Vannerie au Niger

Vanneries du Niger, Salon international de l'artisanat pour la femme (Safem), 2003.

Dessous de plat en fibres végétales (palmier doum), département de Mirriah, 2004.

Dessus de plat en fils plastique, département de Madaoua, 2005.

Technique du tressage : natte de Madaoua, 2004

Technique spiralée : couvre-plat, région d'Agadez, 2005.

Technique des brins liés: Store kassari, département de Mirriah, 2003.
![]()
Couvre-plat, Niamey, 2004.
![]()
Couvre-plat, département de Mirriah, 2003.
![]()
Couvre-plat woodabé , village de Foudouk, région d'Agadez, 2006.
![]()
Natte de Madaoua, région de Tahoua, 2003.
![]()
natte d'Ingall, région d'Agadez, 2005.
![]()
gourde tasouft, région d'Agadez, 2006.
![]()
Nattes souroundou, village artisanal Ibrahim Moussa, Niamey, 2003.
![]()
![]()
Gourde en vannerie, zone de Bilma, 2005.
![]()
Stores Kassari, département de Mirriah, 2004
![]()
Corbeille produit dans le cadre du SAAz, Niamey, 2004.
![]()
Natte de sommier, département de Madaoua, 2003.
![]()
Corbeille, département de Mirriah, 2004.
![]()
Porte-récépient, Niamey, 2005.
![]()
Panier de course présentés au Salon international de l'artisanat pour la femme (Safem), 2003, Niamey.
![]()
Sac à main présenté dans la boutique du village artisanal de Maradi, 2004.
![]()
Sac en fil plastique réalisée à Toudou (région d'Agadez) en 2006.
La vannerie au Niger regroupe l'ensemble des productions artisanales basées sur le tressage et l'assemblage de fibres végétales (palmiers-doum, palmiers rônier, graminées ou roseaux).

Pratiquée de longue date sur le territoire actuel du Niger, cette activité occupe une place centrale dans l'artisanat d'art du pays. La vannerie est principalement maitrisée par des femmes qu'elles soient fulani (peuls), Kel tamasheq, haoussa, zarma, kanouri, ou toubou. Si la fabrication des pièces repose sur des techniques anciennes transmises principalement de génération en génération, l'esthétique, les formes et les circuits commerciaux de ces objets ont connu d'importantes mutations à partir du XXe siècle.
Matériaux et techniques de fabrication
modifierFibres végétales et nouveaux matériaux
modifier

La vannerie est depuis longtemps réalisée à base de fibre végétale, et l'approvisionnement en matières premières dépend donc des écosystèmes locaux nigériens :
- le palmier doum : la ressource principale demeure la feuille de ce palmier, appelée kaba en haoussa et tagheit en tamasheq, qui est exploitée sur l'ensemble du territoire chez les fulani (peuls), touareg, haoussa, zarma, kanouri, et toubou, pour la confection d'une grande variété d'objets en vannerie ;
- le palmier rônier : Les feuilles de palmier rônier sont utilisées le long du fleuve Niger, et au Sud-Est du Niger notamment pour la confection de nattes ;
- les graminées et roseaux : Les tiges de mil, le roseau sauvage, ou la paille de bourgou séchée sont privilégiées dans la zone centrale et pour la confection de structures rigides de type stores[1].
Depuis au moins les années 1980, des objets sont tissés à l'aide de fils plastiques un peu partout dans le pays[2].
Techniques de fabrication variées
modifierLes étapes de fabrication d'objets en fibre de palmier
modifierLa fabrication des objets d'artisanat d'art réalisée à l'aide de fibre de palmier (doum ou dattier) s'effectue de la façon suivante.
- La collecte et le tri de la matière première
- Les artisanes sélectionnent avec soin les jeunes palmes non encore déployées : les feuilles « blanches ». Celles-ci sont plus tendres et plus claires, elles offrent une souplesse indispensable pour le tressage. Les feuilles plus anciennes et vertes, trop rigides, sont écartées ou réservées à des structures plus grossières (comme les clôtures) ;
- La préparation des folioles (séchage et calibrage)
- les palmes sont coupées puis exposées au soleil pendant plusieurs jours jusqu'à ce qu'elles perdent leur humidité et prennent une teinte beige doré homogène. Une fois sèches, la nervure centrale de chaque foliole est retirée. La feuille est ensuite fendue à la main (souvent à l'aide d'une pointe ou d'un ongle) en fines lanières de largeur régulière. Ce calibrage détermine la finesse de la future natte ;
- La coloration (optionnelle)
- une partie des lanières est plongée dans des marmites de teinture bouillante. Auparavant produite à l'aide d'écorces, de racines ou de décoctions de plantes locales (comme le sorgho rouge), ces teintures permettent d'obtenir des tons de rouge, de brun ou de noir qui contrasteront avec le beige naturel de la palme. Depuis les années 1980, les artisanes intègrent massivement l'usage de teintures industrielles, avec une prépondérance marquée pour les coloris vert et rose/bordeau[1].
Les techniques de tissages
modifier
La vannerie nigérienne se structure autour de trois techniques de tissages majeures.
- Le tressage (ou type « nattes »)
Ce tissage repose sur le tressage à plat et à brins croisés (armure toile ou sergée). La vannière s'assoit au sol et dispose une série de lanières parallèles. Elle entrelace perpendiculairement d'autres lanières, en passant alternativement au-dessus et en-dessous des premières, souvent selon un rythme précis, comme deux fils dessus, deux fils dessous, pour créer des motifs obliques ou en chevrons. À chaque rangée, les brins sont fortement serrés les uns contre les autres avec les doigts pour garantir l'étanchéité et la solidité de la natte. Pour éviter que la natte ne s'effiloche, l'étape finale consiste à arrêter les bordures. Les extrémités des lanières sont repliées sur elles-mêmes et rentrées à l'intérieur du tressage, ou solidement cousues ensemble avec une cordelette fine, souvent faite à partir des fibres résiduelles de la feuille de palmier. Si cette pratique est principalement utilisée pour la confection des nattes, elle est aussi mobilisée depuis les années 1980, pour la confection de sacs en particulier par les artisanes des zones d'Azel et d'Indoudou (région d'Agadez).

- La vannerie spiralée (ou « type roulé » / « à poinçon »)
Contrairement à la technique précédente où les brins s'entrelacent, cette pratique s'apparente à de la sculpture textile cousue. Les artisanes forment tout d'abord un boudin continu avec des matériaux de rembourrage à l'aide de graminées ou de fibres épaisses de palmes (rônier ou palmier doum). Puis elles les enroulent tout autour de minces lanières souples et très solides de feuilles de palmier afin de former un boudin. Enfin, la vannière va utiliser un poinçon en métal pour percer ce boudin, et glisser ensuite la fine lanière de liaison dans le trou pour ligaturer fermement le nouveau boudin sur l'ancien. L'ouvrage progresse ainsi en colimaçon depuis le centre[1].

- Les brins liés (ou « type store »)
Contrairement aux nattes souples, ce tissage permet d'obtenir des ouvrages semi-rigides très résistants, idéaux pour faire barrière au soleil, au vent et au sable. Cette pratique n'est pas un tressage croisé classique, mais un système de juxtaposition et de ligature. L'artisane aligne de manière parfaitement parallèle des tiges rigides et droites, qui sont généralement des tiges de graminées. Pour solidariser ces tiges, l'artisane utilise des fils verticaux faits de lanières très fines de feuilles de palmier (rônier ou palmier doum) ou de lanières de cuir. À l'aide de ses doigts ou d'une aiguille de canevas, l'artisane enroule ensuite ou entrecroise les fils souples autour de chaque tige successive. Ce point de couture vertical (souvent un point de chaînette ou de torsade) maintient les tiges solidement serrées les unes contre les autres[3].
Techniques décoratives et spécificités régionales
modifierLe décor est en général particulier à chaque zone. Avec l’arrivée sur les marchés nigériens des teintures industrielles, de nouveaux décors sont apparus au XXIe siècle.

Historiquement, la vannerie peule servait à produire divers objets du quotidien comme les nattes, les corbeilles ou les couvercles de plat appelés m'bedou en fulfuldé. Ceux confectionnés dans la zone de Niamey se caractérisent par un décor brun-noir et rouge contrastant sur un fond de paille naturelle[4]. Ce modèle a fait l'objet de nombreuses imitations régionales. Par exemple dans la localité de Filingué, les artisanes Kel Tamasheq (bella ) s'en sont inspirées en y intégrant une troisième nuance : le vert, obtenu grâce à l'introduction de teintures chimiques importées d'Europe[5].

Depuis plusieurs décennies, les décors peuls associant le rouge, le noir et l’écru, ont été rejoints par un nouveau répertoire qui s'est enrichi de teintes industrielles jaunes et vertes. Les artisanes peules confectionnent ainsi des dessus de plat dont les parties autrefois laissées à l'état naturel sont désormais teintes en jaune, rehaussées d'ajouts de vert, une tendance particulièrement visible dans le département de Mirriah[4]. Cette identité visuelle a été adoptée par les artisanes de Diffa et de N'Guigmi. Elles s'en inspirent pour orner leur importante production de corbeilles et de dessous de plat, caractérisée par des motifs de bandes rouge terre, noires et vertes réalisés à l'aide de pigments industriels, parfois agrémentés de lanières de cuir.

Enfin, les Wodaabé affirment leur singularité à travers des dessus de plat uniques et propres à leur communauté. Leurs créations se distinguent par des ornementations complexes mêlant des brins de laine colorée à des fils argentés[2].
Décors de la région de Tahoua
modifierLes vanneries de l'Azaouagh
modifierDans l'Azaouagh, on trouve des nattes souples et brodées de type assaber ou chetel tissées par les artisanes tourègues Kel Dinnik[6]. Dans cette zone, ces grandes pièces structurées à partir de brins de graminées très finement cordés, ornés de motifs géométriques se caractérisaient par l'insertion de fines lanières de cuir teintes en rouge, noir ou vert. Ces ouvrages patrimoniaux sont devenus extrêmement rares, et la variante la plus précieuse, connue sous le nom de miski, est désormais introuvable ou négociée à des prix très élevés[4].
Les autres objets de vannerie privilégies des compositions plutôt épurées. Les fibres sont majoritairement laissées à l'état brut, simplement agrémentées par endroits de discrets décors à chevrons roses, verts ou noirs obtenus à l'aide de teintures industrielles[2].
Jusqu’au début du XXe siècle, les vanneries produites en pays haoussa étaient appréciées et vendues sur les grands marchés de Kano, Zinder ou Kantché. Plusieurs chroniques et récits attestent de la présence de vanniers réputés dans les villages de Dogo, Dan Kiéni et Kassama.
Dans le département de Madoua, il existe de grandes nattes robustes ornées de motifs de chevrons aux teintes variées[4] . Elles sont de deux types :
- les tahin giwa (qui signifie en Haoussa : pattes d'éléphant) qui sont de forme ronde ;
- les tahin borgo (ce que signifie forme de couverture) qui sont de forme rectangulaire[6]

L'existence des nattes dites « de Madaoua » est documentée à l'écrit pour la première fois en 1931, lors de leur inscription sur la liste de l’Exposition nationale du travail qui eut lieu en France. À cette époque, la méthode consistait à tresser des bandes à partir de lanières de palmier doum teintées en noir et en rouge, alternées avec des fibres laissées écrues. Ce procédé permettait d'obtenir des motifs géométriques combinant de petits damiers et des chevrons. Les pigments utilisés étaient naturels : le rouge était extrait de tiges de sorgho, tandis que le noir était préparé à base de boue et de gousses d'acacia fermentées. À cette époque, la ville de Madaoua s'imposait comme le principal centre de confection de nattes décorées du Niger[2].
Capitalisant sur la réputation historique de la ville, des vannières Kel Gress (Touarègue de la région) commercialisent au XXIe siècle, leur production au bord des axes routiers bitumés ainsi que sur les marchés locaux de Madaoua et de Toumfafi, ce dernier comptant parmi les plus importants du Niger. Ces grandes nattes robustes sont depuis plusieurs décennies réalisées à l'aide de teintures industrielles et sont produites en grande quantité dans les zones de Madaoua, Bouza et Illéla[2].
Concernant les corbeilles, les modèles anciens partageaient le même type de décors que les nattes c'est-à-dire structurés autour d'une alternance de bandes noires, rouges et écrues. Au XXIe siècle, la production de corbeille est devenue marginale dans la zone de Madaoua et les grands centres de fabrication de corbeilles qui sont colorées aux pigments industriels (rouge, vert, jaune et noir) se sont déplacés à l'Est, notamment dans la région de Zinder[1].
Décors dans la région d'Agadez
modifierLa région d'Agadez est un centre important de production de nattes et on en trouve de nombreuses variétés fabriquées par les femmes touarègues Kel Aïr :
- Les nattes de tente : les assala qui sont de grandes nattes de forme ovale formant le toit de la tente touarègue, et les aghelli qui sont des grandes nattes de forme rectangulaire et allongée, qui forment les murs de la tente ;
- les nattes de lit : telles que les agaigai, titinbourik, tessaber ou tessili qui servent à couvrir le lit touareg. Elles sont faites en paille d'afazo (une herbe vivace sauvage et coriace qui pousse en touffes denses sur les dunes du Sahara et du Sahel) attachée avec des lanières de cuir. Elles peuvent être brodées de cuir et de laine ;


- les nattes de sols : les faqqo à bandes larges blanches avec parfois une décoration de motifs triangulaires de couleur rouge ou vert, et la firji ou la madaji faites de bandes de couleurs différents[5].
La ville d'Ingall s'est distinguée à partir du milieu du XXe siècle par la création de nattes de sol caractérisées par une technique analogue à celle des nattes de Madaoua mais d'une finesse supérieure, due à l'emploi de lanières de palmier, longuement travaillées pour être amincies et assouplies, et ne mesurant que 2 à 3 millimètres de large. Au niveau du décor les nattes dites « d'Ingall » se reconnaissent à l'alternance de bandes rouge magenta, vertes, jaunes et noires, rehaussées de motifs à chevrons qui sont réalisées avec de la teintures chimiques (violet, vert, brun, rouge).
D'autres objets sont réalisés par les vannières touarègues à l'aide de poinçons permettant d'obtenir des récipients extrêmement denses et rigides, souvent recouverts de pièces de cuir protectrices et décoratives. C'est le cas des :
- tasouft qui sont des gourdes conçues si serrées qu'elles peuvent contenir des liquides (lait, eau) sans fuir ;
- assebeo qui sont des grands plats de présentation de formes circulaires bombés ou plats, richement colorés (de rouges, noires, et jaunes), utilisés pour servir la nourriture lors des grandes cérémonies (mariages, Cure Salée à Ingall) ;
- afaka qui sont des dessus de plat utilisant la technique roulées. Ce savoir-faire est historiquement maîtrisé et pratiqué dans la région d'Agadez par les vannières des zones de Tchirowzerin, d'Agadez, de Gofate et d'In Gall ;
- coffrets aux formes variés destinés à conserver les effets précieux des femmes Kel Tamasheq (touarègues)[7].


Dans la vallée du fleuve Niger, les pièces les plus riches en coloris et en motifs ornementaux sont historiquement les nattes wogos, originaires des îles de Tillabéry et d'Ayorou. Appelées tari kyaré, ces nattes étaient auparavant destinées à parer les tentes des jeunes mariés. Les exemplaires anciens se caractérisaient par des teintes ocres, extraites directement de la terre, et par des nuances de rouge obtenues à partir de tiges de sorgho. Bien que l'usage de ces tentes nuptiales se soit aujourd'hui pratiquement éteint, la coutume persiste pour les nouvelles mariées de décorer l'intérieur de leur chambre en tendant ces nattes sur les murs en banco ou en les disposant comme rideaux de lit[8].
En 2025, les types de nattes (tangara en Zarma) les plus répandues dans la région de Tillabéri se divisent en plusieurs modèles :
- Les tangara koireye qui sont des nattes entièrement blanches ;
- Les biri-biria qui sont des pièces arborant un motif croisé d'une seule couleur ;
- Les souroundou qui sont des compositions multicolores combinant diverses nuances grâce à l'utilisation de pigments chimiques[6].
Dans la zone de Say, il existe des spécificités :
- les Say tangara qui bénéficient d'une grande réputation en raison de la finesse de leur tressage et du fort contraste de leurs motifs géométriques ;
- les dima qui sont des nattes cordés en tige de palmier doum[6].
Décors des Toubou et des Kanouri
modifier
La vannerie constitue, aux côtés de la bijouterie, l'une des expressions artisanales les plus prépondérantes chez les Toubous et les Kanouri qui vivent dans les régions de Diffa, de Zinder et d'Agadez.
Les artisanes Toubou exploitent les folioles de palmiers pour confectionner une grande variété de petites corbeilles, spécifiquement adaptées au conditionnement et à la commercialisation des dattes. Elles fabriquent également des dessus de plat ainsi que des gourdes destinées au transport de l'eau et du lait. Ces pièces de vannerie conservent majoritairement la teinte brute de leurs fibres végétales, simplement rehaussées par l'insertion de fines lanières de cuir décoratives.

Les stores Kassari utilisés comme éléments de séparation ou de protection sont fabriqués par les artisanes Kanouri dans la zone de Gouré, historiquement vendus sur les grands marchés de Zinder et de Kano. Au niveau du décors, elles se distinguent par l'insertion de fils de laine, de cuir ou de fibre sombres qui dessinent des motifs figuratifs (personnages, animaux) ou des motifs en croisillons[1].
À Bilma, centre névralgique du commerce des dattes dans la région du Kawar, les pratiques esthétiques ont évolué depuis les années 2000, sous l'impulsion d'un groupement local de femmes. Celles-ci décorent désormais les corbeilles en vannerie en remplaçant les lanières de cuir par des broderies en fils de laine colorés[2].

Typologie des objets en vannerie du Niger
modifierL'inventaire de la vannerie nigérienne, documenté par écrit à partir de 1925 par l'administration coloniale, témoigne d'une diversification progressive des formes, notamment à partir des années 1980 principalement dans la région d'Agadez.
Objets d'ameublement et de construction
modifier
Les nattes font partie des objets en vannerie les plus répandus au Niger. Ces pièces de revêtement plate ou souple ont diverses fonctions[9] :
- les nattes de tente : dans ce cas elles sont de grandes tailles et de forme ovale ou rectangulaire très allongée. Elle servent de parois et de toit à la tente ;
- les nattes de repos et de prière : de dimensions plus réduites, elles adoptent une forme rectangulaire ou circulaire ;
- les nattes de sommier : confectionnées en graminées et fils de cuir, ces petites nattes se posent sur les lits pour en améliorer la souplesse. Elles sont posées sur des structures en bois pour former des sommiers légers et ventilés, adaptés aux températures extrêmes du Sahel ;
- les tapis de sol renforcés et caches-murs : posés sur le sable, ils évitent que le vent ne soulève la poussière à l'intérieur des habitations. Fixés aux parois, ils isolent de la chaleur ;
- les stores : ils servent d'éléments de séparation ou de protection contre le soleil ou le vent[1].





Récipients et ustensiles
modifierIl existe aussi une grande variété de récipients et de sacs en vannerie:
- Les dessus de plat et couvre-calebasses , appelés m'bedou en fulani, fey-fey en haoussa, afaka en tamasheq ou fendou en zarma-songhay, ces disques produits un peu partout au Niger, servaient initialement à protéger les plats en calebasses. Ils couvrent aujourd'hui tout type de plat (bois, émail, inox) ou de pot à eau ;
- les corbeilles et paniers, de forme ronde ou ovale, parfois munis d'un couvercle, ils servent à conserver les épices, la noix de cola ou les menus objets. Les centdres majeurs de production se situent à l'Est (Mirriah, Gouré, Diffa) et le long du fleuve (Tillabéry, Baléyara) ;
- les grands plats de présentation, de grands plateaux circulaires bombés ou plats, ils sont utilisés pour servir la nourriture lors des grandes cérémonies utilisé principalement par les Kel Tamasheq ;
- les boîtes à bijoux et coffrets, destinés à conserver les effets précieux des femmes kel Tamasheq ;
- les gourdes et paniers à thé, contenants en feuilles de palmier doum produits par les artisanes du Nord (Kel Air) et de l'Est (Toubou) du Niger ; ils servent au transport des liquides (lait, beurre). Le panier à thé, entièrement gainé de cuir, est devenu rarissime en 2025 ;
- les porte-récipients, structures tressées destinées à suspendre ou poser les plats, sont en déclin face au mobilier moderne, ils subsistent surtout pour la décoration des cases des jeunes mariées zarma-songhay[1] ;
- les paniers de courses, dans le cadre du projet SAAz (service de l'artisanat d'Agadez) qui a été actif de 1984 au années 2000, en particulier dans les localités d'Azel et de Kerboubou, les vannières ont été amenées à diversifier les propriétés formelles et fonctionnelles de leurs productions artisanales afin d'accéder au marché européen. Sous l'impulsion d'une assistante technique française (Brigitte Touchard), les artisanes consolidèrent les finitions techniques et adoptèrent de nouvelles formes mieux adaptées aux usages occidentaux ;
- les sacs à main en palmier doum ont aussi été initiés dans le cadre du projet SAAz qui a aussi permis à ce secteur de s'ouvrir aux hommes, notamment dans la localité de Kerboubou. Ces derniers ont participé à concevoir des nouvelles gammes d'objets, en particulier des sacs à main destinés au marché international[2].
Nouveaux matériaux
modifierLe fil plastique a fait son entrée dans le domaine de la vannerie depuis au moins les années 2000, notamment dans la confection de couvre-plat.
A Agadez, des artisanes du quartier de Toudou réalisent des sacs en tissant des fils plastiques. L’utilisation de ce nouveau matériau dans le domaine de la vannerie est une pratique originaire des pays côtiers[2].
Personnalités
modifierPour approfondir
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 Jocelyne Etienne-Nugue et Mahamane Saley, Artisanats traditionnels, Niger, Institut culturel africain ; Harmattan, coll. « Artisanats traditionnels en Afrique noire », , 303 p. (ISBN 978-2-90263-440-8), p. 40-51.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Boucksom Audrey, Arts “touristiques” en Afrique et consommateurs occidentaux, le cas de l'artisanat d'art au Niger, Paris, Thèse de doctorat en Histoire de l'art, Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne,, , 473 p, p. 140-141, Annexes, p. 55-62.
- ↑ Cenozo, journalisme d'investigation en Afrique de l'Ouest, « Au Niger, la régénération du rônier défie le désert » (consulté le ).
- 1 2 3 4 Urvoy Y.,, L’art dans le territoire du Niger, Niamey, Niger, Institut Français d’Afrique Noire (IFAN), Centre IFAN-Niger, coll. Études nigériennes, nº 2, , 68 p..
- 1 2 (fr) Anquetil A., Artisanat créateur au Niger, Paris, Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT), , 110 p., p. 58-60.
- 1 2 3 4 Adamou Aboubacar, L’artisanat au Niger, Niamey, Lux-Développement S.A., Programme de développement de l’artisanat au Niger (DANI II - NIG/009), Imprimerie Albarka, , 75 p..
- ↑ Agence nigérienne de presse, « Artisanat et savoir-faire traditionnel des femmes touarègues d’Agadez ».
- ↑ studio kalangou, « Le magazine du 15/01/2019 – Chez les Songhaï, la natte tressée avec les feuilles du palmier doum revêt une signification culturelle particulière » (consulté le ).
- ↑ Tatiana Benfoughal, « « Nattes » », dans Encyclopédie berbère, 33, , p. 5260-5294.