Valère Novarina

dramaturge, essayiste, metteur en scène et peintre franco-suisse

Valère Novarina, né le à Chêne-Bougeries (Suisse) et mort le dans le 12e arrondissement de Paris[1], est un auteur de théâtre, essayiste, metteur en scène et peintre franco-suisse.

Valère Novarina
Valère Novarina par Fernand Michaud, festival d'Avignon, 1986.
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Décès
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Jean Valère NovarinaVoir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

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Origines familiales

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Premier enfant de l'architecte Maurice Novarina (1907-2002) et de la comédienne Manon Trolliet (1914-2003), sœur cadette du poète Gilbert Trolliet, Valère Novarina naît le à Chêne-Bougeries, dans la banlieue de Genève[a]

Son frère Patrice, architecte et plasticien, est né le [4].

Valère Novarina passe son enfance et son adolescence à Thonon-les-Bains, ville du Chablais savoyard.

Formation

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Après le baccalauréat, il étudie la philosophie et la philologie à la Sorbonne et rédige un mémoire d'université sur « Antonin Artaud, théoricien du Théâtre »[6].

Carrière théâtrale

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Sa première pièce (L'Atelier volant) est mise en scène en 1974 par Jean-Pierre Sarrazac. En 1976, il écrit Falstafe, une libre adaptation des deux Henry IV de William Shakespeare, à la demande de Marcel Maréchal qui la crée en 1975 au théâtre du Gymnase de Marseille[7],[8].

En 1987, il est remarqué pour la mise en scène de sa pièce Le Discours aux animaux, notamment à Villeneuve-lès-Avignon dans le cadre du Festival d'Avignon avec une interprétation mémorable d'André Marcon[9].

Valère Novarina et Michel Butor.

Il a mis en scène plusieurs de ses pièces : Le Drame de la vie, Vous qui habitez le temps, Je suis, La Chair de l'homme, Le Jardin de reconnaissance, L'Origine rouge, La Scène, L'Acte inconnu, Le Vrai Sang.

Il a réalisé deux émissions pour l'Atelier de création radiophonique sur France Culture[10] : Le Théâtre des oreilles (1980) et Les Cymbales de l'homme en bois du limonaire retentissent (1994).

Au cinéma, trois films ont utilisé des extraits de ses textes[réf. souhaitée] : Zanzibar (1989), réalisé par Christine Pascal, Soigne ta droite (1987) et Nouvelle Vague (1990), réalisés par Jean-Luc Godard[b].

Valère Novarina entre au répertoire de la Comédie-Française en 2006, avec L'Espace furieux (1997)[11],[12].

C'est un habitué de longue date du festival d'Avignon, où il a été régulièrement invité depuis le premier mandat de Bernard Faivre d'Arcier[13]. En 2007, il ouvre le festival dans la cour d'honneur avec son spectacle L'Acte inconnu[14],[15]. En 2015, il présente sa pièce Le Vivier des Noms au Cloître des Carmes où il rencontre un grand succès[16],[17].

En 2017, il est candidat au fauteuil 37 de l'Académie française, laissé vacant par la mort de René Girard[18], mais c'est Michel Zink qui est élu[19].

Valère Novarina meurt le à l'hôpital américain de Paris, à l'âge de 83 ans[20],[21].

Décorations

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Le théâtre de Novarina

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Selon Nicolas Tremblay[25][réf. incomplète],

« l'œuvre de Valère Novarina se résume pour l'essentiel à un théâtre de paroles. L'action de ses textes se déroule sur un plateau épuré et presque libre de tout décor, où les personnages entrent et sortent gratuitement, sans que leur va-et-vient réponde à une causalité. L'intérêt de cette présence théâtrale sans queue ni tête réside dans ses répliques surgissant de nulle part et dans leur étrangeté tantôt mystique, tantôt bouffonne.
Le théâtre novarinien, obsédé par le Verbe et son avènement, provoque constamment la séparation entre le Corps et la Voix, dans un excès jubilatoire qui tient de la fête primitive. »

Sa théorie théâtrale et sa pensée philosophique sont énoncées dans son opuscule Pour Louis de Funès suivi de Lettre aux acteurs (qui ont été repris avec d'autres textes dans : Devant la parole en 1999) et permet[style à revoir] de ressaisir ses pièces qui peuvent parfois déconcerter. Au fond, la question fondamentale et récurrente chez Novarina semble être : pourquoi l'animal humain est-il doté de la parole ? Autrement dit, pourquoi la viande et le verbe se sont ils rencontrés ? D'où, toute une problématique du trou par lequel la parole traverse le corps. Au théâtre, au fond, selon Valère Novarina, on vient revoir l'éternel prodige se produire comme au premier jour : on vient entendre des animaux parler[26],[25][réf. incomplète].

Pour Novarina, « le théâtre permet de reprendre conscience » que le langage n’est pas une chaîne de concepts mécaniques mais un fluide, une danse, une matière vive. « Il invoque les mots, explore le langage, véritable matière qui comble le vide scénique et donne corps aux personnages »[27]. Dans Le Vivier des noms, 1 100 personnages sont évoqués, appelés, présentés, au cours de cinquante-deux scènes indépendantes, « véritable magma poétique, où les mots se caressent et s'évitent, en dévoilant la condition humaine »[27].

Carrière

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Comédien

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Metteur en scène

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Œuvres

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Théâtre

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  • L'Atelier volant (1974), pièce de théâtre.
  • Falstafe d'après Henry IV de William Shakespeare (1976), créée au théâtre du Gymnase de Marseille et repris au Théâtre national de Chaillot, éd. Ch. Bourgois ; rééd. P.O.L, 2008,
  • Le Babil des classes dangereuses (1978), roman théâtral, éd. Ch. Bourgois (rééd. 2011)
  • La Lutte des morts (1979), roman théâtral, éd. Ch. Bourgois
  • Lettre aux acteurs (1979), éd. l'Énergumène
  • Le Drame de la vie (1984), créée au Festival d'Avignon, reprise au Festival d'automne à Paris, éd. P.O.L ; rééd. Poésie/Gallimard, 2003 ; nouvelle version Le Drame de la vie - fragment, créée au théâtre Nanterre-Amandiers.
  • Le Monologue d'Adramelech (1985), créée au Festival d'Avignon, reprise au Festival d'automne à Paris
  • Cent dessins (1986)
  • Pour Louis de Funès (1986)
  • Le Discours aux animaux (1987), créée au Festival d'Avignon, reprise au Festival d'automne à Paris
  • Théâtre (1989) ; ce volume réunit les cinq premiers textes publiés par Valère Novarina et qui étaient épuisés : L'Atelier volant, Le Babil des classes dangereuses, Le Monologue d'Adramélech, La Lutte des morts, Falstafe.
  • Le Théâtre des paroles (1989) (rééd. 2009).
  • Vous qui habitez le temps (1989), créée au Festival d'Avignon, reprise au Festival d'automne à Paris
  • Pendant la matière (1991)
  • Je suis (1991), créé au théâtre de la Bastille dans le cadre du Festival d'automne à Paris
  • L'Animal du temps (1993), adaptation théâtrale
  • L'Inquiétude (1993), adaptation théâtrale créée au Festival d'Avignon, reprise au Festival d'automne à Paris
  • Le Feu (1994), écrit avec Thérèse Joly
  • La Loterie Pierrot (1995)
  • La Chair de l'homme (1995), créée au Festival d'Avignon
  • Le Repas (1996)
  • Le Jardin de reconnaissance (1997), créée au théâtre de l'Athénée Louis-Jouvet
  • L'Espace furieux (1997), inscrit au répertoire de la Comédie-Française
  • L'Avant-dernier des hommes (1997)
  • L'Opérette imaginaire (1998)
  • Devant la parole (1999)
  • L'Origine rouge (2000), créée au Festival d'Avignon
  • L'Équilibre de la croix (2003)
  • La Scène (2003), créée au Festival d'Avignon et repris au théâtre de Vidy (Lausanne)
  • Lumières du corps (2006), recueil d'aphorismes sur le théâtre, éd. P.O.L
  • L'Acte inconnu (2007), créée au Festival d'Avignon (cour d'honneur)
  • Le Monologue d'Adramélech (2009), éd. P.O.L
  • L'Envers de l'esprit (2009), éd. P.O.L
  • Le Vrai Sang (2010), créée à l'Odéon-Théâtre de l'Europe (mise en scène de l'auteur)[29], , éd. P.O.L, 2011
  • Je, tu, il (2012), éditions Arfuyen
  • La Quatrième Personne du singulier (2012), éd. P.O.L
  • Jean Dubuffet, Valère Novarina, Personne n’est à l’intérieur de rien (Correspondance, 1978-1985), L’Atelier contemporain, (2014).
  • Le Vivier des noms (2015), éd. P.O.L
  • Voie négative (2017), éd. P.O.L
  • L'Homme hors de lui (2018), créée au Théâtre national de la Colline (mise en scène de l'auteur), éd. P.O.L
  • L'Animal imaginaire (2019), éd. P.O.L, création (mise en scène de l'auteur) à l'Odéon-Théâtre de l'Europe
  • Le Jeu des Ombres (2020), créée au Festival d'Avignon par le TNP Villeurbanne à la Fabrica, à Avignon, éd. P.O.L
  • Les Personnages de la pensée (2023), créée au Théâtre national de la Colline (mise en scène de l'auteur), éd. P.O.L
  • L’Opérette imaginaire, production Compagnie Claude Buchvald, Paris, 1999.
  • Le Discours aux animaux par André Marcon, Tristram, Auch, 2004.
  • Le Vrai Sang, Héros-Limite, Genève, 2006.
  • Au Dieu inconnu, séquence de La Chair de l’homme et scène de L’Origine rouge par Laurence Mayor et Daniel Znyk, éd. P.O.L/ Dernière bande, 2006.
  • Journal du drame, Lecture, 1981, Le Bleu du ciel, Coutras, 2009.

Roman et récits

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  • La Clef des langues (2023), éd. P.O.L
  • Désoubli (2026), éd. P.O.L

Traduction

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  • « Livre d'Amos » (avec Marc Dubreucq) dans La Bible, Paris, Bayard, 2001
  • L'Origine rouge (2000), traduction par Flavia Goian (traduction en cours, 2024)
  • Devant la parole (1999), traduction par Flavia Goian (traduction en cours, 2025)

Dessins et peinture

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Valère Novarina est également dessinateur et peintre[30].

Récompenses et distinctions

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Prix littéraires

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Décorations

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Hommages

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Notes et références

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  1. Le catalogue de la BNF indique qu'il est né le 4 mai 1942 ou en 1947[2]. De nombreuses notices d'autorité indiquent également qu'il est né en 1947, ainsi d'ailleurs que son site officiel[3]. Toutefois, le Journal de Genève daté du 6 juillet 1944 évoque l'existence de Valère en annonçant la naissance de son frère Patrice[4], ce qui semble invalider cette éventualité. Dans Le Drame de la vie, Valère Novarina écrit :
    « c'est comme ça que j'entra [sic] dans la viiiiie, à Chêne-Boucherie, canton Helvet, le quatre mai mille neuf cent quarante-deux, de Maurice Novarina et de Manon Trolliet son épouse[5]. »
  2. Voir Jean-Luc Godard, cinéaste acousticien de Louis-Albert Serrut, L'Harmattan, 2011. L'auteur détaille précisément les emplois de textes de Valère Novarina dans le film Nouvelle vague.

Références

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  1. Relevé des fichiers de l'Insee
  2. « Notice de personne : Valère Novarina », sur BNF (consulté le ).
  3. « Valère Novarina : Biographie », sur novarina.com (consulté le ).
  4. 1 2 (en) « "Naissances', Journal de Genève », sur letempsarchives.ch, (consulté le ).
  5. Lire sur Google Books.
  6. Voir sur applis.univ-tours.fr.
  7. Claude Buchwald, « Pourquoi Falstafe d’après Henri IV de Shakespeare », sur theatre-contemporain.net, .
  8. « Falstafe d'après William Shakespeare (Henry IV), adapté par Valère Novarina », sur Les Archives du spectacle, dernière maj 2014 (consulté le ).
  9. Voir sur franceculture.fr.
  10. « Le Théâtre des oreilles (2/2) », sur franceculture.fr, (consulté le ).
  11. Jean-Pierre Thibaudat, « Novarina, la Comédie-Française lui sourit. », Libération, (lire en ligne, consulté le ).
  12. « En scènes : le spectacle vivant en vidéo - Entrée au répertoire de Valère Novarina à la Comédie-Française » [vidéo], sur En scènes : le spectacle vivant en vidéo (consulté le ).
  13. « Valère Novarina : “J’ai horreur de l’émotion pour tous” », sur nouvelobs.com, L'Obs, (consulté le ).
  14. « Valère Novarina, L'Acte inconnu », sur contemporain.net, theatre-contemporain.net (consulté le ).
  15. Matthieu Mével, « L'Acte inconnu », sur ruedutheatre.info, (consulté le ).
  16. « Festivals, concerts et vidéos de musique en streaming », sur francetvinfo.fr (consulté le ).
  17. Fabienne Arvers, « Avignon : Le ragtime de Valère Novarina illumine le cloître des Carmes », sur lesinrocks.com, .
  18. « Candidatures au fauteuil de M. René Girard (F37) », sur academie-francaise.fr, .
  19. « Élection blanche au fauteuil de M. René Girard (F37) », sur academie-francaise.fr, (consulté le ).
  20. « Mort du dramaturge Valère Novarina, poète de la scène qui tenait tête au verbe », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
  21. Anne Diatkine, Sonya Faure, Clémence Mary et Clémentine Mercier, « Disparition Mort de Valère Novarina, auteur de théâtre, sculpteur très libre du langage », sur liberation.fr, (consulté le ).
  22. Commandeur le  : Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres.
  23. Décret du 15 janvier 2025 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur.
  24. Décret du 31 décembre 2001 portant promotion et nomination.
  25. 1 2 Nicolas Tremblay. Le théâtre et l'origine dans l'œuvre de Valère Novarina. Thèse de doctorat de littérature. Univ. Québec Montréal, 2008 : 191 p. Lire en ligne.
  26. « Funès », sur ouvrelechien.com via Wikiwix (consulté le ).
  27. 1 2 « Le Vivier des noms de Valère Novarina », sur lintermede.com (consulté le ).
  28. Brigitte Salino, « L’auteur Valère Novarina donne corps à la langue », Le Monde, , p. 25.
  29. Site de l'Odéon.
  30. Voir sur novarina.com.
  31. Présentation du prix Jean-Arp.
  32. Voir sur mediathequebron.fr.
  33. Colloque international de Cerisy.

Voir aussi

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Bibliographie

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Ouvrages

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Articles

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Filmographie

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  • La Scène (vidéo), DVD du spectacle, P.O.L/ Dernière Bande, 2006
  • Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire de Raphaël O’Byrne, 2002

Articles connexes

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Liens externes

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