Victor Lustig

escroc tchèque

Victor Lustig, né le à Hostinné en Bohême (Autriche-Hongrie) et mort le à Springfield au Missouri (États-Unis), est un escroc et un imposteur. Il est principalement connu comme « l'homme qui a vendu la tour Eiffel ».

Victor Lustig
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 57 ans)
SpringfieldVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Robert V. MillerVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Count Victor LustigVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Escroc, escroc, imposteurVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Condamné pour
Condamnation
Emprisonnement (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de détention

Biographie

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Jeunesse

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La famille de Lustig appartenait à la bonne bourgeoisie. Son éducation fut réussie, au point qu'il parlait couramment au moins cinq langues. À l'âge de 19 ans, il eut une querelle pour une fille avec un rival, et il en garda une cicatrice caractéristique entre l'œil gauche et l'oreille gauche. Après sa scolarité, il passa quelque temps en prison pour des délits mineurs.

Avant la Première Guerre mondiale, Lustig gagnait de l'argent sur les grands vapeurs transocéaniques en truquant et en trichant aux cartes. Mais, avec le début du conflit, cette source d'argent disparut.

États-Unis

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En 1920, Victor Lustig alla aux États-Unis où il se fit appeler comte Victor Lustig. Avec sa connaissance des gens et son allure aristocratique, il porta ses escroqueries à la perfection. Parmi ses victimes, on compte entre autres Al Capone[1]. Il prétendait vendre des machines à imprimer les billets de banque, et aussi faisait croire qu'il avait des "tuyaux" sûrs pour les courses de chevaux avant de s'éclipser avec les mises.

L'homme qui vendit la tour Eiffel

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Dans les années 1920, après la Première Guerre mondiale, Paris est en plein boom économique. Ce sont les Années folles : les cabarets fleurissent dans la capitale et le jazz y fait son apparition avec les revues nègres et dans les caveaux du quartier latin et de Saint-Germain-des-Prés.

C'est ici, dans cette atmosphère, que Lustig vient dépenser l'argent qu'il a frauduleusement gagné outre-Atlantique. Mais le coût de la vie dans la grande ville est encore plus important qu'il ne l'avait imaginé et c'est ainsi qu'il se retrouve sans un sou en poche.

C'est donc dans sa luxueuse chambre de l'hôtel de Crillon, place de la Concorde, qu'il lit un journal français pour trouver l'inspiration pour une nouvelle escroquerie. Au fil des pages il lit un article exposant les difficultés de l'État français à entretenir la tour Eiffel, construite à l'origine pour l'Exposition universelle de Paris de 1889. Il était au départ prévu qu'elle soit démontée en 1909 et ce n'est que son utilité dans le domaine militaire qui l'a sauvée. Elle n'était donc pas prévue pour subsister si longtemps et elle avait un besoin urgent d'être rénovée. Le journaliste finit son article par cette petite ouverture humoristique : « Devra-t-on vendre la tour Eiffel ? ». Sans le savoir, il venait de publier le point de départ d'une escroquerie.

Cet exploit fut repris dans le livre L'Homme qui vendit la tour Eiffel (The Man Who Sold the Eiffel Tower) de James F. Johnson et Floyd Miller, paru en 1961 chez Doubleday pour la version originale et en 1963 chez Calmann-Lévy pour la traduction française. En 1964, Claude Chabrol réalisa un court-métrage inspiré de cette histoire intitulé L'Homme qui vendit la tour Eiffel dans le film à sketches Les Plus Belles Escroqueries du monde.

Il est envisageable que Lustig ait été inspiré par l'escroquerie de l'Écossais Arthur Ferguson qui, en 1923, réussit à « vendre » successivement la statue de l'amiral Nelson de Trafalgar Square, Big Ben, puis le palais de Buckingham. La même année de la vente de la tour Eiffel par Lustig, Ferguson réussit à louer la Maison-Blanche puis tenta  sans succès  de vendre la statue de la Liberté à un riche Australien[2]. L'existence de cet escroc est toutefois contestée.

Faux billets

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Victor Lustig retourna vite aux États-Unis, où il s'adonna au faux-monnayage. À Remsen County (Oklahoma), il fut emprisonné, mais réussit à convaincre le shérif Richard de le libérer en échange d'une presse à imprimer de l'argent à un prix spécial. Le shérif devina trop tard le truc, il poursuivit Lustig jusqu'à Chicago, où il l'attrapa. Mais Lustig sut garder son sang-froid, et expliqua au shérif qu'il s'était mal servi de la machine. Il réussit à l'emberlificoter avec du jargon technique jusqu'à ce que sa victime acceptât que Lustig revînt dans l'Oklahoma et lui expliquât encore une fois l'usage de l'appareil. Pour achever de le calmer, Lustig lui remit une liasse de billets de 100 $ en dédommagement pour le voyage. Bien sûr, il s'agissait de fausse monnaie, et le shérif Richard se fit arréter peu de temps après.

En 1934, le Secret Service constitua une commission spéciale chargée de découvrir l'origine de la fausse monnaie qui inondait les États-Unis. On soupçonnait un pharmacien du nom de William Watts, qui, pendant la Prohibition, avait déjà falsifié des étiquettes pour des bouteilles de whisky. Il n'existait aucune indication sur l'endroit où se trouvait Watts, on ne connaissait que son agent de liaison, le comte Victor Lustig qui fut arrêté et convint que Watts falsifiait des planches à billets, mais assura que lui-même n'avait rien à voir dans l'affaire. Le malheur fut qu'il avait sur lui une clé pour une consigne automatique de Times Square, dans laquelle, à côté de 51 000 faux dollars américains, on trouva aussi des clichés de faux billets à imprimer.

Selon la légende, Al Capone, que Lustig avait même escroqué de 5 000 $US quelques années auparavant[3], aurait assuré lui-même la protection de ce dernier en prison. On ajoute que l'employé fit une erreur en remplissant le certificat de décès à la rubrique profession. Rien de mieux ne lui venant à l'esprit il aurait écrit vendeur. Le journaliste français Pierre Bellemare raconte également dans son livre C'est arrivé un jour (tome II), qu'il avait affiché une banale carte postale de la tour Eiffel dans sa cellule et qu'il y avait annoté « vendue 100 000 Francs ».

Décès

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Lustig fut accusé et emprisonné à New York. La veille de son procès, il réussit à s'enfuir en faisant une corde avec son drap de lit. 27 jours plus tard, il fut arrêté encore une fois à Pittsburgh. Le eut lieu son procès, le témoin principal, William Watts, ayant été arrêté peu de temps auparavant. Lustig fut condamné à 15 ans de détention et expédié à Alcatraz, en Californie. Le , il contracta une pneumonie et mourut deux jours plus tard au Centre médical pour prisonniers fédéraux des États-Unis de Springfield au Missouri[4].

Dans la culture contemporaine

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Bibliographie

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  • Bellemare Pierre, Les Génies de l'arnaque : 80 chefs-d'œuvre de l'escroquerie, Albin Michel, 1994.
  • Jean-François Miniac, Affaires d'Etat, affaires privées, Les très riches heures de la République, Métive, 2015.
  • Yung Eric, Escroqueries légendaires : Et autres histoires de la délinquance astucieuse, Le Cherche-Midi, 2016.

Films documentaires

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Références

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  1. 100 Most Infamous Criminals, Jo Durden Smith, Arcturus Publishing, 2013
  2. « Courrier de Saône-et-Loire », sur retronews.fr,
  3. Article de Jan Velinger sur Radio Prague
  4. (en) https://fr.findagrave.com/memorial/176656691/victor-lustig
  5. Terry Pratchett (trad. de l'anglais par Patrick Couton), Monnayé, , Annexe, « Moite von Lipwig ».
  6. « Maître Collard décrypte les plus Grandes escroqueries », sur Toutelatele, (consulté le )

Liens externes

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