Viva Maria !

film français de Louis Malle, sorti en 1965
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Viva Maria ! est un film français réalisé par Louis Malle, sorti en 1965.

Viva Maria !
Description de l'image Viva Maria ! Logo.png.
Réalisation Louis Malle
Scénario Louis Malle
Jean-Claude Carrière
Acteurs principaux Jeanne Moreau
Brigitte Bardot
Pays de production Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Comédie, western
Durée 120 minutes
Sortie 1965

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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En 1907, dans un pays d’Amérique centrale appelé San Miguel, Maria II, la fille d’un anarchiste républicain irlandais, rencontre Maria I, la chanteuse d’un cirque. Après la mort de son père, Maria II se cache dans le cirque où elle voit la partenaire de Maria I se suicider après une histoire d’amour ratée. Les deux Maria acceptent de former une équipe théâtrale.

Pour ses débuts en tant que chanteuse, Maria II invente accidentellement le striptease, une action qui permet au cirque d’atteindre une grande renommée. Peu de temps après, les Maria rencontrent Florès, un révolutionnaire socialiste. Il les invite à rejoindre sa cause, une révolution contre « El Dictador », mais Florès est bientôt abattu en fuyant avec toute la troupe qui l'a fait s'évader ainsi que tous les révolutionnaires emprisonnés. Sur son lit de mort, dans son village, il fait promettre à Maria I de mener à bien sa cause et elle accepte. Bien qu’elle soit d’abord réticente à acquiescer à l’entreprise de Florès et de Maria I, Maria II se joint à la cause lorsqu’elle vient en aide à son amie vulnérable.

Le reste du film concerne la révolution. Après que Maria I a entraîné ses hommes dans une embuscade et que Maria II les a sauvés, les femmes créent une armée paysanne, organisant la campagne en un État quasi socialiste. Il y a de nombreux gags visuels et actions comiques.

Se préparant à prendre la capitale, les Maria sont capturées par des ecclésiastiques catholiques qui craignent le désordre d’une révolution et veulent empêcher le peuple de traiter les femmes comme des saintes. Après une tentative ratée de les torturer (l’équipement de l’Inquisition est trop vieux pour bien fonctionner), les Maria sont secourues par leur armée victorieuse. Finalement, elles déménagent en France, où le cirque est recréé comme une version musicale réussie de la révolution. Les femmes portent maintenant des perruques sombres pour avoir l’air plus « latino-américaines ».

Jeanne Moreau et Brigitte Bardot dans Viva Maria.

Fiche technique

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Distribution

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Production

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Louis Malle et Brigitte Bardot sur le tournage de Vie privée en 1961.

Profondément marqué par le tournage difficile de sa précédente réalisation Le Feu follet (1963), qui lui avait valu une dépression, Louis Malle souhaite ardemment s'investir dans un film plus positif et divertissant : « Je voulais faire un film d'action avec des rires, des décors exotiques et sans traumatisme de l'esprit »[2],[4]. Avec Viva Maria !, il surprend la critique et le métier avec un film bien différent de ses précédentes œuvres : un grand spectacle comique, western parodique, buddy movie féminin ponctué de chansons[2],[4]. Malle explique également : « Comme tant d'autres, parmi les gens de ma génération, j'étais un fan du cinéma américain des années 1940 et 1950. Le western était un genre que nous adorions. Mon idée était de mettre deux femmes dans une situation où l'on a traditionnellement deux hommes, deux copains, dans les films hollywoodiens. Le meilleur exemple est Vera Cruz (1954) de Robert Aldrich »[5]. Malle demande d'ailleurs à son coscénariste Jean-Claude Carrière de s'inspirer du duo Gary Cooper / Burt Lancaster dans ce dernier film pour bâtir la dynamique des rapports entre les deux Maria[6].

Louis Malle réunit deux des plus importantes vedettes féminines françaises de l'époque, Brigitte Bardot et Jeanne Moreau, qui ont déjà tourné avec lui auparavant (Vie privée avec la première, et Ascenseur pour l'échafaud et Les Amants pour la seconde)[2],[4]. Il précise : « Je pensais qu'il serait drôle de réunir Bardot et Moreau dans le même film. Je désirais que l'alchimie opère entre l'actrice de métier et la star, entre la femme sophistiquée et l'enfant instinctive »[4]. À leur côté, George Hamilton constitue la vedette américain avec le rôle du révolutionnaire Florès[2]. Malle pensait confier ce rôle à Alain Delon, qui refusa étant pris par la promotion de ses films à l'étranger[2]. À un moment de la préproduction, ayant des problèmes avec les agents de Bardot et Moreau, Malle a envisagé de les remplacer par les actrices britanniques Julie Christie et Sarah Miles[6].

Le tournage a lieu du au au Mexique, à Cocoyoc, Cuernavaca, Guanajuato, Morelos, Tepoztlán et Veracruz[7]. Viva Maria ! est une superproduction dotée d'un large budget de quinze millions de francs[2], soit l'un des films français les plus chers de son temps. Le tournage implique une logistique complexe avec l'imposante équipe technique et les nombreux décors naturels[6]. Durant la première semaine, l'équipe doit s'acclimater durement à la chaleur et à l'altitude[8],[6]. Jeanne Moreau et Brigitte Bardot sont ainsi malades plusieurs jours chacune, et Malle craint au début de ne jamais parvenir à les réunir à l'image[8].

Aucun conflit ni mésentente ne naît au cours du tournage entre les vedettes Moreau et Bardot, à la grande déception de la presse internationale qui bruissait depuis des mois d'une rumeur de rivalité dévorante entre les deux actrices[2],[9]. La presse française a néanmoins largement fait l'écho de l'aventure du tournage, encore plus que pour Cléopâtre (1963)[8]. Bardot et Moreau arborent des costumes sophistiqués imaginés par Pierre Cardin[8].

Parmi les scènes les plus complexes, Malle raconte notamment : « Pour la bataille à la fin du film, on avait fait appel à de nombreux figurants ; parmi eux, il y avait des membres de bandes rivales qui en ont profité pour régler leurs comptes avec des balles réelles. En conséquence, il y a eu des blessés[10]. ».

Accueil

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Viva Maria ! est prévu comme l'une des principales attractions des fêtes de fin d'année 1965, aux côtés du James Bond Opération Tonnerre et la suite Fantomas (1964), Fantomas se déchaîne, avec Louis de Funès et Jean Marais[2]. Le tournage a été abondamment couvert par les médias puis le film a fait l'objet d'une campagne de promotion massive à l'approche de sa sortie, accompagnée de produits dérivés, à la manière des productions des studios Disney[4],[8],[11]. La critique est destabilisée par le changement radical de cinéma de Louis Malle, cette incursion dans le cinéma burlesque à gros moyens[8].

Malgré la tiédeur des critiques[4], le film est un succès populaire en France avec 3 450 559 entrées, neuvième au box-office des films sortis cette année-là[2]. Le film rapporte 543 millions de lires en Italie, soit environ deux millions d'entrées, et arrive à la 71e place du classement de la saison 1964/65[2]. En Espagne, le film enregistre 600 000 entrées[2]. Il passe inaperçu aux États-Unis, où la publicité est minime[6]. Une tournée promotionnelle y a pourtant été organisée, attirant les foudres du FBI de J. Edgar Hoover qui voyait Brigitte Bardot comme une menace pour la société pour sa subversion sexuelle[6].

Une adaptation en comic strips dessinée par Julio Ribera paraît dans la presse en 1965, rééditée en album en 2013 par les éditions Regards[12].

Distinctions

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Récompenses

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Nominations

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Musiques du film

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Les chansons de la bande originale du film sont composées par Georges Delerue, avec des paroles de Louis Malle et Jean-Claude Carrière, avec[13],[14] :

Notes et références

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  1. ↑ « Viva Maria », sur Encyclopedisque.fr (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Renaud Soyer, « Viva Maria ! - 1965 », box-office Brigitte Bardot, sur Box-office Story, (consulté le ).
  3. ↑ Chiffres de l'inflation en France d'après l'INSEE. Coefficient de transformation de l'euro ou du franc d'une année, en euro ou en franc d'une autre année – Base 1998 et Base 2015. Dernière mise à jour à l'indice de 2025.
  4. 1 2 3 4 5 6 Gérard Crespo, « Viva Maria ! - Louis Malle - critique », sur avoir-alire.com, (consulté le ).
  5. ↑ « Viva Maria ! - Le cinéma de Jeanne Moreau / Rétrospective Louis Malle », sur live.cinematheque.ch, Cinémathèque suisse (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 5 6 (en) Jeff Stafford, « Viva Maria! », sur tcm.com, Turner Classic Movies (version du sur archive.org).
  7. ↑ Viva Maria ! sur le site Ciné-Ressources (Cinémathèque française).
  8. 1 2 3 4 5 6 Caroline Besse, « Bardot et Moreau sous le soleil de Mexico », sur telerama.fr, Télérama, (consulté le ).
  9. ↑ Anne Dessuant, « “Viva Maria !” : Brigitte Bardot et Jeanne Moreau dans une parodie de western qui fait pshitt », sur telerama.fr, (consulté le ).
  10. ↑ INA et Cinq colonnes à la une, « Mexique : jour de fête à Tepoztlan, tournage de Viva Maria, reportage diffusé dans Cinq colonnes à la une », (consulté le )
  11. ↑ Jean de Baroncelli, « Viva Maria ! », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. ↑ « Julio Ribera », sur Lambiek, (consulté le )
  13. ↑ « Brigitte Bardot Et Jeanne Moreau – Viva Maria! (Bande Originale Du Film) », sur www.discogs.com (consulté en )
  14. ↑ « Viva Maria! Bandes originales », sur www.imdb.com (consulté en )

Voir aussi

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Bibliographie

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Revue de presse

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Liens externes

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