Variations sur un thème de « Joseph »
Les Variations sur un thème de « Joseph », op. 28 sont une œuvre pour piano-forte de Carl Maria von Weber composée à Gotha, en 1812, sur la romance « À peine au sortir de l'enfance » de Joseph, opéra de Méhul. Elle porte la référence J. 141 dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par Friedrich Wilhelm Jähns.
| Variations sur un thème de « Joseph » op. 28 / J. 141 | |
| Genre | Variations pour piano |
|---|---|
| Nb. de mouvements | 8 |
| Musique | Carl Maria von Weber |
| Durée approximative | 11 min 30 s |
| Dates de composition | septembre 1812 |
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Composition
modifierCarl Maria von Weber compose ses Sept variations sur un thème de « Joseph » en [1]. Le compositeur est alors à Gotha, où « le rythme est plus effréné que jamais », comme le note son biographe John Warrack[2] : « le duc Frédéric II se fait accompagner par Weber et Spohr dans tous ses déplacements d'une demeure à une autre, exigeant du jour au lendemain des lieder, des marches, des arrangements de ses propres compositions et de nouvelles improvisations[3] ».
Dans ces conditions « déprimantes », Weber « parvient à composer, entre le 16 et le 19, une série de Sept variations sur un thème de Joseph, de Méhul, la célèbre romance « À peine au sortir de l'enfance » sur laquelle il avait joué une improvisation pour la reine à Munich »[4].
La partition porte les références op. 28, J. 141 dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par Friedrich Wilhelm Jähns[5].
Présentation
modifierL'œuvre est en huit mouvements, toujours à ![]()
, après le thème à ![]()
:
- Thème : « À peine au sortir de l'enfance ». Andante en ut majeur ;
- Variation I. Con passione ;
- Variation II. Vivace e brillante ;
- Variation III. Tempo primo, leggiero assai ;
- Variation IV. Più moderato e molto grazioso ;
- Variation V. Presto con fuoco ;
- Variation VI. Largo ;
- Variation VII. Presto e leggiermente staccato.
La durée d'exécution est d'environ 11 min 30 s[6].
Analyse
modifierPour John Warrack, « ces variations forment la série la plus ambitieuse et la plus élaborée que Weber ait composée jusque là. Manifestement destinées à impressionner l'auditoire, elles n'en sont pas moins beaucoup plus passionnées et plus personnelles que ses séries précédentes[4] ».
Guy Sacre considère que, « précédées et suivies, dans les derniers mois de cette année 1812, par la Sonate pour piano no 1, op. 24 et le Concerto no 2 pour piano et orchestre, op. 32, elles les battent tous deux en virtuosité, et ne sont peut-être dépassées en bravoure par aucune autre composition de Weber. Ce brio laisse de loin, on s'en doute, la romance ingénue de l'opéra de Méhul : comme dans les Variations Diabelli de Beethoven, c'est la souris qui accouche d'une montagne… Mais que d'invention[1] ! »
Par exemple, « en y regardant de près : cet arpège ascendant sur près de trois octaves, dans la deuxième variation, où la main tour à tour s'étend et se ramasse, n'est-ce pas l'embryon de la première des Études, op. 10 de Frédéric Chopin[7] ? » Le « feu d'artifice final » est « une façon de toccata qui, reprenant et amplifiant l'écriture du Momento capriccioso, op. 12, soumet les poignets à rude épreuve : quatre-vingt-six mesures d'accords staccato, à un rythme d'enfer — ce qui n'empêche pas une conclusion très poétique, où les premières notes du thème de Méhul viennent planer au-dessus de l'accompagnement, ritardando e morendo[8] ».
Discographie
modifier- Weber, Piano music, vol. 4 — Alexander Paley (piano), enregistré du 10 au (Naxos, 8.553006)
Références
modifier- 1 2 Sacre 1998, p. 2946.
- ↑ Warrack 1987, p. 157.
- ↑ Warrack 1987, p. 157-158.
- 1 2 Warrack 1987, p. 158.
- ↑ Warrack 1987, p. 449.
- ↑ Castello 1994, p. 13.
- ↑ Sacre 1998, p. 2946-2947.
- ↑ Sacre 1998, p. 2947.
Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Ouvrages généraux
modifier- Adélaïde de Place et François-René Tranchefort (dir.), Guide de la musique de piano et de clavecin, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la musique », , 870 p. (ISBN 978-2-213-01639-9), p. 829-833.
- Guy Sacre, La musique pour piano : dictionnaire des compositeurs et des œuvres, vol. II (J-Z), Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 2998 p. (ISBN 978-2-221-08566-0), p. 2934-2950.

Monographies
modifier- Jean-Luc Caron et Gérard Denizeau, Carl Maria von Weber, Paris, bleu nuit éditeur, coll. « horizons » (no 73), , 176 p. (ISBN 978-2-358-84087-3).
- Georges Servières, Weber, Paris, Henri Laurens, coll. « Les musiciens célèbres », , 126 p.
- John Warrack (trad. Odile Demange), Carl Maria von Weber, Paris, Fayard, , 480 p. (ISBN 978-2-213-01979-6).

Notes discographiques
modifier- (fr) Frédéric Castello et Alexander Paley (piano), « Weber : Œuvres pour piano, vol. 4 », p. 10-13, Santa Rosa, Naxos (8.553006), 1994 .
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :