La société Villiger Söhne Holding AG, dont le siège est à Pfeffikon (Canton de Lucerne, Suisse), est un fabricant international de cigares et de cigarillos. L'entreprise familiale a été fondée en 1888 et est aujourd'hui l'une des entreprises leaders du secteur en Europe. Villiger produit environ un milliard de cigares et de cigarillos par an, emploie plus de 1 200 personnes et exporte dans plus de 80 pays à travers le monde[2].

Villiger Söhne Holding AG
logo de Villiger Fils

Création 1888
Fondateurs Jean Villiger
Forme juridique Société anonyme
Siège social Pfeffikon, Lucerne
Drapeau de la Suisse Suisse
Président Ivo Grundler [1]
Directeurs Clemens Gütermann (Administration & Finanzen)
Gerrit Kamphuis (Marketing & Vertrieb Export)
Mirko Lorenzi (Marketing & Vertrieb CH/DE)
Christoph Lüscher (Operations)
Activité Industrie du tabac
Produits Cigare & Cigarillos
Site web https://www.villigercigars.com

Chiffre d'affaires Env. 140 Mio. CHF (état 2025)[2]

Histoire

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L'entreprise est fondée en 1888 à Pfeffikon, dans le canton de Lucerne, par Jean Villiger en tant que fabrique de cigares. La région compte à l'époque de nombreux producteurs de cigares[3].

Lorsque Jean Villiger meurt en 1902 à l'âge de 42 ans, Louise Villiger prend la place de son mari. En 1910, ses deux fils Hans et Max Villiger entrent dans la direction de l'entreprise[4]. C'est également en 1910 que l'entreprise ouvre une succursale à Tiengen, en Allemagne, en raison d'une nouvelle taxe à l'importation mise en place en Allemagne[5]. Hans et Max Villiger développent ensuite l'entreprise pour en faire un important fabricant de cigares en Europe[4].

En 1935, ils rachètent la fabrique de cigares Geska à Schönaich à ses propriétaires juifs, la famille Strauss, qui doivent quitter le pays[4]. En 1948, un procès en restitution a lieu à Stuttgart, mais la vente de 1935 est déclarée valable[5]. Selon une enquête de la Schweizer Radio DRS en 1989, Villiger Fils a acheté cinq autres fabriques de cigares en Allemagne entre 1935 et 1940[6],[7]. Villiger Fils compte alors 2000 employés dans ce pays, l'utilisation de machines pour la fabrication de cigares y étant interdite jusqu'en 1957[5].

À partir de 1940/1941, Hans et Max Villiger, qui servent dans l'armée Suisse, ne sont plus autorisés à se rendre en Allemagne par les autorités allemandes. L'une des usines du groupe, située à Munich, est par ailleurs détruite pendant la guerre[7]. En 2000, l'entreprise reconnaît avoir employé deux travailleurs forcés pendant la Seconde Guerre mondiale[8].

Hans prend sa retraite en 1954 et Heinrich, le fils aîné de Max lui succède. En 1958, Heinrich prend plus spécifiquement la direction de la partie allemande de l'entreprise[9]. En 1966, Kaspar Villiger, le fils cadet, succède à son père[4]. Heinrich et Kaspar détiennent désormais chacun 50% de l'entreprise familiale[9].

En 1980, en raison du recul des ventes de cigares, l'entreprise achète la fabrique de vélos Kalt à Buttisholz et diversifie ainsi ses activités[4],[5]. Après que Kaspar Villiger est élu au Conseil fédéral en 1989 et a vendu ses parts dans l'entreprise, Heinrich Villiger est resté le seul directeur du groupe Villiger[3]. À ce moment-là, une fusion est alors également discutée avec l'entreprise Burger fils, mais les pourparlers n’aboutissent pas[10]. L'entreprise compte environ 800 employés en 1989[9].

Avec des partenaires commerciaux cubains, il fonde en 1989 la première joint-venture pour l'importation et la distribution exclusives de cigares de La Havane en Allemagne, la Fifth Avenue Products Trading GmbH[3],[11]. Cette société appartient à 55% à la société d'État cubaine Cubatabaco et à 45% à Villiger Fils[11]. En 1994, Villiger Fils reprend, en association avec la société d'import-export genevoise Diramex, l'exclusivité de la distribution de cigares cubains en Suisse détenue jusque-là par Weitnauer Tabak, cette dernière entreprise étant obligée de rompre ses relations commerciales avec Cuba pour pouvoir conserver les magasins qu'elle détient aux États-Unis[12].

En 1991, l'entreprise contrôle 35 % du marché suisse du cigare et 15 % du marché allemand. Il détient également 10 % du marché suisse du vélo[13]. La même année, Villiger Fils achète la fabrique de vélos Diamant à Chemnitz, dans l'ancienne Allemagne de l'Est[5].

En , Heinrich Villiger quitte la direction opérationnelle de l'entreprise[3].

Produits

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L'entreprise fabrique des cigarillos et des cigares pour une quantité d'1,5 milliard par année. Elle compte deux succursales en Allemagne, à Tiengen et à Bünde.

Le site de Tiengen emploie 180 personnes. (). La distribution s'effectue dans plus de 100 pays. Des cigares spéciaux y sont également roulés à la main, comme par exemple le Villiger Original-Krumme.

Notes et références

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  1. ↑ « Zigarrenhersteller Villiger - Tabakpatron Heinrich Villiger gestorben », srf.ch, (consulté le )
  2. 1 2 « Tabak-Patron Heinrich Villiger im Alter von 95 verstorben », villigercigars.com, (consulté le )
  3. 1 2 3 4 Gabriel Sassoon, « Le dernier combat du patriarche du clan Villiger », 24 Heures,‎ (lire en ligne Accès payant)
  4. 1 2 3 4 5 Peter Quadri (trad. Annelise Rigo), « Villiger » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  5. 1 2 3 4 5 Dominique Chouet, « Les vélos Villiger ont commencé par rouler des cigares », 24 Heures,‎ , p. 27 (lire en ligne)
  6. ↑ AP, « L'ombre de la guerre », Le Matin,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  7. 1 2 (de) Markus Hächler, « Villiger unter Radio-DRS-Beschuss », Neue Zürcher Nachrichten,‎ , p. 24 (lire en ligne)
  8. ↑ ATS, « Villiger avoue avoir employé deux travailleurs forcés », La Côte,‎ , p. 16 (lire en ligne)
  9. 1 2 3 « Heinrich Villiger reprend le groupe Villiger », Nouvelle revue de Lausanne,‎ , p. 13 (lire en ligne)
  10. ↑ Francine Brunschwig, « Heinrich Villiger seul maître à bord », 24 Heures,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  11. 1 2 Anne-Frédérique Widmann, « Des acomptes comme pour le FA-18 », L'Hebdo,‎ (lire en ligne [48])
  12. ↑ Anne-Frédérique Widmann, « Villiger profite malgré lui de l'embargo contre Cuba », L'Hebdo,‎ , p. 49 (lire en ligne)
  13. ↑ ATS, « Groupe Villiger - Débouchés européens », Nouvelle Revue de Lausanne,‎ , p. 10 (lire en ligne)