Vladimir Davidovitch

entraîneur de football yougoslave

Vladimir Davidovitch[2] (en serbe : Владимир Давидовић), né le à Constantinople[5] (Empire ottoman) et mort à une date inconnue, après 1979, est un entraîneur de football yougoslave, possédant la nationalité turque puis française à partir de 1952.

Vladimir Davidovitch
Image illustrative de l’article Vladimir Davidovitch
Portrait de Davidovitch vers 1937.
Biographie
Nationalité Yougoslave et turc
Français à partir de 1952.
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
Constantinople
Décès Après Voir et modifier les données sur Wikidata
Poste Arrière
Parcours senior1
AnnéesClub 0M.0(B.)
ann. 1920 Wiener Amateur-SV
Parcours entraîneur
AnnéesÉquipe Stats
1933-1939 Stade français
1934 CA Paris
1935-1936
1937-1939
Excelsior AC
1939 SK Bata (en)
1939 USB Longwy
1942-1943 Stade-CA Paris
1943-1944 ÉF Paris Île-de-France
1946-1951+ Colombes Sport
1946-1947 Paris UC
1947 France universitaire
1947~1949 Stade français
1 Ne sont comptabilisés que les matchs en compétitions officielles, quel que soit le statut (amateur et professionnel). Les matchs amicaux ne sont pas comptabilisés.
Dernière mise à jour : 20 décembre 2025

Joueur amateur à Vienne en Autriche où il est diplomé en droit, ce qui lui vaut d'être parfois appelé « Docteur » dans la presse, il fait l'essentiel de sa carrière d’entraîneur en France, où il dirige un temps deux clubs notables en parallèle, le Stade français et l'Excelsior. Engagé syndicalement, il est aussi le co-auteur de deux ouvrages sur le football et de nombreux articles dans la presse.

Carrière

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Né à Constantinople de parents serbes du Monténégro, Vladimir Davidovitch est le fils d'un diplomate, Anton Seferović, futur consul du Monténégro au Canada[6]. Il voyage beaucoup dans sa jeunesse et apprend de nombreuses langues : grec, turc, français, italien[6]... adulte, il indique parler huit langues. Il s'engage pendant la Première Guerre mondiale, apparemment dans l'armée serbe[7]. Il est interné à Vienne, où il reste poursuivre ses études après la guerre[6]. Il y est diplômé en droit et en sciences politiques[8], et y tient une revue économique et politique[6].

En parallèle, il joue au football et « fait ses classes » au Wiener Amateur-SV[9] (dont la section professionnelle devient l'Austria Vienne en 1926), où il joue pendant neuf saisons au poste de demi[6], puis d'arrière[8]. Il y a notamment pour coéquipiers le Hongrois Jules Limbeck[10] et l'international autrichien Karl Geyer (de). Il passe en Autriche ses qualifications d'entraîneur[6] et se voit recommandé à la direction du Stade français, alors un des principaux clubs amateurs français, par le sélectionneur de l'équipe d'Autriche Hugo Meisl[11].

Davidovitch rejoint le club parisien en [11],[12] comme entraîneur, responsable de l'équipe première comme des jeunes, et secrétaire[6]. Il est bientôt engagé en parallèle par le Cercle athlétique de Paris[13] pour y entraîner l'effectif professionnel, mais il annonce démissionner en face au manque d'implication des joueurs[14].

Peu après son arrivée en France, il signe des articles en français dans les journaux sportifs[15],[16], et co-écrit avec l’entraîneur et ancien international français Paul Nicolas le livre « Les secrets du football », publié en 1934[17], imprimé à 50 000 exemplaires[6]. Il travaille aussi pour la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) comme formateur de footballeurs et d'encadrants des clubs ouvriers[18], Il affiche alors ouvertement ses opinions en faveur d'une meilleure protection des footballeurs, qu'il juge trop dociles vis à vis des présidents de club[19].

Photo de l'Excelsior AC en 1937. Davidovitch est debout à droite.

En 1936, il vit dans le 8e arrondissement de Paris avec Helene Eisenbach, une Autrichienne née en 1892 à Vienne. Le couple vit sans enfant.

Pendant la saison 1935-1936, puis entre 1937 et 1939, il est en parallèle l’entraîneur de l'Excelsior Athlétic Club[20] de Roubaix, autre club professionnel évoluant en « Division nationale », la première division du championnat de France. En 1938, son équipe se classe 6e sur 16.

En 1938, il décrit ainsi sa semaine de travail, au journaliste yougoslave Ljubomir Vukadinović (sr) venu le rencontrer : basé à Paris où il entraîne et administre la section football du Stade français, il fait deux déplacements par semaine à Roubaix, le mardi-mercredi et le vendredi, pour entraîner l'Excelsior. Le week-end, il accompagne trois fois par mois les professionnels de l'Excelsior en match, et une fois par mois l'équipe première du Stade français (alors amateure). À cela s'ajoute des responsabilités syndicales et de formateur d'entraîneurs. Pour tout cela il dit gagner 7 000 francs par mois[6], l'équivalent d'environ 4 000 euros en 2022[21].

En , il est annoncé qu'il rentre en Yougoslavie pour entraîner le SK Bata (en) à Borovo[13],[22]. Il collabore aussi avec le SK Jugoslavija de Belgrade[8]. Il revient en France dès l'été pour entraîner l'USB Longwy, en deuxième division du championnat de France[8], mais, les compétitions sont interrompues par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Il s'engage en dans l'armée française, au sein de la Légion étrangère[7],[23],[24]. Il est fait prisonnier en , puis est libéré[réf. nécessaire]. Pendant l'occupation allemande, il reprend ses activités dans le football. Il dirige en 1942-1943 l'équipe fusionnée du Stade français et du CA Paris dans le groupe Nord du championnat de France, puis la saison suivante l'équipe « Paris - Île de France » qui lui succède dans le cadre du championnat fédéral[25]. En , après la libération de Paris, il s'engage au sein de La Nueve, compagnie de la 2e division blindée du général Leclerc composée essentiellement de Républicains espagnols, mais est relevé après un mois[26].

Après la guerre, il entraîne les footballeurs amateurs du Paris université club (en DH) et de Colombes (en PH), qui atteignent chacun de leur côté les 32e de finale de la Coupe de France en 1947[1],[27]. Les deux clubs s'y inclinent. Fort de son expérience avec le PUC, il prend en charge l'équipe de France universitaire de football à l'occasion des Jeux mondiaux, qu'elle remporte[28].

Il fait ensuite son retour au Stade français, passé au professionnalisme. Il en est l’entraîneur par intérim en 1947[29], puis encore 1949[30] ; il en est parfois le « conseiller technique » et formateur[31], ou le recruteur[32]. Il ne semble plus entraîner à un niveau professionnel par la suite. En 1951, il est toujours entraîneur du club de Colombes[33].

En 1952, il obtient sa naturalisation française[34]. Dans les années 1970, il participe à l'écriture du livre collectif « Joies du football ». Il meurt après 1979[35].

Ouvrages

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Références

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  1. 1 2 « Colombes grandit », sur Gallica, But : l'hebdomadaire de l'actualité sportive, (consulté le )
  2. Toutes les sources dans la presse de l'époque le nomment Vladimir, ou Wladimir, Davidovitch, ou Davidowitch - jamais Ivan, contrairement à ce qui est indiqué dans nombre de sources modernes. Il est aussi parfois surnommé « Davido »[1], même si cela reste rare dans les sources écrites.
  3. « M. Davidovitch nous parle du Stade français », sur Gallica, Paris-soir, (consulté le )
  4. « Davidovitch, Vladimir | PoolCorpus », sur poolcorpus.univ-jfc.fr (consulté le )
  5. Information tirée de son acte de naturalisation, confirmée par les informations du recensement de Paris de 1936. Il semble qu'il se soit un peu vieilli à son arrivée en France car il dit être âgé de 36 ans en avril 1933[3], alors qu'il n'en a apparemment que 33.Un homonyme, déclarant être né en 1898 à Beckka, s'inscrit en droit à l'université de Toulouse en 1938[4], il est vraisemblable que ce soit la même personne.
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (sr) Milorad Sijić, Fudbal u Kraljevini Jugoslaviji, Zavičajni muzej Župe Aleksandrovac, (ISBN 978-86-86829-06-1, lire en ligne), p. 36-37
  7. 1 2 « Davidovitch s'est engagé dans l'armée française », sur Gallica, L'Est républicain : quotidien régional, (consulté le )
  8. 1 2 3 4 « L'USB Longwy présente sous la direction de Davidovitch... », sur Gallica, L'Est républicain : quotidien régional, (consulté le )
  9. 1 2 (de) « Ernst Stojaspal - Opfer der NS-Militärjustiz - #ZumFeindGemacht », sur Zum Feind gemacht (consulté le )
  10. J. Limbeck, « Mes copains les pros : Gusti Jordan », sur Gallica, Fédération sportive et gymnique du travail, (consulté le )
  11. 1 2 « En suivant l’entraînement du Stade français », sur Gallica, L'Auto-vélo, (consulté le )
  12. « Le Stade possède un nouvel entraineur », sur Gallica, L'Écho des sports, (consulté le )
  13. 1 2 « Echos sportifs », sur Gallica, Bataville : avis et échos, (consulté le )
  14. « Probité sportive », sur Gallica, Écoutez-moi..., (consulté le )
  15. « Football : le seul hebdomadaire français exclusivement consacré au football / directeur Marcel Rossini », sur Gallica, (consulté le )
  16. « Sporting : revue hebdomadaire illustrée de tous les sports / directeur rédacteur en chef F. Hurdman-Lucas », sur Gallica, (consulté le )
  17. (de) « sportantiquariat – Les secrets du Football; », sur sportantiquariat.ch (consulté le )
  18. Julien Sorez, « Chapitre II. Le football parisien à l’épreuve d’une culture sportive nationale dans l’entre-deux-guerres », dans Le football dans Paris et ses banlieues : Un sport devenu spectacle, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 71–117 p. (ISBN 978-2-7535-6932-4, lire en ligne)
  19. Julien Sorez, « Chapitre VIII. La mise en spectacle du football dans la Seine de l’entre-deux-guerres », dans Le football dans Paris et ses banlieues : Un sport devenu spectacle, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 339–369 p. (ISBN 978-2-7535-6932-4, lire en ligne)
  20. « France - Trainers of First and Second Division Clubs », sur www.rsssf.org (consulté le )
  21. « Convertisseur franc-euro | Insee », sur www.insee.fr (consulté le )
  22. « Paris... place de l'Opéra. Le coin où l'on parle football », sur Gallica, Paris-soir, (consulté le )
  23. « Secteur postal », sur Gallica, Football hebdomadaire, (consulté le )
  24. « Le Miroir », sur Gallica, (consulté le )
  25. « Faits divers », sur Gallica, Football hebdomadaire, (consulté le )
  26. « DAVIDOVITCH Vladimir », sur Association 24 Août 1944 - La Nueve (consulté le )
  27. « Davidovitch seul entraineur ayant deux équipes en Coupe », sur Gallica, L'Équipe : le stade, l'air, la route, (consulté le )
  28. « Jeux universitaires mondiaux », sur Gallica, L'Équipe : le stade, l'air, la route, (consulté le )
  29. « Objectif #1 de Louis Hon », sur Gallica, L'Équipe : le stade, l'air, la route, (consulté le )
  30. « Mon week-end - Football », sur RetroNews.fr - Le site de presse de la BnF, L'Aurore (consulté le )
  31. « Venez nombreux aux cours de Davidovitch », sur Gallica, Sport-foot / Comité de l'Ile-de-France, (consulté le )
  32. « Conrad Ross quitte le Stade, Davidovitch revient », sur Gallica, Ce soir, (consulté le )
  33. « Le public nivernais s'est initié... », sur Gallica, L'Est républicain : quotidien régional, (consulté le )
  34. Journal officiel de la République française. Lois et décrets (version papier numérisée) n° 0138 du 08/06/1952
  35. Il apparaît sur une photo prise en 1979 avec son ancien coéquipier viennois Karl Geyer (de), à l'occasion de leurs 80 ans, dans le restaurant tenu par Ernst Stojaspal à Monte-Carlo[9].

Liens externes

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