Vizma Belševica

écrivaine lettone

Vizma Belsevica, née le à Riga, où elle morte le (à 74 ans), est une poétesse et écrivaine lettonne[1],[2]. Poétesse du XXe siècle, les premiers ouvrages de Vizma Belsevica lui attirent les remontrances des autorités de l'époque qui lui reprochent de ne pas respecter les thèmes officiels de l'Union soviétique. Elle est interdite de publication à la suite d'un poème traitant de l'asservissement du peuple letton. Son œuvre est néanmoins saluée comme un acte de bravoure par tous ses contemporains. Elle demeure, avec l’écrivain et poète Rainis, la seule personnalité lettone à avoir figuré sur la liste des candidats sérieux pour le prix Nobel de littérature[3],[4],[5].

Vizma Belševica
Naissance
Riga (Lettonie)
Décès (à 74 ans)
Riga (Lettonie)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Letton
Genres

Œuvres principales

  • Bille
  • Bille un karš
  • Billes skaistā jaunība

Biographie

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Née dans le quartier de Grīziņkalns, Belševica grandit entre Riga et la ferme familiale en Courlande[6]. En 1947, le journal Padomju Jaunatne publie son poème intitulé L'Éveil de la Terre (Zemes atmoda). En 1948, Belševica obtint son diplôme de la 2e école polygraphique professionnelle de Riga[6].

Elle fait des études de Lettres à l'Institut de littérature Maxime-Gorki de Moscou (1955-1961). Elle est membre du Komsomol. En 1955, sort son premier recueil de poèmes Visu ziemu šogad pavasaris, qui est un éloge au régime communiste. Par la suite, la poétesse parle de ses débuts comme d'une période de naïveté et indulgence face au décalage entre les idées et la réalité caractéristique de l'époque soviétique[2]. Par la suite, elle refuse d'en parler et d'inclure ses écrits de jeunesse dans ses recueils ultérieurs. Son revirement lui vaut les remontrances des autorités. Malgré cela, elle s'obstine à écrire, essentiellement de la poésie, mais aussi des nouvelles et du théâtre. À partir de 1962, elle devient la cible des services du KGB, son appartement est perquisitionné. En 1969, elle n'est presque plus publiée et subit une deuxième perquisition. Elle soutient le dissident ukrainien Ivan Dziouba, l'auteur du manifeste Internationalisme ou russification ?. En 1971, elle est totalement interdite de publication, et se tourne alors, pour vivre, vers la traduction. L'interdiction n'est levée qu'en [6].

En 1981, ses 50 ans sont célébrés au niveau national, avec la publication de son recueil Kamolā tinēja, dont les vers sont mis en musique par Raimonds Pauls[6]. Elle fait l’acquisition d'une petite maison de campagne "Kliģēni" à Vecpiebalga.

On lui décerne le prix Ojārs Vācietis en 1988[6].

Belševica était mariée avec le traducteur et expert en instruments de musique Zigurds Elsbergs originaire de Liepāja[7]. De cette union sont nés deux fils, Klāvs Elsbergs (1959-1987) et Jānis Elsbergs (né le ). Klāvs Elsbergs devenu à l'instar de sa mère poète et traducteur, a péri dans des circonstances troubles le . Il est tombé par la fenêtre du 9e étage de la Maison des écrivains à Dubulti. L'enquête criminelle a conclu à un accident. Les parents de la victime ont toujours cru en la piste criminelle[7]. Belševica était convaincue que son fils était alors en possession de documents compromettant les hauts dirigeants en place[8]. Elle parlait ouvertement, avec haine, du système soviétique. Elle refusa le Prix de la RSS de Lettonie qu'on lui décernait. Après la mort de Klāvs elle cesse d'écrire de la poésie.

Du 18 au , sur invitation de la maison des écrivains et traducteurs de Saint-Nazaire, elle participe au séminaire consacré à la culture des pays Baltes dans le cadre du festival littéraire Les Belles Étrangères[9].

Elle entreprend d'écrire ses souvenirs d'enfance avec la trilogie Bille[6]. Le premier volume est d'abord publié aux États-Unis, en 1992. Le second volume, Bille continue de vivre (Bille dzīvo tālāk), parut en 1996. Il se compose de trente épisodes couvrant la période de 1940 à la fin de 1944, à travers deux occupations, d’abord russe, puis allemande. Dans les deux volumes, la structure est fragmentée et la chronologie stricte n’est pas respectée[10]. Dans le contexte de sa parution, l'histoire de l'enfance de Bille peut être vue comme une protestation spontanée contre la fascination de la troisième renaissance pour la restauration de l'époque ulmanienne, son attitude acritique envers le passé et son refus d'analyser et de réfléchir. Dans le flot d'éloges des années 1930, l'histoire de Bille fait figure d'exception[11]. Le troisième livre, La Belle Jeunesse de Bille (1999), traite de la période d'après-guerre[11]. Aujourd'hui, la trilogie Bille, avec deux de ses recueils de poésies, Gadu gredzeni (1969) et Dzeltu laiks (1987), sont inclus dans le Canon culturel letton[12].

En 1990, Vizma Belševica reçoit le titre de Docteur honoris causa de l'Académie des sciences de Lettonie[2].

Son œuvre est aujourd'hui reconnue comme majeure dans la littérature européenne, malgré son absence de traduction dans certaines langues (dont le français), due au fait que le letton est une langue encore assez confidentielle.

Lauréate de nombreux prix littéraires prestigieux, notamment du prix Tomas Tranströmer (de) en 1998[13], le prix de Littérature de l'année pour l'ensemble de son œuvre en 2002 et le prix du meilleur recueil de poésie en 2004[6].

Durement handicapée durant les dernières années de sa vie par les séquelles d'une attaque cérébrale[7], elle disparaît en 2005, suscitant de nombreux hommages, dont celui de la Présidente de la République Vaira Vīķe-Freiberga[14].

Vizma Belševica est inhumée au cimetière Rainis.

En 2016, la réalisatrice Ināra Kolmane avec le soutien du centre national du cinéma entreprend à porter à l'écran la trilogie Bille[15]. En 2018, le film remporte le prix national du cinéma Lielais Kristaps dans la catégorie meilleur long métrage[16].

Distinctions

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Œuvres

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  • Visu ziemu šogad pavasaris (1955), poèmes
  • Zemes siltums (1959), poèmes
  • Ķikuraga stāsti (1965), récits
  • Jūra deg (1966), poèmes
  • Gadu gredzeni (1969), poèmes
  • Madarās (1976), poèmes
  • Nelaime mājās (1979), récits
  • Kamolā tinēja (1981), poèmes
  • Ceļreiz ceļš uz pasaciņu (1985), deux pièces pour enfants
  • dzeltu laiks (1987), poèmes
  • Zem zilās debesu bļodas (1987), contes
  • Ievziedu aukstums (1988), sélection de poèmes
  • Baltās paslēpes (1991), poèmes amoureux
  • Trilogie romanesque autobiographique
    • Bille (1992 USA, 1995 Lettonie, 2022 France) (ISBN 978-2-849-24723-5)
    • Bille un karš / Bille dzīvo tālāk, 1996
    • Billes skaistā jaunība (1999 Riga. Jumava)
  • Par saknēm būt. Dzejas izlase (1996), choix de poèmes
  • Lauztā sirds uz goda dēļa. Stāsti (1997), récits
  • Raksti, 1.-4. sējums (1999–2002), Œuvres complètes, Bde. 1 bis 4
  • lirika“ (2003), sélection de poèmes lyriques

Notes et références

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  1. Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Lettonie, Paris, Petit Futé, , 143 p. (ISBN 978-2-7469-6450-1, lire en ligne), p. 51
  2. 1 2 3 (en) « Vizma Belševica. », sur The Hundrer Great Latvians, (consulté le )
  3. (en) C.E. Greer, Charles E. Greer, Jenny Kander, Say This of Horses : A Selection of Poems, University of Iowa Press, , 167 p. (ISBN 9781587295263, lire en ligne), p. 147
  4. (en) Nobel Prize Laureates in Literature : Lagerkvist-Pontoppidan, Thomson Gale, , 622 p. (ISBN 9780787681494, lire en ligne)
  5. (en) Rita Laima, Skylarks and Rebels : A Memoir about the Soviet Russian Occupation of Latvia, Life in a Totalitarian State, and Freedom, Columbia University Press, , 502 p. (ISBN 9783838268545, lire en ligne)
  6. 1 2 3 4 5 6 7 (lv) Daiga Mazvērsīte, « Dzejniecei, populāru dziesmu vārdu autorei Vizmai Belševicai - 85! », sur lr2.lsm.lv,
  7. 1 2 3 (lv) Dace Ezera, « Ar triumfa izjūtu par garo mūžu. », sur nra.lv, (consulté le )
  8. (lv) Vizma Belševica, « Asara zirnekļa tiklā − tāds ir mans liktenis, ziniet... », Jaunā Gaita, no 176, (lire en ligne)
  9. Livres hebdo : Numéros 45-53, Editions professionnelles du livre, (lire en ligne), p. 52-53
  10. (en) Rolfs Ekmanis, « Some Notes on Vizma Belševica », World Literature Today, (lire en ligne)
  11. 1 2 (lv) Vita Zelče, « Par Vizmu Belševicu/Billi un Billes laiku », ResearchGate, , p. 98-106 (lire en ligne)
  12. (en) « Poetry Collections "Annual Rings", 1969, and "Autumn Time", 1987, and the Trilogy of Novels "Bille", 1992–1999, by Poet and Writer Vizma Belševica (1931–2005) », sur kulturaskanons.lv (consulté le )
  13. (se) Maarja Talgre, « Lettiska Vizma Belsevica - nobelpriskandidat », sur Sveriges Radio, (consulté le )
  14. (en) « Vizma Belsevica, Latvian Poet, Is Dead at 74 », The New York Times], (lire en ligne)
  15. (lv) Lelde Petrāne, « Uzsākta filmēšana pilnmetrāžas spēlfilmai Bille », Dienas Bizness, (lire en ligne)
  16. (lv) « Uzsākta filmēšana pilnmetrāžas spēlfilmai “BILLE” », (consulté le )

Liens externes

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