurité alimentaire et 7 millions de déplacés internes[59],[60].
Réactions en RDC
modifierL’Union sacrée de la nation (USN), coalition politique soutenant le président Félix Tshisekedi, salue l’accord de paix conclu entre la république démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Elle y voit une avancée majeure, notamment en raison des dispositions prévoyant la cessation des hostilités et le retrait des troupes rwandaises de l’est du pays. L’USN insiste cependant sur la nécessité d’une application stricte de cet accord, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, tout en soulignant l’absence de mécanismes contraignants pour garantir son respect[60].
D’autres acteurs politiques et sociaux expriment des réserves, voire une opposition marquée. Olivier Kamitatu, du parti d’opposition Ensemble pour la République, juge que le texte ne propose aucune innovation significative, à l’exception de clauses économiques qu'il juge favorables au Rwanda[60]. Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, va plus loin en qualifiant l’accord de « trahison de la Constitution ». Selon le PPRD, les négociations n’auraient pas respecté les procédures de consultation requises, notamment en ce qui concerne la gestion des richesses nationales.[60].
Du côté de la société civile, les réactions sont contrastées. La Conférence épiscopale nationale congolaise, par la voix de Donatien N’shole, se félicite de l’accord, qu’elle interprète comme une réponse à ses appels répétés en faveur du dialogue[60]. En revanche, le docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, critique sévèrement l’accord, affirmant qu’il abandonne la souveraineté de la RDC aux mains des « forces d’agression et légitime l’occupation d’une armée responsable de millions de morts »[60].
Notes et références
modifier- ↑ Jusqu'au les troupes rwandaises n'ont jamais été explicitement appelé à se retirer de RDC et de cesser leur soutien au M23 par le secrétaire général des Nations unies. António Guterres s'était limité à faire référence aux conclusions d’un rapport de référence d’experts de l’ONU mettant en lumière le rôle de Kigali aux côtés du M23
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, sur Afrik, (consulté le ) - ↑ Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées "LIBE_20250627_trump-peut-il-imposer-la-paix" - ↑ .
Retour des réfugiés et respect des résolutions de l'ONU
Le Rwanda et la république démocratique du Congo doivent réactiver l'accord du avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, encadrant le retour sûr et volontaire des réfugiés. Les deux parties s'engagent également à soutenir la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) et à respecter la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.Coopération économique
L'accord prévoit le lancement d'un cadre d'intégration économique régionale dans les trois mois à compter la date de signature, visant à développer le commerce et les investissements dans les chaînes d'approvisionnement de minerais critiques. Les États-Unis souhaitent établir une chaîne de valeur transparente et exempte de corruption dans l'exploitation des minerais. Des collaborations dans la gestion des parcs nationaux, le développement hydroélectrique et la gestion des ressources du lac Kivu sont également envisagées.Réactions
Réactions internationales
- António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, salue cet accord comme une étape importante vers la désescalade et la stabilité dans l’est de la RDC et la région des Grands Lacs. Il félicite l’administration américaine pour son rôle de chef de file dans ce processus, en coordination avec le Qatar et le médiateur togolais de l’Union africaine, Faure Gnassingbé<ref name="ONU_20250627_ONU_salue_accord_de_paix">« L'ONU salue la signature d'un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington »
, sur Organisation des Nations unies, (consulté le )
- António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, salue cet accord comme une étape importante vers la désescalade et la stabilité dans l’est de la RDC et la région des Grands Lacs. Il félicite l’administration américaine pour son rôle de chef de file dans ce processus, en coordination avec le Qatar et le médiateur togolais de l’Union africaine, Faure Gnassingbé<ref name="ONU_20250627_ONU_salue_accord_de_paix">« L'ONU salue la signature d'un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington »
- ↑ Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées "ONU_20250627_ONU_salue_accord_de_paix" - 1 2 3 4 5 6 « Accord de paix RDC-Rwanda: la classe politique congolaise partagée »
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Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
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Déplacements internes en république démocratique du Congo
modifierLes déplacements internes en république démocratique du Congo constitue une crise humanitaire majeure et persistante, caractérisée par des déplacements massifs et répétés de populations principalement dans l'est de la république démocratique du Congo (RDC).
La situation des personnes déplacées internes (PDI) en RDC est principalement due à la présence de nombreux groupes armés, aux conflits intercommunautaires, aux opérations militaires et à l'insécurité généralisée qui en découle. Les PDI vivent dans des conditions extrêmement précaires, avec un accès limité aux besoins essentiels tels que l'eau potable, la nourriture, les soins de santé et l'assainissement. Cette crise a des conséquences humanitaires, sociales et économiques considérables.
Causes des déplacements
modifierLes déplacements internes en république démocratique du Congo sont principalement causés par les conflits armés, la présence de nombreux groupes armés, tels que le mouvement du 23 mars (M23), Forces démocratiques alliées (ADF), les groupes Maï-Maï et d'autres factions, engendre des combats, des attaques contre les civils et une insécurité généralisée, forçant les populations à fuir leurs foyers.
Les tensions et les conflits entre différentes communautés, souvent liés à des différends fonciers, ethniques ou politiques, contribuent également aux déplacements.
Les opérations menées par les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) et les forces de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo (MONUSCO) peuvent également entraîner des déplacements de populations civiles.
Bien que moins fréquentes que les déplacements liés aux conflits, les catastrophes naturelles, telles que les inondations et les éruptions volcaniques, peuvent également provoquer des déplacements internes.
Conditions de vie des personnes déplacées internes
modifierLes personnes déplacées internes (PDI) en république démocratique du Congo vivent dans des conditions extrêmement précaires, la plupart des PDI vivent dans des camps ou des sites de fortune, souvent surpeuplés et insalubres, les abris sont souvent rudimentaires et ne protègent pas efficacement contre les intempéries. L'accès à l'eau potable et aux installations sanitaires est limité, ce qui favorise la propagation de maladies hydriques et l'accès à la nourriture est souvent insuffisant, entraînant des taux élevés de malnutrition, en particulier chez les enfants et les femmes enceintes. L'accès aux services de santé est limité, ce qui aggrave la vulnérabilité des PDI face aux maladies.
Les femmes et les filles sont particulièrement exposées aux violences sexuelles et basées sur le genre dans les camps et les sites de déplacement. Les PDI sont confrontées à de nombreuses violations des droits humains, telles que les arrestations arbitraires, les extorsions et le recrutement d'enfants soldats.
Réponse humanitaire
modifierPlusieurs acteurs humanitaires, notamment les agences des Nations Unies (HCR, OCHA, PAM, UNICEF), les ONG internationales et nationales, et le gouvernement congolais, fournissent une assistance aux populations déplacées : distribution de nourriture et d'articles non alimentaires, soins de santé, protection contre les violences sexuelles, accès à l'eau, assainissement et hygiène.
Distribution de nourriture et d'articles non alimentaires
modifierFourniture de nourriture, d'eau, d'abris, de couvertures, d'ustensiles de cuisine et d'autres articles essentiels.
Soins de santé
modifierFourniture de soins médicaux, de services de santé reproductive et de soutien psychosocial.
Protection
modifierMise en place de mécanismes de protection pour prévenir et répondre aux violences sexuelles et basées sur le genre, au recrutement d'enfants soldats et à d'autres violations des droits humains.
Eau, assainissement et hygiène
modifierAmélioration de l'accès à l'eau potable, aux installations sanitaires et aux services d'hygiène.
Défis et perspectives
modifierLa situation des PDI dans l'est de la RDC est complexe et les défis sont nombreux :
- Insécurité persistante : La persistance des conflits et de l'insécurité entrave l'accès humanitaire et rend difficile la mise en œuvre de solutions durables.
- Manque de financement : Le manque de financement chronique entrave la capacité des acteurs humanitaires à répondre aux besoins croissants.
- Solutions durables : Trouver des solutions durables pour les PDI, telles que le retour volontaire, la réintégration locale ou la réinstallation, est un défi majeur.
Données et statistiques (à compléter avec des sources récentes)
- Nombre estimé de PDI dans l'est de la RDC (à mettre à jour avec les chiffres les plus récents du HCR, d'OCHA ou d'autres sources fiables).
- Nombre de personnes ayant besoin d'assistance humanitaire.
Congrès national de défense du peuple
modifierRaisons de la création du CNDP
modifierÉchec du Processus de Transition
modifierAprès la fin de la deuxième guerre du Congo en 2003, un processus de transition politique a été mis en place pour stabiliser le pays et préparer des élections démocratiques. Ce processus a été marqué par des échecs et des retards, en partie dus à la réticence de certains acteurs à céder le pouvoir qu'ils avaient acquis pendant le conflit. Certains signataires de l'accord de paix craignaient de perdre leur influence et ne s'engageaient pas pleinement dans le processus de transition. Cette situation a créé un climat d'incertitude et de méfiance.
Crainte de Persécution des Tutsi
modifierLes Tutsi congolais, bien que minoritaires, avaient joué un rôle important dans la vie politique du pays, souvent en coopération avec le Rwanda et le Rassemblement Congolais pour la Démocratie-Goma (RCD-Goma).
Avec le déclin de leur influence et l'hostilité croissante à leur égard, les Tutsi craignaient des persécutions, en particulier dans les provinces orientales où l'ingérence rwandaise avait exacerbé les tensions ethniques. Cette crainte a poussé les Tutsi à chercher des moyens de se protéger
Les Tutsi, craignaient pour leur sécurité dans un contexte de tensions ethniques et de ressentiment envers les personnes d'origine rwandaise.
La majorité des anciens rebelles du CNDP interviewés par Jason Stearns ont cité la sécurité des rwandophones comme raison principale de leur ralliement au CNDP. Cette préoccupation pour la sécurité a été un facteur clé dans la formation du groupe.
Impopularité du RCD-Goma
modifierLe RCD-Goma, une faction du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), contrôlait une grande partie de l'est de la RDC.
En raison de ses abus sur la population et de sa proximité avec le Rwanda, le RCD-Goma est très impopulaire en dehors de la communauté Banyarwanda. Cette impopularité conduit à des craintes de pertes électorales importantes, comme le montrent les résultats des élections de 2006 où le RCD-Goma n'a obtenu que 15 sièges à l'Assemblée nationale.
Refus de l'Intégration dans les Forces Armées
modifierLe processus de transition incluait l'intégration des différentes factions armées dans une armée nationale unifiée.
Les membres du RCD-Goma, craignant pour leur sécurité et leur influence, refusent de s'intégrer dans les forces armées nationales, préférant former leur propre groupe armé, le CNDP. Ce refus a été motivé par la crainte de perdre leur autonomie et leur capacité à se protéger
Raison selon Jason Stearns
modifierSelon Jason Stearns (en), directeur du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) basé à l’Université de New York (NYU), l’émergence du CNDP est le résultat d'une combinaison de facteurs politiques, ethniques et sécuritaires.
La création du CNDP est le résultat d'une combinaison de facteurs politiques, ethniques et sécuritaires. L'échec du processus de transition, la crainte de persécution des Tutsi et les préoccupations de sécurité des Tutsi congolais, l'impopularité du RCD-Goma , le refus de l'intégration dans les forces armées nationales, et l'influence du Rwanda ont tous contribué à la formation de ce groupe armé .
Je soutiens que le processus de paix a transformé le conflit mais n'y a pas mis fin. En fait, l'accord de paix, bien que réussi sur de nombreux fronts, portait en lui les germes de ce nouveau cycle de violence : il a poussé l'un des belligérants les plus puissants à reprendre la guerre ; un processus d'intégration de l'armée qui a échoué a créé une multitude de nouveaux groupes armés dirigés par des transfuges de l'armée ; et un processus électoral a incité les politiciens à s'allier avec les groupes armés. Dans ce chapitre, j'aborde ces causes immédiates de la violence. Dans le chapitre suivant, j'examine les causes structurelles et permissives : la toile de fond d'un État faible et patrimonial et une culture politique, tant à Kigali qu'à Kinshasa, dans laquelle la violence armée était considérée comme un moyen acceptable et établi d'obtenir du pouvoir et des ressources[1].
=> I argue that the peace process transformed the conflict but did not end it. In fact, the peace deal, while successful on many fronts, carried within it the seeds for this new round of violence: it pushed one of the most powerful belligerents back into war; a failed army integration process created a multitude of new armed groups led by army defectors; and an electoral process created incentives for politicians to ally with armed groups. In this chapter I address these proximate causes of violence. In the next chapter, I then scrutinize the structural, permissive causes: the backdrop of a weak, patrimonial state and a political culture in both Kigali and Kinshasa in which armed violence was seen as an acceptable and established means of obtaining power and resources.
Telle était la sombre perspective pour le RCD en 2003 : il était marginalisé au niveau national, attaqué au niveau local et divisé au niveau interne. C'est dans ce contexte que le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) a vu le jour, permettant à une faction du RCD et au gouvernement rwandais de défendre leurs intérêts dans l'est du Congo[2]
=> This was the somber outlook for the RCD in 2003: it was marginalized nationally, under attack locally, and divided internally. It was to this backdrop that the Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) emerged, as a means for a faction of the RCD and the Rwandan government to defend their interests in the eastern Congo.
Selon Jason Stearns (en), directeur du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) basé à l’Université de New York (NYU), l’émergence du CNDP est liée à plusieurs raisons :
- La défaillance du processus de transition[3], certains signataires de l'accord de paix craignent de perdre le pouvoir acquis les années précédentes, et ne s'engagent pas complétement en faveur du processus de transition. Le RCD-Goma, une des factions du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) originel qui a éclaté en , et qui contrôle une grande partie de l’Est de la RDC, est le groupe ayant le moins d’avantages à gagner dans la transition politique du pays. Du fait de son impopularité, en dehors de la communauté banyarwanda, dû à ses abus sur la population et sa proximité avec le Rwanda, le parti coure le risque de perdre gros lors des élections[4],[5], chose qui se vérifia lors du scrutin de 2006 où il obtient seulement 15 sièges à l'assemblée nationale[6],[4].
- La crainte de persécution des Tutsi[7],[8], durant les années précédent la deuxième guerre du Congo, malgré leur petit nombre et une base géographique limitée, les tutsis congolais jouaient un rôle important dans la vie politique congolaise, en partie grâce à leur coopération avec les Rwandais et leur allié local, le RCD-Goma[9],[10],[11]. Le déclin de leur influence, et l’hostilité anti-Tutsi de la société congolaise[10]du fait de l'ingérence rwandaise dans les deux provinces orientales qui ne fait qu'ajouter au ressentiment des habitants d'autres origines contre ceux d'origine rwandaise, qu'ils ont tendance à considérer comme des collaborateurs de l'agresseur étranger, joue un rôle important dans le refus d'être soumis au brassage d'une partie des forces armées du RCD-Goma. La majorité des anciens rebelles du CNDP interviewés par Jason Stearns indique la sécurité des rwandophones comme raison principale de leur ralliement au CNDP[7].
Selon Jason Stearns (en), directeur du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) basé à l’Université de New York (NYU), l’émergence du CNDP est attribuable à plusieurs facteurs :
- La défaillance du processus de transition, qui n'a pas su prévoir que certains signataires seraient perdants et marginalisés[3],[12]. Le RCD-Goma, une des factions du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) qui a éclaté en , et qui contrôle une grande partie de l’Est de la RDC, est le groupe ayant le moins à gagner dans la transition politique du pays. En raison de son impopularité, en dehors de la communauté banyarwanda, due à ses abus sur la population et à sa proximité avec le Rwanda, le parti risque de perdre beaucoup lors des élections[4],[5], ce qui se confirmera lors du scrutin de 2006 où il n'obtient que 15 sièges à l'assemblée nationale[6],[4].
- La crainte de persécution des Tutsi, qui jouaient un rôle important dans la vie politique congolaise, en partie grâce à leur coopération avec les rwandais et leur allié local, le RCD-Goma[9],[10],[11]. Le déclin de leur influence et l’hostilité anti-Tutsi de la société congolaise[10], exacerbée par l'ingérence rwandaise ne font qu'accroître le ressentiment des habitants d'autres origines contre les banyarwanda, qu'ils tendent à considérer comme des collaborateurs de l'agresseur étranger. Cela joue un rôle important dans le refus d'être soumis au brassage d'une partie des forces armées du RCD-Goma, la majorité des anciens rebelles du CNDP interviewés par Jason Stearns citent la sécurité des rwandophones comme raison principale de leur ralliement au CNDP[7].
renforce la crainte pour la sécurité de la communauté Tutsi
https://www.cairn.info/revue-politique-africaine-2013-1-page-23.htm
Les dernières années de guerre ont suscité de l’hostilité à leur égard car les autres Congolais les identifient de plus en plus à des "Rwandais". Le Rwanda a souvent justifié sa présence en RDC en invoquant son souci de protéger les Banyamulenge bien que cette démarche ait été remise en question en 2002 lorsque les Rwandais ont attaqué les villages banyamulenge, tuant des dizaines de civils banyamulenge et en abattant certains depuis des hélicoptères rwandais. https://www.hrw.org/legacy/french/docs/2004/06/12/congo8808.htm
le RCD garantissait la sécurité physique des Banyarwanda,
Notes et références
modifier- ↑ Jason Stearns 2021, p. 38.
- ↑ Jason Stearns 2021, p. 44.
- 1 2 Du CNDP au M23, p. 17.
- 1 2 3 4 Du CNDP au M23, p. 19.
- 1 2 « En attendant les élections »
, sur Jeune Afrique, (consulté le ) - 1 2 « TABLEAU 5 : RÉPARTITION POLITIQUE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE ISSUE DES ÉLECTIONS DU 30 JUILLET 2006 », Annexes au format pdf de l'analyse des résultats du Premiers scrutins de la Troisième République Démocratique du Congo [PDF], sur Université de Liège (consulté le )
- 1 2 3 Jason Stearns (En), « Congo Siasa : la discrimination et la rébellion du M23 »
, sur congoresearchgroup.org, (consulté le ) - ↑ Du CNDP au M23, p. 18-20.
- 1 2 « Nouvelle crise au Nord-Kivu : La souffrance de la population civile en RDC »
, sur Human Rights Watch, (consulté le ) - 1 2 3 4 (en) « Congolese Tutsi in the troubled DRC equation - Democratic Republic of the Congo », sur ReliefWeb, (consulté le )
- 1 2 (en) « Back to the Brink in the Congo »
, sur Crisis Group, (consulté le ) - ↑ Jason Stearns 2021, p. 40.
Bibliographie
modifier- (en) Jason Stearns, The War That Doesn't Say Its Name : The Unending Conflict in the Congo, New Jersey, Princeton University Press, , 328 p. (ISBN 978-0-691-22452-7)
- Jason Stearns, Du CNDP au M23 : Évolution d’un mouvement armé dans l’est du Congo, Institut de la Vallée du Rift, , 85 p. (ISBN 978-1-907431-08-1, lire en ligne)
- Jason Stearns, « Repenser la crise au Kivu : mobilisation armée et logique du gouvernement de transition », Politique africaine, vol. 2013/1, no 129, , p. 23-48 (lire en ligne)
- Gauthier de Villers et Jean Omasombo Tshonda, « La bataille de Kinshasa », Politique africaine, vol. 2001/4, no 84, , p. 17-32 (lire en ligne)
- (en) Filip Reyntjens, The Great African War Congo and Regional Geopolitics 1996-2006, , 327 p. (ISBN 978-0-521-11128-7, lire en ligne)
Liens externes
modifier(S/2024/432), Rapport final du groupe d’experts sur la république démocratique du Congo, Conseil de sécurité des nations unies, , 299 p. (lire en ligne). ![]()
(S/2023/990), Rapport à mi-parcours du groupe d’experts sur la république démocratique du Congo, Conseil de sécurité des nations unies, , 163 p. (lire en ligne). ![]()
Rassemblement congolais pour la démocratie
modifierLe , Azarias Ruberwa est nommé chef du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma). Il remplace Adolphe Onusumba Yemba, qui occupait le poste depuis octobre 2000[1].
Ruberwa, l'un des quatre vice-présidents désignés d'un gouvernement national de transition, avait précédemment occupé le poste de secrétaire général du RCD-Goma, également depuis octobre 2000. Ruberwa devient le quatrième chef du mouvement RCD-Goma après Ernest Wamba dia Wamba, Emile Ilunga Kalambo et Onusumba, qui seront nommés à d'autres fonctions au sein du mouvement, a déclaré à l'AFP Crispin Kabasele Tshimanga, chef du département des relations internationales du RCD-Goma. M. Kabasele Tshimanga a déclaré que la nomination avait été faite par le collège des membres fondateurs du mouvement « dans le cadre de la transformation [du RCD-Goma] en parti politique »[1].
Banyarwanda
modifierLes Banyarwanda, sont des Tutsis et des Hutus congolais rwandophones, présent en majorité dans la province du Nord-Kivu[2], au point qu'elle constitue la majorité de la population dans certains districts[3], cette population est cependant loin d'être homogène, car ne s'étant pas implantée dans la région à la même période. En 1910, les plus anciens d'entre eux, déjà présent dans le Kivu (Rutshuru et Bwisha) lors du partage de la région des grands lacs par les colons se retrouvent de facto congolais. Durant la période coloniale, un transfert de population à l'intérieur de l'espace colonial belge est mis en œuvre entrainant la migration de populations Banyarwanda au Congo Belge : de 1937 à 1959, des peuplements forcés, du Rwanda vers des zones dépeuplés des territoires de Masisi et de Rutshuru, sont coordonnées par la Mission d'immigration des Banyarwanda (MIB), et des recrutements de mains d'œuvres rwandaises, pour travailler dans les mines et exploitations agricoles de l'est du pays, sont organisés pas l'administration coloniale. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, les luttes politiques pour le contrôle du pouvoir lors des Indépendances déclenche de nouvelles migrations de Banyarwanda vers les Kivu : de 1959 à 1961, des réfugiés politiques rwandais trouvent refuges dans la région à la suite des troubles et tensions ethniques dans leur pays, et une immigration clandestine se développe, lié à l'impact de la densité démographique sur les terres au Rwanda, mais aussi aux violences politico-ethniques dans ce pays et au Burundi[4].
https://www.jstor.org/stable/4392875?read-now=1&seq=7#page_scan_tab_contents
qui se sont Installés en république démocratique du Congo (RDC) à différentes périodes de l'histoire du pays.
Mobilité forcé dans la région des grands lacs : https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers4/010017919.pdf
L’AUTRE VISAGE DU CONFLIT DANS LA CRISE DES GRANDS LACS Mémoire historique sur la crise de la citoyenneté au Kivu : https://base.afrique-gouvernance.net/docs/l_autre_visage_du_conflit_dans_la_crise_des_grands_lacs..pdf
Au début des années 1990, les Banayarwanda sont perçus comme des migrants indésirables, le statut de leur nationalité est contesté, des conflits locaux se forment autour des terres et du pouvoir coutumier entre les populations indigènes de la région, tels que les Hunde, les Nande et les Nyanga et les Bayarwanda[5]. En 1993, les tensions atteignent leur apogées entre les banyarwanda et les populations indigènes regroupées dans des milices Maï-MaÏ, et se solderont par des milliers de victimes de part et d'autres, La venue de Mobutu Sese Seko dans l'est du pays et la mise en place d'un dialogue entre les communautés permet de calmer d'apaiser les esprits et de rétablir un semblant de stabilité dans l'est du pays[5].
L'évolution des modèles traditionnels de contrôle foncier vers des systèmes modernes de propriété foncière s'est accompagnée d'escroqueries et de manipulations de la part de certains membres des populations de langue kinyarwanda, qui ont profité de leurs relations étroites avec le régime de Mobutu au début et au milieu de son existence, créant ainsi des sentiments anti-banyarwanda durables. Plus tard, le vent politique a tourné avec la loi sur la citoyenneté de 1981, qui était défavorable aux Banyarwanda. Les choses ont empiré lorsque la soi-disant géopolitique de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) a presque totalement empêché les locuteurs du Kinyarwanda de l'est du Zaïre d'entrer dans le débat politique de la fin des années Mobutu. Pire encore, la « féodalisation ethnique » de la fin des années Mobutu a poussé les tribus autochtones dans des camps mutuellement hostiles, allant même jusqu'à diviser certaines d'entre elles en sous-groupes intratribaux hostiles. Le résultat de cette décomposition politique entre les années 1960 et 1990 a été la fragmentation sans fin d'un paysage politique déjà fragmenté. Comme la dangereuse poudrière du Kivu se trouvait à proximité des braseros du Rwanda et du Burundi, d'où jaillissaient constamment des étincelles ethniques, ce n'était qu'une question de temps avant que la conflagration ne s'étende. Au chapitre 2, nous avons vu que l'arrivée de plus d'un million de réfugiés à mi-1994 a créé une situation insupportable, que le gouvernement rwandais a commencé à « résoudre » en envahissant les Kivus et, de là, en poussant à travers le continent, en renversant Mobutu et en installant à sa place ce qui semblait être le régime fantoche parfait. (Prunier The unquiet East: the Kivus and their neighbors)
ADF
modifierDans le Nord-Kivu, l'ADF est le groupe armé faisant le plus de victimes civiles, un millier pour l'année 2023. Leur stratégie étant d'attaquer les populations locales en représailles aux opérations militaires effectués par les forces régulières congolaises à leur encontre.
L'opération Sujhaa qui lutte contre les ADF dans l'ituri, serait une des raison de la résurgence du M23 en 2021,
Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo
modifierContexte
modifierConflits locaux
modifierLes Banyarwanda, sont des Tutsis et des Hutus congolais rwandophones, présent en majorité dans la province du Nord-Kivu[2]. Au début des années 1990, ils sont perçus comme des migrants indésirables, le statut de leur nationalité est contesté, et des conflits locaux se forment autour des terres et du pouvoir coutumier entre les populations indigènes de la région, tels que les Hunde, les Nande et les Nyanga, et les Banayarwanda[5]. En 1993, les tensions atteignent leur apogées entre les banyarwanda et les populations indigènes regroupées dans des milices Maï-MaÏ, et se soldent par un millier de victimes de part et d'autres, La venue de Mobutu Sese Seko dans l'est du pays et la mise en place d'un dialogue entre les communautés permet d'apaiser les esprits et de rétablir un semblant de stabilité dans l'est du pays[5].
Afflux des réfugiés rwandais
modifierAprès le génocide des Tutsis au Rwanda de 1994, des centaines de milliers de Hutus fuient le Rwanda, craignant des représailles du Front patriotique rwandais (FPR), la rébellion Tutsi dirigée par Paul Kagame qui vient de prendre le contrôle de Kigali et renverser le gouvernement génocidaire, et se rassemblent au Zaïre, dans de nombreux camps de réfugiés à la frontière du Rwanda. Parmi les réfugiés se trouvent aussi les principaux acteurs du génocide : l'ex-gouvernement, les anciennes Forces armées rwandaises (ex-FAR) et les milices interahamwe. Cet afflux de personnes déstabilise la région, déjà marquée par des tensions politico-ethniques[5],[6],[7]. les Banyarwanda et les réfugiés rwandais deviennent majoritaires dans le Nord-Kivu avec une prédominances des Hutus, ce qui entraîne des conflits entre les différents groupes ethniques de la région[8], qui aboutis fin 1995, à de violents affrontements, ciblant notamment les Tutsis congolais qui en plus d'être attaqués par les milices Maï-Maï, deviennent aussi la cible des Hutus rwandais et de leur anciens alliés Hutus congolais, provoquant l'exode de milliers d'entre eux vers le Rwanda[9],[10].
A partir de , la situation des Banyamulenge, des Tutsis congolais présents dans le Sud-Kivu depuis des générations[11], devient précaire, ils font l'objet de discriminations, de violences et de spoliations[12], et commencent à s'armer, alors que le gouvernement du Rwanda, qui voit les Banyamulenge comme des alliés naturels, pour sa part, prépare le terrain pour l'opération qui allait devenir la rébellion des Banyamulenge.
qui leurs reprochent l'accaparation des terres
Guerre du Kivu
modifierselon le baromètre sécuritaire du Kivu, 7 380 civils auraient été tués entre 2017 et avril 2022[13].
Selon le rapport, contesté, de l'International Rescue Committee (IRC) de 2008, le nombre de victimes directs ou indirects sur la période 1997-2007 s'élèverait à 5,4 millions de morts[note 1], dont 2,1 millions depuis la fin officielle de la guerre entre 2002 et [14],[15].
En le nombres de déplacés internes est bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) estime à 2,79 millions [16].
« One cannot of course ignore the presence of persons guilty of genocide, soldiers and militia members, among the refugees... . It is nevertheless unacceptable to claim that more than one million people, including large numbers of children, should be collectively designated as persons guilty of genocide and liable to execution without trial... The accounts heard or read by the mission show that most of the acts of violence attributed to AFDL were carried out against refugees inside the camps... Very often the targets were neither nterahamwe combatants nor soldiers of the former FAR. They were women, children, the wounded, the sick, the dying and the elderly, and the attacks seem to have had no precise military objective. Often the massacres were carried out after the militia members and former FAR soldiers had begun to retreat. »Roberto Garreton[17].
| Personnes déplacées internes | Personnes retournées | Personnes en insécurité alimentaire | Date |
|---|---|---|---|
| 2,81 millions | 1,49 million | 3,8 millions | [18] |
| 2,53 millions | 1,18 million | 2,73 millions | [19] |
| 2,79 millions | 1,33 million | 2,6 millions | [16] |
| 2,7 millions | 1,34 million | 2,6 millions | |
| 2,67 millions | 1,34 million | 2,6 millions | |
| 2,5 millions | 1,6 million | 2,6 millions | 13 février 2024 |
Raisons du conflits
modifierLes conflits dans l’Est de la république démocratique du Congo (RDC) sont profondément ancrés dans un réseau complexe de griefs historiques, de tensions ethniques, de conflits locaux autour des terres et du pouvoir coutumier, d’interactions politiques, d'intérêts des pays voisins envers les ressources de la RDC, qui font que depuis le milieu des années 1990 l'Est du pays (nommé Zaïre à cette époque) est le foyer d'une violence chronique.
Richesse du sous-sol
modifierLa région est riche en ressources naturelles, notamment en minerais précieux comme l'or, le coltan, le cobalt et le diamant. Cette richesse attire divers acteurs, y compris des groupes armés, des entreprises et des gouvernements étrangers, qui cherchent à contrôler ces ressources, souvent par des moyens violents. L'exploitation économique des ressources naturelles par des acteurs locaux et internationaux, souvent sans bénéfice pour les populations locales, alimente les conflits et la violence.
Tensions ethniques
modifierLes conflits ethniques sont profondément enracinés dans la région. Les tensions entre différentes communautés ethniques, souvent exacerbées par des rivalités historiques et des luttes pour le pouvoir, contribuent à la violence de la région.
La contestation du statut de nationalité des populations rwandophones dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu est à l'origine de conflits dévastateurs depuis les années 1990. Alors que l'État zaïrois se décompose, les tensions ethniques augmentent, dans le Nord-Kivu les Banyarwanda sont perçus comme des migrants indésirables. Arrivés entre 1959 et 1962 suite , ils sont initialement bien intégrés, mais une loi de 1981 durcit les critères de nationalité, entraînant une hostilité croissante envers les Tutsi. Des milices nationalistes Maï-Maï sont formées pour lutter contre les influences étrangères. En 1993, des violences ethniques éclatent, causant entre 4 000 et 20 000 morts.
La contestation du statut de la nationalité des populations de langue kinyarwanda des provinces du Nord et du Sud-Kivu, est au cœur des conflits qui affectent la région avec des conséquences dévastatrices depuis le début des années 1990. Alors que l'état Zaïrois se décompose, les tensions politico-ethnique prennent de l'ampleur dans certaines régions du pays. Dans le Nord-KIvu elle se concrétisent par un rejet des Banyarwanda, considéré de plus en plus comme des migrants indésirables, accaparant richesses, terres et pouvoir.
La plupart d’entre eux étaient venus s’installer au Congo entre 1959 et 1962, fuyant les troubles dans leur propre pays. Tant que Barthélémy Bisengimana (en) resta le chef de cabinet de Mobutu, les locuteurs du rwandais (essentiellement des Tutsi) furent considérés comme des Zaïrois à part entière et obtinrent assez facilement la nationalité zaïroise. Mais en 1981, une nouvelle loi durcit sciemment les critères d’obtention de la citoyenneté zaïroise et, à partir de 1990, on voulut se débarrasser des Tutsi immigrés. Le terme rwandais* devint une insulte. Les enfants chantaient : « Tous les Rwandais n’ont qu’à rentrer chez eux, nous ne les voulons plus chez nous ».
Des milices populaires nationalistes furent créées, les Maï-Maï, pour prendre les armes pour lutter contre toutes les influences étrangères. Dans leurs étranges rituels, ils s’inspiraient des Simba de 1964, sauf que cette fois l’ennemi n’était pas Mobutu et ses alliés occidentaux mais le “migrant” venu de l’est.
En 1993, les tensions dans le Nord-Kivu donnèrent lieu à des épurations ethniques qui firent au moins quatre mille morts, mais peut-être jusqu’à vingt mille.
Il est difficile d'estimer le nombre de personnes apatrides, puisque la plupart des Congolais sont sans papiers, mais plusieurs centaines de milliers de Banyarwanda qui peuvent faire remonter leurs origines au Congo à 1960 et qui devraient être des nationaux en vertu de la loi adoptée en 2004 rencontrent des difficultés systématiques pour se faire reconnaître comme Congolais.
Influence des pays voisins
modifierLes pays voisins, notamment le Rwanda et l'Ouganda, ont joué un rôle significatif dans les conflits en RDC. Le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 a conduit à un afflux de réfugiés et de groupes armés dans l'est de la RDC, ce qui a déstabilisé la région.
Faiblesse de l'État
modifierLa faiblesse des institutions étatiques en république démocratique du Congo (RDC), y compris l'armée et la police, rend difficile le maintien de l'ordre et de la sécurité. La corruption et l'inefficacité des services publics aggravent également la situation. Le manque de développement économique et social dans la région, combiné à une pauvreté généralisée, crée un terrain fertile pour les conflits.
- Déplacement des populations : Les conflits ont entraîné le déplacement massif de populations, créant des camps de réfugiés et des zones de déplacement interne. Ces déplacements exacerbent les tensions et compliquent les efforts de stabilisation.
Les facteurs explicatifs sont multiples : faiblesse de l’État, abondance de ressources naturelles, persistance d’une gouvernance ethnicisée, conflits locaux autour de la terre et du pouvoir coutumier, interventions des pays voisins (Autesserre, 2010 ; Stearns, 2016 ; Vlassenroot, Raeymakers, 2009). Pour reprendre les conclusions d’un groupe d’éminents analystes : « Loin de converger uniformément autour d’une cause, la paix et le conflit en RDC sont résolument multipolaires » (Brusset et al., 2011)[20].
Sous le régime colonial belge, les politiques de gestion de la terre et de l'ethnicité ont souvent exacerbé les divisions locales. Les Belges ont créé des frontières ethniques et administratives, favorisant certains groupes sur d'autres, ce qui a planté les graines des futurs conflits de la région de l'Afrique des grands lacs.
L’histoire d’exploitation coloniale de la République démocratique du Congo, suivie de décennies postcoloniales de régime kleptocratique, a laissé la RDC avec des institutions faibles et une corruption endémique.
L’héritage du colonialisme, associé aux pratiques arrogantes des dirigeants post-indépendance, a créé un environnement dans lequel le pouvoir est souvent maintenu par la violence et des réseaux de clientélisme, et la reconnaissance de ces facteurs historiques est cruciale pour comprendre les dimensions du conflit actuel.
Contexte résumé contexte
modifierEn 1994, après le génocide des Tutsis au Rwanda, des centaines de milliers de Hutus fuient vers l'est du Zaïre, craignant des représailles du Front patriotique rwandais (FPR), la rébellion Tutsi dirigé par Paul Kagame qui vient de prendre le contrôle de Kigali. Parmi les réfugiés se trouvent aussi les principaux acteurs du génocide : le gouvernement, les anciennes Forces armées rwandaises (ex-FAR) et les milices interahamwe. Cet afflux de personnes déstabilise la région, déjà marquée par des tensions politico-ethniques[5],[21],[22]. Les Hutus deviennent majoritaires dans le Nord-Kivu, entraînant des conflits entre groupes ethniques[8]. Fin 1995, des affrontements violents éclatent, ciblant notamment les Tutsis congolais, ce qui provoque l'exode de milliers d'entre eux vers le Rwanda[9],[10].
La traque des Hutu n'est pas limitée à l’Est du Zaïre. Devant l’avancée des troupes rwandaises et de l’AFDL, des centaines de milliers de Hutu, 'ayant pas voulu retournée au Rwanda, et considéré de facto comme des génocidaires par l'armée rwandaise, fuient vers l’ouest pendant des semaines sur un parcours de plus de mille kilomètres et .
En 1996, face à l'incapacité du Zaïre et de la communauté internationale à régler la question de la présence dans les camps des génocidaires, et aux menaces des forces génocidaires utilisant les camps de réfugiés au Zaïre comme bases pour attaquer le Rwanda, Paul Kagame lance des incursions militaires au Zaïre. Cela marque le début de la première guerre du Congo, où l'Armée patriotique rwandaise (APR) et l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), une rébellion banyamulenge avec a sa tête Laurent-Désiré Kabila, mais en réalité orchestré et dirigé par le Rwanda, détruisent les camps de réfugiés[23], et massacrent indistinctement les Hutu[note 2],[17],[25]. Cette coalition, soutenue par l'Ouganda, le Burundi et l'Angola, renverse en quelques mois le président du Zaïre, Mobutu Sese Seko. Kabila se proclame président et renomme le pays république démocratique du Congo (RDC)[26]. Craignant l'influence du Rwanda et de l'Ouganda, le nouveau président leur ordonne de quitter la RDC. Dans les jours qui suivent leur départ, le 2 août 1998, la deuxième guerre du Congo éclate. Une rébellion de soldats banyamulenge, appuyée par le Rwanda et l'Ouganda, forme le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et prend rapidement le contrôle de vastes zones à l'est de la RDC. Kabila incite la population à s'opposer aux Tutsis, provoquant une vague de violence contre ces derniers dans plusieurs villes, notamment à Kinshasa, résultant en de nombreuses arrestations, disparitions et exécutions sommaires[27],[28],[29],[30],[31]. Cette nouvelle guerre implique neuf pays africains : l'Angola, le Zimbabwe, la Namibie, le Tchad, la Libye et le Soudan soutiennent la RDC, tandis que le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi s'y opposent[32]. Les exactions commises par les belligérants durant cette période : déplacements de civils, massacres et violations des droits de l'homme, qui auraient causées la mort de millions de congolais, notamment en Ituri et dans les provinces du Kivu[33], sont documentées dans le rapport du projet Mapping[note 3], mais n'ont jamais été jugées.
Contexte
modifierEn 1994, au lendemain du génocide des Tutsi au Rwanda des centaines de milliers de personnes[note 4], majoritairement des Hutu, fuient le Rwanda par peur des représailles du Front patriotique rwandais (FPR), la rébellion Tutsi mené par Paul Kagame, et se réfugient dans l'est du Zaïre. Parmi eux se trouvent les principaux acteurs du génocide : le gouvernement, les anciennes forces armées rwandaises (ex-FAR) et les milices interahamwe.
Cet afflux massif de réfugiés déstabilise la région qui se remettait à peine d'un cycle de violences politico-ethnique ayant opposé les banyarwanda, des Tutsi et Hutu congolais, à d'autres groupes ethniques zaïrois[5],[21],[22]. Les tensions ethniques et territoriales sont exacerbées : les Hutu deviennent le groupe majoritaire dans le Nord-Kivu, et l'alliance entre Hutu et Tutsi locaux vole en éclats[10]. Fin 1995, de violents affrontement ont lieu dans le Nord-Kivu opposant les Hunde et Hutu, et les Tutsi congolais se retrouvent la cible des attaques des milices Hutu et Maï-Maï[21],[22],[10], ce qui entraine l'exode de dizaines de milliers de Tutsi du Nord-Kivu vers le Rwanda[9],[10].
D'autre part les forces génocidaires utilisent les camps de réfugiés comme base arrière pour mener des attaques au Rwanda. En 1996, préoccupé par les menaces que pose les forces insurgées, et devant l'incapacité du Zaïre et de la communauté internationale à régler la question de la présence dans les camps des génocidaires, Paul Kagame décide d'organiser des incursions militaires au Zaïre pour neutraliser ces groupes armés. C'est le début de la première guerre du Congo, l'Armée patriotique rwandaise (APR) et l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), une rébellion banyamulenge, des Tutsi congolais, avec a sa tête Laurent-Désiré Kabila, mais en réalité orchestré et dirigé par le Rwanda, et appuyé par l'Ouganda et le Burundi, se livrent à la destruction systématique des camps de réfugiés, et sont accusés de massacrer indistinctement les Hutu[note 5]. Cette coalition, rejoint par l'Angola, renversent en quelques mois le président du Zaïre, Mobutu Sese Seko. Laurent Kabila s'autoproclame président du pays et le renomme en république démocratique du Congo (RDC). Au bout de quelques mois, craignant l'influence prépondérante du Rwanda et de l'Ouganda dans le gouvernement, Kabila impose à ces derniers de quitter la RDC. Dans les jours qui suivent, le , la deuxième guerre du Congo éclate, neuf pays africains y prendront part, l'Angola, Le Zimbabwe, la Namibie, le Tchad la Lybie et le Soudan au côté de la RDC, opposés au Rwanda, à l'Ouganda et au Burundi[32]. Elle commence comme la première, par une rébellion de soldatsbanyamulenge dans les villes de Goma, et Bukavu[37],[38],[39]. La rébellion, fomentée et soutenue par le Rwanda et l'Ouganda, nommé Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), prend rapidement le contrôle de grandes parties de l'est de la RDC, de la province orientale, et du Nord-Kantaga[32]. Durant cette période Kabila et les autorités de la RDC incitent la population à se mobiliser contre les Tutsi, les accusant de collusion avec l'ennemi. Ces appels entrainent une chasse aux Tutsi dans les rues de Kinshasa et d'autres villes du pays, qui se solde par des milliers d'arrestations, des disparitions et des exécutions sommaires, perpétrés par la population civiles et les services de sécurité de Kabila[27],[28],[29],[30],[31]. Les autres communautés civiles ne seront pas non plus épargnées par les exactions tout au long de cette guerre[40], et ce par toutes les forces en présence. Les exactions commises durant cette période, déplacement de civils, massacres et violations des droits de l'homme, sont documentées dans le rapport du projet Mapping[note 6], mais n'ont jamais été jugées et auraient causées la mort de millions de congolais, notamment en Ituri et dans les provinces du Kivu[33].
Par ailleurs les forces rwandaises autrefois génocidaires, regroupées dans l'Armée de libération du Rwanda (ALiR) et chassées durant la première guerre du Congo par l'AFDL, apportent un soutien informel à Kabila. !!! trouver des Sources !!!
A partir de 1999, les différents acteurs du conflit vont mettre en œuvre un ensemble d'accords[41], qui permettront d'aboutir le , à la fin de la deuxième guerre du Congo, à la suite de la mise en place du gouvernement de transition, dont les objectifs principaux sont de restaurer la paix dans l'Est du pays, et l'organisation d'élections nationales[42].
Malgré la fin officielle de la guerre en 2003, la signature d'accords de paix, une baisse importante de la violence et des déplacements, et 130 000 soldats démobilisés, l'est de la RDC reste instable. Les groupes armés locaux et étrangers continuent de se battre pour le contrôle des terres, des ressources naturelles (comme l'or, le coltan, et les diamants), et du pouvoir politique.
Le , quatorze mois après la fin de la Première guerre du Congo, le pays est entrainé dans un nouveau conflit, à la suite d'une rébellion déclenchée à nouveau par des soldats tutsis Banyamulenge dans les villes de Goma, et Bukavu[37],[38],[39]. Soutenue par le Rwanda et l'Ouganda, la rébellion prendra le nom de Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) et deviendra un des acteurs majeurs de la Deuxième guerre du Congo, et contrôlera un grande partie de l'Est du pays. Dans les semaines qui suivent le RCD et ses alliés prennent le contrôle des principales villes du Nord et Sud-Kivu, de la province orientale, et du Nord-Kantaga[32], en parallèle ils mènent une autre attaque dans le Bas-Congo avec comme objectif la prise de Kinshasa[28]. Durant cette période Kabila et les autorités de la RDC incitent la population à se mobiliser contre les Tutsis, les accusant de collusion avec l'ennemi. Ces appels entrainent une chasse aux Tutsi dans les rues de Kinshasa et d'autres villes du pays, qui se solde par des milliers d'arrestations, des disparitions et des exécutions sommaires, perpétrés par la population civiles et les services de sécurité de Kabila[27],[28],[29],[30],[31]. Les autres populations civiles ne seront pas non plus épargnées par les exactions tout au long de cette guerre[40], et ce par toutes les forces en présence[note 7].
A partir de 1999, les différents acteurs du conflit vont mettre en œuvre un ensemble d'accords[41], qui permettront d'aboutir le , à la fin de la Deuxième guerre du Congo, à la suite de la constitution du gouvernement de transition, dont les objectifs principaux sont de restaurer la paix dans l'Est du pays, et l'organisation d'élections nationales[42]. Baisse de la violence et 130 000 soldats démobilisé
Malgré la fin officielle de la guerre en 2003 et la signature d'accords de paix, l'est de la RDC est resté instable. Les groupes armés locaux et étrangers continuent de se battre pour le contrôle des terres, des ressources naturelles (comme l'or, le coltan, et les diamants), et du pouvoir politique.
https://www.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2014-3-page-32.htm
https://www.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2003-3-page-147.htm#re2no1
Laurent Nkunda et la rébellion du CNDP (2004-2009)
modifierLa première phase se déroule de 2004 à 2009, avec comme acteur principal Laurent Nkunda et sa rébellion, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), un groupe politico-militaire dont les combattants sont en majorités Tutsi, et soutenu par le Rwanda. Bien que les objectifs affichés par le CNDP soient la défense des Tutsi congolais et la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ils sont aussi en confrontation directe avec le gouvernement congolais et la nouvelle armée unifiée, les forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), instauré dans le cadre de l'accord global et inclusif de Prétoria [note 8], au sein de laquelle Nkunda a refusé un poste de général, pour rentrer en dissidence en 2004, avec des combattants réfractaires au processus de transition.
En 2006, Nkunda officialise son mouvement, et à partir de 2007, après une nouvelle tentative d'intégration des troupes rebelles dans les FARDC qui échoue, le CNDP prend progressivement le contrôle de plusieurs zones du Nord-Kivu, pour arriver en 2008 jusqu'aux portes de Goma, mais ................................... le CNDP n'ira pas jusqu'à l'occuper. Paul Kagame, de plus en plus gêné par les velléités de Nkunda conclu fin 2008, un accord avec le gouvernement congolais qui vise à stopper la rébellion du CNDP en échange d'une lutte commune contre les FDLR sur le sol congolais, en janvier 2009, Nkunda est destitué par son chef d'Etat-major, Bosco Ntaganda, puis arrêté au Rwanda par ses anciens alliés, alors que Ntaganda annonce la fin des hostilités, et la mise a disposition des combattants de la rébellion pour intégration dans les FARDC afin de combattre les FDLR.
Livre sur Bosco Ntaganda : https://books.openedition.org/editionsmsh/30738
Opérations anti-FDLR (2009)
modifierA la fin de la deuxième guerre du Congo, dans les provinces du Kivu, deux groupes armés se distinguent par leur puissance militaire et leur impact dévastateur sur les populations civiles : les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), composées principalement de Hutu rwandais, et bénéficiant de soutiens au sein de l’armée congolaise (FARDC), et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), une rébellion constituée majoritairement de Tutsis congolais dirigé par le général Laurent Nkunda, appuyé par le Rwanda[46].
Les ambitions personnelles de Nkunda ont progressivement affaibli son alliance avec le Rwanda. Parallèlement, l’incapacité des FARDC à contenir l’insurrection du CNDP et la pression internationale exercé sur Kinshasa et Kigali contraignent le président congolais, Joseph Kabila à négocier un accord avec son homologue rwandais, Paul Kagame[46],[47]. Cet accord, négocié dans le secret à l’automne 2008[46],[47] marque un tournant stratégique dans la région. Il conduit à l’éviction de Laurent Nkunda en du CNDP, à des négociations de paix entre la rébellion et le gouvernement qui aboutiront à l’intégration de membres du CNDP dans des postes clés des institutions politiques et sécuritaires du Kivu, et à la mise en place d'une opération militaire conjointe entre la république démocratique du Congo et le Rwanda contre les FDLR[46]. Cette opération, nommée Umoja Wetu est annoncée le par les ministre des Affaires étrangères congolais, Alexis Thambwe Mwamba, et rwandais Rosemary Museminali.
Umoja Wetu
modifierL’opération Umoja Wetu (« Notre unité » en swahili), lancée le 20 janvier 2009[46],[47], marque une collaboration militaire inédite entre la république démocratique du Congo et le Rwanda contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans l’est du Congo, dont la force militaire est évaluée entre 6 500 et 7 000 combattants par la Mission de l'Organisation des Nations unies en république démocratique du Congo (MONUC)[46]. Environ 4 000 soldats rwandais[46],[47], soutenus par des éléments du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) nouvellement intégrés aux Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), mènent une offensive rapide dans le Nord-Kivu[46],[48].
Dès l’annonce de l’offensive, les dirigeants des FDLR dénoncent l’alliance entre Kigali et Kinshasa et appellent à une médiation internationale[46]. Les troupes rwandaises et congolaises ciblent les positions clés des FDLR, notamment à Kibua (territoire de Masisi), Nyamilima, Nyabiondo, Pinga et Ntoto[46],[47]. Malgré quelques affrontements, les FDLR évitent les combats frontaux en se dispersant dans les forêts et les collines[46],[47].
Les forces de la coalition concentrent leurs efforts sur des zones stratégiques comme Kibua, où se trouve un centre de commandement des FDLR[46], et la région de Nyabiondo-Kashebere-Kibati, où les combats sont les plus intenses[46]. Malgré des succès tactiques, comme la sécurisation de l’axe Goma-Rutshuru-Ishasha[46], les FDLR limitent leurs pertes en se repliant[46]. Les populations civiles subissent des violences, avec des exactions attribuées aux deux camps[46].
Le 25 février 2009, après 35 jours d’opérations, les troupes rwandaises se retirent du Congo, conformément à l’accord entre Kabila et Kagame[46],[47]. Une cérémonie officielle à Goma, en présence des ministres des deux pays, du chef de la MONUC et de diplomates, marque la fin de l’opération[46],[47]. Bien que présentée comme un succès par les autorités, l’opération n’atteint pas ses objectifs initiaux de démantèlement complet des FDLR, dont une partie des combattants parvient à se maintenir dans les zones reculées du Kivu[46],[47].
Début 2009, l'opération Umoja Wetu est mise en place par les gouvernement congolais et rwandais[46]. Durant cette opération les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC), au sein de laquelle les combattants du CNDP ont été intégrés suite à l'accord de paix du , avec l'appui de près de 2 000 soldats des forces démocratiques rwandaises (FDR), commencent a traquer les FDLR [48], dont la force militaire est évaluée entre 6 500 et 7 000 combattants par la Mission de l'Organisation des Nations unies en république démocratique du Congo (MONUC)[46]. Cette opération dure 35 jours, au cours desquels 153 combattants des FDLR sont tués et une trentaine capturés. Plus de 5 000 Rwandais sont rapatriés dans leur pays[49]. Mais les combats font de nombreuses victimes civils.
Kimia II
modifierLe débute l'opération Kimia II[50]. Lors de cette nouvelle campagne les FARDC appuyés par la MONUC traquent la rébellion des FDLR[51],[52]. Selon Human Rights Watch, cette opération entraine la mort de plus de 500 civils dans la région de Nyabiondo au Nord-Kivu[51],[52], et est qualifié par le rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston, de « catastrophe [...] en matière de droits de l'homme »[53].
avec Bosco Ntaganda commandant adjoint de facto de cette opération[51],[52],[54]
Notes et références
modifier- ↑ Selon L'IRC, seulement 0,4 % de tous les décès en RDC ont été attribués directement à la violence. La majorité des décès sont dus à des maladies infectieuses, à la malnutrition et à des problèmes de santé néonatals et liés à la grossesse. Les enfants, représenteraient 47 % des décès, particulièrement vulnérables à ces maladies facilement évitables et traitables.
- ↑ Dans le rapport Mapping, les victimes des attaques recensées de l'AFDL, des APR et des FAB sont une majorité d’enfants, de femmes, de personnes âgées et de malades qui ne posaient aucun risque pour les forces attaquantes[24].
- ↑ Ces différentes exactions ont été documentés en 2010 dans le rapport du projet Mapping sur les violations des droits de l’homme et droit international commise entre 1993 et 2003 en République Démocratique du Congo.[34].
- ↑ Selon Médecins sans frontières, les estimations du nombre de réfugiés rwandais arrivés au Nord-Kivu à la mi-juillet 1994 varient entre 800 000 et 1 million de rwandais, et de 50 000 pour le Sud Kivu.[35] Certaines sources estiment que le nombre de réfugiés rwandais au Zaïre a dépassé le million de personnes. Par exemple, Filip Reyntjens indique qu'environ 1,5 million de réfugiés Hutus ont cherché refuge au Zaïre après le génocide[36].
- ↑ Dans le rapport Mapping, les victimes des attaques recensées de l'AFDL, des APR et des FAB sont une majorité d’enfants, de femmes, de personnes âgées et de malades qui ne posaient aucun risque pour les forces attaquantes[24].
- ↑ Ces différentes exactions ont été documentés en 2010 dans le rapport du projet Mapping sur les violations des droits de l’homme et droit international commise entre 1993 et 2003 en République Démocratique du Congo[34].
- ↑ Ces différentes exactions ont été documentés en 2010 dans le rapport du projet Mapping sur les violations des droits de l’homme et droit international commise entre 1993 et 2003 en République Démocratique du Congo[34].
- ↑ Un accord conclu entre les belligérants de la deuxième guerre du Congo, afin d'y mettre fin.
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- (en) Jason Stearns, Dancing in the Glory of Monsters : The Collapse of the Congo and the Great War of Africa, PublicAffairs, , 416 p. (ISBN 978-1-61039-107-8, lire en ligne)
- Jason Stearns, « Repenser la crise au Kivu : mobilisation armée et logique du gouvernement de transition », Politique africaine, vol. 2013/1, no 129, , p. 23-48 (lire en ligne)
- Jason Stearns, Du CNDP au M23 : Évolution d’un mouvement armé dans l’est du Congo, Institut de la Vallée du Rift, , 85 p. (ISBN 978-1-907431-08-1, lire en ligne)
- Gauthier de Villers et Jean Omasombo Tshonda, « La bataille de Kinshasa », Politique africaine, vol. 2001/4, no 84, , p. 17-32 (lire en ligne)
Liens Externes
modifier- Mapping, Rapport Mapping (Rapport du projet mapping sur les violations des droits de l’homme et droit international commise entre 1993 et 2003 en République Démocratique du Congo), Organisation des Nations Unies, , 583 p. (présentation en ligne, lire en ligne
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