Vallée de Campan

vallée française

La vallée de Campan est une vallée des Pyrénées françaises située dans le département des Hautes-Pyrénées dans la région Occitanie.

Vallée de Campan
Haute vallée au niveau du hameau d'Artigues-Campan
Haute vallée au niveau du hameau d'Artigues-Campan
Massif Pyrénées
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Hautes-Pyrénées
Communes Baudéan, Campan
Coordonnées géographiques 43° 00′ nord, 0° 12′ est[1]
Géolocalisation sur la carte : Pyrénées
(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Vallée de Campan
Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées
(Voir situation sur carte : Hautes-Pyrénées)
Vallée de Campan
Orientation aval nord-ouest
Longueur
Type
Écoulement Adour
Voie d'accès principale D 935

Toponymie

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La toponymie révèle une influence proto-celtique à l'âge des métaux. On ne connaît pas le premier peuple historique, probablement distinct des Bigerri de Tarbes. On sait par son onomastique qu'il était de culture aquitanique. Certains auteurs y voient les Campons, un peuple aquitain de localisation inconnue, qui aurait pu laisser son nom à la vallée. Mais Campan vient plus raisonnablement d'un domaine romain nommé campanus. Pendant la Guerre des Gaules, Jules César délègue à son lieutenant Crassus la conquête du sud de la France actuelle. César viendra lui-même visiter les vallées au cours de sa huitième campagne.[réf. nécessaire]

Géographie

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Situation

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Vue de la vallée depuis Sainte-Marie.

La vallée de Campan fait partie de la région naturelle de Bigorre. Elle relie Sainte-Marie-de-Campan, où se réunissent deux vallées hautes : vallée de Payolle (dont l'Adour de Payolle) et vallée de Gripp (dont l'Adour de Gripp), à Baudéan où la rejoint en rive gauche (côté ouest) cette autre vallée haute, la vallée de Lesponne (dont l'Adour de Lesponne). Le fleuve Adour proprement dit commence à Sainte-Marie-de-Campan[1].

La vallée de Campan prolongée « jusqu'au-delà de Bagnères-de-Bigorre »[pas clair]. À partir du bourg de Campan le paysage et le mode d'élevage changent, et dès Gerde et Asté la vallée est notablement plus ouverte sur la plaine[2]. La carte IGN indique d'ailleurs clairement que la vallée de Campan est limitée au parcours de l'Adour entre Sainte-Marie-de-Campan et Baudéan[1]. Historiquement parlant, Bagnères n'en fait pas partie du point de vue historique non plus : du XIe au XVIIIe siècle les habitants de la vallée, cherchant à étendre leurs activités pastorales vers le nord, ont été en lutte parfois violente contre la communauté de Bigorre qui les en a toujours empêchés[3]. Enfin, une carte géologique démontre bien la spécificité de cette vallée en comparaison avec les vallées amont et celle en aval où les couches géologiques sont soit différentes soit organisées différemment, tandis que le tronçon de Sainte-Marie-de-Campan à Campan est uniforme tout du long[4].

Le pic du Midi de Bigorre et son observatoire sont situés à l'amont de la vallée de Gripp. La station de ski de La Mongie est au sud-est du Pic du Midi de Bigorre, dans la vallée de l'Adour du Tourmalet (à l'amont de la vallée de Gripp). Celle de Payolle se trouve dans la vallée de Payolle près du col d'Aspin[1].

Topographie

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Extrait de la carte de Cassini (entre 1756 et 1789) situant la vallée de Campan

Elle est orientée nord-ouest / sud-est de Sainte-Marie-de-Campan à Baudéan.

Principales localités et lieux-dits, du sud au nord : Sainte-Marie-de-Campan, Rimoula, Galade, Saint-Roch, Campan, Baudéan.

Le versant en rive droite (côté nord-est) est abrupt et ensoleillé (soulane) ; il est utilisé en parcours pastoraux de demi-saison et d'estive. Le versant de rive gauche est à l'ombre du pic du Midi de Bigorre ; les pentes sont adoucies, elles portent des prés de fauche et des pâturages[1],[5].

Géologie

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Le Ludlow moyen-supérieur (~425 à 423 Ma) a été identifié pour la première fois dans la vallée de Campan[6].

Au fond de la vallée, l'Adour coule sur une étroite bande de matériaux caillouteux remaniés[7] nomenclaturée « Fy-z » (en blanc cassé) sur la carte géologique[4]. C'est le « couloir alluvial de l'Adour »[7], avec une curieuse petite inclusion de flysch à fucoïdes du Turonien-Sénonien inférieur (Crétacé)[8] en rive droite du pont d'Arteil, nomenclaturés « C3-5F »[4]. Deux petits cônes de déjection faits d'alluvions récentes (« Jz »)[7] de quelque 180 m de longueur bordent ce couloir alluvial à Et Gor et en face de Cayres de By[4].

En rive droite (soulane, côté nord-est) :

En rive gauche (côté sud-ouest) :

  • « Fx » (blanc-gris)[4] : terrasse fluvio-glaciaire de l'Adour limitée par un net talus d'une vingtaine de mètres de hauteur, avec une pente longitudinale très forte ; maximum glaciaire[15] ;
  • cette terrasse tout en long est bordée de cinq petits cônes de déjection faits d'alluvions récentes (« Jy »)[7] ;
  • « C1-2 » (vert) : petites surfaces[4] de calcaires à caprines ; Cénomanien[16] ;
  • « t1-2 » (rose)[4] : poudingues, grès et pélites rouges ; Trias inférieur[17] ;
  • « d3-5 » (marron)[4] : pélites schisteuses ; Dévonien inférieur et moyen[18] ;
  • « d1-2 » (rose-marron)[4] : ensemble non différencié d'alternances calcaréo-pélitiques et de calcaires ; Dévonien inférieur[18] ;
  • « s3-4a » (marron-vert)[4] : siltites noires quartzo-feldspathiques, à pyrrhotite ; Ludlow[19] ;
  • « Gxb » (bleu à pointillés)[4] : ces zones plus arrondies correspondent à une phase de stationnement des glaciers de langue, qui construisant de puissantes moraines latérales après une phase de légère diminution de leur taille[20] ;
  • « Gya » (bleu clair à pointillés)[4] : proches de « Gxb », ces surfaces sont des moraines aux formes confuses[21].

Flore et faune

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Histoire

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Le peuplement de la vallée de Campan est ancien, même si aucun mégalithe (menhirs, dolmens, alignements) n'a été trouvé.

Un marché situé à Bagnères-de-Bigorre (Vicus Aquensis) favorisait les échanges entre les agriculteurs de la plaine de l'Adour et les bergers de la montagne. Les laines des troupeaux tissées par des artisans locaux fournissaient la matière première des bigerri vestes, capes en laine blanche ou brune, chaudes et amples, qui avaient un tel succès qu'elles étaient connues jusqu'à Rome.

Les Romains explorent les vallées. Ils développent et agrandissent des thermes à Bagnères-de-Bigorre. Dès la Protohistoire, les effets curatifs des eaux thermales chaudes jaillissant de la montagne étaient reconnus. Les établissements thermaux serviront pendant toute la période gallo-romaine. Les travaux de captation d'eaux, près de la fontaine de Salies et réalisés en 1728, mirent au jour deux autels votifs aux nymphes, dont l'un est perdu aujourd'hui.

Sous la paix d'Auguste, célébrée par Virgile, un autel monumental porte une inscription en latin, qui fait sans doute partie d'un temple dédié à la divinité impériale : « À la divinité d'Auguste, cet autel a été élevé par Secundus fils de Selembo en son nom et au nom des habitants du Vicus Aquensis ». Cet autel est encore visible dans les thermes.

Sur des autels de marbre retrouvés dans la vallée, sont gravés les noms d'Agheion, qui trônait sur le pic de Bassia, et de Baïgorrixo, dieu des fontaines rouges (sources d'eau ferrugineuse).

Ces bains connaissent un grand succès : Alaric II, roi wisigoth (484-507), entame les travaux du « canal d'Alaric » qui irrigue les plaines de la vallée de l'Adour. Au Moyen Âge, Édouard de Woodstock dit « le Prince Noir » vient à Bagnères, puis, quelque temps plus tard, Rabelais. Montaigne a « soumis les eaux au verdict de sa vessie ». Madame de Maintenon, Tournefort (le père de la botanique), Parny et Lamartine y font quelques séjours. Ramond de Carbonnières, participant de l'affaire du « collier de la Reine », vient se réfugier en vallée de Campan ; écrivain et naturaliste (notamment en botanique), il célèbre les Pyrénées et découvre seize espèces nouvelles ; une fleur rare porte son nom : la Ramondia Pyrenaica, considérée comme un « fossile vivant ».

La légende

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Au fond de la vallée de Payolle, les pradères (alpages) au pied de la Hourquette d'Ancizan et de l'Arbizon sont la propriété du syndicat des « Quatre Véziaux » (les Quatre Voisins). Ces Quatre-Véziaux sont les communes de Cadéac, Ancizan, Guchen et Grézian. Elles sont toutes les quatre situées en vallée d'Aure. Elles sont administrées par un syndicat situé en vallée d'Aure, alors que, géographiquement, elle se trouve en vallée de Campan.

Les bergers des deux vallées se battaient pour posséder ces terres prospères. À la fonte des neiges, des cadavres de berger étaient parfois retrouvés au fond d'une combe ou dans un ruisseau. Les jurats des deux vallées décidèrent d'organiser un duel et de s'en remettre au « jugement de Dieu » : le combat serait « à mort » et la borne frontière serait plantée là où le vaincu décèderait.

Côté Campan, on trouva un colosse qu'on prépara pendant trois mois. Il est surnommé « le Dogue ». Côté Aure, personne n'est volontaire. Fréchou, un berger petit et sec relève le défi, les Aurois se croient perdus.

Le jour venu, les deux champions se retrouvent sur les crêtes herbeuses près de la Hourquette (en gascon, fourche = petit col). La foule est nombreuse. Voyant son adversaire, « le Dogue » crie aux jurats de son côté : « Écrivez, messieurs de Campan, la montagne est à nous ! ». Ses supporters jubilent. Le combat s'engage. Fréchou ceinture son ennemi, et le fait tomber sur un affleurement rocheux ; « le Dogue » a les reins cassés. Fréchou lie les pieds de son adversaire et le trainee sur le chemin qui descend vers Payolle. Les Aurois encouragent Fréchou ; les Campanais huent leur champion. Les femmes de Campan le lapident en criant : « Crève, mais crève donc ! ». Les Auroises étendent leurs tabliers et disent à Fréchou : « Doucement petit, ne le tue pas trop vite ! ». Le « Dogue » est traîné jusqu'à la Prade de Saint-Jean (la prairie de Saint-Jean), en amont de Payolle, où sont plantées aujourd'hui les limites des Quatre Véziaux.

La montagne, dite des Quatre-Véziaux appartenait aux villages d'Ancizan, Cadéac, Grézian et Guchen depuis des temps immémoriaux, de par la loi du premier occupant. Les descendants des comtes de Labarthe, propriétaires du territoire, avaient signé le , avec les représentants des quatre villages, une sentence arbitrale qui les maintenait dans leurs droits et leur donnait la possibilité d'utiliser l'étendue intégrale de ces pacages et forêts ; elles n'intéressaient pas les habitants de la vallée de Campan.

Économie

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Tourisme

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Notes et références

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 « Vallée de Campan, carte interactive » sur Géoportail. Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Il est possible de bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de « sélection de couches » en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet « Cartes » en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet « Accéder aux outils cartographiques » (petite clé à molette) sous l'onglet « sélection de couches ».
  2. Henry 2012, p. 95.
  3. [1964] Tucoo-Chala Pierre, « Une « république pastorale » pyrénéenne : H. Lefebvre, La vallée de Campan. Étude de sociologie rurale, Paris, P.U.F., 1963, (Bibliothèque de sociologie contemporaine) » (compte-rendu), Annales du Midi, vol. 76, no 66, , p. 108-111 (lire en ligne [sur persee]), p. 109.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 « Vallée de Campan, carte géologique interactive » sur Géoportail.
  5. [Henry 2013] Dominique Henry, « Les paysages de l'affectif - Les éleveurs et leurs pratiques pastorales d’entretien de la montagne pyrénéenne : hautes vallées du Gave de Pau, de Campan et d’Oueil-Larboust », Projets de paysage, no 9 « Le paysage a t-il imposé sa loi ? », (lire en ligne [sur journals.openedition.org], consulté le ), paragr. 41.
  6. Ternet et al. 1995, p. 11.
  7. 1 2 3 4 Ternet et al. 1995, p. 68.
  8. Ternet et al. 1995, p. 57.
  9. Ternet et al. 1995, p. 47.
  10. Ternet et al. 1995, p. 49.
  11. Ternet et al. 1995, p. 69.
  12. 1 2 Ternet et al. 1995, p. 55.
  13. Ternet et al. 1995, p. 53.
  14. Ternet et al. 1995, p. 52.
  15. Ternet et al. 1995, p. 67.
  16. Ternet et al. 1995, p. 56.
  17. Ternet et al. 1995, p. 44.
  18. 1 2 Ternet et al. 1995, p. 30.
  19. Ternet et al. 1995, p. 28.
  20. Ternet et al. 1995, p. 62.
  21. Ternet et al. 1995, p. 63.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • [Henry 2012] Dominique Henry, ”Entre-tenir la montagne” : paysage et ethnogéographie du travail des éleveurs en montagne pyrénéenne : hautes vallées du Gave de Pau, de Campan et d'Oueil-Larboust (thèse de doctorat en géographie et aménagement, dir. Jean-Paul Métailié), Université Toulouse le Mirail - Toulouse II, , 417 p. (lire en ligne [PDF] sur tel.archives-ouvertes.fr). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Frantz-E. Petiteau, Contes, légendes et récits de la vallée d'Aure, éd. Alan Sutton, 2006.
  • [Ternet et al. 1995] Yves Ternet, Pierre Barrère et Élie-Jean Debroas, Notice explicative de la feuille Campan à 1/50000 no 1071, Orléans, BRGM, , 80 p. (ISBN 2-7159-2053-9, lire en ligne [PDF] sur ficheinfoterre.brgm.fr). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes

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Liens externes

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